Après deux ans et demi d’instruction, Stéphane Moitoiret vient d’être renvoyé devant la cour d’assises de l’Ain. Il devra répondre de l’assassinat de Valentin Crémault, 10 ans, poignardé à 44 reprises le 28 juillet 2008, à Lagnieu. L’affaire avait suscité une grande émotion dans cette commune du bas Bugey et sur l’autre rive du Rhône, à Porcieu-Amblagnieu, où réside sa famille.
Confondu par des éléments matériels et son ADN, ainsi que les déclarations de son ancienne compagne Noëlla Hégo, Stéphane Moitoiret, maintenant âgé de 41 ans n’a jamais formellement reconnu le crime, qu’il attribuait « à un de ses millions de clones ».
Depuis le début de l’enquête, la santé mentale du couple est au centre du dossier. Pendant vingt ans, Moitoiret et sa compagne, de dix ans son aînée, ont erré dans la France entière à vélo, demandant l’asile à droite et à gauche, le plus souvent dans des salles paroissiales. Le couple semblait enfermé dans un délire mêlant le mysticisme et l’affabulation sur leur immense fortune. « Sa majesté » Hégo et son « secrétaire » Moitoiret s’enfermaient notamment pour des séances de prières entourés de bougies.
Mais si les dix experts qui se sont succédé dans ce dossier se sont plus ou moins accordés sur la douce folie de Noëlla Hégo et l’altération de ses facultés mentales, ils se sont divisés sur l’irresponsabilité de Stéphane Moitoiret : quatre ne pensent pas qu’il était en possession de ses facultés mentales au moment des faits.
Ce sera à un jury populaire de trancher le débat, a décidé la juge d’instruction : elle a renvoyé Moitoiret devant la cour d’assises pour assassinat avec actes de barbarie, et Hégo pour complicité. Le couple devra aussi répondre d’une tentative d’enlèvement. Fin août 2006, à Latillé (Vienne), le couple aurait tenté d’enlever un enfant de cinq ans qu’il désignait comme « l’élu ». Il s’appelait… Valentin.
M e Pilloud, l’avocat de Moitoiret, qui estime depuis le début que son client est fou et donc inapte à être jugé, a logiquement fait appel de cette ordonnance de renvoi aux assises. La chambre de l’instruction a deux mois pour se prononcer. Un délai qui ne permet, a priori, plus de juger l’affaire en juin comme prévu, mais plutôt à l’automne.
« La famille de Valentin est lasse et agacée car ils se préparaient pour un procès en juin, expliquait lundi leur avocat M e Frémion. Et moi je continue de penser que le jour des faits ou de la reconstitution, il savait ce qu’il faisait. Et si la chambre de l’instruction confirme le renvoi aux assises, il sera encore plus difficile de plaider l’irresponsabilité. »
http://www.leprogres.fr/ain/2011/03/16/pas-de-proces-avant-l-automne
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