La cour d'assises de la Somme a condamné, Romuald Ossywa à six ans de prison pour avoir causé la mort de sa femme en octobre 2009, à Amiens.
On sentait bien que le seul enjeu des débats était de savoir si Romuald Ossywa, 64 ans, allait retourner derrière les barreaux. Les jurés ont répondu oui, hier soir, après deux heures de délibérations.
La cour d'assises a donc dit que les coups qu'il a avoué avoir portés à sa compagne Micheline, dans la nuit du 19 au 20 octobre 2009, sont bien à l'origine du décès constaté le mercredi 21, quand enfin il a appelé les secours. Et que ce délit vaut six ans ferme.
L'accusation d'homicide volontaire n'a pas été retenue. À vrai dire, elle avait fait long feu : depuis lundi, rien n'avait accrédité la thèse selon laquelle Romuald Ossywa aurait eu, ne fût-ce qu'une seconde, la volonté de mettre fin aux jours de sa concubine. L'avocat général Joseph Brunel n'a eu qu'à achever la bête blessée : « Quand on affirme l'intention de quelqu'un, il faut tout de même avoir des éléments pour la prouver ».
Mais d'ajouter, en pointant l'accusé : « Il faudra bien qu'il admette qu'il a tué sa femme ». Ce que Me Diboundje, pour la défense, admet sans barguigner : « Non, il n'a pas voulu sa mort. Oui, il lui a porté un coup de poing. Oui, ce coup a causé le décès de Micheline. Tout le reste, c'est le concours Lépine des hypothèses ».
Le jury a donc délibéré sur des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec comme circonstance aggravante que ces violences ont été commises par le conjoint. Une peine passible de 20 ans de prison. L'avocat général en a requis huit. M. Brunel a exhorté les jurés à dire qu'« on ne peut pas laisser tuer les gens comme ça ».
Une vérité introuvable
Pour M. Brunel, « la prison, ce n'est pas le Pérou mais on y est soigné aussi bien que partout ailleurs ». Pour Me Diboundje, avocat d'un homme « diabétique, épileptique, au discernement altéré, en rémission de cancer », la prison signifie ni plus ni moins « une mort sociale ».
Jusqu'à 20 heures, hier, on a cru que le meilleur avocat d'Ossywa serait son fils ? « La plus belle chose » qui soit arrivée dans la vie de ce « couple pathologique », dixit Me Nathalie Moreau, avait demandé qu'après avoir perdu sa mère, on ne lui prenne pas son père.
Les jurés en ont décidé autrement, forcément interpellés par le mystère qui planera toujours sur la mort de Micheline, ces quarante heures pendant lesquels Ossywa est resté dans son appartement au côté d'une femme à l'agonie, puis d'un cadavre, et sur lesquelles il n'a pu donner aucune explication, parce qu'il ne le voulait ou ne le pouvait pas.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Romuald-Ossywa-retourne-en-prison
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