dimanche 4 décembre 2011

"Faites entrer l'accusé". L'affaire du meurtre de Carnoët évoquée ce soir

Ce dimanche, France 2 consacre son émission «Faites entrer l'accusé» à Alain Kernoa (à 22h35 sur France2), le meurtrier du Teknival de Carnoët, en 2005. Patrick Bolloré, beau-père de Mathilde, la jeune victime de Langoat, témoigne devant et hors caméra.
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Avec votre épouse Marie-Jeanne, vous avez accepté de participer à l'émission «Faites entrer l'accusé». Comment avez-vous réagi quand vous avez été sollicités?
On n'a pas vraiment été surpris:vu la médiatisation de l'affaire, on s'y attendait. On s'est beaucoup interrogé. Doit-on participer, ou pas? On souhaitait tourner la page, notamment ma femme qui est encore très affectée. On a pris conseil autour de nous. Et sollicité l'adjudant-chef Richard Lavenant, qui a mené l'enquête. Après un temps de réflexion, on est tombé d'accord pour dire que s'il y avait une émission à faire, c'était celle-là.

Qu'attendez-vous de ce passage à la télévision?
Une de nos principales motivations est de montrer qui est ce monsieur Kernoa. Que le public, que ses codétenus (en 2010, AlainKernoa a été condamné en appel à trenteans de réclusion criminelle, dont vingt ans de peine de sûreté, NDLR), saisissent vraiment quel personnage il est; qu'il ne puisse pas raconter n'importequoi. Ce passage à l'antenne, c'est aussi un moyen de faire la lumière sur les dangers des teknivals. Il faut dire la vérité là-dessus.

Ces interviews, un exutoire?
Certainement pas. Ça réactive toutes les douleurs. En forçant sa mémoire à retrouver des points de détails, on se reprend au visage tout ce que l'on a essayé d'enfouir. Le peu de bénéfices tirés du temps qui passe s'efface aussitôt. Le deuil peut s'appliquer à la perte d'un être cher. Mais quand il est question de votre propre enfant, ce mot n'a plus de sens.

Comment l'équipe vous a-t-elle abordé lors du tournage?
Avec beaucoup de tact et de gentillesse. Ils ont été très mesurés dans leurs propos et se sont montrés très compréhensifs. Je leur ai demandé de ne pas trop torturer Adrien, le petit ami de Mathilde. Je sais qu'il souffre encore beaucoup, et à double titre. Il souffre d'avoir perdu Mathilde. Et il souffre d'avoir été tenu pour suspect au début de l'enquête (1).

Et votre fille Iby, petite soeur de Mathilde, comment vit-elle cette épreuve?
Elle a toujours des terreurs nocturnes. Elle aussi a témoigné pour l'émission. Elle n'envisageait pas de ne pas intervenir.

Une appréhension, avant de découvrir l'émission?
Oui. On a hâte d'être libéré. On a aussi une très forte pensée pour Thierry, le papa de Mathilde. C'est malheureux: il est décédé cinq mois avant que Kernoa ne soit retrouvé...

Kernoa vous a adressé des courriers très inquiétants (2) avant ses deux procès. Recevez-vous toujours de ses nouvelles?
Non. Enfin si. Il y a huit ou neuf mois, il a adressé un courrier de lecteur à un journal. Il s'interrogeait sur sa généalogie et souhaitait savoir si son nom de famille était bien de la région. Comme s'il voulait se rappeler à notre bon souvenir...

1. Ce n'est que l'ADN de Kernoa, retrouvé sur un emballage de préservatif et dans le manche de l'arme du crime, qui l'a disculpé. 2. Le Marseillais, ancien marin sur la Jeanne-d'Arc, demandait notamment à pouvoir rencontrer la soeur de Mathilde.

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/cotesarmor/faites-entrer-l-accuse-l-affaire-du-meurtre-de-carnoet-evoquee-ce-soir-04-12-2011-1520529.php

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