dimanche 8 avril 2012

Elle accouche seule sur son canapé et ne déclare pas son enfant : une Cambrésienne condamnée

«Un dossier qui dépasse l'entendement», selon le procureur de la République de Cambrai, Jérôme Marilly. Un dossier dans lequel transpire la détresse d'une mère de quatre enfants, dont une fillette victime d'une maladie rare et un adolescent violent. Une femme, sans emploi, confrontée à un concubin qui a choisi de ne pas assumer son rôle de père et de faire sa valise, une femme, «submergée par tout un tas de problèmes»... Trop pour cette Cambrésienne de 42 ans, qui craint le regard et les critiques des autres et choisit de cacher sa grossesse à ses proches.


Le 3 décembre 2010, elle accouche seule chez elle sur son canapé. Elle coupe le cordon avec une paire de ciseaux. C'est une fille. Elle la nettoie, l'allaite, la dorlote. Sans difficulté, elle se souvient parfaitement de ses quatre précédents accouchements. Et s'il y avait eu un problème, elle le garantit, elle aurait couru à l'hôpital.
Elle note l'heure de la naissance du bébé, mais ne le déclare pas au service de l'état. « Une dissimulation ayant entraîné une atteinte à l'état civil d'un enfant », selon la justice : un délit. Les mois passent et elle élève sa fille, comme une mère, aimante. La fillette grandit, épanouie. « Elle est adorable », confie la mère. À son entourage qui l'interroge sur la présence de cette enfant, elle répond qu'elle « le garde ». Mais les questions se bousculent dans la tête de cette femme, qui n'a « jamais failli à sa mission de mère », comme le note d'une même voix le procureur et son avocate Me Dehouck. Elle a été « dépassée par les événements », plaide la défense. Pour sa fillette, qui vient de faire ses premiers pas, elle décide de régulariser la situation. Elle contacte une assistante maternelle, et reconnaît sa cinquième grossesse. Mais elle était sommée, hier, de s'expliquer à la barre du tribunal correctionnel de Cambrai.
Alors qu'elle écoute la présidente, ressasser ses douloureux souvenirs, elle baisse les yeux et tire sur sa chemise beaucoup trop grande pour elle. « Je regrette d'avoir accouché toute seule, de ne pas l'avoir dit », murmure-t-elle, quand la présidente lui donne la parole.
Elle écope d'une amende de 800 euros avec sursis, qu'elle ne paiera donc que si elle devait de nouveau être convoquée au tribunal, mais elle est soulagée
http://www.lavoixdunord.fr/actualite/L_info_en_continu/Hainaut/2012/04/03/article_elle-accouche-seule-sur-son-canap-eacute.shtml

Aucun commentaire: