vendredi 10 juin 2011

Assises : deux hommes, un seul braqueur

Ce qui les rapproche ? L’amitié commune avec un même homme, Alain Arnoldi, tué à Priay le 5 décembre 2008 après un échange de tirs avec les forces de l’ordre, confondu aussi dans le braquage de la bijouterie de Lagnieu deux mois plus tôt.
Ce qui les différencie ? Pas mal de choses. L’un a été interpellé avec le braqueur de Priay et répondra d’ailleurs de cet acte de mardi à vendredi, toujours devant la cour d’assises de Bourg. L’autre n’est pas encore condamné et le sera peut-être ce soir, s’il est reconnu coupable d’avoir participé au casse de Lagnieu. Mais hier, il a encore clamé son innocence, avec des propos cohérents, sans vraiment être pris à défaut. Oui, il savait que son ami Arnoldi avait replongé dans le grand banditisme, oui il avait bien caché chez lui une partie du butin de la bijouterie et des armes, mais c’est tout. Son épouse confirmera ses dires, et celle du truand abattu, aura du mal à le désigner comme ayant pu être son complice, se bornant à lancer : « Je ne le voyais pas aller au braquage », en jetant cependant un certain malaise en rajoutant, « je n’étais pas sur les lieux, je n’ai plus rien à dire ». Autant de longs silences, qui pouvaient autant aider que desservir la défense.
Et puis donc, il y a le complice de Priay, désigné par l’accusé comme étant le second braqueur de Lagnieu. Après les calmes échanges de ce début de procès, changement de décor et de monde pour les jurés. Car autant l’accusé de ces trois jours peut apparaître comme Monsieur tout le monde, autant lui ne nie pas son appartenance au grand banditisme, dans sa posture, dans ses mots aussi. Lui c’est sûr, est un vrai dur.
Sorti contre son gré de sa cellule pour témoigner, il refusa une réelle confrontation avec l’accusé. « Vous n’allez pas venir me chercher tous les ans pour un braquage. Il m’accuse, c’est son affaire, je n’ai rien à voir avec cette histoire, je ne sais rien et je n’ai pas envie de parler. Temps mort arbitre. » Au président qui lui demandait s’il pensait que l’accusé pouvait avoir participé au braquage, il répondra quand même. « J’ai pas envie de l’enfoncer. Regardez-le, vous trouvez qu’il a une tête de braqueur ? »
Une réponse évasive, qui face à sa tête, elle, celle d’un braqueur, semblait tourner vers le négatif. Question d’impression… Totalement négative pour lui et par ricochet, bien meilleure pour l’accusé, qui peut jusqu’au verdict de ce soir, espérer l’acquittement.
http://www.leprogres.fr/ain/2011/06/10/assises-deux-hommes-un-seul-braqueur

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