Juste avant, le débat sur la nécessité de l’incarcérer a fait rage. Pour le substitut du procureur, Nicolas Brignol, cette mesure de détention provisoire s’imposait : "C’est un dossier qu’il ne faut pas banaliser, parce que ce sont des faits que l’on ne peut pas tolérer. On frise même l’intentionnel."
Vendredi soir, l’étudiante, qui suit une formation en gestion-comptabilité, mais qui est arrêt maladie à la suite de soucis psychologiques, a bu deux verres dans des bars avant de se rendre aux Estivales, une foire aux vins. Là, elle a beaucoup bu (elle avait 2,4 g au dépistage), avant de ramener des amis croisés sur place. "Ils ont dit qu’elle roulait comme une folle. Elle a grillé des feux rouges, ses passagers la suppliaient de ralentir, et, elle, riait. Ça l’amusait qu’ils lui disent qu’ils risquaient d’avoir un accident... Ça ne pouvait pas finir autrement", a dénoncé le magistrat.
Me Jean-Charles Teissedre, lui, a fustigé les Estivales et leur "concept alléchant" pour s’enivrer. Surtout, il a évoqué les traits dépressifs de sa cliente : "Sa fragilité psychologique est aiguë, elle est intelligente mais malade et malheureuse. Elle a commis une folie, n’en commettez pas une autre en l’envoyant en prison."
"Consciente"
La mise en examen est apparue très choquée, en sanglots, mais s’exprimant avec lucidité. "Je prends conscience de la gravité de ce que j’ai provoqué, ça ne sert à rien de s’excuser, ça ne remettra pas les choses telles qu’elles étaient avant. Je suis entièrement consciente que ma douleur est 1 000 fois moindre que la douleur des victimes. Mais j’ai des doutes sur la façon dont j’étais, rire, ça ne me ressemble pas." Elle a aussi expliqué n’avoir pas pris ses antidépresseurs le soir des faits, sachant qu’elle allait boire.
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