Stéphane Moitoiret vient d’être renvoyé devant la cour d’assises de l’Ain pour le meurtre de Valentin, 10 ans, en 2008 à Lagnieu. Son avocat a fait appel de l’ordonnance de renvoi
« Je me sentais prête pour l’affronter. Depuis cet hiver, je me préparais psychologiquement. Je me disais : « Tu es confrontée à le revoir, il te faudra une certaine force ». Et puis voilà, on nous demande de patienter encore… Le temps nous ronge, c’est épouvantable… Est-ce que la justice pense à nous ? »
Véronique Crémault, mère de Valentin, est effondrée à l’annonce de la demande de Stéphane Moitoiret.
« Lorsque notre avocat nous a appris que le procès se tiendrait finalement en novembre, j’ai fondu en larmes. Mais il n’y coupera pas ! », tente-t-elle de se rassurer.
« Voilà trois ans que nous attendons cela. Et voilà que nous allons devoir passer encore une date anniversaire dans la douleur. Chaque jour supplémentaire, mon mari et moi devons nous donner une raison pour survivre… Le procès, ce serait une possibilité de passer à autre chose, sans oublier Valentin. Attendre devient une torture morale quotidienne. Chaque nuit je fais encore des cauchemars, je vois le meurtrier s’acharner sur mon fils, s’adonner à sa barbarie… ».
Puis entre deux sanglots : « La demande de Moitoiret vient prouver qu’il n’est pas tout à fait dément. Il veut seulement retarder l’échéance des assises et donc de la détention. Il a conscience que les détenus ne sont pas tendres avec les assassins d’enfant ».
Et puis voilà que le quotidien, fait d’incertitudes, rattrape désormais les parents de Valentin : « Le 6 avril, je vais toucher mes dernières indemnités de chômage. Et je ne parviens pas à trouver un nouveau travail. L’assurance-maladie va également statuer sur les droits de mon épouse : voilà bientôt trois ans qu’elle est arrêt maladie… Allons-nous être contraints de vendre la maison ? »
C’est un véritable appel au secours que lance le père de l’enfant, Jean-Pierre Crémault : « Vendre la maison, ce serait un cauchemar de plus. Il est inimaginable de l’envisager. C’est là que Valentin a grandi, son cartable est toujours sur le bureau de sa chambre… Rien n’a bougé ». Et de souffler : « Je vais continuer à me battre, jusqu’au bout ! »
http://www.leprogres.fr/faits-divers/2011/03/16/moitoiret-les-parents-du-petit-valentin-ronges-par-le-temps
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