mercredi 13 juin 2012

Le procès d'une furie meurtrière

Les jurés de la cour d'assises des Ardennes examinent aujourd'hui un double crime où la jalousie maladive d'un homme s'est muée en une cruauté aveugle pour basculer dans l'horreur absolue.

Manuel Teixeira doit répondre des meurtres de son épouse Florence et de leur fille Amélie, massacrées à coups de sabre dans la maison familiale des Ayvelles, en avril 2009.
UNE vision d'horreur s'offre aux gendarmes de la brigade de Flize qui pénètrent dans la maison de la famille Teixeira aux Ayvelles, ce samedi 18 avril 2009, vers 14 h 30.
Les militaires ont malheureusement la confirmation que Manuel Teixeira a dit vrai quand il est venu se constituer prisonnier dix minutes avant, annonçant le meurtre de son épouse et de leur fille Amélie.
La fillette de 9 ans et Florence, sa maman, gisent dans un bain de sang. Les corps sont barrés de multiples et impressionnantes estafilades qui témoignent d'un rare acharnement.
La scène de crime est gelée. Les techniciens de l'identité criminelle de la gendarmerie découvrent vite l'arme du crime. Le sabre, dont la lame de 39 centimètres est maculée de sang, a été abandonné sur place par Manuel Teixeira.
Placé en garde à vue, le chef de chantier d'une entreprise de BTP ne s'explique pas comment il a pu "en arriver là". En réalité, il est rongé par une jalousie maladive qui s'aggrave depuis un an que son couple bat de l'aile.
Les proches de Florence témoignent du climat de terreur dans lequel son mari la plonge sans cesse.
Il lève la main sur elle, menace de la tuer ou encore fracasse son véhicule avec des parpaings (lire par ailleurs).


Antidépresseurs, plaintes et Taser
En retour, l'épouse entame une procédure de divorce, multiplie les plaintes, se rassure en achetant un Taser et se gave d'antidépresseurs pour tenter de rendre le cauchemar supportable.
Ce funeste samedi, son mari l'attend dans la maison grâce à un double de clé.
Manuel Teixeira souhaite parler avec Florence d'un courrier concernant leur divorce dont les termes l'agacent.
Fou de rage, il s'éclipse dans la chambre conjugale. Il se saisit de son sabre « pour faire peur », dit-il. Mais la tension est à son comble.
Alors que son épouse fait face à l'évier de la cuisine, Manuel Teixeira la frappe dans le dos.
La petite Amélie, qui s'interpose, reçoit le deuxième coup. La furie meurtrière est en marche.


« C'est fini je l'ai butée »
Manuel Teixeira les percute tour à tour avec la lame de son sabre. Puis il s'acharne sur Florence avant de porter une dernière attaque contre sa fille qui trouve la force de se relever. Il vise presque systématiquement le cœur, comme il le dira pendant l'instruction. Les médecins légistes constatent la présence de multiples plaies correspondant à seize coups portés sur la mère de famille. La fillette compte sept plaies consécutives à quatre coups de sabre. Elles succombent à « une hémorragie massive ».
Le nombre et la violence inouïe des coups portés ont fait de la scène de crime une abomination que les enquêteurs auront peine à effacer de leur mémoire.
Poursuivi pour homicides volontaires aggravés, Manuel Teixeira encourt la réclusion criminelle à perpétuité. En attendant, il devra dire, à compter d'aujourd'hui, comment et pourquoi il s'est acharné sur ces deux êtres aimés. Il devra sans doute aussi revenir sur ces terribles propos rapportés par une proche peu après les crimes.
« Ça y est, c'est fini je l'ai butée », aurait-il confié au sujet de Florence. Face au témoin, qui s'inquiète alors du sort réservé à la petite Amélie, il aurait ajouté : « Je lui ai fait son compte aussi, je ne les ai pas séparées, comme ça, elle est partie avec sa mère ».
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/le-proces-dune-furie-meurtriere

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