Les jurés l'ont reconnu coupable de tentative d'assassinat sur son ancienne concubine. Jérôme Fernandez l'avait poignardée en 2009 à l'hôpital d'Amiens.
Après quatre jours de procès, le verdict est tombé hier à 18 h20: Jérôme Fernandez est condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocat général, à ceci près que ce dernier avait requis une peine de sûreté de 10 ans. La préméditation a été retenue. Comprendre que pour les jurés, le Samarien avait non seulement l'intention de tuer sa victime - ce qu'il ne nie pas - mais qu'il avait préalablement pris la résolution de commettre ce crime avant de passer à l'action. Ce dernier point est en revanche contesté par l'accusé. C'est sur cet élément que ses avocats ont insisté.
La tâche n'était pas aisée. Car l'accusation s'est appuyée non seulement sur les faits en eux-mêmes (il la roue de coups en discothèque, puis la poignarde à l'hôpital le lendemain), mais aussi sur ses messages pour démontrer la préméditation. «Vous avez trop parlé», a dit l'avocat général. Par SMS, Jérôme Fernandez a dit à plusieurs reprises à sa victime «Je vais te tuer». Et cela, peu avant les faits. Et s'il se rend dans l'hôpital armé d'un couteau, l'accusation ne croit pas un instant qu'il s'agissait de s'armer par nécessité de défense au cas où le père et le frère de la victime seraient présents. L'homme, champion de Picardie de culturisme à deux reprises, était une armoire à glace.
«La vérité est tragiquement banale: il l'aimait à en crever»
Les avocats de la partie civile avaient enfoncé le clou. En dépeignant la douleur de la victime - «notre travail est de vous faire comprendre qu'il y a une souffrance infinie », a dit Me Hubert Delarue - tout en mettant en doute l'amour que portait Fernandez pour son ancienne concubine, puisqu'il s'agit de «quelqu'un qui avait une capacité à s'engouffrer dans les failles des femmes» pour les «manipuler », a dit Me Giuseppina Marras.
Les avocats de Jérôme Fernandez avaient pourtant tout fait pour que les jurés ne voient pas en leur client qu'une «boule de testostérone». «La vérité est tragiquement banale: il l'aimait à en crever», et ne supportait pas la rupture, a plaidé Me Guillaume Demarcq. Vingt ans de prison? Beaucoup trop à ses yeux lorsque l'on sait, par exemple, que le rugbyman Marc Cécillon a écopé de 14 ans de prison après avoir abattu sa femme par arme à feu. Me Stéphane Diboundje s'est lui employé à ce que la préméditation ne soit pas retenue: «C'est quelqu'un d'intelligent. S'il voulait l'assassiner, pensez-vous qu'il l'aurait prévenue avant par SMS?» L'avocat insiste aussi sur le fait que l'accusé est arrivé à l'hôpital avec sa voiture de fonction et qu'il s'est présenté à visage découvert: autant d'éléments qui prouvent que Fernandez n'avait pas préparé son crime.
La défense parle d'un «coup de folie», d'une «passion amoureuse exacerbée». Les efforts des avocats sont restés vains. En toile de fond de ce procès, même si les faits n'ont jamais été très clairement évoqués, l'affaire de La Baule, en cours d'instruction, était dans toutes les têtes. Trois mois seulement après sa sortie de prison en août 2011, Fernandez est soupçonné d'avoir piégé la maison de sa nouvelle petite amie, qui le quittait...
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