dimanche 5 février 2012

Nice: elle inventait de faux vols pour manifester un vrai malaise

Quand elle s'approche de la barre, la silhouette élégante, arborant vêtements et accessoires de grand couturier, on se demande bien ce qu'Elisabeth, 33 ans, vient faire au beau milieu de cette petite cour des miracles qu'est parfois le tribunal correctionnel.
Pourtant, si elle comparait ce jour-là devant la présidente, Colette-Moreau-Zalma, c'est bien que la justice a quelques reproches à lui faire.
Tout commence lorsque cette résidente monégasque, épouse d'un industriel établi en Principauté, se présente au commissariat de Menton.
Le scénario
Elle raconte aux policiers avoir été agressée à Nice par deux jeunes en scooter. Ces derniers lui ont volé sa carte de crédit, des bijoux de valeur et ses achats du jour effectués chez les plus grandes marques de prêt-à-porter. La plainte est déposée et l'assurance de la banque est avertie pour le remboursement des achats volés.
Sauf que quelques jours plus tard, les policiers mentonnais, après recherches, s'aperçoivent que la belle a déjà déposé plainte pour des faits similaires, quelques mois auparavant.
Les aveux
Ils décident de la convoquer de nouveau pour faire le tri dans toutes ces affaires de vols. Face à des policiers moins empathiques et plus persuasifs, elle finit par lâcher le morceau : « J'ai tout inventé car je venais de perdre mes bijoux. J'ai soupçonné la femme de ménage et j'ai craint la réaction de mon époux. Et puis je les ai retrouvés, mais j'avais déjà déposé plainte ».
Les policiers mentonnais étaient agacés. Le tribunal, dans son ensemble, l'était encore plus. « J'espère que vous mesurez la gravité de ce genre de déclarations», sermonne la présidente.« C'est honteux, j'ai fait perdre du temps à tout le monde »,reconnaît Élisabeth. Julie Rouillard, procureur de la République poursuit les réprimandes et développe : «On demande beaucoup à la police. Vous dites que vous avez honte, vous vous excusez. Mais j'espère que vous mesurez la gravité de la démarche. La complexité des recherches qui ont été lancées… Pour rien ».
Élisabeth finit par reconnaître des problèmes de couple. Et ses mensonges ? « Un moyen d'attirer l'attention de mon mari… »
Le tribunal a condamné Élisabeth à 3 000 e d'amende et à effectuer un stage de citoyenneté
http://www.nicematin.com/article/papier/nice-elle-inventait-de-faux-vols-pour-manifester-un-vrai-malaise.770510.html

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