Deux radiothérapeutes mis en cause dans l’affaire des surirradiés de l’hôpital d’Epinal ont été renvoyés en correctionnelle pour homicide involontaire, contre l’avis du parquet.
En décembre, le procureur du pôle santé du tribunal de grande instance de Paris avait requis un renvoi uniquement pour «omission de porter secours» à l’encontre des deux professionnels, pourtant mis en examen pour homicide involontaire en 2008 avec un radiophysicien de l’établissement.
Les deux juges d’instruction du pôle santé ont également renvoyé l’hôpital d’Epinal en tant que personne morale, sa directrice, le directeur de l’Agence régionale de l’hospitalisation de Lorraine et la directrice de la Ddass de l’époque, pour omission de porter secours, conformément à la qualification de leur mise en examen, intervenue en 2009.
Au moins 5.500 personnes ont été victimes de surirradiations au centre hospitalier Jean-Monnet entre 1987 et 2006, faisant de l’affaire d’Epinal le plus grave accident de radiothérapie recensé en France.
Parmi ces victimes, 24 ont été très fortement irradiées pendant le traitement d’un cancer de la prostate entre mai 2004 et août 2005, dont au moins cinq sont décédées des suites des surdoses.
Ces surirradiations ont été provoquées par des défaillances à répétition dans l’utilisation du matériel de radiothérapie, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Au cours de l’instruction, un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait par ailleurs pointé l’absence de réaction de l’ARH et de la Ddass au début de l’affaire.
«Dans une catastrophe comme celle-ci, le rôle du juge d’instruction a été très important. Sans lui, il y aurait eu un risque que cette affaire soit enterrée», a estimé l’avocat de l’association vosgienne des surirradiés de l’hôpital d’Epinal (AVSHE), Me Gérard Welzer, qui défend plusieurs centaines de victimes.
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