mardi 10 décembre 2013

EN DIRECT La deuxième journée du procès d'Arnaud Gijbels et Marouane Chkarmi

L'audience est présidée par François Ardiet. Elisabeth Philiponet est avocat général. Me Randall Schwerdorffer défend Marouane Chkarmi, Me Julien Vernet assure la défense du principal accusé, Arnaud Gijbels. Marouane Chkarmi est poursuivi pour proxénétisme agravé, Arnaud Gijbels pour assassinat.
9h30.- Une partie de la cour a été retardée par les embouteillages bisontins. L'audience débute avec une demi-heure de retard, avec le témoignage de l'un des policiers qui ont mené l'enquête. Il revient sur les investigations qui ont conduit à la mise en garde-à-vue de Marouane Chkarmi d'abord, en détaillant comment celui-ci présentait de jeunes hommes à Pascal Legal. "Au moment des faits, il est inquiet de la façon dont l'enquête avance". Les écoutes téléphoniques démontrent en effet qu'il a fait part de ses craintes. "J'ai vu des gens en pleur dans mon bureau, parce que ça ne s'était pas toujours bien passé avec M.Chkarmi. j'ai vu quelqu'un qui avait été conduit à Montbéliard, à qui Chkarmi avait promis 100 euros, il n'en a eu que 70, M.Chkarmi ayant prélevé 30 euros pour le voyage. Il y aurait à priori eu des violences à ce moment là, à Montbéliard."
Jean-Yves Menczwynski, le policier, raconte l'interpellation d'Arnaud Gijbels à la gare d'Annemasse. "Il est porteur d'une grosse valise, de la carte bancaire de Pacal Legal. Il reconnaît spontanément être la personne à l'origine du décès de Pascal Legal".
Le policier raconte comment après le meurtre, Arnaud Gijbels a tenté de monnayer les objets volés chez Pascal Legal, les chemises et le téléphone notamment. "Pour l'iPhone, il s'est ravisé, le téléphone a été cassé et jeté dans une benne à verre de la rue Ronchaux. Nous n'avons hélas pas pu le récupérer car la benne avait été vidée".
Le président Ardiet : "Est-ce qu'il y avait beaucoup d'écart entre les dépositions d'Arnaud Gijbels et ce que vous avez pu vérifier"
Le policier : "Au début oui, ensuite, il change un peu les versions. Pascal Legal ne nous est pas apparu comme quelqu'un de violent. Il lui arrive de faire monter des gens chez lui et de les défrayer même s'ils ne participent pas. La théorie du viol nous parait sujette à caution".

"Un DSK de Besançon"

Marouane Chkarmi : "Je ne suis pas une agence d'intérim qui recrute des jeunes garçons, je ne suis pas le pôle emploi qui envoie des gens se prosituer. Je n'ai jamais forcé personne. J'ai collaboré autant que j'ai pu pour faire avancer l'enquête. Je suis vraiment surpris aujourd'hui. On fait de moi un portrait de proxènète et quelqu'un de violent et d'agressif."
Marouane Chkarmi : "On parle de moi comme si j'étais un DSK de Besançon".
Elisabeth Philiponet, avocat général : "On vous reproche pas d'avoir tué monsieur Legal, on sait qui c'est. Par contre, peut-être vous sentez-vous une responsabilité morale. On s'est demandé comment il était entré en contact avec vous. On a entendu des gens qui ne sont pas spécialement tendres avec vous. Et on est arrivés à un shéma de prostitution organisée. Vous savez qu'il y a un tarif prévu, et vous en avez profité. Quand vous dites cruement, que ces jeunes gens ne font pas tout çà pour le plaisir compte tenu de l'âge de leur partenaire. Il y a peut-être du plaisir, mais ce n'est pas du plaisir gratuit."
Marouane Chkarmi : "Monsieur Legal n'était pas tenu de payer quoi que ce soit. Je lui ai pas mis le couteau sous la gorge pour qu'il rémunère mes copains. Je lui ai jamais proposé de lui présenter des amis, c'est lui qui était demandeur. Il y a un complot sur moi."
10h30.- Me Randall Schwerdorffer, avocat de Marouane Chkarmi, met le policier sur le grill. Le témoignage de l'enquêteur a dressé le portrait d'un proxénète violent. L'avocat cite le témoignage d'un jeune homosexuel, qui décrit des habitués du café du Théâtre, "des gens assez âgés prêts à verser de l'argent en échange de faveurs sexuelles". "Ces gens là vous ont-ils cité des pourvoyeurs ?" "Est-ce que M.Chkarmi n'a pas été mis en examen pour proxénétisme parce qu'il a eu le malheur de présenter M.Gijbels à M.Legal ?"
10h55.- Me Julien Vernet, avocat d'Arnaud Gijbels, interroge à son tour le témoin. "première question en garde-à-vue : êtes-vous responsable du meurtre de Pascal Legal ? Réponse : oui. Vous en voyez beaucoup des personnes responsables d'actes aussi dramatiques et qui les admettent aussi spontanément?"
Pourtant, le policier persiste à décrire un Arnaud Gijbels "psychologiquement fort, qui réfléchissait à toutes ses réponses, qui ne répondait pas spontanément".
Me Julien Vernet : "A-t-il collaboré à l'enquête ?"
Le policier : "Oui, mais certaines choses étaient difficiles à vérifier. Il a dit la vérité sur l'endroit où il a jeté les clefs puisqu'on les retrouve. mais il n'a pas dit toute la vérité sur certains détails."
Me Julien Vernet : "Il vous a dit spontanément que le couteau venait d'Annemasse, qu'il l'avait apporté avec lui cinq ou huit jours avant. Ce faisant, il s'auto incrimine. Il est tellement sincère qu'il s'envoie lui-même devant la cour d'assises pour assassinat. Réclusion criminelle à perpétuité. Sans cet aveu spontané, il serait là pour meurtre, 30 ans de réclusion criminelle."

"Au Maroc, il ne m'avait pas moi"

Elisabeth Philiponet, avocat général s'adresse à Arnaud Gijbels : "Apparemment, quand il mettait de l'argent, et il en mettait beaucoup, M.Legal avait tout ce qu'il voulait au Maroc. Pourquoi vous aurait-il violé vous ?"
Arnaud Gijbels : "Parce qu'il ne m'avait pas moi."
Elisabeth Philiponet : "Donc, tout celà est arrivé parce qu'il vous voulait vous ?"
Aurnaud Gijbels : "Oui, hélas."

"Il était fatigué mais normal"

11h35.- L'audience reprend après une courte suspension.
La cour entend le témoignage de la petite amie d'Arnaud Gijbels. "Nous nous sommes rencontrés à la fête de la musique, nous avons passé environ un mois ensemble, chez moi à Besançon. C'est quelqu'un de calme, respecteux. Il n'a aucune tendance à être violent bien au contraire."
Le président Ardiet : "Vous avez vu Arnaud Gijbels le 13 novembre, le soir du meurtre, comment était-il?"
La jeune femme : "Normal, comme d'habitude, fatigué mais comme d'habitude. Il portait une doudoune que je ne lui connaissais pas".
Le président Ardiet : "Est-ce qu'à un moment donné, vous avez su qu'il pouvait avoir des relations sexuelles rémunérées avec un homme ?"
La jeune femme : "Par la police, mais pas avant".
Le président Ardiet : "Quand vous avez su ce qui s'était passé, comment avez-vous réagit."
La jeune femme : "J'ai été très surprise. Si Arnaud a réagit comme çà, c'est qu'il y a eu quelque-chose. Il ne s'est jamais énervé, il n'a jamais montré aucune colère, aucune violence, même verbale."
Elisabeth Philiponet : "Votre ralation date de quand ?"
La jeune femme : "On s'est vus en juin, puis ne fois en août, puis en novembre, jusqu'à ce qu'il se fasse arrêter."
Elisabeth Philiponet : "Pensez-vous qu'on connait quelqu'un en quatre mois de relations ?"
La jeune femme : "Oui. On s'est beaucoup parlé, on a beaucoup échangé."
Elisabeth Philiponet : "Après le meurtre, vous n'avez rien vu."
La jeune femme : "Non, il était fatigué mais normal."
Me Randall Schwerdorffer : "Vous souvenez-vous d'avoir vu une émission sur ce meurtre sur France 3, qui était là ?"
La jeune femme : "Oui, j'étais avec ma soeur et Arnaud. On en a parlé. Arnaud nous a expliqué où était le café du Théâtre, il n'a pas eu d'autre réaction."
Me Vernet interroge la jeune femme :" Pour vous, vous êtes toujours en couple avec Arnaud ?"
La jeune femme : "Oui"
Me Vernet à Arnaud Gijbels : "Quels sont vos projets avec cette jeune femme?"
Arnaud Gijbels : "C'est clair, c'est la femme avec laquelle je veux faire ma vie e je l'aime

A suivre sur ce lien .... http://www.estrepublicain.fr/doubs/2013/12/10/en-direct-la-deuxieme-journee-du-proces-d-arnaud-gijbels-et-marouane-chkarmi-meurtre-de-pascal-legal-patron-du-cafe-du-theatre-a-besancon

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