mardi 13 décembre 2011

Un agriculteur attaque Monsanto pour intoxication

C'est un soulagement de voir que la justice a pris notre argumentation au sérieux, qu'un petit paysan peut faire valoir ses droits face à une multinationale". Le combat judiciaire de Paul François, 47 ans, contre Monsanto, l'un des plus puissants groupes agrochimiques du monde, a débuté le 27 avril 2004, sur son exploitation de Bernac (Charente) où il cultive en conventionnel des céréales. Alors qu'il ouvre la cuve d'une machine à pulvériser, il reçoit en plein visage des vapeurs de Lasso, un puissant désherbant produit par Monsanto. "J'ai eu des pertes de connaissance dans les heures qui ont suivi", se souvient-il. Hospitalisé, il doit cesser ses activités "pendant quasiment un an". Les problèmes de santé s'amoncellent (pertes de mémoire, de connaissances, problèmes neurologiques), que les médecins peinent à expliquer.
En mai 2005, près d'un an après avoir inhalé les vapeurs, des analyses mettent en évidence dans son corps des traces de monochlorobenzène, un solvant présent dans le Lasso. Deux mois plus tard, il entame des démarches pour faire reconnaître ses affections comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole. En octobre 2008, le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Angoulême lui donne raison, décision confirmée par la cour d'appel de Bordeaux en janvier 2010. En février 2007, il enclenche la procédure à l'encontre de Monsanto qui aboutira, au bout de plusieurs années d'échanges d'arguments entre les deux parties, à l'audience de ce lundi à Lyon, siège du groupe en France.

Son conseil entend y soutenir la "faute" de Monsanto, double à ses yeux. D'abord, la firme n'aurait pas indiqué la composition exacte du Lasso sur l'étiquette, notamment la présence du monochlorobenzène. Ensuite, Monsanto n'aurait pas respecté l'obligation de vigilance "en mettant sur le marché un produit" que l'entreprise "savait pourtant être dangereux"."Le Lasso a été retiré du marché au Canada, en Angleterre et en Belgique, parfois depuis les années 80. En France, il ne l'a été qu'en 2007", rappelle Me François Lafforgue pour qui "les déboires de santé de M. François sont liés à l'exposition" au Lasso. Jointe par l'afp, la défense de Monsanto n'a pas souhaité faire de commentaires, indiquant que les arguments de la multinationale seraient "développés devant le tribunal". Le jugement devrait être mis en délibéré.

http://lci.tf1.fr/france/justice/un-agriculteur-attaque-monsanto-pour-intoxication-6871862.html

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