Un drame affreux s'est déroulé en avril2007 dans un foyer en proie, dans une totale discrétion, à la misère sociale. Un bébé d'un mois est mort, étouffé.
La femme qui se présentera devant la cour d'assises de l'Aisne ce matin, n'a jamais été en détention provisoire. Placée sous contrôle judiciaire depuis 38mois, elle a continué à s'occuper de ses quatre enfants, âgés de 6à 15ans.
À 33 ans, elle avait mis au monde le dernier né, Brandon, dont le décès en avril2007 dans son domicile de La Neuville-lès-Dorengt près de Vervins, avait d'abord été mis sur le compte de la mort subite du nourrisson.
La maman a ensuite écrit au procureur pour connaître la cause du décès. Une information judiciaire avait été ouverte en juillet2007, et des pressions ont été constatées sur la tête de l'enfant.
Les circonstances de cette tragédie trouvent sans doute leur source dans la situation difficile dans laquelle se trouvait la famille.
Tandis que son mari travaillait à l'usine, la mère s'occupait des activités domestiques. Sans moyen de transport, sans téléphone portable, elle était aussi préoccupée par l'état de santé de l'un de ses enfants, gravement malade et hospitalisé à Amiens.
Le petit Brandon avait des coliques et pleurait beaucoup la nuit. Pour ne pas déranger son mari, la maman n'allumait. Elle se servait d'une lampe à batterie rechargeable qui ne dispensait qu'un faible éclairage.
Placé dans un landau, le bébé a été retrouvé couché sur le ventre, étouffé dans l'oreiller.
Sa mère a-t-elle exercé des pressions pour le faire taire; épuisée, s'est-elle appuyée excessivement sur lui; a-t-elle agi consciemment ou inconsciemment, dans le cadre d'un « infanticide altruiste» destiné à le sauver d'une vie misérable?
Un malheur n'arrive jamais seul
Son cas sera sans doute décortiqué par les experts psychiatres et ne manquera pas de soulever le rôle des services sociaux. Si cette famille vivait dans une grande discrétion, sans solliciter d'aides, nul ne serait venu à leur rencontre pour les épauler dans des moments difficiles et conseiller une maman dont les grossesses étaient peut-être davantage subies que souhaitées.
Après les faits, la famille était allée vivre à Vénérolles. Peu de temps après, la toiture de leur maison s'était envolée au cours d'une tempête. Le maire avait sollicité l'aide d'une commune voisine, Etreux.
Relogés, l'habitation avait été infestée de champignons. Le maire a dû prendre un arrêté municipal pour offrir à cette famille éprouvée, un logement décent.
La mère de famille se présentera libre, ce mardi. Il n'y a pas de partie civile mais le Parquet peut se constituer. Le verdict sera rendu le mercredi 15 juin.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-locale/Saint-Quentin-Chauny/Une-maman-repond-de-la-mort-de-son-enfant-aux-Assises
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