mardi 7 juin 2011

Quatre ans au braqueur du bar à René-Cassin

Quatre ans de prison dont un avec sursis, trois ans de mise à l'épreuve... Chemcedine Hamzaoui, un Niçois de 28 ans, reconnu coupable du braquage du bar-PMU le Havanitos, écoute hier soir, tête basse, le jugement du tribunal correctionnel. Il sait qu'il a joué avec le feu le samedi 7 mai, vers midi. Son acte aurait pu virer au drame. Il aurait pu lui valoir de comparaître devant une cour d'assises.
Soigné pour des troubles psychiatriques depuis son plus jeune âge, le jeune homme dit avoir bu une bouteille de whisky alors qu'il était sous traitement. Un cocktail détonant qui l'a poussé à braquer le bar-PMU où il a ses habitudes. Le matin même, il avait perdu 700 euros à un jeu de paris sportifs. Voulait-il récupérer sa mise, arme à la main ? Malgré ses efforts, la présidente Bernadette Rivière-Caston ne parvient pas à en savoir davantage. Chemcedine Hamzaoui ne cesse de répéter : « Je ne me souviens de rien. C'est le trou noir. »

« Touche pas ton arme ! »

Alvare Toresi, le policier municipal qui s'est retrouvé nez à nez avec le braqueur, lui, se souvient de tout. Et pour cause. Son corps porte encore les stigmates d'une interpellation musclée. « Je lui ai hurlé dessus, ne touche pas ton arme, ne touche pas ton arme. » A la barre, le policier courageux mime l'incroyable scénario. Le prévenu qui paraît si calme dans son box et ne cesse de bailler, l'était beaucoup moins ce jour-là. Il crache au visage du policier, le provoque : « Tue-moi, tue-moi », avant de le frapper violemment. Les coups pleuvent et l'intervention d'un client, L'houssain Amejadhi, est décisive pour maîtriser le malfaiteur.

Alvare Toresi s'en tire avec les honneurs... et six jours d'arrêt de travail. Son avocat, Me Eric Borghini, ose paraphraser, d'une voix de stentor, Roger Gicquel : « Nice a peur ! » L'avocat de la ville et du policier salue le sang-froid de ce dernier : « Quand on sort son arme, le plus dur est de ne pas tirer. »

Me Audrey Vazzana, au nom des salariés et du gérant du bar-tabac, préfère fustiger l'attitude du prévenu qui feint, selon elle, l'amnésie.

« Il se présente avec une casquette, des lunettes, un costume par-dessus son jogging, une écharpe pour cacher son visage. Une fois la caisse du tabac vidée, il va dans la réserve du PMU, prend trois paquets de cigarettes au passage... tout ça est réfléchi. » Un sentiment que partage l'accusation qui requiert 4 ans de prison.

Me Mohammed Kassoul, pour la défense d'Hamzoui, bondit : « Ne pas reconnaître chez lui une altération du comportement serait une hérésie. » La défense s'appuie sur un dossier médical étayé, évoque un « passage à l'acte incontrôlé ». Finalement, Me Kassoul obient ce qu'il souhaitait : une peine davantage adaptée à la personnalité singulière de son client qu'à la gravité des faits.

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