Le drame avait eu lieu en janvier dernier :
l'adjudant Ludovic Richard, 32 ans, avait été fauché par un monospace alors
qu'il sécurisait le lieu d'un accident à Pointel, à 75 km au nord-ouest d'Alençon. Il
était mort sur le coup. Ironie du sort, c'est par hasard qu'il se trouvait sur
les lieux : le gendarme, membre de
la brigade départementale de renseignement et d'investigation judiciaire
d'Alençon, se rendait avec quatre collègues, dont sa
compagne, à Aulnay-sur-Odon, pour une autre mission. Les militaires s'étaient
arrêtés en apercevant un accident sans gravité impliquant deux véhicules. En
déplacement à Lille, le président de la République d'alors, Nicolas Sarkozy,
avait salué la mémoire du gendarme. "Je suis sûr
que, quelle que soit (sa) sensibilité, chacun voudra s'associer à la mémoire et
à la tristesse de la famille de ce gendarme de 32
ans, tué parce que, sur la route, il y a des gens qui ne comprennent pas que
tout n'est pas permis", avait déclaré le chef de l'Etat.
Jugé à Argentan, le conducteur du monospace, âgé de 20 ans, a
été condamné mercredi à 24 mois de prison dont 18 avec sursis et à une
annulation de permis avec interdiction de le repasser pendant deux ans. "La
vitesse - entre 111 et 120 km/h au lieu de 80 km/h autorisé pour le jeune
conducteur - et le manque d'attention sont à l'origine de l'accident", a
indiqué le procureur de la République, David Pamart, qui avait requis mardi deux
ans avec sursis et l'annulation de son permis pendant 3 ans.
L'avocat du prévenu, qui avait obtenu son permis huit mois
avant le drame, "a souligné que l'accident était intervenu tôt le matin,
qu'il faisait nuit et que le gendarme, sans élément
particulier - comme des bandes réfléchissantes - en plus de sa tenue de gendarme, n'était peut-être pas très visible". Le jeune
homme a expliqué pour sa part à la barre qu'il avait le regard sur son poste
radio au moment de l'accident et affirmé qu'il n'était pas au téléphone.
"Son téléphone était en communication entre trois minutes et trente secondes
avant l'accident mais il n'est pas prouvé qu'il l'était encore au moment de
l'accident", a précisé le procureur de la République qui a estimé, lors de
l'audience, que l'on avait plus affaire à faire à un "inconscient de la
route" qu'à un "assassin de la route".
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire