Norbert Darriet n'est pas au bout de ses peines. En septembre dernier, il est tombé du lit, dans sa chambre de l'Unité hospitalière sécurisée inter-régionale (UHSI), un étage ultra-surveillé de l'hôpital Pellegrin, à Bordeaux. Bilan : une fracture du col du fémur, avec pose d'une prothèse à la clé. Après le triple meurtre de la déchetterie de Châteaubernard, dont il est accusé, l'ancien gendarme avait retourné l'arme contre lui.
Visage défiguré, lourdes difficultés d'élocution : s'il est extrêmement difficile d'entretenir une conversation avec Norbert Darriet, aveugle et en partie sourd, un expert psychiatre bordelais l'a examiné début octobre. Conclusions sans appel : « Absence quasi totale d'autocritique », « psychorigide », « personnalité paranoïaque extrêmement marquée », « intolérant à la frustration », « hypertrophie du moi » notamment illustrée par l'incroyable bazar d'objets de récupération amassés à son domicile, « cet étrange syndrome de Diogène ». Même le personnel hospitalier à son chevet pâtirait du « tyran plus ou moins manipulateur » qu'est Norbert Darriet, diminué ou pas.
« Sens de l'honneur »
Non sans morgue, Norbert Darriet, mis en examen pour assassinat, a assuré au médecin « avoir pour valeur l'honnêteté et garder le sens de l'honneur ». Et si le prisonnier-patient de l'UHSI s'est dit persécuté « par la société des eaux usées et des déchetteries », entre autres extravagances, délirait-il en pénétrant dans la déchetterie, fusil à la main, ce 8 novembre 2010 ? Le rapport semble l'exclure, aucun « élément clinique » n'accréditant cette thèse. « Il n'était pas atteint d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ». L'expert convient toutefois que son « univers mental de passion exacerbée peut fausser sa juste appréhension de la réalité ».
Il se donne au moins six mois pour « trancher définitivement » la question. Toujours est-il que le médecin considère son patient parfaitement « accessible » à une sanction pénale. Gage présumé de la capacité de raisonnement intacte de Norbert Darriet, celui-ci aurait déclaré : « On verra si l'enquête est sérieuse, si quelqu'un les a tués et si ce quelqu'un se fait gauler. »
Somnolent
Pour l'heure, entre deux méchancetés, il nie avoir tiré sur qui que ce soit ou élude : « Qu'est-ce que vous voulez y faire ? » Le chemin n'en reste pas moins long avant que les familles des victimes, défendues par Lionel Béthune de Moro, Jean-François Changeur et Virginie Barraud Le Boulc'h, voient l'ancien gendarme prendre place dans le box de la cour d'assises de la Charente.
Alors que Me Pierre Blazy, ténor du barreau bordelais, assurait début novembre que Norbert Darriet allait « enfin pouvoir s'expliquer », son client était retrouvé comateux trois semaines plus tard. Placé en réanimation, il a fini par récupérer, mais, aux dernières nouvelles, il y a tout juste un mois, le patient Darriet était somnolent et ne s'exprimait qu'avec difficulté.
http://www.sudouest.fr/2012/01/07/patient-norbert-darriet-un-profil-paranoiaque-598107-1188.php
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire