Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
lundi 12 mai 2014
dimanche 11 mai 2014
JUSTICE. Le mystérieux meurtre d’un expert de Drouot aux assises
Le dimanche 13 mars 2011, Jimmy Drulhon, expert en livres anciens notamment pour Drouot, était retrouvé par un ami mort égorgé dans son lit. Sur fond de prostitution gay, un jeune Roumain comparaît à partir de lundi à Paris pour ce crime, qu’il nie.
Le dimanche 13 mars 2011, Jimmy Drulhon, expert en livres anciens notamment pour Drouot, était retrouvé par un ami mort égorgé dans son lit. Sur fond de prostitution gay, un jeune Roumain comparaît à partir de lundi à Paris pour ce crime, qu’il nie.
Quand son ancien amant, resté très proche et qui a un double des clés, retrouve Jimmy Drulhon, 65 ans, tué dans son appartement de la rue d’Assas, dans le très chic 6e arrondissement de Paris, le mystère semble complet. Pas de traces d’effraction ni de lutte. Un profil génétique dans une tache de sperme et des empreintes, mais inconnus.
Le téléphone et l’ordinateur portable de la victime, un appareil photo, ses cartes de paiement et papiers d’identité ont disparu.
C’est l’agenda de l’expert, la téléphonie et sa carte bancaire qui donneront des pistes. A la date du 11 février, Jimmy Drulhon a ainsi noté: «SqH IV - Renc. Daniel (Rom)». Puis le 7 mars: «dîner chez moi avec Daniel». Et le 10 «dîner chez moi avec Alain. Arrivée Daniel chez moi puis clash. Bye bye».
La première entrée met les policiers sur la piste d’un lieu de rencontres gay, souvent tarifées, du 4e arrondissement.
Les relevés téléphoniques montrent de leur côté que quelques jours après la première mention d’un «Daniel», Jimmy Drulhon a été appelé par un numéro mobile roumain, qu’il a lui-même contacté à plusieurs reprises.
Enfin, sa carte bancaire a été utilisée après son décès, notamment le soir du meurtre, dans une station service près de Paris puis à un péage autoroutier à Metz et le lendemain sur une aire d’autoroute à Baden Baden, en Allemagne.
« Le coupable parfait »
La vidéosurveillance montre que la personne ayant tenté un retrait dans la station service circulait à bord d’un véhicule immatriculé en Roumanie. La police allemande, qui avait contrôlé ce même véhicule le 14 mars, fournit l’identité des trois passagers.
Des recoupements concentrent rapidement les soupçons sur Laurentiu Daniel Ghintu, aujourd’hui âgé de 35 ans. Un mandat d’arrêt est lancé en juin et le jeune homme se présentera spontanément à la police à Nice le 19 juillet.
Il reconnaît la relation avec Jimmy Drulhon, y compris la dispute du 10 mars, et les vols, mais dément farouchement l’avoir tué.
Selon lui, il s’est rendu ce jour-là chez Jimmy Drulhon et a dérobé ses affaires pendant que ce dernier prenait une douche après une relation sexuelle. Puis, les deux hommes se seraient rendus au jardin du Luxembourg tout proche, où ils se seraient séparés. Ni son ADN ni ses empreintes ne correspondent à ceux retrouvés chez la victime.
Mais pour les enquêteurs, des contradictions dans ses déclarations sur la journée du crime et le faisceau de présomptions sont suffisants pour le renvoyer aux assises.
«C’est le coupable parfait, mais il n’y a aucun élément matériel objectif», martèle au contraire un de ses défenseurs, Fabrice Epstein. «Le fameux bye bye, ça fait pas grand-chose pour envoyer quelqu’un derrière les barreaux pour 20 ans».
Le procès doit durer jusqu’à vendredi, l’accusé risque la perpétuité.
samedi 10 mai 2014
Graulhet. 9 mois ferme pour avoir brandi à sabre et menacé des gendarmes
Un homme de 40 ans et sa jeune compagne de 18 ans, issus de la communauté gitane, résidant à Graulhet, étaient présentés hier au tribunal de Castres dans le cadre d'une comparution immédiate. Si elle, n'affichait aucune inscription à son casier judiciaire, lui, arrivait avec déjà 15 condamnations, dont 5 pour rébellions et outrages, 2 pour menaces de mort, 2 pour port d'arme, 3 pour dégradations… Un type qui s'énerve donc très facilement. À Graulhet, il a transformé une querelle de voisinage en «camp retranché» au cours duquel quatre gendarmes ont été menacés de mort ou de crime et outrages, et, pire, ont été contraints de sortir leurs tasers pour faire face à un individu qui brandissait un sabre en venant vers eux ! Sa compagne n'a pas été en reste ; mais, aux menaces du même acabit, elle a ajouté un coup porté à une gendarme ! Devant l'adversité déterminée des gendarmes, l'homme et sa compagne se sont ensuite enfermés chez eux, tout en continuant menaces et insultes. L'homme devait même jeter une chaise par le balcon en direction d'un gendarme. Le couple s'est rendu au bout d'une heure de négociations. Ces faits se sont produits le 5 mai dernier en début de matinée.
Pour ces faits, a peu près conformément aux réquisitions du parquet, l'homme a été condamné à 9 mois de prison ferme, avec maintien en détention, révocation de ses sursis (soit 11 mois au total !). Sa compagne a été condamnée à 6 mois de prison dont 3 avec sursis, 18 mois de mise à l'épreuve et interdiction de paraître à Graulhet.
Les différentes parties civiles, au nombre de cinq , ont été retenues et devront être indemnisées pour leurs préjudices.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/10/1878054-graulhet-il-avait-brandi-un-sabre.html
Maintien en détention
Tout a commencé vers 8 heures : un quadragénaire qui réside au premier étage d'un bâtiment, n'a pas envie de descendre pour les besoins de son chien. Sur le balcon, ce dernier non plus. Son maître se met alors à le frapper en «gueulant dessus» (dixit) pour le contraindre à se bouger. La scène se passe à quelques mètres de la chambre du bébé du voisin, qui finit évidemment par se réveiller. Une heure et demi-plus tard, sur le parking, le papa concerné lui fait comprendre son mécontentement. Le ton dégénère lorsque le voisin indique son intention de déposer une main courante voire une plainte… qui eût été alors la 5e à son encontre ! Sur ces entrefaites, arrive la jeune compagne du gitan quadragénaire. Le ton continue de monter. L'épouse du voisin prend peur devant la tournure des événements et prévient les gendarmes. L'accueil du couple sera à la hauteur de leur profil !Pour ces faits, a peu près conformément aux réquisitions du parquet, l'homme a été condamné à 9 mois de prison ferme, avec maintien en détention, révocation de ses sursis (soit 11 mois au total !). Sa compagne a été condamnée à 6 mois de prison dont 3 avec sursis, 18 mois de mise à l'épreuve et interdiction de paraître à Graulhet.
Les différentes parties civiles, au nombre de cinq , ont été retenues et devront être indemnisées pour leurs préjudices.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/10/1878054-graulhet-il-avait-brandi-un-sabre.html
vendredi 9 mai 2014
Au procès Leulmi, la principale accusatrice raconte sa vie avec «le mal incarné»
Julie Derouette, ancienne conquête de Jamel Leulmi, a raconté vendredi pendant trois heures devant la Cour d'assises de l'Essonne sa relation avec l'accusé et une terrible agression subie au Maroc, dont elle le soupçonne d'être l'instigateur pour toucher 7 millions d'euros d'assurance décès.
«Ca a été très facile pour lui de me séduire», a affirmé la jeune femme, vêtue de noir, expliquant avoir rencontré Jamel Leulmi fin octobre 2009, «peu de temps» après une opération à cœur ouvert de sa petite fille.
Elle le juge alors «un petit peu insistant, mais vraiment très gentil». Peu à peu, il s'immisce dans sa vie, la voit tous les jours, parfois «très tôt le matin» et veut «toujours tout payer». Sa fille se met à l'appeler papa.
Ce playboy bodybuildé lui raconte en pleurant le décès de sa première femme, renversée à vélo en 2007, sans s’apesantir toutefois sur les circonstances mystérieuses de l'accident et l'assurance décès qu'il a touchée à sa mort, des faits qui lui valent en partie sa présence dans le box depuis deux semaines.
Julie Derouette poursuit son récit d'une voix posée: «Un jour, il m'a demandé: +Qu'est-ce que tu penses d'un petit voyage ?+». Il aurait ajouté: «Comme tu es un peu +Pierre Richard+, il va falloir que tu rédiges un contrat d'invalidité décès», nécessaire selon lui pour obtenir un visa pour l'Algérie. «Sans ça, au bled, ils ne te rapatrient pas et là-bas, ils te laissent crever», aurait-il dit.
Elle signe des contrats sur internet et en agence. «A cette époque, je ne savais pas ce que représentait 50.000 ou 60.000 euros, car je n'ai pas été éduquée dans l'argent», affirme-t-elle.
Me Éric Dupond-Moretti, l'avocat de Jamel Leulmi, choisit ce moment pour quitter ostensiblement la salle en soupirant, le pas lent et levant les yeux au ciel.
- 'J'entends ma nuque qui craque' -
Julie Derouette ne lui prête pas un regard et se penche sur «le fameux jour de la demande en mariage». «Est-ce que pour toi c'est évident que tu vas être ma femme ?», lui aurait-il demandé quelques semaines à peine après leur rencontre.
Mais il veut d'abord la faire venir à Marrakech, ce qu'elle accepte. Là-bas, il s'agenouille, se met à pleurer, lui offre «une très belle bague». Il lui demande aussi de louer une voiture pour partir en Algérie voir «un cousin».
Il la suit, dit-elle, mais disparaît soudain de son rétroviseur. Elle est alors percutée par l'arrière et arrête son véhicule.
Sa voix tremble au moment de se remémorer ce soir de décembre 2009 devant une cour d'assises pendue à ses lèvres: «Je sens quelqu'un qui m'attrape par les cheveux et qui commence à me coincer la tête dans le volant et qui continue à donner coups de poing sur coups de poing». «J'entends ma nuque qui craque et des gens qui disent +On va te crever !+», ajoute-t-elle en sanglotant.
«Aujourd'hui, je suis formelle: c'était Jamel», affirme-t-elle.
Quand elle se réveille à l'hôpital, la colonne vertébrale brisée, Jamel Leulmi est à ses côtés. «Il pleurait et m'a dit: +Tu vas mourir, ta moelle épinière est touchée+». Mais il lui affirme ensuite qu'il doit rentrer en France.
Rapatriée, Julie Derouette tente difficilement de se rééduquer. Elle n'a pas de nouvelles de Jamel Leulmi jusqu'au soir où «il débarque avec un énorme bouquet de fleurs». «J'étais absolument convaincue -j'étais amoureuse- qu'il n'avait rien à voir avec ça».
Mais en juin 2010, elle est victime d'un cambriolage: quatre copies de contrats d'assurances décès ont disparu. «J'ai porté plainte le lendemain», dit-elle. «Tout était calculé depuis peut-être même le premier regard», ajoute-t-elle.
Dans le box, Jamel Leulmi écoute en se mordant la lèvre, hausse parfois les sourcils, se tient la tête. Il cligne des yeux sans arrêt: un tic.
Elle hausse le ton: «S'il était si innocent, il se lèverait, il me regarderait droit dans les yeux. Il ne ferait pas l'autruche. C'est le mal incarné.»
http://www.20minutes.fr/article/1371345/20140509-proces-leulmi-principale-accusatrice-raconte-vie-le-mal-incarne
«Ca a été très facile pour lui de me séduire», a affirmé la jeune femme, vêtue de noir, expliquant avoir rencontré Jamel Leulmi fin octobre 2009, «peu de temps» après une opération à cœur ouvert de sa petite fille.
Elle le juge alors «un petit peu insistant, mais vraiment très gentil». Peu à peu, il s'immisce dans sa vie, la voit tous les jours, parfois «très tôt le matin» et veut «toujours tout payer». Sa fille se met à l'appeler papa.
Ce playboy bodybuildé lui raconte en pleurant le décès de sa première femme, renversée à vélo en 2007, sans s’apesantir toutefois sur les circonstances mystérieuses de l'accident et l'assurance décès qu'il a touchée à sa mort, des faits qui lui valent en partie sa présence dans le box depuis deux semaines.
Julie Derouette poursuit son récit d'une voix posée: «Un jour, il m'a demandé: +Qu'est-ce que tu penses d'un petit voyage ?+». Il aurait ajouté: «Comme tu es un peu +Pierre Richard+, il va falloir que tu rédiges un contrat d'invalidité décès», nécessaire selon lui pour obtenir un visa pour l'Algérie. «Sans ça, au bled, ils ne te rapatrient pas et là-bas, ils te laissent crever», aurait-il dit.
Elle signe des contrats sur internet et en agence. «A cette époque, je ne savais pas ce que représentait 50.000 ou 60.000 euros, car je n'ai pas été éduquée dans l'argent», affirme-t-elle.
Me Éric Dupond-Moretti, l'avocat de Jamel Leulmi, choisit ce moment pour quitter ostensiblement la salle en soupirant, le pas lent et levant les yeux au ciel.
- 'J'entends ma nuque qui craque' -
Julie Derouette ne lui prête pas un regard et se penche sur «le fameux jour de la demande en mariage». «Est-ce que pour toi c'est évident que tu vas être ma femme ?», lui aurait-il demandé quelques semaines à peine après leur rencontre.
Mais il veut d'abord la faire venir à Marrakech, ce qu'elle accepte. Là-bas, il s'agenouille, se met à pleurer, lui offre «une très belle bague». Il lui demande aussi de louer une voiture pour partir en Algérie voir «un cousin».
Il la suit, dit-elle, mais disparaît soudain de son rétroviseur. Elle est alors percutée par l'arrière et arrête son véhicule.
Sa voix tremble au moment de se remémorer ce soir de décembre 2009 devant une cour d'assises pendue à ses lèvres: «Je sens quelqu'un qui m'attrape par les cheveux et qui commence à me coincer la tête dans le volant et qui continue à donner coups de poing sur coups de poing». «J'entends ma nuque qui craque et des gens qui disent +On va te crever !+», ajoute-t-elle en sanglotant.
«Aujourd'hui, je suis formelle: c'était Jamel», affirme-t-elle.
Quand elle se réveille à l'hôpital, la colonne vertébrale brisée, Jamel Leulmi est à ses côtés. «Il pleurait et m'a dit: +Tu vas mourir, ta moelle épinière est touchée+». Mais il lui affirme ensuite qu'il doit rentrer en France.
Rapatriée, Julie Derouette tente difficilement de se rééduquer. Elle n'a pas de nouvelles de Jamel Leulmi jusqu'au soir où «il débarque avec un énorme bouquet de fleurs». «J'étais absolument convaincue -j'étais amoureuse- qu'il n'avait rien à voir avec ça».
Mais en juin 2010, elle est victime d'un cambriolage: quatre copies de contrats d'assurances décès ont disparu. «J'ai porté plainte le lendemain», dit-elle. «Tout était calculé depuis peut-être même le premier regard», ajoute-t-elle.
Dans le box, Jamel Leulmi écoute en se mordant la lèvre, hausse parfois les sourcils, se tient la tête. Il cligne des yeux sans arrêt: un tic.
Elle hausse le ton: «S'il était si innocent, il se lèverait, il me regarderait droit dans les yeux. Il ne ferait pas l'autruche. C'est le mal incarné.»
http://www.20minutes.fr/article/1371345/20140509-proces-leulmi-principale-accusatrice-raconte-vie-le-mal-incarne
Meurtre d'un père: 15 à 18 ans de prison requis contre le fils et sa mère
Une peine de 15 à 18 ans de réclusion criminelle a été requise vendredi contre un homme de 30 ans jugé aux assises de Paris pour le meurtre de son père alcoolique et violent, et contre sa mère, qui comparaît quant à elle pour complicité.
Les faits remontent à Noël 2003. Dans la soirée du 24 décembre, la mère, Marie-France, avait eu une violente dispute avec son compagnon, Aldo. Il était rentré à leur domicile, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, ivre, une fois de plus, et trop tard pour offrir ses cadeaux au petit dernier, alors âgé de trois ans.
Aldo lui avait demandé des médicaments contre le mal de tête, mais Marie-France lui avait administré des somnifères, pour ne plus l'entendre, dit-elle.
Son fils Stefano, âgé de 30 ans, reconnaît avoir tué son père le lendemain en l'étranglant avec des câbles électriques.
Pour l'avocate générale, Annie Grenier, la femme et son fils doivent être condamnés à la même peine.
Lorsqu'elle administre ces somnifères à Aldo, alors âgé de 59 ans, Marie-France «pense qu'il va mourir», a estimé la magistrate, même si la dose n'était pas mortelle.
En empoisonnant son compagnon, en disant à son fils «c'est lui ou c'est moi», Marie-France, aujourd'hui âgée de 53 ans, «provoque son fils et lui donne les moyens» de tuer son père, a souligné Mme Grenier.
«Elle pouvait, elle devait partir, on ne tue pas un homme, on le quitte», a-t-elle poursuivi, affirmant avoir du mal à croire au portrait si noir dressé d'Aldo, tout en admettant un «contexte familial difficile».
La représentante de l'accusation a demandé à la cour de rejeter la confusion de peine demandée par Stefano, qui a été condamné en 2008 à 13 ans de réclusion criminelle pour coups mortels en 2005 sur sa petite amie, dont le corps avait été découpé et jeté dans la rivière Essonne, non loin du lieu de la découverte du corps d'Aldo, en février 2004.
Le corps, enterré dans un bois de Guigneville-sur-Essonne, n'avait été identifié qu'en 2010. Dans cet intervalle, les accusés s'étaient accordés pour faire accroire qu'Aldo était parti en Italie.
Une peine de 18 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende ont été requis pour recel de cadavre contre Christophe, 37 ans, que son frère Stefano avait appelé pour l'aider à transporter et enterrer le corps d'Aldo.
Mis devant le fait accompli, lui qui préconisait de prévenir la police n'a donné que «deux ou trois pelletées» pour creuser la fosse d'Aldo, qui l'avait élevé, mais n'était pas son père.
Le verdict est attendu en fin de journée.
http://www.20minutes.fr/ledirect/1371061/20140509-meurtre-pere-15-a-18-ans-prison-requis-contre-fils-mere
Les faits remontent à Noël 2003. Dans la soirée du 24 décembre, la mère, Marie-France, avait eu une violente dispute avec son compagnon, Aldo. Il était rentré à leur domicile, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, ivre, une fois de plus, et trop tard pour offrir ses cadeaux au petit dernier, alors âgé de trois ans.
Aldo lui avait demandé des médicaments contre le mal de tête, mais Marie-France lui avait administré des somnifères, pour ne plus l'entendre, dit-elle.
Son fils Stefano, âgé de 30 ans, reconnaît avoir tué son père le lendemain en l'étranglant avec des câbles électriques.
Pour l'avocate générale, Annie Grenier, la femme et son fils doivent être condamnés à la même peine.
Lorsqu'elle administre ces somnifères à Aldo, alors âgé de 59 ans, Marie-France «pense qu'il va mourir», a estimé la magistrate, même si la dose n'était pas mortelle.
En empoisonnant son compagnon, en disant à son fils «c'est lui ou c'est moi», Marie-France, aujourd'hui âgée de 53 ans, «provoque son fils et lui donne les moyens» de tuer son père, a souligné Mme Grenier.
«Elle pouvait, elle devait partir, on ne tue pas un homme, on le quitte», a-t-elle poursuivi, affirmant avoir du mal à croire au portrait si noir dressé d'Aldo, tout en admettant un «contexte familial difficile».
La représentante de l'accusation a demandé à la cour de rejeter la confusion de peine demandée par Stefano, qui a été condamné en 2008 à 13 ans de réclusion criminelle pour coups mortels en 2005 sur sa petite amie, dont le corps avait été découpé et jeté dans la rivière Essonne, non loin du lieu de la découverte du corps d'Aldo, en février 2004.
Le corps, enterré dans un bois de Guigneville-sur-Essonne, n'avait été identifié qu'en 2010. Dans cet intervalle, les accusés s'étaient accordés pour faire accroire qu'Aldo était parti en Italie.
Une peine de 18 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende ont été requis pour recel de cadavre contre Christophe, 37 ans, que son frère Stefano avait appelé pour l'aider à transporter et enterrer le corps d'Aldo.
Mis devant le fait accompli, lui qui préconisait de prévenir la police n'a donné que «deux ou trois pelletées» pour creuser la fosse d'Aldo, qui l'avait élevé, mais n'était pas son père.
Le verdict est attendu en fin de journée.
http://www.20minutes.fr/ledirect/1371061/20140509-meurtre-pere-15-a-18-ans-prison-requis-contre-fils-mere
Maître Patrick Uzan : L'avocat aux 600 procès d'assises
Il est un personnage incontournable de la justice en Franche-Comté. Un ténor des procès d'assises. A 61 ans, Patrick Uzan raccroche la robe noire. Pour l'instant....
Ses adversaires le redoutent. Ou l'admirent. Lorsqu'il plaide, la cour retient toujours son souffle. Jamais à l'abri d'un retournement de situation.
Patrick Uzan a été ces dernières années de tous les grands procès dans la région.
Celui qui a obtenu les aveux en plein procès de Yacine Sid pour le meurtre de Pierre Nasica à Belfort vient de prendre sa retraite.
Il consacre son temps libre désormais à ses chiens, ou à la pêche à la mouche. Même sans sa robe d'homme de loi, l'avocat reste marqué par toute une vie de plaidoiries au service de la justice franc-comtoise.
http://franche-comte.france3.fr/justice
Ses adversaires le redoutent. Ou l'admirent. Lorsqu'il plaide, la cour retient toujours son souffle. Jamais à l'abri d'un retournement de situation.
Patrick Uzan a été ces dernières années de tous les grands procès dans la région.
Celui qui a obtenu les aveux en plein procès de Yacine Sid pour le meurtre de Pierre Nasica à Belfort vient de prendre sa retraite.
Il consacre son temps libre désormais à ses chiens, ou à la pêche à la mouche. Même sans sa robe d'homme de loi, l'avocat reste marqué par toute une vie de plaidoiries au service de la justice franc-comtoise.
http://franche-comte.france3.fr/justice
jeudi 8 mai 2014
Procès Pistorius : pourquoi le dernier repas de Reeva Steenkamp est si important
A quelle heure Reeva Steenkamp a t-elle avalé son dernier repas ? Les versions se contredisent ce jeudi et les experts se succèdent au procès de l'athlète sud africain.
La question de l'heure du repas est déterminante. Oscar Pistorius affirme qu'ils ont mangé tôt et se sont endormis en début de soirée. L'athlète réveillé à trois heures du matin, il a entendu du bruit dans les toilettes, cru à la présence d'un cambrioleur et pris de panique, il a tiré sur la porte des toilettes, tuant son amie sans le vouloir.
Pour le procureur, Gerrie Nel, ce qu'il s'est passé ce soir là est différent. S'appuyant sur des témoignages de voisins, il pense que le couple s'est disputé pendant la nuit, que Reeva Steenkamp s'est réfugiée dans les toilettes pendant la querelle, et que Pistorius l'a assassinée en toute connaissance de cause. Dans ce scénario, la victime était réveillée à une heure du matin et aurait mangé.
Quand Reeva Steenkamp a t-elle mangé son dernier repas ? C'est ce que les experts essayaient de déterminer ce jeudi lors de cette nouvelle journée du procès de l'athlète sud-africain Oscar Pistorius. Pour le procureur, Gerrie Niel, la victime avait mangé deux heures avant d'être abattue de quatre balles vers 3h00 du matin. Une version qui viendrait contredire celle d'Oscar Pistorius. Selon un médecin légiste de l'accusation, venu témoigner au début du procès, le contenu de l'estomac de la victime prouvait clairement qu'elle avait mangé deux heures avant d'être tuée. Pour la défense, l'estimation du temps de digestion est "une science inexacte". Reeva Steenkamp avait mangé du poulet grillé avec des légumes dont les fibres étaient "insolubles".
L'heure, un détail essentiel
La question de l'heure du repas est déterminante. Oscar Pistorius affirme qu'ils ont mangé tôt et se sont endormis en début de soirée. L'athlète réveillé à trois heures du matin, il a entendu du bruit dans les toilettes, cru à la présence d'un cambrioleur et pris de panique, il a tiré sur la porte des toilettes, tuant son amie sans le vouloir.
Pour le procureur, Gerrie Nel, ce qu'il s'est passé ce soir là est différent. S'appuyant sur des témoignages de voisins, il pense que le couple s'est disputé pendant la nuit, que Reeva Steenkamp s'est réfugiée dans les toilettes pendant la querelle, et que Pistorius l'a assassinée en toute connaissance de cause. Dans ce scénario, la victime était réveillée à une heure du matin et aurait mangé.
Oscar Pistorius, 27 ans, risque une peine incompressible de 25 ans s'il est reconnu coupable de l'assassinat de Reeva Steenkamp, un mannequin de 29 ans. Après une interruption de deux semaines, le procès a repris le lundi 5 mai (voir la vidéo ci-dessous). Le tribunal de Pretoria s'est pour le moment donné jusqu'au 16 mai pour en finir avec cette longue série d'audiences qui tiennent l'Afrique du Sud en haleine depuis le 3 mars.
La compagne de Christophe Laforest renvoyée aux assises
LAON (02). L’homme avait été tué d’un coup de fusil en avril 2012. Son ex-amie vient d’être renvoyée devant les Assises.
C’est une première victoire pour la famille de Christophe Laforest. C’est dans sa maison d’Origny-en-Thiérache qu’il avait succombé, en avril 2012, d’un coup de fusil, suite à une altercation avec sa compagne Céline Sarrazin. À la suite de l’enquête, une ordonnance de non-lieu avait été demandée, puisque la justice avait estimé ne pas avoir assez d’éléments pour prouver que Céline Sarrazin, âgée de 24 ans au moment des faits, avait volontairement appuyé sur la détente du fusil. Les parents de Christophe Laforest avaient alors demandé l’annulation de cette décision. La coupable présumée a toujours indiqué ne pas avoir souhaité la mort de son compagnon. Elle s’était d’ailleurs accusée elle-même juste après les faits survenus dans l’après-midi du 12 avril, où Christophe Laforest se serait mis en colère contre sa compagne. C’est parce qu’elle craignait pour sa vie, qu’elle se serait emparée du fusil, qui était chargé.
« Pour la famille c’est une vraie satisfaction. Les parents de M. Laforest ne pouvaient pas accepter cette ordonnance de non-lieu. Nous attendons maintenant le procès d’assises », indiquait hier, Me Emmanuel Ludot qui défend les intérêts de la famille de Christophe Laforest. Le contrôle judiciaire de l’ex-concubine de la victime, qui n’avait pas été placée en détention provisoire, se poursuit. Le procès pourrait maintenant intervenir au cours du dernier trimestre de cette année.
http://www.lunion.presse.fr/accueil/la-compagne-de-christophe-laforest-renvoyee-aux-assises-ia0b0n344040
C’est une première victoire pour la famille de Christophe Laforest. C’est dans sa maison d’Origny-en-Thiérache qu’il avait succombé, en avril 2012, d’un coup de fusil, suite à une altercation avec sa compagne Céline Sarrazin. À la suite de l’enquête, une ordonnance de non-lieu avait été demandée, puisque la justice avait estimé ne pas avoir assez d’éléments pour prouver que Céline Sarrazin, âgée de 24 ans au moment des faits, avait volontairement appuyé sur la détente du fusil. Les parents de Christophe Laforest avaient alors demandé l’annulation de cette décision. La coupable présumée a toujours indiqué ne pas avoir souhaité la mort de son compagnon. Elle s’était d’ailleurs accusée elle-même juste après les faits survenus dans l’après-midi du 12 avril, où Christophe Laforest se serait mis en colère contre sa compagne. C’est parce qu’elle craignait pour sa vie, qu’elle se serait emparée du fusil, qui était chargé.
Devant les assises de l’Aisne
Malgré tout, ces explications n’auront pas convaincu les juges amiénois. Il y a deux jours, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de la capitale picarde a annulé l’ordonnance, renvoyant de fait Céline Sarrazin devant la cour d’assises de l’Aisne, à Laon. Elle sera jugée pour « violences ayant entraîné la mort, sans intention de la donner ».« Pour la famille c’est une vraie satisfaction. Les parents de M. Laforest ne pouvaient pas accepter cette ordonnance de non-lieu. Nous attendons maintenant le procès d’assises », indiquait hier, Me Emmanuel Ludot qui défend les intérêts de la famille de Christophe Laforest. Le contrôle judiciaire de l’ex-concubine de la victime, qui n’avait pas été placée en détention provisoire, se poursuit. Le procès pourrait maintenant intervenir au cours du dernier trimestre de cette année.
http://www.lunion.presse.fr/accueil/la-compagne-de-christophe-laforest-renvoyee-aux-assises-ia0b0n344040
Le maçon portugais condamné à huit ans de prison par la cour d'assises à Nice
Devenu sans-domicile-fixe après avoir perdu son emploi et son logement, ce maçon portugais de 45 ans a été reconnu coupable de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
Dans un immeuble en construction lui servant de squat, ce père de cinq enfants avait frappé un compagnon de beuverie qui, perdant connaissance sous la violence du coup, avait chuté de deux étages dans un conduit d'aération.
Da Cunha affirmait que la victime était tombée toute seule dans le trou. La procureure, Julie Rouillard, avait requis neuf ans de prison à son encontre.
http://www.nicematin.com/nice/le-macon-portugais-condamne-a-huit-ans-de-prison-par-la-cour-dassises-a-nice.1727333.html
Dans un immeuble en construction lui servant de squat, ce père de cinq enfants avait frappé un compagnon de beuverie qui, perdant connaissance sous la violence du coup, avait chuté de deux étages dans un conduit d'aération.
Da Cunha affirmait que la victime était tombée toute seule dans le trou. La procureure, Julie Rouillard, avait requis neuf ans de prison à son encontre.
http://www.nicematin.com/nice/le-macon-portugais-condamne-a-huit-ans-de-prison-par-la-cour-dassises-a-nice.1727333.html
Lannemezan. «Nous avons peur de notre fils»
Nous avons peur de notre fils… Vous imaginez ce que cela représente pour un père de dire ça aux gendarmes», fait remarquer la présidente Élisabeth Gadoullet au jeune prévenu. Dans ce dossier sensible, le fils est le prévenu et le père adoptif la victime.
Pierre (1), 23 ans à l'époque des faits, a un logement à Lannemezan, mais revient le 4 mai 2013 chez ses parents, à Arcizans-Dessus. «Vos parents ne sont pas tranquilles avec vous», explique la présidente Gadoullet. Aussi, comme ils s'absentent quatre jours, ils conduisent Pierre à la gare le 8 mai. De retour à leur domicile, le 12 mai, ils trouvent Pierre, alcoolisé. Il a commis des dégradations dans la maison, a vidé le bar. «Pendant quatre jours, je n'ai fait que boire.» Il a utilisé le véhicule de ses parents alors qu'il n'a pas le permis et a utilisé leur carte bancaire pour faire des retraits et des achats sur internet pour un montant de 231 €.
«Après ce que j'ai fait chez mes parents, j'ai décidé de me faire hospitaliser.» Depuis un an, Pierre est hospitalisé en psychiatrie à Lannemezan. L'expertise médicale indique qu'il ne souffre pas d'une maladie psychiatrique mais qu'il présente une «personnalité antisociale et impulsive» due à l'alcool qu'il consomme de manière excessive depuis l'âge de 14 ans. «Depuis que je suis hospitalisé, je ne bois plus une goutte d'alcool.»
Il n'a pas terminé son CAP de boucher, a passé trois ans à l'armée et perçoit désormais l'allocation d'adulte handicapé.
Depuis les faits, Pierre renoue des liens normaux avec ses parents. «ça se passe mieux… Oui, il s'est excusé», confie son père. Et d'ajouter : «Depuis les derniers soins, il effectue une réflexion plus authentique et une remise en cause de ses actes. Il est revenu chez nous et a un comportement paisible. Je ne me porte pas partie civile», confie le père qui souhaite que son fils se resocialise et trouve un métier.
Me Lemuet, conseil de Pierre, explique que ces faits commis contre ses parents ont été un «électrochoc pour lui… d'où sa démarche pour se soigner».
(1) Le prénom a été changé.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/08/1877170-nous-avons-peur-de-notre-fils.html
Pierre (1), 23 ans à l'époque des faits, a un logement à Lannemezan, mais revient le 4 mai 2013 chez ses parents, à Arcizans-Dessus. «Vos parents ne sont pas tranquilles avec vous», explique la présidente Gadoullet. Aussi, comme ils s'absentent quatre jours, ils conduisent Pierre à la gare le 8 mai. De retour à leur domicile, le 12 mai, ils trouvent Pierre, alcoolisé. Il a commis des dégradations dans la maison, a vidé le bar. «Pendant quatre jours, je n'ai fait que boire.» Il a utilisé le véhicule de ses parents alors qu'il n'a pas le permis et a utilisé leur carte bancaire pour faire des retraits et des achats sur internet pour un montant de 231 €.
«Après ce que j'ai fait chez mes parents, j'ai décidé de me faire hospitaliser.» Depuis un an, Pierre est hospitalisé en psychiatrie à Lannemezan. L'expertise médicale indique qu'il ne souffre pas d'une maladie psychiatrique mais qu'il présente une «personnalité antisociale et impulsive» due à l'alcool qu'il consomme de manière excessive depuis l'âge de 14 ans. «Depuis que je suis hospitalisé, je ne bois plus une goutte d'alcool.»
Il n'a pas terminé son CAP de boucher, a passé trois ans à l'armée et perçoit désormais l'allocation d'adulte handicapé.
Depuis les faits, Pierre renoue des liens normaux avec ses parents. «ça se passe mieux… Oui, il s'est excusé», confie son père. Et d'ajouter : «Depuis les derniers soins, il effectue une réflexion plus authentique et une remise en cause de ses actes. Il est revenu chez nous et a un comportement paisible. Je ne me porte pas partie civile», confie le père qui souhaite que son fils se resocialise et trouve un métier.
Me Lemuet, conseil de Pierre, explique que ces faits commis contre ses parents ont été un «électrochoc pour lui… d'où sa démarche pour se soigner».
(1) Le prénom a été changé.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/08/1877170-nous-avons-peur-de-notre-fils.html
mercredi 7 mai 2014
Meurtre de la jeune Suédoise : le faux taxi Bruno Cholet sera rejugé
Bruno Cholet, 57 ans, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sureté de 22 ans, au mois de septembre 2012 par la cour d’assises de Paris pour le meurtre d’une jeune touriste suédoise commis le 19 avril 2008, sera rejugé en appel. Son nouveau procès se tiendra du 13 au 23 mai à Melun (Seine-et-Marne).
A l’époque des faits, Bruno Cholet, qui exerçait illégalement le métier de taxi, avait pris en charge à la sortie d’une boîte de nuit parisienne, la jeune Susanna Zetterberg, 19 ans. Le corps de cette dernière avait été découvert, quelques heures après sa disparition, en partie brûlée, dans la forêt de Chantilly (Oise). Elle avait été tuée d’un coup de couteau dans le torse et de quatre balles tirées en pleine tête.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/paris-le-faux-taxi-condamne-pour-le-meurtre-d-une-jeune-suedoise-sera-rejuge-07-05-2014-3822093.php
A l’époque des faits, Bruno Cholet, qui exerçait illégalement le métier de taxi, avait pris en charge à la sortie d’une boîte de nuit parisienne, la jeune Susanna Zetterberg, 19 ans. Le corps de cette dernière avait été découvert, quelques heures après sa disparition, en partie brûlée, dans la forêt de Chantilly (Oise). Elle avait été tuée d’un coup de couteau dans le torse et de quatre balles tirées en pleine tête.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/paris-le-faux-taxi-condamne-pour-le-meurtre-d-une-jeune-suedoise-sera-rejuge-07-05-2014-3822093.php
Explosion de Witry-lès-Reims: deux et trois ans de sursis requis
Hayden avait trois ans. Il dormait sagement dans son pyjama Spiderman quand lui, sa mère, son père et un oncle ont péri dans l’explosion de Witry-lès-Reims. Kévin Piezel et Laurinda Gomes habitaient au rez-de-chaussée avec leur fils. « Depuis, la mère de Kévin se rend tous les jours au cimetière pour voir ses trois petits, comme elle dit », lâche son avocat, Me Philippe Osmont. Thierry Roullet, 50 ans, demeurait au premier étage, lui aussi tué dans son sommeil alors que sa femme venait de quitter la chambre.
Quatre vies fauchées, une famille endeuillée, une vingtaine de blessés et des sinistrés traumatisés convaincus d’avoir devant eux, à la barre du tribunal correctionnel de Reims, les deux responsables de la catastrophe du 3 avril 2013 : Éric Duloquin, le locataire alcoolique sous curatelle de l’Udaf qui aurait machinalement ouvert le tuyau d’arrivée de sa gazinière, trop saoul pour se rappeler qu’elle avait été retirée par l’artisan Jean-Robert Augustin, reparti sans poser de bouchon obturateur sur le tuyau faute d’en disposer. Il pensait revenir le lendemain. L’immeuble explosait à 6 h 03.
« Il y avait une grenade dans cet appartement. M. Augustin l’a dégoupillée, M. Duloquin l’a lâchée », fustige le conseil de la famille Gomes, Me Carlos de Campos. Une « grenade » pour l’avocat, une « bombe » pour le procureur-adjoint Laurent de Caigny, « une bombe progressivement mise en place par l’accumulation d’une atmosphère explosive qui s’est formée à la suite de deux erreurs conjointes : une erreur que je ne peux qu’attribuer à Éric Duloquin qui a ouvert la vanne de la gazinière qu’il n’avait plus ; une erreur que je ne peux qu’attribuer à Jean-Robert Augustin de ne pas avoir vissé un bouchon au bout du tuyau qui n’était plus relié à la gazinière ».
Sa négligence est plus lourde, analyse le magistrat, en sa qualité de « professionnel » qui intervenait de plus « dans un domaine où il n’avait aucune compétence ». Ses diplômes ? « Technicien de maintenance en électricité et électronique grand public. Il n’a pas de formation particulière pour intervenir sur les installations de gaz. »
« La condamnation, elle est déjà là ! Elle a été prononcée le 3 avril 2013 », assène son avocat, Me Simon Miravete. « Depuis ce jour, socialement, il est mort ! Il est déjà puni ! » Et pourtant non coupable, plaide-t-il. Joignant sa parole à celles de Mes Christine Cordier-Dumetz et Pierre Vandenbussche, conseils respectifs d’Éric Duloquin et de la compagnie Axa, assureur du locataire contre laquelle elle se retourne, Me Miravete dénonce une « enquête insuffisante » et « une absence de rigueur » dans le travail de l’expert : le tuyau « position grande ouverte, non bouchonné » découvert dans les décombres « n’a pas été formellement identifié comme étant celui qui équipait l’appartement d’Éric Duloquin ». Il pourrait provenir d’un autre appartement. Même imprécision, assure la défense, sur l’origine de la fuite de gaz qui aurait pu survenir en un autre point de l’immeuble. Et aucune preuve, au cas où il s’agirait du bon tuyau, qu’il a été ouvert par Eric Duloquin, ajoute Me Cordier-Dumetz. Avant de laisser le tribunal mettre son jugement en délibéré au 4 juillet, elle a proposé d’« observer une minute de silence en mémoire des victimes ». « Hors de propos ! », ont sèchement refusé les avocats des parties civiles pendant que plusieurs proches des défunts quittaient leurs bancs de colère.
http://www.lunion.presse.fr/accueil/explosion-de-witry-les-reims-deux-et-trois-ans-de-sursis-requis-ia0b0n343486
Quatre vies fauchées, une famille endeuillée, une vingtaine de blessés et des sinistrés traumatisés convaincus d’avoir devant eux, à la barre du tribunal correctionnel de Reims, les deux responsables de la catastrophe du 3 avril 2013 : Éric Duloquin, le locataire alcoolique sous curatelle de l’Udaf qui aurait machinalement ouvert le tuyau d’arrivée de sa gazinière, trop saoul pour se rappeler qu’elle avait été retirée par l’artisan Jean-Robert Augustin, reparti sans poser de bouchon obturateur sur le tuyau faute d’en disposer. Il pensait revenir le lendemain. L’immeuble explosait à 6 h 03.
« Il y avait une grenade dans cet appartement. M. Augustin l’a dégoupillée, M. Duloquin l’a lâchée », fustige le conseil de la famille Gomes, Me Carlos de Campos. Une « grenade » pour l’avocat, une « bombe » pour le procureur-adjoint Laurent de Caigny, « une bombe progressivement mise en place par l’accumulation d’une atmosphère explosive qui s’est formée à la suite de deux erreurs conjointes : une erreur que je ne peux qu’attribuer à Éric Duloquin qui a ouvert la vanne de la gazinière qu’il n’avait plus ; une erreur que je ne peux qu’attribuer à Jean-Robert Augustin de ne pas avoir vissé un bouchon au bout du tuyau qui n’était plus relié à la gazinière ».
Sa négligence est plus lourde, analyse le magistrat, en sa qualité de « professionnel » qui intervenait de plus « dans un domaine où il n’avait aucune compétence ». Ses diplômes ? « Technicien de maintenance en électricité et électronique grand public. Il n’a pas de formation particulière pour intervenir sur les installations de gaz. »
Interdiction d’exercer
Éric Duloquin ne boit plus depuis le drame. Le procureur-adjoint requiert deux ans de prison intégralement assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve et obligation de soins, « sanction adaptée à sa personnalité pour lui permettre, avec cette abstinence nouvelle, de reprendre pied dans la vie ». Contre Jean-Robert Augustin, il réclame trois ans d’emprisonnement également couverts d’un sursis avec mise à l’épreuve, et « l’interdiction définitive d’exercer toute activité professionnelle et bénévole dans le domaine des travaux de second œuvre du bâtiment ».« La condamnation, elle est déjà là ! Elle a été prononcée le 3 avril 2013 », assène son avocat, Me Simon Miravete. « Depuis ce jour, socialement, il est mort ! Il est déjà puni ! » Et pourtant non coupable, plaide-t-il. Joignant sa parole à celles de Mes Christine Cordier-Dumetz et Pierre Vandenbussche, conseils respectifs d’Éric Duloquin et de la compagnie Axa, assureur du locataire contre laquelle elle se retourne, Me Miravete dénonce une « enquête insuffisante » et « une absence de rigueur » dans le travail de l’expert : le tuyau « position grande ouverte, non bouchonné » découvert dans les décombres « n’a pas été formellement identifié comme étant celui qui équipait l’appartement d’Éric Duloquin ». Il pourrait provenir d’un autre appartement. Même imprécision, assure la défense, sur l’origine de la fuite de gaz qui aurait pu survenir en un autre point de l’immeuble. Et aucune preuve, au cas où il s’agirait du bon tuyau, qu’il a été ouvert par Eric Duloquin, ajoute Me Cordier-Dumetz. Avant de laisser le tribunal mettre son jugement en délibéré au 4 juillet, elle a proposé d’« observer une minute de silence en mémoire des victimes ». « Hors de propos ! », ont sèchement refusé les avocats des parties civiles pendant que plusieurs proches des défunts quittaient leurs bancs de colère.
http://www.lunion.presse.fr/accueil/explosion-de-witry-les-reims-deux-et-trois-ans-de-sursis-requis-ia0b0n343486
mardi 6 mai 2014
Meurtre d'un père violent: son fils s'explique
Un homme de 30 ans, jugé aux assises de Paris pour le meurtre de son père, un homme alcoolique et violent, a expliqué aujourd'hui qu'il avait avant de passer à l'acte eu le sentiment d'avoir un "choix" entre sa mère et son père.
L'accusé, prénommé Stéfano, reconnaît avoir étranglé son père, le 25 décembre 2003 dans l'appartement familial du XVIIIe arrondissement de Paris, avec des câbles électriques. La veille, sa mère, qui comparaît pour complicité de meurtre, avait eu une énième violente dispute avec son compagnon, qui était rentré ivre, une fois de plus, et trop tard pour offrir ses cadeaux au petit dernier, alors âgé de trois ans.
Alors que son compagnon lui avait demandé des médicaments contre son mal de tête, elle lui a administré des somnifères, ce qu'elle dit à Stéfano lorsque ce dernier rentre en fin de journée le 25 décembre. "Elle me fait comprendre qu'il y a un choix à faire. Moi c'est comme ça que je l'ai compris", a déclaré l'accusé, cheveux courts et carrure athlétique, qui ne se souvient pas si sa mère lui a dit "c'est lui ou moi" comme elle le reconnaît. "J'ai passé les câbles autour du cou, j'ai serré", a-t-il poursuivi, peinant à retenir ses sanglots, "sur le moment, par rapport à la situation, il n'y avait pas d'autre solution, pour moi il y avait un choix à faire entre ma mère et mon père".
Lui aussi victime des coups de son père lorsqu'il s'interposait pour défendre sa mère, Stéfano pensait qu'en lui administrant des somnifères, elle souhaitait la mort de son compagnon. Mais sans cela, ni les propos de sa mère, "jamais" il ne serait passé à l'acte, a-t-il répondu à une question de l'avocate générale. Il n'avait "jamais pensé à tuer (son) père" auparavant. Après les faits, il s'est senti "à moitié soulagé" que le "calvaire" prenne fin et "à moitié tiraillé, dans le sens, c'est mon père..."
Le corps avait été enterré lendemain dans une forêt de l'Essonne par Stéfano, accompagné par son frère, qui mis devant le fait accompli, avait refusé de l'aider activement et est poursuivi pour recel de cadavre. La découverte du corps était intervenue quelques semaines après, mais il n'a été identifié qu'en 2010, quelques mois après le signalement de la disparition de cet homme de 59 ans par sa fille, née d'une précédente union. Le procès se poursuit jusqu'à vendredi
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/05/06/97001-20140506FILWWW00375-meurtre-d-un-pere-violent-son-fils-s-explique.php
L'accusé, prénommé Stéfano, reconnaît avoir étranglé son père, le 25 décembre 2003 dans l'appartement familial du XVIIIe arrondissement de Paris, avec des câbles électriques. La veille, sa mère, qui comparaît pour complicité de meurtre, avait eu une énième violente dispute avec son compagnon, qui était rentré ivre, une fois de plus, et trop tard pour offrir ses cadeaux au petit dernier, alors âgé de trois ans.
Alors que son compagnon lui avait demandé des médicaments contre son mal de tête, elle lui a administré des somnifères, ce qu'elle dit à Stéfano lorsque ce dernier rentre en fin de journée le 25 décembre. "Elle me fait comprendre qu'il y a un choix à faire. Moi c'est comme ça que je l'ai compris", a déclaré l'accusé, cheveux courts et carrure athlétique, qui ne se souvient pas si sa mère lui a dit "c'est lui ou moi" comme elle le reconnaît. "J'ai passé les câbles autour du cou, j'ai serré", a-t-il poursuivi, peinant à retenir ses sanglots, "sur le moment, par rapport à la situation, il n'y avait pas d'autre solution, pour moi il y avait un choix à faire entre ma mère et mon père".
Lui aussi victime des coups de son père lorsqu'il s'interposait pour défendre sa mère, Stéfano pensait qu'en lui administrant des somnifères, elle souhaitait la mort de son compagnon. Mais sans cela, ni les propos de sa mère, "jamais" il ne serait passé à l'acte, a-t-il répondu à une question de l'avocate générale. Il n'avait "jamais pensé à tuer (son) père" auparavant. Après les faits, il s'est senti "à moitié soulagé" que le "calvaire" prenne fin et "à moitié tiraillé, dans le sens, c'est mon père..."
Le corps avait été enterré lendemain dans une forêt de l'Essonne par Stéfano, accompagné par son frère, qui mis devant le fait accompli, avait refusé de l'aider activement et est poursuivi pour recel de cadavre. La découverte du corps était intervenue quelques semaines après, mais il n'a été identifié qu'en 2010, quelques mois après le signalement de la disparition de cet homme de 59 ans par sa fille, née d'une précédente union. Le procès se poursuit jusqu'à vendredi
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/05/06/97001-20140506FILWWW00375-meurtre-d-un-pere-violent-son-fils-s-explique.php
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