samedi 11 juin 2011

Après les vols à la portière, qui ont longtemps défrayé la chronique, les vols de collier semblent avoir pris le relais.
Mardi après-midi, un Niçois de 19 ans comparaît devant le tribunal correctionnel pour avoir, le 2 mai, arraché la chaîne en or de Francesco, 58 ans, un chauffeur de bus. « Je ne dors plus depuis cette agression », témoigne à la barre la victime qui était un simple usager quand il a été attaqué par derrière. L'homme, pourtant solide, est tombé à la renverse et s'est retrouvé sur le trottoir.

En face de lui, lors du procès, Jonathan Leblong, 19 ans, ne semble pas prendre la mesure du traumatisme qu'il a provoqué. Il sourit, échange des clins d'oeil avec ses amis dans la salle. Seul son avocat, Me Julien Prevereau, se fait du souci. D'autant que la substitut du procureur Marie-Eve Parant rappelle les peines encourues pour ce vol aggravé : dix ans et une peine plancher de 4 ans, si l'on considère que Jonathan Leblong n'en est pas à coup d'essai.

Pas de quoi calmer le prévenu à la désinvolture désarmante. « Jeune homme qu'avez-vous à dire ? Vous aviez un receleur ? », interroge le président Tukov, inquiet de la recrudescence de ce type de vol.

« J'ai fait une grosse bêtise. Je la reconnais. Je l'assume. », explique le prévenu, toujours aussi décontracté dans son maillot du club de foot de la Roma.

Dans un premier temps, avec ses deux complices mineurs, il avait farouchement nié toute responsabilité. Les enregistrements vidéo du bus l'avaient contraint d'avouer. Le collier n'a jamais été retrouvé. Il aurait été jeté dans des toilettes lors de l'interpellation.

La substitut Marie-Eve Parant requiert deux ans de prison dont un avec sursis à l'encontre « de celui qui se pavane comme un coq, sans montrer la moindre empathie pour sa victime. » L'avenir de Jonathan s'assombrit. Jusqu'à la plaidoirie de Me Prevereau qui cite une lettre très élogieuse du directeur de l'association Adam où le prévenu vient d'effectuer un travail d'intérêt général. « Certes, son immaturité saute aux yeux, mais ce courrier est une lueur d'espoir (...) Faut-il l'envoyer en prison avec le risque qu'il se forge une réputation de caïd, ou lui offrir un cadre pour le former et le sortir de sa cité pour qu'il puisse indemniser sa victime ? » C'est le dilemme du tribunal qui, finalement, condamne Jonathan Leblong à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis mise à l'épreuve. Une période où Jonathan Leblong sera contraint de suivre une formation et de verser 3 500 euros de dommages et intérêts à sa victime.

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