lundi 7 février 2011

La première journée de la 5e semaine en direct

Première journée de la cinquième et dernière semaine du procès Bissonnet. Il est désormais temps pour les avocats comme pour les magistrats du ministère public, de chercher le mot juste, l’argument imparable. Car désormais, il va falloir convaincre. Ce matin, le président Mocaer va laisser à chacun la possibilité d’interroger les trois accusés.




10 h 12 - La salle est comble, l'audience devrait reprendre d'un instant à l'autre. Le vicomte Amaury d'Harcourt est installé dans son fauteuil. Ses deux co-accusés ne sont pas encore dans le box.


10 h 16 - reprise des débats.


10 h 22 - "Un énorme mensonge plane
sur les débats"
L'intensité émotionnelle est déjà énorme. La parole est donnée aux parties civiles. Et c'est Jean-Pierre Juan qui s'approche du micro. Le frère de Bernadette est convaincu de la culpabilité de Jean-Michel Bissonnet. Il lit un petit texte, la gorge nouée par l'émotion.
"Un énorme mensonge plane sur les débats, un mensonge insupportable, une négation éhontée, qui va laisser à jamais des familles meurtries, des enfants pétrifiés par le doute. Après le procès, quand on rentrera dans nos foyers, il y aura l'absence d'une maman, d'une fille, d'une soeur, mais on entendra dans nos coeurs le rire de la belle âme qu'était Bernadette".


10 h 28 - Marc Bissonnet "J'ai un profond dégoût"
Le président invite Marc Bissonnet, le fils cadet de JM Bissonnet, à s'approcher de la barre. Très marqué par les quatre semaines de débats, il éclate en sanglots dés ses premiers mots. Et continue à défendre la cause de son père. Un silence de plomb règne dans la salle.
"Je sais plus quoi vous dire... Je sais même pas si ça sert à quelque chose... Tout est modifié, tout est interprété, voilà... Je suis pas fait pour les mots, je suis dégoûté (il pleure). J'ai un profond dégoût, je ne comprends pas la méchanceté des êtres, on était une famille normale... J'ai tout vérifié depuis trois ans, les comptes, tout... Quand j'entends Belkacem dire que ma mère voulait divorcer... Mais pourquoi acheter Paris s'ils allaient divorcer ? Ils étaient tellement fier l'un de l'autre, jusqu'à un mois avant les faits. Je suis dégoûté, chacun campe sur ses positions, chacun raconte ce qu'il veut, ces cinq semaines de procès n'ont servi à rien".
Dans le box, Jean-Michel Bissonnet pleure et lui lance : "courage Marc, courage...".


10 h 45 - Marc Bissonnet : "qui a achevé ma mère d'un coup de fusil ? Qui ?"
Marc Bissonnet continue de parler. Il sanglote.
"J'ai perdu un ange, ma mère, ma vie, mes ambitions, mon innocence, j'ai tout perdu...Et quand on va rentrer dans nos foyers, je me demande si j'ai envie que la vie continue... Oui je suis pour la peine de mort, oui... Je reste à cinq mètres des jurés pour ne pas qu'on me reproche quelque chose... Même en imaginant le pire des scénarios, que mon père est coupable, monsieur d'Harcourt est tout aussi responsable que lui, on inverse les rôles ici..."
Il élève la voix, crie : "qui a achevé ma mère d'un coup de fusil à terre ? Qui ? lui ou lui ! Ils ont tiré ! hurle-t-il en pointant du doigt le vicomte et le jardinier.
Ici on n'est pas au théâtre, à la comédie française, on parle de la mort de ma mère. Et quand on nous dit mais pourquoi ces deux là mentiraient (d'Harcourt et Belkacem NDLR) , mais pour réduire leur peine, atténuer leurs responsabilités, se faire passer pour des manipulés".


10 h 52 - Florent Bissonnet : "quand on est au fond du trou, le complot on y croît"


C'est au tour de Florent Bissonnet, le fils aîné, se venir dire sa douleur. Lui aussi est anéanti par ce procès et parle de débats biaisés comme son frère. Ses paroles sont entrecoupées de sanglots.
"On fait dire que qu'on veut aux gens, ça me scandalise... Moi aussi je n'ai pas relu mes déclarations...Des gens rigolent parce qu'on évoque un complot, mais quand on est au fond du trou, la théorie du complot, on y croit".
"D'Harcourt, il n'est pas en prison, ce n'est pas normal, il est à côté de moi ce n'est pas normal, et son neveu est directeur de l'administration pénitentiaire, on se pose des questions, pour nous il y a un problème".
"Mon père, il a été noyé, il n'est plus capable de se défendre".
"J'ai encore confiance en la justice, parce que nous avons un jury populaire, c'est ce qui me fait garder espoir".


11 h 15 - La reconstitution.
Les parties civiles ont terminé leurs dernières déclarations. Le président demande s'il y a des lectures ou des actes supplémentaires à effectuer. La cour visionne la reconstitution effectuée à Castelnau-le-Lez. Les images de l'assassinat, selon le scénario du jardinier, sont décortiquées. Me Leclerc fait noter à la cour un geste de Belkacem.


11 h 36 - Le président procède maintenant à des lectures.
Avant de donner la parole aux trois accusés, le président Mocaer effectue des lectures demandées par les avocats.
Notamment un mail entre JM Bissonnet et son fils Marc,après une dispute familiale à Paris, en février 2008. Ou encore une dame qui fréquentait le même club de sport que Bernadette Bissonnet et qui se souvient d'une victime louant ses relations avec son mari.
"Elle était bien dans sa tête, bien dans sa vie".
Les témoignages de deux autres clientes de la salle de sport sont lus : "Bernadette nous parlait souvent en bien de son mari, attentionné".
le direct ici.... http://www.midilibre.com/articles/2011/02/07/A-LA-UNE-La-premiere-journee-de-la-5e-semaine-en-direct-1531267.php5

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