mardi 12 juin 2012

Il avait écrasé un gendarme : six mois ferme

Le drame avait eu lieu en janvier dernier : l'adjudant Ludovic Richard, 32 ans, avait été fauché par un monospace alors qu'il sécurisait le lieu d'un accident à Pointel, à 75 km au nord-ouest d'Alençon. Il était mort sur le coup. Ironie du sort, c'est par hasard qu'il se trouvait sur les lieux : le gendarme, membre de la brigade départementale de renseignement et d'investigation judiciaire d'Alençon, se rendait avec quatre collègues, dont sa compagne, à Aulnay-sur-Odon, pour une autre mission. Les militaires s'étaient arrêtés en apercevant un accident sans gravité impliquant deux véhicules. En déplacement à Lille, le président de la République d'alors, Nicolas Sarkozy, avait salué la mémoire du gendarme. "Je suis sûr que, quelle que soit (sa) sensibilité, chacun voudra s'associer à la mémoire et à la tristesse de la famille de ce gendarme de 32 ans, tué parce que, sur la route, il y a des gens qui ne comprennent pas que tout n'est pas permis", avait déclaré le chef de l'Etat.
Jugé à Argentan, le conducteur du monospace, âgé de 20 ans, a été condamné mercredi à 24 mois de prison dont 18 avec sursis et à une annulation de permis avec interdiction de le repasser pendant deux ans. "La vitesse - entre 111 et 120 km/h au lieu de 80 km/h autorisé pour le jeune conducteur - et le manque d'attention sont à l'origine de l'accident", a indiqué le procureur de la République, David Pamart, qui avait requis mardi deux ans avec sursis et l'annulation de son permis pendant 3 ans.
L'avocat du prévenu, qui avait obtenu son permis huit mois avant le drame, "a souligné que l'accident était intervenu tôt le matin, qu'il faisait nuit et que le gendarme, sans élément particulier - comme des bandes réfléchissantes - en plus de sa tenue de gendarme, n'était peut-être pas très visible". Le jeune homme a expliqué pour sa part à la barre qu'il avait le regard sur son poste radio au moment de l'accident et affirmé qu'il n'était pas au téléphone. "Son téléphone était en communication entre trois minutes et trente secondes avant l'accident mais il n'est pas prouvé qu'il l'était encore au moment de l'accident", a précisé le procureur de la République qui a estimé, lors de l'audience, que l'on avait plus affaire à faire à un "inconscient de la route" qu'à un "assassin de la route".

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