lundi 12 décembre 2011

Incendie d'un Secours populaire : 7 ans ferme

La condamnation va au-delà des réquisitions du parquet qui demandait six ans de prison. Mercredi soir, le tribunal correctionnel de Lille a condamné à sept ans de prison ferme deux toxicomanes pour l'incendie d'un entrepôt du Secours populaire à Roubaix, dans le Nord. Le jugement a été rendu dans une ambiance très tendue avec insultes et échanges de coups entre prévenus et policiers
Lors de l'audience, les deux prévenus ont vigoureusement nié avoir provoqué l'incendie de l'entrepôt en y volant des cartons de vêtements. Ils ont assuré ignorer que le bâtiment appartenait au Secours populaire. Le procureur a au contraire estimé qu'ils avaient "commis l'incendie pour effacer leurs traces" et demandé à ce qu'ils soient condamnés pour le vol et la destruction par incendie.

Les deux prévenus, âgés de 31 et 35 ans, ont déjà été condamnés à plusieurs reprises à des peines de prison ferme. Ils devraient faire appel du jugement, selon leurs avocats. Le plus jeune a raconté être livré à lui-même depuis l'âge de 16 ans et a déclaré consommer des drogues dures depuis une dizaine d'années. En prison, il suit un lourd traitement avec tranquillisants et méthadone.
Six mois d'aide alimentaire partis en fumée
Les deux toxicomanes avaient été interpellés le 28 décembre 2010 dans la journée suivant l'incendie. Le sinistre avait anéanti 4.000 palettes de denrées, représentant six mois d'aide alimentaire pour 15.000 familles du Nord, soit un préjudice de 10 millions d'euros, dont six pour la seule perte des marchandises. Dans le squat où ils vivaient, à quelques centaines de mètres de l'entrepôt incendié, la police avait retrouvé des cartons de vêtements et chaussures qui avaient été donnés à l'association, un pied de biche et un coupe-boulons.

Pour leur défense, les prévenus ont affirmé que des individus, qu'ils connaissaient de vue mais dont ils ne pouvaient pas donner l'identité, auraient demandé à déposer ces cartons et outils dans leur logement au cours de la nuit, en échange de drogue et d'argent. Un appel anonyme d'une personne racontant avoir vu le plus âgé d'entre eux transporter des cartons sur un caddie depuis l'entrepôt, dans la nuit, avait mis la police sur leur piste. Mais l'avocat du plus jeune, Me Bensoussan, a souligné à l'audience que son client, qui affirme être resté toute la nuit chez lui et reconnaît seulement le recel, n'avait été cité par aucun témoin. "On est entre l'absence de preuves et le bénéfice du doute", a-t-il plaidé.

http://lci.tf1.fr/france/justice/incendie-d-un-secours-populaire-7-ans-ferme-6864049.html

Aucun commentaire: