samedi 10 décembre 2011

Assises du Vaucluse : le pédophile présumé se positionne en victime

Indécrottable. Maurice Gilles, 81 ans, accusé d'avoir, entre 1986 et 1991, violé Marc, l'un de ses anciens élèves, n'a pas manqué hier matin de le traiter de "salopard" aux portes du palais de justice.
Cet ex-moniteur de sports de la Ville d'Avignon, qui a travaillé dans des écoles, au club de gym de l'ANT et qui a dirigé des colonies de vacances, admet avoir commis des attouchements sur Marc et sur d'autres enfants mais conteste l'accusation de viols. Un crime qui n'est pas frappé de prescription, contrairement aux attouchements. Et ce sont pourtant, lors de cette deuxième journée d'audience, seuls les attouchements qui ont été évoqués. À la barre, des hommes, âgés de quarante à cinquante ans, évoquent avec une forte émotion de lourdes blessures qui remontent à leur enfance. Lorsqu'ils étaient des enfants âgés de 9 à 11 ans et qu'ils ont subi des caresses allant jusqu'à des masturbations pour certains.
L'un d'eux parle des "mains sales de Maurice Gilles" et du temps qui est venu pour lui d'affronter la vérité pour tourner la page. Maurice Gilles ne se souvient pas de ce petit garçon…. Une posture de l'accusé qui balaye des accusations remontant pour certaines à plus de 40 ans. Le souvenir est cependant sélectif. Sûr de lui, parfois avec morgue, il fait face, puis laisse dire. Les témoins ne se gênent pas de saisir l'opportunité. Ils parlent et hurlent parfois comme la grand-mère de Marc. Une dame qui a tenté de dénoncer les faits mais que personne n'a voulu entendre. Après son témoignage, elle préfère sortir de la salle d'audience car elle a "trop envie de l'étrangler".
En famille aussi

Si les premières victimes étaient des gymnastes de l'ANT, il y a eu ensuite des enfants des colonies dirigées par M. Gilles. Sans compter les premières victimes dans le milieu familial ; des neveux en témoignent et le propre fils de l'accusé dépose contre son père. Isolé, accablé, le "monstre", le pervers pédophile se défend et rejette la faute sur les autres : "J'étais une mère-poule je me régalais avec les enfants", dit l'accusé qui estime qu'ils venaient à lui "de leur plein gré" et qu'il ne les a "jamais forcés".

Avec assurance, Maurice Gilles, assisté de Me Guenoun, lance depuis le box : "Je leur pardonne". De quoi faire bondir la présidente Marie-Claude Bérenger qui lui arrache qu'après tout la faute vient de sa femme avec qui il n'avait plus de relations sexuelles. "C'est beau la famille", commente l'accusé après ce grand déballage.
Aujourd'hui, la cour va entendre Marc et Maurice Gilles devra s'expliquer sur la terrible accusation. Le verdict est attendu en fin de journée.
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/assises-du-vaucluse-le-pedophile-presume-se-positionne-en-victime

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