Les faits remontent au 27 décembre 2011. L’hôtel de préfecture se prépare à recevoir la visite du président de la République. L’accusé domicilié dans la région lyonnaise, est lui, venu à Metz, avec des amis, régler un problème de carte grise pour un véhicule qu’il avait vendu quelque temps auparavant. Puis, raconte son avocat M e Sébastien Jager, « il est pris d’une envie pressante, cherche des toilettes. Il aperçoit le signe Hôtel de la préfecture, entre en croyant réellement se trouver dans un hôtel, fait ses besoins, puis décide de visiter les lieux. Le tout sans rencontrer aucun obstacle ». L’homme entre dans la chambre du préfet, ouvre les tiroirs, trouve la boîte à bijoux de l’épouse du fonctionnaire. « Pris d’une pulsion », il fait main basse sur 7.410 € de bijoux et se sauve.
L’épouse du préfet s’en aperçoit quelques jours plus tard. Une enquête policière s’ouvre. Les empreintes digitales du voleur permettent de l’identifier. Il est appréhendé par hasard le 12 janvier par une patrouille de police à Lyon.
« J’ai changé à 90 % »
Hier, devant la juge, l’homme bafouille, hésite sur son adresse, jette des coups d’œil réguliers à sa mère et sa concubine, mère de son bébé de six mois et enceinte du deuxième.« J’ai commis une erreur. J’étais jeune, j’ai fait des bêtises. Mais depuis 2008, j’ai changé à 90 %. Et là en cinq minutes, j’ai replongé. Quand on m’a interpellé, j’ai eu peur de me trouver loin de ma famille », explique-t-il.
La juge s’énerve : « Avec 14 mentions sur votre casier, vous devriez savoir comment la justice fonctionne. Lors d’une précédente condamnation, vous n’avez jamais répondu aux convocations de suivi psychologique ». L’accusé encore une fois bafouille, s’embrouille dans ses explications.
« Mon client est un homme simple et influençable. C’est une mauvaise rencontre qui l’a fait replonger. Il n’y avait aucune préméditation dans ses actes, juste une pulsion. Et le fait de fonder une famille, de trouver un emploi prouve sa volonté de se réinsérer », expose Me Jager.
Le procureur, lui, n’est pas convaincu par les explications de l’accusé. « Il clame avoir changé à 90 % mais il ne lui faut pas grand-chose pour retomber dans ses travers ». Il requiert une peine d’un an d’emprisonnement ferme et la restitution des bijoux, dont une partie a été vendue en Algérie.
« Je m’excuse auprès de la dame. Je vais faire tout mon possible pour récupérer les bijoux », jure l’accusé.
La juge suit les réquisitions du procureur. Et condamne Abdelsalam Belarouci à un an ferme, à restituer les bijoux et à payer à la victime 7.410 € de dommages et intérêts, plus un euro symbolique de préjudice moral.
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2012/01/31/ciel-les-bijoux-de-la-prefete
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire