mardi 12 juin 2012

Le témoignage de la tante devant la cour d'assises

La sœur d’Eric Sabatier, de huit ans son aînée, a pris la parole devant la cour d’assises de la Sarthe, ce lundi après-midi. Son témoignage, qu’Eric Sabatier a écouté dos courbé, tête dans la main, en dit long sur l’ambiance qui régnait dans la famille durant leur enfance.
« Mon petit frère, j’ai essayé de le protéger du mieux que je pouvais des disputes de mes parents. C’était presque quotidien. Quand mon père battait ma mère, j’essayais de l’emmener ailleurs, pour éviter qu’il voit certaines choses. »
La mère frappée «du matin au soir»
Ainsi débute la déclaration de Marie-France Sabatier, sœur d’Eric Sabatier, qui se souvient de sa mère « en sang », frappée « du matin au soir », pour des broutilles. « Mon père avait deux personnalités. Devant, il présentait bien. Il était très aimé pour les gens qui le connaissaient. A la maison, c’était un vrai tyran. »
« J’avais peur de mon père»
Les abus sexuels que le père aurait fait subir à Eric Sabatier ? « D’après Eric, je ne le savais pas. Mais je m’en doutais. » Pourquoi n’avoir jamais rien dit ? Une peur tenace : « Même adulte, j’ai toujours eu peur de mon père. Avant de devenir enseignant, il avait été militaire. Il fallait que tout soit dirigé comme il le voulait. »
La sœur a quitté la maison à 28 ans. Alors qu’elle avait un travail. Pourquoi ne pas être partie plus tôt ? « J’avais peur de mon père. Pour lui, hors de question que je parte avant qu’il ait trois mètres de terre sur lui. » Même mariée, la peur l’a empêchée de porter plainte.
Victime d’abus sexuels, même après sa majorité
La tante de Marina affirme avoir elle-même subi des violences. « C’est venu vers 15-16 ans. Je voulais me rebeller, mon père n’acceptait pas. » L’adolescente reçoit des claques, des coups de fourchette. Auxquels s’ajoutent des abus sexuels. Combien de temps ? « Une dizaine d’années, même après ma majorité. Je n’en ai jamais parlé. »
L’hypothèse d’un schéma similaire pour son frère ? « Ça se peut, vu la lignée de la famille. J’ai appris que les grands-parents étaient un peu dans ce genre-là. Mon père a aussi eu des problèmes avec mes grands-parents. »
« On a beaucoup déménagé »
Marie-France Sabatier évoque ensuite une scolarité chaotique, le silence sur les violences face à l’assistante sociale ou l’éducateur. Et une enfance qui fait écho au drame de Marina: « On a beaucoup déménagé. »

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