jeudi 4 juin 2015

Ils sont les seuls accusateurs de Daniel Legrand, jugé à Rennes pour viols sur enfants. Chérif, Jonathan, Dimitri et Dylan, fils de Myriam Badaoui, ont depuis l'affaire d'Outreau vécu un parcours chaotique et semblable fait d'errances. Trois d'entre eux sont parties civiles, la parole est ce jeudi à leurs avocats.

Ses pas, pressés, retentissent dans l'enceinte du palais de Justice de Rennes. Jonathan Delay va et vient. Il a du mal à tenir en place. A l'extérieur de la salle d'audience, qu'il quitte fréquemment, il tire avec frénésie sur sa cigarette. Tapote sur son smartphone. Prend l'air, un café, et retourne à sa place, sur le banc des parties civiles, au procès de Daniel Legrand, jugé pour viols sur ses frères et lui à Outreau entre 1997 et 2000. Dimitri et Chérif, également parties civiles, n'ont fait que des apparitions ponctuelles à l'audience, afin de livrer leur témoignage à la cour d'assises pour mineurs d'Ille-et-VIlaine.  

"Victime d'Outreau"

A 21 ans, cheveux gominés, Jonathan Delay est - comme les trois autres - reconnu "victime d'Outreau": violé avant ses six ans par ses parents et un couple de voisins, au domicile familial, dans le quartier de la Tour-du-Renard. Myriam Badaoui a été condamnée à quinze ans de prison, son ex-époux Thierry Delay à vingt ans. "Vous êtes victimes des choses les plus graves de la part de vos parents dont le rôle est de vous protéger, pose d'emblée l'avocat général. Mais aujourd'hui, il s'agit de Daniel Legrand, acquitté deux fois de viols."  
Jonathan, Chérif et Dimitri n'avaient jamais désigné l'homme comme l'un de leurs agresseurs. A Rennes, ils assurent désormais que, parmi les auteurs des abus sexuels, il y aurait des acquittés, dont Daniel Legrand fils. "Je peux l'assurer qu'il était là, je ne suis pas là aujourd'hui devant vous pour mentir, plaide Jonathan. J'ai certaines images où je le vois chez mes parents." "Je sais qu'il était là, lui fait écho Dimitri, 23 ans, et je l'ai vu abuser de moi et mes frères." Dix ans après les faits, les victimes peinent à "donner plus de précisions". "Il a été victime de mon beau-père exactement comme moi, avance Chérif, 25 ans, surprenant la cour. Il évoque "une scène" dans laquelle Daniel Legrand, une fois, sera lui-même agresseur.  
L'avocat général résume alors le champ des possibilités. Les frères disent vrai, Daniel Legrand a bien abusé d'eux ; ils mentent malgré eux en opérant une projection sur l'accusé ; ils savent que c'est faux et profitent de "l'aubaine juridique" d'un nouveau procès. 
"Je ne mens pas, coupe court Jonathan. Si je n'avais rien à lui reprocher, je ne serai pas là." Les quatre condamnés, les parents et les voisins, maintiennent pour leur part qu'il n'y avait personne d'autre lors des viols des enfants. Ni d'autres victimes, ni d'autres agresseurs. Ils disculpent ainsi Daniel Legrand et accusent indirectement leurs enfants de me

Dimitri se tapait la tête contre les murs"

Rennes se repasse le film d'horreur. "J'ai grandi dans un contexte où on ne peut pas rire, ni jouer. Même les cadeaux reçus étaient au service des adultes", se remémore Jonathan. Sous le sapin, une cassette pornographique en guise d'initiation sexuelle. Tour à tour, les Delay et leurs assistantes familiales respectives racontent les crayons et fourchette introduits dans les fesses, les godemichés, le "devant de papa" mis dans leur "derrière", les fellations imposées, le caméscope pour filmer ces scènes, les hospitalisations en urgence...  
La machine judiciaire s'enclenche lorsque Dimitri (8 ans), le premier, parle. Chérif (10 ans), Jonathan (6 ans) et même Dylan (2 ans), placés par les services sociaux, lui embrayent le pas. Au terme de l'instruction controversée du juge Fabrice Burgaud, 17 personnes sont mises en examen, parmi lesquelles 13 seront finalement acquittées. Chérif raconte dans son livre, Je suis debout, paru au Cherche Midi, avoir appris les acquittements par un éducateur. "Je suis resté sans voix. J'ai fumé une dizaine de clopes d'affilée. Puis ma tête est devenue un cocktail Molotov. L'explosion a été violente. J'ai tout cassé dans la turne." Les condamnations des ex-époux Delay n'apportent pas plus d'apaisement. "Après Saint-Omer, raconte à la cour l'assistante familiale qui a recueilli Dimitri, il se tapait la tête contre les murs, retournait tout dans sa chambre et n'allait plus à l'école."  
Les audiences de 2004 et 2005 ont laissé une plaie béante. Elle s'ajoute aux cicatrices du passé. En 2015, un profond sentiment d'injuste demeure encore. Jonathan se souvient que les acquittements ont fait comme si [il] "avai[t] été coupable [lui]-même". "Le ressenti que j'ai eu quand j'ai vu tous ces acquittés avec les ministres? Comment s'est possible? Aujourd'hui je l'ai encore ici", crie Chérif évoquant le retentissant fiasco judiciaire. "J'en peux plus, je suis fatigué de tout ça, fatigué d'être insulté, d'être diffamé sans que je puisse répondre", ajoute le jeune homme, en larmes, qui se fait désormais appeler Kévin.  

"J'ai fini SDF le jour de mes 18 ans"

Depuis, la vie des enfant Delay n'a été que chaos. Tous, à peu de choses prêt, dépeignent le même enfer, enchaînant les familles d'accueil, les foyers à l'adolescence, puis un "épisode de rue". "J'ai fini SDF, le jour de mes 18 ans, picolé, fumé, provoqué la police", confesse Chérif, qui purge une courte peine de prison pour "violences" dans un établissement psychiatrique. "J'ai des hauts et des bas, poursuit le jeune homme. Je suis devenu même violent avec ma compagne, c'est pour ça que je suis incarcéré... J'ai l'impression de reproduire certaines choses de mon passé, en gros la violence."  
Après les foyers, son frère Dimitri a passé deux années dans un centre éducatif fermé pour avoir été mêlé à une bagarre quand il était sans domicile. Dylan, le petit dernier, serait parti vivre au Maroc. Il ne s'est pas constitué partie civile et n'a pas assisté aux débats. Le procès à Rennes, au goût amer de vaine reconstitution, aura au moins eu le mérite de réunir trois des frères Delay, devenus, d'après Jonathan, de quasi inconnus.  
 

 
 

mercredi 3 juin 2015

Disparition de Mathis : Sylvain Jouanneau entre le poing levé à son procès

Alors que débute ce mardi son troisième jour de procès aux assises où il est jugé pour l'enlèvement et la séquestration de Mathis, son fils de 8 ans, Sylvain Jouanneau est entré le poing levé dans la salle d'audience.
Sylvain Jouanneau est entré mardi le poing levé dans la salle d'audience, devant les nombreuses caméras présentes, au troisième jour de son procès aux assises pour l'enlèvement et la séquestration de Mathis, son fils de 8 ans, en 2011 à Caen. "Ce n'est pas un geste de provocation. C'est juste un geste synonyme de combat" comme peuvent le faire certains sportifs, a répondu l'accusé à la présidente du tribunal, Antoinette Lepeltier-Durel, qui lui demandait des explications pour ce geste. "Je suis face à des gens qui m'agressent", a-t-il ajouté sur un ton toujours très posé et calme, faisant apparemment allusion aux parties civiles. 
Etant donné "la forte médiatisation", "plutôt que de montrer quelqu'un qui s'écroule, si des personnes doivent avoir une image de moi je préfère qu'elles voient quelqu'un de combatif", a ajouté Sylvain Jouanneau. "Je m'écroulerai ce soir dans ma cellule", a-t-il dit. Âgé de 41 ans, ce maçon n'a pas ramené son fils à sa mère le 4 septembre 2011 comme il aurait dû le faire. Il a été arrêté le 9 décembre 2011, seul, près d'Avignon après avoir été aperçu à six reprises par des témoins, mais toujours seul.
Il refuse d'en dire plus
Malgré les demandes répétées des proches de Mathis, épuisés, et celles des magistrats, il se contente de dire qu'il a confié Mathis à des tiers à l'étranger et refuse d'en dire plus afin, selon lui, de "protéger" ces tiers. Dans un brouillon de lettre retrouvé sur son ordinateur et lu mercredi à l'audience, Sylvain Jouanneau affirme que son fils est "sous protection musulmane". "Sur le fond, je pourrais écrire la même lettre aujourd'hui", a indiqué l'accusé, chemise bleue, longue queue de cheval et barbe noires. 
Sylvain Jouanneau comparaît aussi pour menaces de mort sur sa dernière compagne, Emmanuelle Lecerf, qui l'a quitté en août 2011 après deux ans et demi de relation, et des proches de cette femme. Cet ancien cadre, dont l'avocat général a dénoncé mardi les "incohérences", a dit au premier psychiatre qui l'a examiné après son arrestation qu'il "aurait pu tuer" la mère de l'enfant mais qu'il était "incapable de faire du mal à son fils". Décrit par la famille maternelle de Mathis comme "manipulateur", il encourt 30 ans de prison. Le verdict doit être rendu jeudi.
 

Le pourvoi en cassation de Maurice Agnelet sera examiné le 10 juin

Dés sa condamnation en avril 2014 à vingt ans de réclusion pour l'assassinat à Nice d'Agnés Le Roux, Maurice Agnelet avait formé un pourvoi en cassation. 
Cet ultime recours devant la justice française sera examiné le 10 juin par la plus haute juridiction.
Agnelet a toujours clamé son innocence.
Pour tenter d'obtenir l'annulation du verdict de culpabilité prononcé l'an dernier par la cour d'assises d'Ile-et-Vilaine, il va soulever trois vices éventuels de forme.
http://www.nicematin.com/nice/le-pourvoi-en-cassation-de-maurice-agnelet-sera-examine-le-10-juin.2236857.html

Sept ans de prison pour le braqueur devenu infirme

«Quel est le sens de la peine ?» Devant les jurés, au dernier jour du procès de son client Ludovic Aubert, Me Alexandre Martin s'interroge. L'avocat général, M. Bouvier, vient de requérir 8 à 10 ans de réclusion criminelle contre cet homme de 45 ans, renvoyé devant les assises de la Haute-Garonne pour vols à main armée dans deux banques toulousaines fin 2011 et d'une Poste dans les Côtes d'Armor début 2012. Mais depuis son arrestation, cet homme «n'est plus le même». Entre-temps, il y a eu le 27 avril 2013. Alors en détention provisoire à Seysses, Ludovic Aubert est «laissé pour mort sur le pavé de la cour». Il en a gardé des séquelles irréversibles. S'il a retrouvé toutes ses facultés motrices, sa cervelle est «en bouillie» : «Il donne l'impression qu'il s'exprime bien, mais dedans tout déraille», souligne Me Martin. Mais en face se trouve une dizaine de victimes, encore bouleversées par le pistolet 9 mm braqué sur elles par cet homme au parcours atypique. Abandonné à la naissance par sa mère, élevé par son père — CRS ! — et sa nouvelle compagne, dont il croit jusqu'à l'adolescence qu'elle est sa mère. Échec scolaire, fugue à 16 ans. Quatre ans dans l'humanitaire au début des années 1990, un mariage, trois enfants, un divorce, une autre compagne. Des faits de petite délinquance. «Un pauvre type, une vie brisée et une fin terrible», résume la défense, assurée par Me Martin et Me Emmanuelle Franck. Ils demandent une peine de 5 ans maximum, afin que leur client puisse être accessible au sursis avec mise à l'épreuve permettant une obligation de soins. La cour sera plus sévère, en condamnant Ludovic Aubert à 7 ans de réclusion.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/03/2117168-sept-ans-de-prison-pour-le-braqueur-devenu-infirme.html

Outreau : c'est "dégueulasse qu'on t'ait mis là", crie une acquittée à Daniel Legrand

C'est pas normal qu'on t'ait mis là, c'est dégueulasse !" a crié, en colère et en larmes, une des acquittées d'Outreau, à l'adresse de Daniel Legrand, un autre des acquittés, au procès duquel elle était appelée à témoigner, mardi à Rennes.


 "C'est pas normal qu'on t'ait mis là, c'est dégueulasse !" a crié, en colère et en larmes, une des acquittées d'Outreau, à l'adresse de Daniel Legrand, un autre des acquittés, au procès duquel elle était appelée à témoigner, mardi à Rennes. « J'avais plein de choses à dire, mais ça ne vient plus parce que je suis terrifiée", a déclaré, en sanglots après quelques minutes à la barre, cette femme de 48 ans, infirmière scolaire, ex-épouse de l'huissier Alain Marécaux, qui a refait sa vie et souhaite que son nouveau nom ne soit pas cité. "C'est une honte de le faire venir ici!" a-t-elle ajouté en désignant Daniel Legrand, qui comparaît pour des accusations de pédophilie lorsqu'il était mineur non encore jugées pendant les deux premiers procès de cette affaire. "Vous ne vous rendez pas compte de ce qu'on a vécu: il a été acquitté en tant que majeur!" des faits qui lui sont reprochés.

"Je pense que ces enfants (les enfants Delay, parties civiles à ce procès, ndlr), c'est une horreur ce qu'ils ont vécu, mais nous, on n'y est pour rien!" a-t-elle martelé. Les parents de ces enfants et un couple de voisins ont été condamnés en 2004 à Saint-Omer pour les avoir violés, alors qu'au total sur 17 accusés, 13 ont finalement été acquittés à l'issue du procès en appel en 2005 à Paris. "J'en peux plus, je craque, c'est pas normal", s'est-elle excusée.   "Je pense à mes petits. J'ai une petite de 8 ans, je vais lui dire quoi ? Elle sait rien (de l'affaire Outreau), les autres (enfants qu'elle avait au début de l'affaire) sont blessés, cassés..."  "C'est pas normal qu'on t'ait mis là, c'est dégueulasse!" a-t-elle encore lancé, le visage en larmes, à l'adresse de Daniel Legrand.

 "Mes deux garçons ont pas d'avenir", a-t-elle poursuivi. "Eux, tout le monde s'en est lavé les mains... Du jour au lendemain, ils ont perdu leurs parents, du jour au lendemain! Quand on a été acquittés : Débouillez-vous pour votre suivi psy, allez-y, vous êtes acquittés, terminé, basta ! On fait quoi nous derrière?" a-t-elle encore crié, soulignant qu'elle était toujours, dix ans après, sous traitement médicamenteux
 

mardi 2 juin 2015

Procès : en pleurs, la mère de Mathis implore son ex-mari

Jugé depuis lundi devant les assises du Calvados pour l'enlèvement et la séquestration de son enfant, introuvable depuis 2011, Sylvain Jouanneau refuse pour l'heure de parler du sort de Mathis. Mardi, la mère de Mathis a décrit un homme "manipulateur" qui "voulait tout régenter".

"Je suis venue ici pour parler de mon fils" qu'elle n'a pas vu depuis 3 ans et demi. Au 1er jour lundi de son procès devant les assises du Calvados, qui le jugent pour enlèvement et séquestration, le père de Mathis avait parlé de tout sauf de Mathis. La mère de l'enfant, qui a disparu à l'âge de 8 ans en 2011 à Caen lors d'un week-end où il avait la garde de l'enfant, était à la barre ce mardi. Après avoir expliqué avoir été sous la coupe de cet homme qui "voulait tout régenter" et raconté comment son fils, Nathalie Barré, en pleurs, a imploré Sylvain Jouanneau de lui dire où était son fils.

Au sortir de la salle d'audience, face aux caméras, la mère a encore expliqué : "Il ne veut pas me regarder en face (...) Il ne pense pas à son fils (...) J'ai parlé de Mathis parce qu'il fallait que j'en parle". Mais Sylvain Jouanneau est resté impassible aux suppliques de son ex-femme dont il est divorcé depuis 2007. Il reste trois jours de procès pour que l'accusé dise où est l'enfant et s'il est toujours vivant.

Pour l'honneur de sa soeur : 14 ans de réclusion pour Younes

Pour avoir tué en 2013 un adolescent à qui il reprochait d'avoir "fait tourner" sa sœur dans un porno, Younès a été condamné lundi à Bobigny à 14 ans de réclusion criminelle.
Un homme de 21 ans a été condamné lundi à Bobigny à 14 ans de réclusion criminelle pour avoir tué en 2013 un adolescent à qui il reprochait d'avoir "fait tourner" dans leur quartier des vidéos pornographiques où jouait sa sœur. La cour d'assises de Seine-Saint-Denis a estimé que Younes, jugé depuis vendredi, était coupable du meurtre de Lionel, un adolescent de 16 ans roué de coups et retrouvé en arrêt cardio-respiratoire au pied d'un immeuble de Saint-Denis en 2013.

Une peine de 20 ans de réclusion avait été requise dans l'après-midi. Pour l'avocate générale, l'accusé a fait preuve d'une "détermination froide" à l'égard de la victime, un ado fluet décrit comme "aimant", "sérieux" et "sans histoire". "Pendant dix minutes, sans répit, il a subi une avalanche de coups de pied et de poing. Son agresseur a été sourd à ses cris", a déclaré Laure Moreau dans son réquisitoire, rappelant qu'aucune trace de lutte ou de défense n'a été trouvée sur son corps. Le soir du 3 mai 2013, Lionel se rendait à l'anniversaire de ses meilleurs amis lorsqu'il a croisé la route de Younes.
Depuis plusieurs semaines, ils étaient en conflit car la rumeur disait que lui et ses amis propageaient dans le quartier des vidéos pornographiques dans lesquelles jouait la sœur de Younes, qui essuyait depuis de nombreux quolibets. Selon l'accusé, le ton était monté, la sœur avait été "traitée de pute", des coups étaient partis puis il a "perdu le contrôle". Lionel, dont les photos présentées à l'audience montrent une concentration de coups sur le visage, est hospitalisé dans le coma et décède deux jours plus tard. Son agresseur, qui prend la fuite après ce qu'il pense être un "simple K.O", se rend au commissariat peu après.  
"Mon cœur allait s'arrêter"   
Cet athlétique brun au casier vierge, déscolarisé et gros consommateur de cannabis au moment des faits, a répété lundi qu'il ne "voulait pas le tuer" mais que "ça a pété dans (sa) tête" lorsque le mot "pute" a été prononcé. S'adressant aux parents et au frère de la victime, il a demandé "pardon". "J'ai jamais voulu vous faire du mal, ce que j'ai fait je le regretterai toute ma vie." Au coeur du mal-être du jeune homme, deux vidéos que sa sœur d'à peine 18 ans avait consenti à faire pour 450 euros, car elle avait besoin d'argent pour payer son forfait téléphonique, et qui avaient été publiées sur un site internet avant de faire le tour de sa cité de la banlieue parisienne. "Le jour où je l'ai vue, j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter. C'était violent", a expliqué Younes, deuxième enfant d'une fratrie de six.
L'enquête n'a jamais pu démontrer que Lionel ou ses amis avaient fait la promotion de ces vidéos, vues plus de 4 millions de fois sur internet. "Il ne pouvait pas s'en prendre à sa sœur, protégée, soutenue par une famille unie. Il s'en est pris à plus petit que lui", a fait valoir l'avocate des parties civiles, Me Catherine Braun, rappelant que Lionel faisait 30 kilos de moins que Younes. Une mauvaise interprétation selon l'avocat de la défense, qui plaidait la clémence pour "ce gamin (qui) a la force d'un homme" et n'a "pas maîtrisé ses émotions". "Son mobile, c'est la souffrance. Il sait qu'il ne peut pas enlever ces vidéos d'internet mais il tente d'en minimiser la propagation dans son quartier pour préserver sa famille de la honte, du désarroi", a dit Me Romuald Sayagh, qui demandait la requalification des faits en "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

http://www.midilibre.fr/2015/06/01/sa-soeur-dans-un-porno-la-honte-les-coups-14-ans-de-reclusion-pour-younes,1169183.php

lundi 1 juin 2015

Disparition de Mathis: Sylvain Jouanneau reste muet au sujet du sort de son fils

Jugé aux assises pour l’enlèvement et la séquestration de son fils disparu à l’âge de 8 ans en 2011, Sylvain Jouanneau a beaucoup parlé de lui ce lundi, au premier jour de son procès à Caen (Calvados). Mais pas du petit Mathis.
Disparition de Mathis: Son père révélera-t-il ce qu'il a fait de son fils?
Pendant plus d’une heure trente, l'accusé a répondu aux questions de la cour d'assises sur son passé professionnel et amoureux. Chemise bleue claire, longue queue de cheval et barbe noires, l'homme, dont le casier judiciaire est vierge, a expliqué être devenu maçon après avoir été cadre dans une entreprise d’électronique, pour avoir du temps à consacrer à son fils. Il s’est dépeint comme quelqu’un de solitaire, mais qui s’est souvent senti « pas à sa place ». Il est revenu sur sa tentative de suicide lorsqu’il était étudiant et sur ses multiples séjours en hôpital psychiatrique.

« Jusqu'au-boutiste »

Sylvain Jouanneau, 41 ans, s’est décrit comme quelqu’un de « perfectionniste », répétant à plusieurs reprises qu’il aimait « aller jusqu’au bout », dans sa vie amoureuse ou professionnelle. Son frère de 32 ans l’a qualifié à la barre de « jusqu’au-boutiste, quitte à ne pas forcément écouter l’avis des autres ». Il a aussi évoqué la « haine », selon lui, de Sylvain Jouanneau vis-à-vis de Nathalie Barré, à qui il fut marié de 2003 à 2007, et une volonté de vengeance.
Le 2 septembre 2011, l'accusé était allé chercher son fils à l’école, conformément à son droit d’hébergement, mais il ne l’avait pas ramené à sa mère, Nathalie Barré, le dimanche 4 au soir comme il l’aurait dû.
Durant l’enquête, l'accusé a déclaré avoir confié Mathis à des personnes dont il affirme ne pas vouloir trahir la confiance en révélant où se trouve l’enfant. Il a évoqué en 2011  « des complices sûrs et puissants » et également (ses) « frères musulmans ». Sylvain Jouanneau s’est converti à l’islam lors d’une relation avec une Marocaine en 2006-2007.
Malgré les nombreuses recherches en France comme à l’étranger, y compris dans les milieux sectaires, l'enfant reste introuvable.

Une affaire « montée en épingle »

« Vous semblez intarissable à votre sujet, est-ce que vous allez parler autant de Mathis ? », a demandé Aline Lebret, l’avocate de Nathalie Barré, venue au procès avec une dizaine de proches. « Je ne suis pas venu ici pour répondre à la question que tous les journalistes ont mis en première page des journaux (…) “Où est Mathis aujourd’hui” », a répondu Sylvain Jouanneau.
« Mathis est victime de quoi ? », a-t-il d'ailleurs lancé à Me Lebret, qui soulignait que Mathis était partie civile via sa mère lors de ce procès. « Trois ans et demi sans ses proches », a rétorqué l’avocate. « Ça vous pose un problème ? », a répliqué Sylvain Jouanneau. Il a aussi expliqué à la cour reconnaître des faits de « soustraction de mineur », mais « nier » l’enlèvement et la séquestration, avant d’affirmer que l’affaire était « montée en épingle ».
Le père de Mathis a été arrêté seul, le 9 décembre 2011, près d’Avignon (Vaucluse). Il est depuis en détention provisoire.
« Percevez-vous la gravité de votre comparution ? », a demandé l’avocat général, Pascal Chaux. L’accusé, qui encourt trente ans de prison, est d'abord resté silencieux, puis a lâché : « Non ». « C’est un des nombreux silences que vous avez eus depuis le début de l’instruction dès que les questions deviennent embarrassantes », a commenté le magistrat. Le procès doit a priori durer quatre jours.

http://www.20minutes.fr/societe/1620783-20150601-disparition-mathis-sylvain-jouanneau-reste-muet-sujet-sort-fils

Assises de l'Hérault : 2 hommes jugés pour un meurtre perpétré en 2012 à Montady

Antoine Heleria et Jean Joseph Salguero comparaîssent de ce lundi 1er au jeudi 4 juin devant la cour d'assises de l'Hérault pour avoir battu à mort un homme dans la nuit du 7 au 8 octobre 2012 à Montady, dans l'Hérault. Le drame avait eu lieu juste après un match OM-PSG.
La victime, un homme de 45 ans, avait été retrouvée par les pompiers au cœur du boulodrome de Montady, près de Béziers, seule, le visage tuméfié et inconsciente. Ils avaient été prévenus par un coup de téléphone. Mais malgré leurs efforts, l'homme avait succombé à ses blessures.

Un témoin avait affirmé avoir vu la victime frappée à coups de poing et de pied sur le boulodrome par des hommes avant qu'ils ne prennent la fuite.
Quelques minutes avant le drame, l'homme battu à mort avait été vu dans un bar du village en train de suivre un match OM-PSG pendant lequel il aurait refusé de payer une bouteille, déchaînant la violence de clients du bar.
Les 3 meurtriers présumés avaient été arrêtés après deux mois de cavale. Depuis, l'un d'entre eux est décédé. Ce sont donc 2 hommes qui comparaîssent pour "violence en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Début du procès aux assises de l'Hérault ce lundi à 14 h 00. Le principal enjeu sera de déterminer qui est responsable du ou des coups mortels.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/2015/06/01/assises-de-l-herault-2-hommes-juges-pour-un-meurtre-en-2012-montady-736497.html

Procès d'Outreau: Dix acquittés à la barre pour Daniel Legrand

Dix acquittés des procès de l'affaire Outreau doivent témoigner lundi et mardi au procès de Daniel Legrand à Rennes, un autre des acquittés de cette affaire, pour des accusations de pédophilie non encore jugées portant sur la période où il était mineur. Alors que le procès entre dans sa dernière semaine, Karine Duchochois, David Brunet, Thierry Dausque, Sandrine Lavier (par vidéoconférence) et Franck Lavier, doivent témoigner lundi après-midi.
>> A lire: A une semaine de son terme, le procès de Daniel Legrand déjà dégonflé
Mardi ce sont les cinq autres acquittés, Alain Marécaux, son ex-femme Odile Polveche, Dominique Wiel, Pierre Martel et Roseline Godard, qui doivent à leur tour venir.

Sur les 17 personnes renvoyées devant les assises, 13 furent acquittées

Après le témoignage de l'ancien juge d'instruction Fabrice Burgaud, puis celui des parents condamnés des principales victimes, Myriam Badaoui et Thierry Delay, les témoignages des acquittés au début de cette dernière semaine d'audience devraient achever cette presque totale reconstitution en accéléré de ce que furent les procès de Saint-Omer (Pas-de-Calais) en 2004 et le procès en appel de Paris en 2005.
Sur les 17 personnes renvoyées devant les assises pour des viols d'enfants à l'issue de l'instruction du juge Burgaud en 2001 et 2002, 13 furent acquittées, tandis que quatre, le couple Delay-Badaoui et un couple de voisins, qui avaient admis les faits, ont été condamnés.
Ces quatre condamnés ont témoigné lors de la deuxième semaine du procès de Rennes que Daniel Legrand n'avait pas participé au viol de Chérif, Dimitri et Jonathan Delay, parties civiles à son procès. Pas plus lorsqu'il était mineur qu'après sa majorité.

Le délibéré attendu vendredi

Pour leur part, Chérif et Jonathan Delay, aujourd'hui âgés de 25 et 21 ans, l'ont pour la première fois impliqué dans les sévices qu'ils avaient enduré enfants, sans toutefois livrer beaucoup de précisions, parlant notamment de «flashs». Ils ont en outre soutenu que plusieurs autres des acquittés étaient aussi présents.
Les plaidoiries des parties civiles doivent débuter jeudi. Elles seront suivies du réquisitoire puis des plaidoiries de la défense. Le délibéré est normalement attendu vendredi.
http://www.20minutes.fr/societe/1620167-20150601-proces-outreau-dix-acquittes-barre-daniel-legrand

Disparition de Mathis : le père va-t-il parler à la justice ?

Disparu depuis 2011, Mathis reste introuvable. Le procès de son père s'ouvre ce lundi devant les assises de Caen. Depuis quatre ans, la mère de l'enfant alors âgé de 8 ans attend de savoir où est son fils que son ancien compagnon dit avoir confié à des tiers pour le protéger.
Qu'est-il arrivé à Mathis et où est-il ? La justice va tenter de répondre à ses questions à compter de ce lundi. Le procès de l'enfant débute devant les assises de Caen. Il est accusé de l'avoir enlevé en 2011 et n'a jamais voulu expliquer son geste ni ce que l'enfant alors âgé de 8 ans est devenu. "La seule chose qu'on attend, c'est que (Sylvain) Jouanneau parle. Mais on n'en est pas du tout certain", a confié à l'AFP Nathalie Barré, la maman de Mathis, qui se bat depuis presque quatre ans pour retrouver son fils. Mme Barré et M. Jouanneau ont divorcé en 2007.

Le procès doit durer quatre à cinq jours. Le père de l'accusé, Jean-Pierre Jouanneau, a indiqué dans un entretien diffusé vendredi sur internet par France 3 Basse-Normandie que, si la cour l'y autorise, il demanderait à son fils de "donner des informations pour que Mathis soit retrouvé". Mais "après trois années et demi d'emprisonnement, qu'est-ce qui pourrait le faire craquer? Je le souhaite mais au fond de moi-même, j'y crois pas", a-t-il ajouté.
Un père passé en hôpital psychiatrique et converti à l'islam
Le 4 septembre 2011, Sylvain Jouanneau, dont le casier judiciaire est vierge, va chercher son fils à l'école vers 18h00, comme le prévoit son droit d'hébergement. Mais l'homme, qui a effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique par le passé, ne le ramène pas comme prévu le dimanche soir chez Mme Barré. Il expliquera avoir dit à Mathis que sa mère et son compagnon était morts dans un accident de voiture.
Le mercredi suivant, le camping-car de l'accusé est retrouvé à Villers-Bocage, à 35 km de Caen avec son passeport. Le lendemain, le 10 septembre, c'est sa Peugeot 206 Break qui est découverte à 5 km de Bayonne. Aucune trace de sang n'est mise en évidence dans les véhicules. Dans le Break, les enquêteurs trouvent des emballages de petits jeux de voyage et des tickets d'achats de jouets et de trois livres sur l'islam effectués le 30 août à Caen. Sylvain Jouanneau s'est converti à cette religion après une relation en 2006-2007 avec une jeune femme marocaine.
Ne pas parler pour "protéger" Mathis
Arrêté le 9 décembre 2011, Sylvain Jouanneau affirme depuis avoir confié l'enfant à des tiers. En 2012, il a dit ne pouvoir parler pour "protéger" Mathis. L'avocate de Sylvain Jouanneau, Véronique Demillière, a assuré à l'AFP que son client "attend avec impatience ce procès pour montrer qu'il n'est pas mutique". Mais "je pense qu'il ne souhaite pas" dire à qui "il a confié" l'enfant "parce qu'il n'a pas envie d'envoyer des gens qui lui ont fait confiance derrière les barreaux", a-t-elle ajouté.
Mais il est possible que M. Jouanneau, "animé" selon le parquet d'un désir de "vengeance" envers son ex-femme, ait tué l'enfant. Il a été vu par des témoins dans le sud de la France, toujours seul. Ce maçon de 41 ans comparaît pour enlèvement et séquestration de mineur et menaces de mort sur une ex-compagne, avec laquelle il a eu une liaison interrompue en août 2011, et deux de ses proches. Mais une information judiciaire distincte, ouverte contre X pour meurtre en avril 2013, est toujours en cours. Car le mystère reste entier.
Un enlèvement préparé de longue date
Selon une source judiciaire, en 2011 M. Jouanneau a écrit que Mathis était "en sécurité" avec des personnes en lesquelles il disait avoir "toute confiance", et que "(ses) frères musulmans" prendraient en charge l'avenir de Mathis s'il devait arriver quelque chose à son père. Il affirmait aussi être soutenu "par des complices sûrs et puissants".
Sylvain Jouanneau qui, selon les enquêteurs, avait préparé "de longue date" cet enlèvement est, lors de son arrestation, "sale comme quelqu'un qui vit dans des conditions précaires", précise à l'époque le procureur de Caen Catherine Denis. Malgré des recherches dans des institutions musulmanes et chrétiennes en Espagne, en Italie et au Maroc, et dans des associations de type sectaire en France, Mathis reste introuvable. Son père encourt 30 ans de prison.

dimanche 31 mai 2015

Il meurt après avoir bu 56 shots d'alcool : le patron du bar condamné

Un homme qui avait relevé le défi d'un bar à Clermont-Ferrand avait succombé à un coma éthylique en octobre 2014 après avoir bu 56 shots d'alcool. Le gérant du bar, Gilles, 47 ans, a écopé ce mercredi de prison avec sursis.
Son client était mort en octobre dernier après avoir remporté un concours en avalant 56 "shooters" d'alcool : le gérant d'un bar a été condamné mercredi à quatre mois de prison avec sursis et à un an d'interdiction d'exercer par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. Gilles, 47 ans, était poursuivi pour "homicide involontaire par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité et de prudence". C'est dans son bar, le "Starter", situé dans une ruelle du centre de Clermont-Ferrand que, le 25 octobre 2014, Renaud Prudhomme, 56 ans, avait ingurgité 56 petits verres d'alcool fort - des "shooters" - en un temps éclair, battant ainsi le record de consommation, affiché sur une ardoise dans l'établissement. Complètement ivre, le client, qui passait la soirée avec sa fille et des amis, avait été raccompagné à son domicile avant d'être pris en charge par les pompiers et le SAMU. L'homme, un colosse de 110 à 120 kilos, décèdera le lendemain au CHU de Clermont-Ferrand.

Le conseil du gérant du bar a aussitôt annoncé son intention de faire appel de ce jugement. "C'est une décision guidée par l'émotion  et par la volonté inconsciente de faire un exemple", a déclaré à l'AFP Me Renaud Portejoie, qui avait plaidé la relaxe lors de l'audience le 4 mai dernier. A la barre du tribunal, le gérant de cet établissement avait admis avoir commis "une erreur", à propos de la dite ardoise, qui avait galvanisé la victime décidée à battre le record du nombre de shooters ingurgités. Mais "il nie toute responsabilité dans ce drame", a ajouté Me Portejoie, pour qui la victime est décédée parce qu'elle avait certes trop bu d'alcool, "à la demande expresse de sa fille", mais aussi parce qu'elle avait des "problèmes respiratoires" et qu'elle a fait une "fausse route". "On ne peut pas demander à chaque client à qui l'on sert de l'alcool son certificat médical. C'est impossible", a ajouté l'avocat qui voit dans cette décision "une dérive de l'État-pénitence, qui recherche des responsabilités pour tous les drames de la vie", a-t-il dit.

Père et fils maîtrisent leur cambrioleur

Un vendredi soir de mai, 23 h 30. Dans son appartement toulousain, un père de famille est troublé par «un bruit persistant». Son épouse dort déjà. Il pense qu'il s'agit de son fils de 17 ans et se lève pour lui demander de baisser le volume. «Je suis alors tombé sur un individu avec une cagoule. Il m'a bousculé», relate l'homme devant le tribunal correctionnel de Toulouse où son agresseur a été jugé en comparution immédiate. L'intrus, qui s'était introduit à l'aide d'un tournevis par une fenêtre donnant sur la terrasse, tente de fuir par où il est entré. «Il portait le sac de mon fils sur l'épaule. Je l'ai rattrapé.» Mais l'agresseur se défend avec son tournevis. Alerté par le vacarme, le fils surgit et prête main-forte à son père. Ils parviennent à plaquer le cambrioleur à terre et préviennent la police. Non sans mal : tous deux sont blessés, le malfaiteur aussi. «Vous étiez en légitime défense, explique à la victime le procureur Grellet, ça ne peut pas être retenu contre vous.» Le magistrat demande un an de prison ferme et un mandat d'arrêt contre le cambrioleur, un homme de 31 ans qui ne s'est pas présenté à l'audience. «Il pensait que le domicile était inoccupé et n'avait pas l'intention de se servir de son tournevis contre la victime», plaide la défense, Me Guy, pour cet homme qui n'a eu affaire à la justice qu'une fois il y a sept ans. Mais Me Collomb, pour la partie civile, note, outre les blessures causées (5 jours d'ITT pour le père de famille), l'important traumatisme qui a été occasionné par cette agression : «Depuis les faits, mon client doit prendre un traitement.» Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet et a condamné le cambrioleur en fuite à un an de prison.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/05/31/2115266-pere-et-fils-maitrisent-leur-cambrioleur.html

samedi 30 mai 2015

Meurtre d'une commerçante à Nogent-le-Rotrou : 30 ans de réclusion pour l'accusé

Trente ans de réclusion criminelle... C'est la peine à laquelle à laquelle a été condamné vendredi l'accusé dans l'affaire du meurtre d'une commerçante de Nogent-le-Rotrou, dans l'Eure-et-Loir, en juin 2013.

Martine Tessier, 58 ans, propriétaire du café "Le Pont de Bois" à Nogent-le-Rotrou avait été retrouvée morte dans son lit, ligotée et bâillonnée. Quelques jours après, un voisin de la victime, par ailleurs client du bar, avait été arrêté par les enquêteurs. Malgré la découverte d'indices à son domicile (tickets de la Française des jeux, vêtements ensanglantés...), l'homme niera toute implication dans les faits.

Un suspect deux fois condamnés devant les assises​

L'accusé avait été condamné deux fois déjà par la cour d'assises pour des affaires d’enlèvement suivi de séquestration et de vols avec violence. Il a dix jours pour faire appel de la décision des assises d'Eure-et-Loir.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/centre/2015/05/29/meurtre-d-une-commercante-nogent-le-rotrou-30-ans-de-reclusion-pour-l-accuse-735167.html

Charente-Maritime : accusés de 27 cambriolages, ils clament leur innocence

Sept cambriolages pour la seule journée du 3 juin 2012 en sept lieux différents, de La Ronde à Arvert en passant par Saint-Ouen et Marennes. Plus quatre autres le 14 juillet suivant à Angoulins, Charron, Saint-Rogatien… Et d'autres encore, une quinzaine en tout, dans des habitations, des entrepôts, des garages
Ces stakhanovistes de la cambriole s'appellent Francky, 33 ans, et Michaël, 35 ans. Il leur est reproché pas moins de 27 vols au total, commis entre juin et septembre 2012, de jour comme de nuit. Le butin est très divers, ordinateurs, appareils photo, bijoux, argent, jusqu'à une collection de timbres estimée par son propriétaire à plus de 300 000 euros. Leurs victimes, curieusement, se recrutent pour beaucoup dans les métiers de la mer, ostréiculteurs, pêcheurs, mareyeurs, poissonniers… Sans doute est-il plus facile de repérer leurs habitudes et de savoir quand ils sont absents de leur domicile.
C'est d'ailleurs l'un d'eux qui a mis les gendarmes sur la piste du duo, inquiet d'avoir été suivi à plusieurs reprises par le même 4x4 lors de ses déplacements. De filatures en écoutes téléphoniques, de géolocalisation en perquisitions, la piste a abouti aux camps pour gens du voyage de Lagord et de Dompierre-sur-Mer. Des objets volés ont été retrouvés dans la caravane de l'ex-compagne de Francky. Michaël a été vu dans le véhicule volé qui servait aux cambriolages.

Pas de portable

Seulement, les deux hommes protestent comme de beaux diables. Ils n'ont rien, mais strictement rien, « à voir avec tout ça. » « Je n'ai pas de portable ! » s'exclame Francky. « J'étais sur des chantiers ! » se défend Mickaël qui, après une dizaine de condamnations pour vols se dit rangé des voitures : « Je travaille comme autoentrepreneur dans le bâtiment. »
Tous deux s'énervent. « Les gendarmes disent qu'ils ont filé les cambrioleurs dans leur voiture. Pourquoi ils ne les ont pas arrêtés alors ? Ils auraient vu que ce n'était pas nous. Et puis pourquoi on n'a pas été confrontés aux gens qui ont témoigné nous avoir vus ? »

« Quelles preuves ? »

Pour le procureur, Igor Souchu, la cause est entendue. L'enquête des gendarmes a établi « des faits, pas des suspicions », et il ne sert à rien « de nier l'évidence. » Ses réquisitions : 30 mois de prison ferme pour Francky (qui purge actuellement une autre peine) et un an, sans mandat de dépôt, pour Michaël.
« Certes, ils sont tout à fait capables de l'avoir fait, rétorque la défense, leur palmarès le démontre. Mais rien ne prouve qu'ils l'ont fait. Un casier judiciaire chargé ne suffit pas à établir la culpabilité. » Pas de flagrant délit, pas d'empreintes, pas de traces ADN, des témoignages évasifs, les enquêteurs ont suivi « leur idée préconçue », affirme Jean-Michel Balloteau, l'avocat de Francky. « S'ils les avaient interpellés sur le coup, oui ! Mais là il n'y a qu'imprécisions, incohérences, suppositions. »
Pendant une demi-heure, Me Balloteau s'est ingénié à instiller le doute. Non sans succès. Au terme d'un délibéré de deux heures - le temps de reprendre un par un les 27 dossiers -, le tribunal n'a retenu la culpabilité de Francky que sur sept cambriolages, et celle de Michaël que sur trois. 18 mois de prison ferme pour le premier, 5 mois pour le second.

http://www.sudouest.fr/2015/05/30/la-verite-si-je-mens-1936116-1391.php