Alors, il se bat. Et s’en explique. « De la manière dont vous dites les choses, parfois, ça laisse planer un doute. » Inarrêtable, parfois, jusqu’à répéter trois fois la même chose pour avoir une chance de convaincre. Et puis, au détour d’une phrase, on le sent soudain fataliste : « Je veux partir en prison sans regrets… » Sans le regret de ne pas s’être défendu correctement, veut-il dire, mais… partir en prison. Comme s’il admettait que c’est ainsi que tout cela se terminera. Comme s’il était résigné, quelque part, au fond de lui.
Alors, c’est sa famille qui prend le relais : « Bats-toi, Julien ! Bats-toi pour toi. » C’est ce qu’il a fait, hier matin, quand Catherine Schneider et l’avocat général Luc Frémiot ont décortiqué le déroulement de la nuit tragique du 17 février 2008. Pied à pied. Minute par minute. Mais il reste deux trous, dans cette nuit. Chacun en tirera ses conclusions.
Et puis, l’après-midi, « on a marqué des points », dit Alice Cohen-Sabban, son avocate. « Un expert est venu dire que le cric retrouvé dans la Deûle a été fabriqué trois jours avant la Clio de Julien. Et que ce cric sortirait d’une usine turque ou roumaine. Si c’est vrai, comment peut-il être trois jours plus tard dans la Clio qui sort de l’usine ? » Voilà autre chose. Il faudrait d’abord prouver que ce cric vient de si loin. La collaboratrice d’Éric Dupond-Moretti laisse entendre qu’il reste trois jours pour cela. Et tenter de comprendre, alors, s’il y a une chance pour que ce cric, celui-là justement, ne vienne pas de la Clio de Julien Sailly.
Des images cruelles
Cela suffirait-il à installer un doute dans l’esprit des jurés ? Alice Cohen-Sabban y croit dur comme fer, et la famille de Julien également. Derrière Blandine Lejeune, leur avocate, les parents de Clélia balaient cela d’un hochement de tête. Hier, la fin de l’audience leur a une nouvelle fois été cruelle. Pour les besoins de l’exposé du médecin légiste, les photos du visage tuméfié et sans vie de Clélia se sont une nouvelle fois étalées sur les écrans de la salle d’assises. On y voit les marques laissées par un cric.http://www.lavoixdunord.fr/region/julien-sailly-se-bat-et-veut-partir-en-prison-sans-regrets-ia0b0n1604632
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire