L'action se déroule presque entièrement dans un modeste café lillois de Wazemmes le 10 juin 2010 vers 15 h 30. Tahar A., 26 ans, handicapé mental sur lequel veille une tutrice attentive, a réussi depuis quelques années à prendre son autonomie. Une petite chambre à Wazemmes près d'un bistrot, une allocation adulte handicapé, un traitement médicamenteux très lourd suivi méticuleusement. Deux petites broutilles avec sursis au casier. Bref, tout roule dans le meilleur des mondes possibles.
Souffre-douleur local
Sauf que Tahar A., un « débile » pour certains jeunes gens peu compatissants, est un souffre-douleur local. Quatre d'entre eux, ce jour-là, se retrouvent face à Tahar A. « De tous les protagonistes de ce 10 juin, mon client est le seul à ne pas avoir de condamnations avec violences au casier judiciaire » lâche Me Moyart.
Les faits ? Simples. Tahar A. boit un café. Les autres lui « taxent » une cigarette. Et comme l'une des tiges est cassée, la future victime puise à nouveau dans le paquet de Marlboro de Tahar A. Celui-ci se rebiffe. Il reçoit un jet de gaz lacrymogène dans la figure. Là, Tahar A. se fâche vraiment et va chercher chez lui un couteau. « J'ai pris un couteau dans le café » assure Tahar A. sans réussir à le prouver.
Toujours est-il que la future victime, voyant Tahar A. revenir avec à la main une lame impressionnante, se lève, fuit dans la rue, zigzague entre les voitures et se prend un coup dans le dos. « J'étais tombé sur le sol quand il m'a frappé » assure le jeune homme qu'on a emporté aux urgences avec un couteau profondément enfoncé dans le dos. Les blessures sont gravissimes : plusieurs mois de soins et d'hospitalisation. Me Isabelle Corralès et la victime se scandalisent : « Il a failli, à un centimètre près, mourir, ce n'est pas du tout de la légitime défense » lance l'avocate.
« Ce n'est pas du tout de la légitime défense, il y a une disproportion totale entre une bombe lacrymogène, qui est une arme défensive et d'écartement, et un couteau planté profondément dans le dos » assure le procureur Jean-Claude Travassac. Mais le magistrat ajoute : « La victime devrait cependant admettre qu'elle a une implication dans cette histoire. La victime n'est pas un ange et l'agresseur n'est pas un démon ».
Le prévenu balbutie : « Je regrette, la prochaine fois, je m'enfuis, c'est tout ». Après la plaidoirie de son avocat Tahar A. écope de dix mois avec sursis et mise à l'épreuve
http://www.nordeclair.fr/Actualite/Justice/2011/05/06/l-agression-de-trop.shtml
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