"Je veux tuer": cette volonté farouche a présidé aux quatre attentats sanglants intervenus dans l'Hexagone en 1982 et 1983 et qui valent à Ilich Ramirez Sanchez de comparaître devant la cour d'assises spéciale de Paris depuis le 7 novembre, a asséné l'avocat général Olivier Bray, l'un des deux représentants du ministère public au procès.
Le parquet général, également représenté par Jean-François Ricard, a entamé dans la matinée ses réquisitions qui devraient s'achever en début de soirée. Carlos, 62 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'un maximum de 18 ans de sûreté.
Ces attentats, qu'il est accusé d'avoir organisés, ont tué onze personnes et en ont blessé près de 150 autres. Il ne s'agissait pas d'attentats "ciblés" mais d'attentats "à l'aveugle pour faire des dégâts", pour "tuer un maximum de personnes en prenant un minimum de risques", a estimé M. Bray.
"Les dates et les lieux sont scrupuleusement choisis" dans ce but, a-t-il analysé: le 29 mars 1982, une bombe dans un train Paris-Toulouse ; le 22 avril 1982, l'explosion d'une voiture piégée devant le siège du magazine Al Watan Al Arabi, rue Marbeuf à Paris ; le 31 décembre 1983 une bombe dans la gare Saint-Charles de Marseille et dans un TGV Marseille-Paris.
Poser une bombe un 31 décembre, c'est lancer le message qu'il n'y "pas de trêve", "qu'avec moi, vous ne serez jamais en sécurité".
Olivier Bray a scrupuleusement décortiqué le fonctionnement de "l'organisation des révolutionnaires internationalistes" (ORI), fondée par Carlos à la fin des années 70, décrivant un noyau dur d'une "dizaine de permanents" organisés autour du "culte du chef", le Vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez.
Trente ans de procédure pour mener à ce procès, "c'est trop long", a admis l'avocat général, mais "le devoir des démocraties est de ne jamais céder (...), d'arrêter les auteurs d'attentats et de les traduire en justice".
http://www.lepoint.fr/societe/proces-carlos-attentats-aveugles-et-desir-de-tuer-un-maximum-fustige-l-accusation-13-12-2011-1406901_23.php
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