mardi 10 mai 2011

Affaire Omar Raddad, un nouvel expert entre en scène

Le parquet de Grasse, saisi de l'affaire Omar Raddad, va demander à un expert d'établir un profil génétique à partir des traces d'ADN retrouvées mélangées au sang de Ghislaine Marchal en 1991 pour une éventuelle inscription au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). "On nous demande que ces mélanges d'ADN soient inscrits au fichier national", mais "il faut attendre les expertises", a précisé lundi le procureur adjoint du tribunal de Grasse, Jean-Louis Moreau.
"On souhaiterait que ces mélanges d'ADN soient pris en compte pour essayer d'établir des profils génétiques et, si on arrive à les ressortir, qu'ils soient versés au Fichier automatisé des empreintes pour faire des comparaisons", a-t-il ajouté. Le porte-parole du ministère de la Justice, Bruno Badré, a confirmé de son côté la procédure. "On ne détient pas ici l'élément qui permettra de faire à coup sûr éclater une vérité", a-t-il mis en garde. Il y a un "certain nombre d'aléas", a souligné le porte-parole : "il faut que l'ADN soit exploitable, qu'il y ait un élément de comparaison et donc des profils enregistrés au FNAEG qui correspondent aux ADN qu'on va récupérer."
Réponse sous un mois
Sylvie Noachovitch, l'avocate d'Omar Raddad, estime, dans un communiqué, qu'il s'agit "d'une information primordiale" puisque, grâce à cet enregistrement, "nous allons enfin pouvoir savoir qui a été le meurtrier de Ghislaine Marchal (à la condition, bien entendu, que le ou les auteurs soient inscrits au fichier)". "Nous devrions recevoir une réponse sous un mois", dit-elle.
Omar Raddad réclame une révision de sa condamnation de 1994. Le jardinier marocain continue de clamer son innocence dans le meurtre de cette riche veuve d'un équipementier automobile, dont il était le jardinier, le 23 juin 1991 à Mougins (Alpes-Maritimes). Il en veut pour preuve deux empreintes ADN masculines retrouvées sur les lieux du crime dans l'inscription "Omar m'a tuer", écrite avec le sang de Ghislaine Marchal, et qui ne correspondent pas aux siennes. La justice a cependant refusé en 2002 un nouveau procès.
Condamné à 18 ans de réclusion, Omar Raddad a bénéficié d'une libération conditionnelle le 4 septembre 1998 après une grâce présidentielle partielle de Jacques Chirac. Fin 2010, le parquet de Grasse a été chargé de vérifier des éléments "nouveaux" transmis par un détective persuadé de l'existence d'un sosie du jardinier.
http://www.lepoint.fr/societe/affaire-omar-raddad-un-nouvel-expert-entre-en-scene-09-05-2011-1328387_23.php

1 commentaire:

BebR a dit…

Je rappelle :



Que des analyses génétiques ordonnées en 2002 par la Commission de révision des condamnations pénales avaient révélé des ADN d’origine masculine sur les deux portes et le chevron ; que ces empreintes n’étaient pas celles de RADDAD.



Que la Cour de révision des condamnations pénales de la Cour de cassation dans son arrêt du 20 novembre 2002 avait considéré que si la découverte de ces empreintes constituait un élément nouveau, il était impossible de déterminer à quel moment, antérieur, contemporain ou postérieur au meurtre, ces traces ont été laissées.



Que ladite cour avait rejeté la requête au motif « que de nombreuses personnes ont pu approcher les pièces à conviction avant le meurtre et faute de précautions suffisantes, après celui-ci, que dès lors serait privée de toute pertinence toute recherche complémentaire sur les empreintes génétiques découvertes, comme sur celles qui pourraient l’être par de nouvelles investigations »



Pourquoi : ces supports, après les précautions d’usage prises par les gendarmes avant expertises, ont été depuis 20 ans manipulés, laissés sans protection pendant des années, livrés à eux-mêmes et aux mains des enquêteurs, des experts, des magistrats, des jurés, des avocats, des journalistes, des photographes; des voisins etc.



C’est la raison pour laquelle personne, je dis bien personne, ne pourra scientifiquement établir à quelle période le matériel biologique aura été déposé sur le ou les supports.



En clair, ces ADN n’expriment rien et ne sont pas la signature de l’innocence de RADDAD ; seulement des traces de contamination comme par exemple un postillon, de la sueur ne permettant aucune déduction.



Les preuves de la culpabilité de RADDAD sont dans le dossier et elles sont extrêmement nombreuses.