Il est reproché à Jean-Michel Bissonnet un crime sans mobile alors qu'il ne pouvait pas vivre sans son épouse, a déploré mercredi après-midi devant la cour d'assises de l'Hérault la défense de l'homme d'affaires à la retraite, soupçonné d'avoir commandité l'assassinat de sa femme Bernadette en mars 2008
Dans ce dossier, il n'y a pas de mobile possible et il n'y a pas de crime sans mobile", a martelé Me Frédéric Vérine, l'un des trois avocats de M. Bissonnet, 62 ans.
Depuis le début de l'affaire, Meziane Belkacem, 51 ans, le jardinier et laveur de carreaux de l'ancien homme d'affaires, affirme avoir tué avec un fusil de chasse Bernadette Bissonnet à la demande de son mari qui ne la supportait plus et voulait éviter un divorce coûteux. "Le mobile financier, il n'y en a pas", s'est insurgé son avocat. "Ils étaient mariés sous le régime de la séparation de biens et il était trois fois plus riche qu'elle".
Le vicomte Amaury d'Harcourt, 85 ans, qui a toujours confirmé les dires de l'Algérien et avoué qu'il avait fait disparaître l'arme du crime, assure que son ami de quarante ans craignait surtout de perdre sa superbe propriété sur les hauteurs de Montpellier. "Cette maison, elle n'est pas si belle et il aurait pu en acheter une encore plus belle", a lancé Me Frédéric Vérine.
Il a raillé les deux seules disputes entre les époux évoquées lors des audiences et certifié que le couple allait bien, comme l'ont attesté plusieurs de leurs amis et leurs deux enfants qui soutiennent leur père. "Il ne pouvait pas vivre sans Bernadette, c'était son ancrage", a-t-il assuré, citant des experts psychologues et psychiatres. "Cet homme est normal, il est ancré dans la réalité, il y en a des centaines qui circulent comme lui dans Montpellier".
Me Gérard Cristol, l'un des avocats de Meziane Belkacem, a convenu que Jean-Michel Bissonnet avait des "sentiments, du respect et de l'admiration" pour Bernadette Bissonnet. "Il ne la détestait pas mais il était dominé par cette maîtresse femme, cette femme remarquable", a-t-il expliqué.
Selon lui, l'homme d'affaires étouffait sous le joug de cette ancienne pharmacienne dans cette union de façade louée par leurs amis du Rotary Club et avait besoin d'un "ailleurs". "Rien ne devait clocher", a-t-il ajouté. "Un témoin a dit que leur couple était à l'image de leur parc où il ne devait y avoir aucune herbe folle". Pour Me Cristol, le vicomte Amaury d'Harcourt, un aventurier fantasque et coureur de jupons, était aux yeux de Bernadette Bissonnet le diable qui aurait pu corrompre son mari qui avait fait fortune dans l'immobilier de bureaux.
L'avocat a soutenu que Jean-Michel Bissonnet avait fait appel à deux "pieds nickelés" au-dessus de tout soupçon pour commettre un crime qu'il ne pouvait pas commettre. "Ca, c'est génial!", s'est-il exclamé. "Il y a le saltimbanque aux limites du gâtisme et l'arabe de service. Qui pouvait mettre la parole de Jean-Michel Bissonnet en doute?" Me Gérard Cristol a suggéré que l'une des clés de ce crime résidait dans la manipulation de ces deux hommes qui accusent de concert l'homme d'affaires retraité. "Lui était dans la salle, dans le noir, comme un metteur en scène", a-t-il décrit.
Sa fille Me Iris Christol, qui défend également Meziane Belkacem, a évoqué "la personnalité abandonnique" de son client évoquée par les experts psychologues, qui aurait été influencé par un patron qu'il admirait. "Il lui a dit 'tu n'es plus seul' et il a été prêt à marcher sur le corps de quelqu'un d'autre pour construire un pont vers l'autre rive", a-t-elle décrypté. "Et il l'a fait, il a été tellement conditionné, tellement préparé à ça".
Vingt-cinq ans de prison ont été requis contre l'employé qui était à la dérive au printemps 2008. Dix ans ont été requis contre Amaury d'Harcourt qui a admis avoir donné des conseils à Meziane Belkacem sur la façon de tuer et avoir jeté l'arme du crime dans une rivière. La réclusion criminelle à perpétuité a été requise contre Jean-Michel Bissonnet qui a déserté son box sur un coup de tête depuis lundi. Son dernier avocat Me Henri Leclerc plaidera jeudi matin. Le verdict est attendu en fin d'après-midi. AP
http://fr.news.yahoo.com/3/20110209/tfr-justice-bissonnet-342d366.html
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire