jeudi 10 novembre 2011

MARGNY-LES-COMPIEGNE (60) Le policier municipal acquitté

Les jurés ont choisi de ne pas condamner l'ex-chef de la police municipale de Margny-lès-Compiègne, accusé de viol sur un handicapé.

Acquitté. Ludovic Douvry, l'ex-chef de la police municipale de Margny-lès-Compiègne accusé de viol sur personne vulnérable, est ressorti libre, hier soir, de la cour d'assises de l'Oise. Les jurés n'ont pas cru à sa culpabilité alors que le ministère public avait pourtant requis entre 6 et 8 années d'emprisonnement dans le huis clos de la cour.

«Tout le temps ne me fera pas oublier ce que j'ai enduré. Maintenant je vais essayer de me reconstruire. Heureusement, j'ai toujours eu ma famille derrière moi », a déclaré l'accusé, la voix étranglée par l'émotion.

Ludovic Douvry, qui comparaissait libre, a annoncé qu'il allait reprendre l'avion rapidement pour retourner vivre à la Réunion, d'où est originaire son épouse. «Ma famille me manque chaque jour mais la métropole ne me manque absolument pas. J'ai été trop blessé », a-t-il dit.

Les faits remontaient à 2005, date à laquelle la famille d'un homme handicapé mental, âgé comme lui de 45 ans, avait déposé plainte contre Ludovic Douvry pour le viol de son fils. Estimant les charges insuffisantes, le parquet de Compiègne avait requis un non-lieu. Mais le juge d'instruction avait malgré tout choisi de renvoyer le policier aux assises, passant outre l'avis du parquet et outre les dénégations du présumé violeur qui a toujours clamé son innocence.

Du coup, le représentant du ministère public avait été désigné par le parquet général d'Amiens. Débuté mardi matin, le procès s'est par ailleurs tenu à huis clos, compte tenu de la personnalité fragile de la supposée victime. «Qu'est-ce que la parole d'un handicapé mental contre celle d'un policier ? », s'est notamment interrogée Me Murielle Bellier, son avocate. Mais dans ce dossier, les preuves matérielles auront beaucoup manqué. «La cour ne dit pas que l'un ou l'autre a menti, elle dit qu'elle ne sait pas », a d'ailleurs conclu le président Damulot, sitôt le verdict prononcé.

«Justice est faite. Mais en 2008, pour le substitut de Compiègne, il n'y avait pas lieu de poursuivre mon client, alors qu'en 2011 les réquisitions sont de 6 à 8 ans... Je ne comprends pas », a estimé Me Guillaume Olivaux, avocat de Ludovic Douvry, soulagé malgré tout.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Le-policier-municipal-acquitte

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