dimanche 15 décembre 2013

Faites entrer L'accusé - Jean-Claude Romand, Le Menteur

Le calvaire d’Océane aux assises du Gard

Un dispositif exceptionnel va d’ailleurs être mis en place Il est 18 h 15, le 5 novembre 2011. La nuit a depuis longtemps engourdi le village de Bellegarde. Pourquoi Océane, partie depuis près d’une demi-heure, ne revient-elle pas ? Ses parents inquiets refont les 200 mètres qui les séparent du domicile d’un ami de la famille chez lequel la fillette de 8 ans devait aller récupérer un jeu vidéo. Et en profiter pour revoir sa copine Romance, avec qui elle a joué dans l’après-midi.
La rue est déserte. À quelques kilomètres de là, dans un véhicule, Océane est en train de vivre l’horreur. Enlevée, brutalisée, sauvagement agressée, elle pleure, supplie son bourreau. En vain. Encore quelques minutes d’effroi et ce dernier, réalisant sans doute les conséquences de ses actes, va faire en sorte que l’enfant ne puisse jamais le dénoncer. Il l’étrangle et lui assène quatre coups de couteau dans la région du cœur. Océane ne bouge plus.
Ne t’inquiète pas, on va retrouver cet enc..."
L’agresseur abandonne le petit corps à moitié dénudé sur un chemin de terre. La pluie commence à tomber. À Bellegarde, les recherches s’intensifient. La gendarmerie déploie un dispositif pour disparition inquiétante.
Le lendemain, 10 h 30. Le cadavre d’Océane est retrouvé. C’est l’effroi dans le village. Nicolas Blondiau, 25 ans, croise alors le père de l’enfant qu’il connaît bien. "Ne t’inquiète pas, on va retrouver cet enc...", lui promet-il en le serrant dans ses bras. Trois jours après, quand il apprend que des tests ADN vont être effectués auprès de toute la population de Bellegarde, Nicolas Blondiau craque. Il se rend à la gendarmerie de la localité pour avouer son crime.
La confession ira-t-elle jusqu’au bout de l’horreur ? Peut-être pas puisque, après avoir reconnu des abus sexuels, il nie le viol, soutenant qu’il ne s’est livré qu’à des attouchements. L’examen médical de la petite victime et les prélèvements de sperme sur et dans son corps attesteront du contraire. Jamais condamné, Blondiau va comparaître, demain et mardi, devant la cour d’assises du Gard. Il est accusé de meurtre, précédé de viol sur mineur de moins de quinze ans.
L'accusé, victime de viol de la part d’un codétenu
Un procès qui s’annonce sous haute tension. Un dispositif exceptionnel va d’ailleurs être mis en place durant les deux jours d’audience. Outre la multiplication de portiques et de détecteurs de métaux à toutes les entrées, les parents d’Océane seront soutenus par deux psychologues et accompagnés par deux gendarmes.
Pour ces faits, Nicolas Blondiau encourt une peine de réclusion à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de trente ans maximum. Selon les psychologues et psychiatres, le principal suspect, aujourd’hui âgé de 27 ans, ne parvient pas à mentaliser son acte ni à se l’approprier. Et donc à l’expliquer. Si ce n’est par une trop forte consommation de bière le soir du drame. Durant sa détention préventive, l’accusé aurait lui-même été victime de viol de la part d’un codétenu. Une plainte a été déposée.
Violentée, étouffée, poignardée. Enfant martyr. Durant deux jours, les jurés gardois vont revivre le chemin de croix d’Océane. Une petite fille dont le seul tort a été de vouloir récupérer son jeu vidéo et revoir son amie Romance.
http://www.midilibre.fr/2013/12/14/le-calvaire-d-oceane-aux-assises-du-gard,797295.php

samedi 14 décembre 2013

Charente-Maritime : il croit tuer l'amant de son ex-femme et écope de dix-huit ans de prison

À 82 ans, Gilles Bichon a écopé de dix-huit ans de prison, vendredi, à la cour d’assises de Charente-Maritime, à Saintes. L’agriculteur retraité, encore très alerte dans le box des accusés, a été reconnu coupable de l’assassinat de Freddy Fouillat, le serrurier abattu de deux coups de fusil le 20 juillet 2011 dans la cour d’une ferme de Trizay.
L’ouvrier de La Clisse ne connaissait pas son agresseur, âgé alors de 79 ans. Il était juste venu changer une serrure. Celle d’un hangar appartenant à l’ex-femme de Gilles Bichon. L’objet de la discorde.

La veille, Gilles Bichon avait exposé sa version des faits. Il avait pris la victime pour le compagnon de son ex-femme qui l’aurait menacé deux semaines auparavant s’il ne débarrassait pas ses affaires du fameux hangar. Il avait déclaré qu’il s’était senti menacé par l’intrus.
Une version entièrement réfutée, hier, par Martine Pétreault-Bouché, l’avocate générale. « Il y a eu la volonté de tirer et de donner la mort », a assuré cette dernière. Les différents témoignages et l’analyse des experts ont démontré la fragilité de la version « légitime défense » de l’accusé. « Il a eu un geste sûr : il a épaulé son fusil, visé et tiré, c’est le geste d’un chasseur. »
De même l’attitude agressive de Freddy Fouillat n’a pas été confirmée par les experts. Le premier tir au thorax, côté gauche, démontre que la victime n’était pas face au tireur comme celui-ci l’a affirmé. Il n’était pas en condition, alors, d’aller vers lui de façon « menaçante ». « Il s’effondrait à ses pieds et c’est là que Gilles Bichon a tiré le deuxième coup de fusil. » À la tête, fatal.
Martine Pétreault-Bouché a surtout marqué le caractère prémédité de l’acte. « Plusieurs phrases annonciatrices de l’état d’esprit de l’accusé avaient été prononcées avant le drame comme « je sors le fusil » ou « je ne crains pas d’aller en prison ». Même si ses proches ne l’ont pas pris au sérieux, ça ne veut pas dire que l’intention d’homicide n’existait pas. » L’avocate générale a requis vingt ans de réclusion.
L’avocate de la défense, Me Benigno, du barreau de La Rochelle-Rochefort, a tenté d’atténuer la charge de préméditation. Elle a parlé de geste irraisonné de son client, « une pulsion ». Le divorce, difficile, aura détruit Gilles Bichon. « Un agriculteur habitué au travail difficile ayant des valeurs fortes ». Il ruminait. « Mais c’était par peur, le compagnon de son ex-femme l’avait menacé quelques jours auparavant. »
Elle a tenté de faire peser l’âge de son client dans la décision des jurés. Cela n’a pas suffi.

http://www.sudouest.fr/2013/12/14/le-retraite-ecope-de-dix-huit-ans-de-prison-1259324-1531.php

Tournantes de Fontenay : verdict alourdi en appel

Deux hommes ont été acquittés et six condamnés jusqu'à 6 ans de prison ferme vendredi dans le procès en appel des viols collectifs de Fontenay-sous-Bois. Un verdict plus lourd que celui prononcé en première instance. L'ambiance est rapidement devenue électrique sur place.

Huit jeunes hommes étaient rejugés devant les assises des mineurs de l'Essonne  depuis le 26 novembre pour des viols en réunion dans des cités de Fontenay  (Val-de-Marne) en 1999 et 2001 sur deux adolescentes, Aurélie et Nina, 15 et 16  ans au moment des faits. Vendredi soir, le jury a rendu son verdict : deux acquittements et six condamnations allant jusqu'à 6 ans de prison ferme.

La peine la plus lourde, 6 ans de prison ferme, a été prononcée à l'encontre du seul accusé qui ne comparaissait pas libre. Il avait écopé dans une autre affaire de trente ans de réclusion à l'automne 2012 pour le meurtre de son ancienne compagne. Les cinq autres condamnations s'échelonnent entre 5 ans de prison, dont un avec sursis, et 3 ans, dont 2 avec sursis. "C'est totalement injuste" pour les hommes "qui viennent de partir en prison pour des faits commis il y a 14 ans et qui ont toujours été contestés", a réagi l'avocat d'un des condamnés, Me Alexandre Devillers.
"T'es contente ? Tu les envoies en prison!"
Nina, aujourd'hui âgée de 30 ans, est restée le visage impassible à l'énoncé du verdict. Nina "a le sentiment d'avoir été écoutée, entendue, et que sa parole n'a  pas été déniée. Enfin, elle est dans la phase qui lui permettra de se  reconstruire. Enfin, elle a le sentiment d'être devenue un être humain et pas un objet de spectacle", a estimé son avocat, Me Léon-Lef Forster. "C'est au-delà du cauchemar ce qu'elle a vécu..."mais à l'annonce du verdict, l'ambiance est rapidement devenue électrique au sein de la salle d'audience. Un proche d'un accusé s'est écrié : "C'est honteux, c'est pas correct". Puis il a interpellé Nina : "T'es contente ? Tu les envoies en prison!".
Un des condamnés toujours en cavale
La cour a également prononcé deux acquittements, dont l'un à l'égard d'un  accusé poursuivi uniquement pour les faits dénoncés par Aurélie, qui avait choisi en ouverture du procès en appel de ne plus être partie civile dans le dossier. Comme en première instance, seuls les viols commis sur Nina, présente pour  assister au verdict, ont été reconnus par la cour, pas ceux allégués par Aurélie. L'un des hommes condamnés, déjà absent du premier procès, est toujours en  fuite, probablement en Amérique latine.
Ce verdict rendu après 9 heures de délibération est plus lourd que celui de la première instance. Il y a un an devant les assises du Val-de-Marne, quatorze hommes avaient été jugés. La cour avait alors prononcé dix acquittements et quatre condamnations à des peines n'excédant pas 5 ans de prison, dont 4 avec sursis. Ce premier verdict avait engendré une polémique, des associations  féministes le considérant trop clément et l'assimilant à un "permis de violer". Le ministère public avait fait appel. Mercredi à Evry, l'avocat général avait requis sept condamnations à des peines allant de 5 ans de prison, dont 3 avec sursis, à 7 ans ferme. Il avait également demandé un acquittement.
 

vendredi 13 décembre 2013

Tuerie familiale en Corse : le jeune Andy jugé de nouveau irresponsable

L'avocat général avait requis jeudi 12 à 15 ans de réclusion à l'encontre du jeune Andy, jugé en appel à huis clos pour le meurtre, à l'âge de 16 ans, de sa famille en Corse en 2009 et qui avait été déclaré irresponsable en première instance. Mais le jury a décidé une nouvelle fois de le déclarer irresponsable.

Andy n'ira pas en prison. Comme en première instance, les jurés de la cour d'assises d'appel d'Aix en Provence ont déclaré le jeune Andy irrresponsable. Il était jugé en appel à huis clos pour le meurtre, à l'âge de 16 ans, de sa famille en Corse en 2009.
Lors de ce second procès, l'avocat général, pointant un certain nombre de mensonges de l'adolescent, avait requis jeudi 12 à 15 ans de réclusion à son encontre. "Il a menti sur pas mal de points", avait expliqué le représentant du parquet, soulignant les incohérences entre les déclarations lors de l'enquête de l'accusé, qui a par exemple toujours affirmé ne pas avoir touché au corps de ses parents, quand les expertises balistiques et médico-légales ont démontré le contraire. Il avait rejeté "l'irréalité" dans laquelle Andy prétendait s'être trouvé, estimant que cela ne correspondait pas à la préparation minutieuse des faits.

Au milieu de la nuit du 11 au 12 août 2009, Andy, un jeune homme jusque là sans problème, après s'être réveillé subitement, s'était emparé d'un fusil à pompe appartenant à son père et avait tué dans leurs chambres son père et sa mère, puis ses deux frères, des jumeaux âgés de 10 ans.
 

Meurtre d'Océane en 2011 : le procès s'ouvre lundi devant les assises à Nîmes

Un père de famille de 27 ans sera jugé lundi et mardi par la cour d'assises du Gard à Nîmes, accusé d'avoir violé puis tué Océane, 8 ans, une fillette qu'il connaissait, en novembre 2011 à Bellegarde, dans le Gard. 
Nicolas Blondiau encourt la réclusion criminelle à perpétuité, qui peut être assortie d'une peine de sûreté de 30 ans, soit la condamnation la plus forte inscrite au code pénal français.
Les faits se sont produits le 5 novembre 2011


Le 5 novembre 2011, vers 18 h 30, Océane était partie chez un ami de la famille récupérer un jeu vidéo. Dans ce petit bourg de 6 500 habitants, quelque 200 m séparent les deux maisons, via une rue très peu passante. Aussi quand une demi-heure plus tard, la fillette n'est pas rentrée, les parents s'inquiètent et alertent la gendarmerie. Le corps de l'enfant sera retrouvé le lendemain, sur un chemin à 3 km du centre du village, pantalon baissé.
Morte étranglée et poignardée
L'autopsie mettra en évidence que la fillette a à la fois été étranglée et a reçu quatre coups de couteau au coeur. Des attouchements sexuels seront également mis en exergue. L'enquête semble au point mort et le procureur de la République d'alors, Robert Gelli, envisage d'effectuer des prélèvements d'ADN sur toutes les connaissances de la famille voire sur tous les hommes du village, quand quelqu'un se présente à la gendarmerie le soir du 8 novembre.
Les aveux de "Monsieur tout le monde"
Nicolas Blondiau, père de deux enfants, casier judiciaire vierge, vient demander à subir un prélèvement, affirmant ne plus se souvenir de ses activités le soir du crime. Il explique son amnésie par une prise importante d'alcool et de stupéfiants. Mais quelques minutes avant son arrivée, son ex-concubine a téléphoné pour dire que son compagnon lui a avoué le meurtre.
Incriminé par l'expertise génétique, Blondiau avoue très vite. Et si à un moment de l'instruction il revient sur certaines déclarations, il finira par reconnaître à nouveau le viol. Aux enquêteurs, Blondiau a raconté qu'il se rendait chez la même personne qu'Océane, qu'il l'avait vue et lui avait proposé de l'emmener parce qu'il pleuvait. Mais il avait continué sa route, s'était arrêté à l'écart, l'avait violée, puis prenant conscience de son geste, il avait décidé de la tuer.
Le mystère du passage à l'acte
Reste à comprendre le passage à l'acte de cet homme décrit par son entourage à la fois comme "attentionné, affectueux et généreux", s'occupant bien de ses enfants, mais aussi "alcoolique, fainéant, impulsif, grossier, menteur, insouciant et capable de s'énerver pour rien". "Il est insignifiant. C'est monsieur tout le monde. C'est d'ailleurs ça qui est affolant. C'est un blondinet qui n'a pas une mine patibulaire", note Me Béatrice Lobier-Tupin, avocate de la partie civile, pour qui ce meurtre va "au-delà de la compréhension des parents" parce que l'accusé "connaissait leur fille".
L'accusé était venu consoler le père d'Océane
Le lendemain de la découverte du corps, Blondiau était venu voir le père, l'avait pris dans ses bras et lui avait dit : "Ne t'inquiète pas, on va retrouver cet enculé". Pour leur avocate, "les parents n'attendent rien de ce procès si ce n'est qu'ils veulent qu'on parle de leur fille, de leur immense douleur. Océane était leur seule enfant. Elle est morte et leur vie s'est arrêtée". "Blondiau a reconnu les faits. La seule incertitude de ce procès, c'est la durée de la période de sûreté", ajoute-t-elle. Les avocats de la défense pour leur part n'ont pas souhaité s'exprimer, refusant "la médiatisation d'une martyre et de son meurtrier", selon Me Jean-Pierre Cabanes

http://www.midilibre.fr/2013/12/13/meurtre-d-oceance-en-2011-le-proces-s-ouvre-lundi-devant-les-assises-a-nimes,796715.php

Disparition de Karima: 25 ans requis contre Karbal Dandouni

Vingt-cinq ans de réclusion criminelle. C'est ce que Patrice Camberou, l'avocat général, vient de requérir contre Karbal Dandouni. Vingt-cinq ans au nom de Karima, 25 ans pour ce qui, à ses yeux et à ceux de Gérard Chemla, n'est plus un mystère. "Karbal Dandouni a assassiné Karima Benhellal. J'en ai la conviction".
Il a prévenu les jurés: "Si vous avez un doute, vous l'acquitterez. Si j'avais le moindre doute en me levant, je réclamerais la même chose. Mais j'analyse les preuves et je n'ai aucun doute".

Juste avant, dans une plaidoirie ciselée aux airs de réquisitoire implacable, Gérard Chemla a aussi transmis sa conviction. Celle d'une Karima utilisé comme "un réservoirs à papiers" par Karbal Dandouni. Celle d'une Karima battue. D'une Karima assassinée.
"Pas de corps, pas de preuve. Pas de preuve, pas de crime (...) Le crime était parfait, mais il n'était pas suffisamment parfait", a analysé l'avocat de la famille Benhellal. Il a insisté sur les conditions inhabituelles de ce voyage au Maroc, les retraits dans les distributeurs de Casablanca, le sac de Karima vu au Maroc dans les mains de Karbal. "Ils sont arrivés à Tanger. Là, il y a un laps de temps de 8 à 10h. C'est là que Karima a disparu et qu'il s'est débarrassé du corps. Il nous dit que la voiture est tombée en panne, qu'il a pris une chambre d'hôtel qu'il n'a pas utilisée. Non, dans ce laps de temps, il a fait disparaître Karima".
Sur l'absence de corps, Gérard Chemla a rappelé les affaires Chanal, Fourniret, Emile Louis, et leurs disparus devenus victimes. "Dans certaines conditions précises, une disparition inexpliquée cache un meurtre. C'est le cas ici".
Le mobile? Faire venir en France Rabiah, sa seconde épouse. Avec son fils. "Parce qu'avec un fils, on est indéboulonnable du territoire nationale", a estimé Gérard Chemla.
Les plaidoiries de Mes Rahmani et Me Beaiz, avocats de Karbal Dandouni, vont débuter. Ils plaident l'acquittement.

http://www.charentelibre.fr/faits-divers/

Un an avec sursis pour un policier coupable de violences

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné vendredi un policier à douze mois de prison avec sursis pour violences aggravées et relaxé six jeunes gens après le dérapage d'une intervention pour tapage, filmée discrètement par un voisin.
La juridiction n'a pas suivi les réquisitions du parquet - deux ans, dont un avec sursis -, estimant que le major ne pouvait être rendu responsable de l'ensemble des violences commises à l'encontre des jeunes.
Son avocat, Me Christophe Bass, a salué "un jugement qui prend la mesure des faits, des circonstances du déroulement de cette opération policière". "Il fait la part des choses entre ce policier seul et une série d'autres personnes qui n'ont pas été poursuivies. C'est une décision juste, sévère qui sanctionne une faute en 30 ans d'une carrière exceptionnelle", a souligné l'avocat, qui a obtenu la non-inscription de la condamnation au bulletin numéro 2 du casier judiciaire, ce qui permet au policier de continuer à exercer.
Dans la nuit du 17 au 18 janvier 2012, une équipe de trois policiers était appelée pour nuisances sonores par des occupants d'un immeuble du centre de Marseille: quelques étudiants et jeunes actifs célèbraient le diplôme de l'un d'eux. Le ton monte entre les jeunes et les fonctionnaires, qui appellent du renfort: au total, 27 hommes seront dépêchés.
Et là, selon les mots du président Mohamed Mahouachi qui examinait l'affaire fin novembre, "les policiers dérapent". Ils entrent dans l'appartement et font usage de gaz lacrymogène. La suite est en partie filmée par un voisin, un directeur de recherche au CNRS de 47 ans, à travers l'oeilleton de son appartement, une vidéo qui montre une intervention pour le moins musclée.
 

Procès du drame familial en Corse: 12 à 15 ans requis contre Andy

Le verdict est attendu ce vendredi...
La cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône doit rendre son verdict ce vendredi à l'encontre d'Andy, jugé en appel depuis huit jours pour le meurtre, à 16 ans, de toute sa famille en Corse en 2009, et considéré comme irresponsable en première instance.
Dans ce procès à huis clos, la question de l'altération ou de l'abolition du discernement du jeune homme aux moments des actes est apparue comme centrale, les faits étant clairement établis et l'accusé les ayant reconnus.
L'avocat général Gilles Rognoni a requis jeudi de 12 à 15 ans de réclusion contre Andy, une peine inférieure à celle demandée par le parquet en première instance, devant la cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud.

«Troubles de la personnalité»

Le magistrat a en effet estimé que, si le jeune Andy est accessible à une sanction pénale, son discernement était altéré au moment des faits. L'audience a vu défiler de nombreux experts psychiatres à la barre, dont les avis ont, comme lors du premier procès, divergé sur la responsabilité du jeune homme, mais ont majoritairement pointé ses «troubles de la personnalité».
Rognoni a en revanche rejeté «l'irréalité» dans laquelle Andy prétend s'être trouvé, et mis en avant les «mensonges» du jeune accusé.
Tout au long de l'audience, la cour a ainsi relevé des incohérences entre les explications de l'accusé et les expertises balistiques et médico-légales, notamment sur la manipulation des corps après la mort et le repas de ses deux petits frères.

Une «irrésistible pulsion»

Dans leurs plaidoiries, les avocats des parties civiles ont longuement insisté sur ces mensonges, dénonçant également le «cynisme» et les «silences» de l'accusé, mais rejeté en revanche toute altération ou abolition du discernement.
A Albitreccia, près d'Ajaccio, au milieu de la nuit du 11 au 12 août 2009, Andy, un jeune homme sans problème apparent, après s'être réveillé subitement, s'était emparé d'un fusil à pompe appartenant à son père et avait abattu dans leur chambre son père et sa mère. Puis il avait tué ses deux frères, des jumeaux âgés de 10 ans, qu'il avait gardés la veille, alors que ses parents dînaient chez des voisins.
Il avait ensuite vidé le coffre-fort de la chambre des parents, contenant 2.500 euros et une montre de valeur, avant de quitter la maison. Il s'était ensuite taillé les veines avant d'adresser en pleine nuit des appels à l'aide à des amis, avec son téléphone, d'appeler le 17 et d'évoquer des coups de feu et une agression.

«Condamner, c'est comprendre»

L'un de ses oncles le retrouvera la nuit suivante sur une plage des environs après une journée d'errance. Il conduira l'adolescent à la mairie où ce dernier racontera aux gendarmes avoir tué sa famille, évoquant une «irrésistible pulsion».
Les avocats du jeune homme ont commencé leurs plaidoiries jeudi soir, et doivent les poursuivre vendredi. Me Romina Cresci a demandé à la cour «de se retourner avec humilité vers la part sombre que l'on a en nous».
Présentant un adolescent aux confins de la névrose et de la psychose, Me Jean-Charles Vincensini a souligné la complexité et la divergence des expertises psychiatriques. «Condamner, c'est comprendre. Si vous avez compris, condamnez-le», a-t-il lancé.

http://www.20minutes.fr/societe/1262989-20131213-proces-andy-12-a-15-ans-requis-verdict-attendu

jeudi 12 décembre 2013

Le parquet requiert 12 à 15 ans de réclusion contre Andy pour meurtre

Andy est jugé en appel pour le meurtre, à l'âge de 16 ans, de sa famille en Corse en 2009...
L'avocat général a requis jeudi 12 à 15 ans de réclusion à l'encontre du jeune Andy, jugé en appel pour le meurtre, à l'âge de 16 ans, de sa famille en Corse en 2009 et qui avait été déclaré irresponsable en première instance.

Des experts psychiatres à la barre

L'avocat général Gilles Rognoni a relevé un certain nombre de mensonges de l'accusé, mais a souhaité tenir «compte de l'altération du discernement», après une succession à la barre d'experts psychiatres aux avis très divergents sur la question de sa responsabilité.
http://www.20minutes.fr/societe/1262733-20131212-parquet-requiert-12-a-15-ans-reclusion-contre-andy-meurtre

Assassinat de Cavignac : deux amants en souffrance

Qui se ressemble s'assemble, dit l'adage. C'est aussi ce qui ressort de l'audience de mercredi devant la cour d'assises de la Gironde. Depuis lundi, Nathalie Boutin et Jean-Marc Arbouin sont jugés après l'assassinat du mari de l'accusée, Cyrille Boutin, le 30 octobre 2011 à Cavignac. Experts psychiatre et psychologue ont défilé à la barre pour parler des deux amants. Deux êtres en souffrance qui se sont trouvés, épaulés. 
Jean-Marc Arbouin assure qu'il s'agit d'une affaire passionnelle. L'expert psychiatre explique avoir "déjà eu des dossiers où la passion prend le dessus. Mais pas là". Pour le docteur Pierre Bonnan, l'accusé "immature", "frustre" "vit dans l'immédiateté de ses attentes et désirs". Il s'est posé en amant et sauveur car il la disait "séquestrée et violée" par son mari. "Et la logique implacable pour délivrer sa maîtresse, c'était le passage à l'acte".
Paule Dahan, expert psychologue voit en Jean-Marc Arbouin "un sujet dépendant" qui voit dans Nathalie Boutin "un amour sublime et sublimé" et tente de survivre à un sentiment d'abandon en s'appuyant sur elle. Elle note chez lui des "manques précoces" et "une nette angoisse de perdre l'autre". "En tuant Cyrille Boutin, ce n'est pas elle qu'il sauve mais lui même, car il porte secours à cette femme investie comme étant indispensable à sa survie". 
"Je suis coupable", lance Jean-Marc Arbouin, comme pour en finir. L'avocate générale a le sentiment qu'il couvre sa maîtresse. Devant les experts, Nathalie Boutin n'a eu de cesse de vouloir démontrer les difficultés rencontrées dans son couple. Elle a décrit un climat tyrannique maintenu caché pour préserver sa famille. Elle a trouvé en Jean-Marc Arbouin une épaule et une oreille attentive. La jeune femme jusque là froide et éteinte dans son box se met à pleurer à l'évocation de son intimité, de sa relation à la mère. 
L'avocate générale Dominique Hoflack n'y va pas par quatre chemins. Elle veut savoir si madame n'a pas manipulé son amant pour "l'amener à la débarrasser de son mari'. Car au début de l'enquête, peut-être pour ne pas attirer foudre et soupçons, Nathalie Boutin a eu ces mots cités par la magistrate pour parler de son amant. "On ne peut pas dire que c'est de l'amour", "je n'envisage rien avec lui", "il n'a rien à espérer avec moi, je suis dégueulasse". 
L'expert psychiatre n'a constaté ni affabulation ni manipulation de la part de l'accusée. Et même une franchise déroutante quand elle dit se sentir "plus libre" depuis la mort de son mari, car "personne n'est en danger, les violences ont cessé". "Il faut qu'elle devienne actrice et non spectatrice de sa propre vie", estime l'expert psychologue qui voit dans la vie de l'accusée une reproduction du modèle parental, une répétition de la soumission maternelle au chef de famille. 
"C'est du gâchis, j'ai perdu beaucoup de choses", murmure l'accusée. Elle nie avoir fait un hochement de tête ce jour-là qui aurait été un signal convenu entre les deux amants pour tirer le premier coup de feu. Sur une question de Me Janaïna Leymarie, avocate d'Hervé Boutin, fils de l'accusée et de la victime, elle reconnaît "une part de responsabilité dans la mort de son mari". Mais pas une complicité d'assassinat. 
http://www.sudouest.fr/2013/12/11/assassinat-de-cavignac-deux-amants-en-souffrance-1256587-2780.php

 

Il avait été écrasé après une rixe : procès sous tension, verdict d’apaisement

Ambiance électrique mercredi matin sur les marches du palais de justice de Saintes. Le clan Youness Mellouk et le clan Henri Soko échangent des amabilités et se montrent les muscles avant que ne reprenne le procès du premier pour le meurtre du second.
Quelques heures plus tard, c’est sous haute surveillance policière que tombe le verdict. Des policiers rochelais sont venus prêter la main à leurs collègues saintais. Peut-être les dix ans de réclusion infligés par la cour à Youness Mellouk, non pour meurtre mais pour coups mortels, n’ont-ils scandalisé personne. Les deux clans se sont séparés sans incident, au moins provisoirement, entre deux rangées de képis.

« Neutraliser » Soko
Ne pas se tromper de procès. La victime, c’est bien Soko, et l’accusé Mellouk. Les trois avocats des parties civiles (la femme d’Henri Soko, ses enfants, ses parents, ses frères et sœurs) rappellent ces évidences utiles pour mieux contrer la stratégie de la défense. Depuis le début des débats, l’avocat de Youness Mellouk, Me Denis Giraud (Paris) cuisine chaque témoin à sa façon. À feu vif dès qu’il s’agit d’insister sur le rôle de Soko dans la bagarre, son alcoolémie, sa dangerosité. à l’étouffée quand il veut faire dire et répéter aux amis de Mellouk que non, ce soir-là, dans l’état de panique générale, il n’y avait pas d’autre solution pour « neutraliser » Soko que de lui foncer dessus en voiture.
Le dossier criminel avait été ouvert pour assassinat. Le juge d’instruction l’a requalifié en meurtre, excluant la préméditation. Me Giraud, lui, voudrait le faire descendre d’encore un étage. À l’entendre, faute d’intention d'homicide, les faits relèvent de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
« Oui, Mellouk est coupable d’avoir tué Soko, mais il ne l’a jamais voulu. » Le drame s’est noué au terme d’un enchaînement de circonstances auquel la victime a elle-même contribué, jusqu’à atteindre le point de non-retour. « Personne ne réfléchissait plus, c’était devenu complètement irrationnel. » Quant à l’accusé, 19 ans à l’époque, c’est un « gamin » qui était alors en « pleine dérive »…
« En toute lucidité »
L’avocat général, Christelle Bellet, avait anticipé la plaidoirie de la défense. Youness Mellouk en brave garçon qui n’a pas eu de chance, elle n’y croit pas. S’il a pris quatre ans de prison à Angoulême, c’est qu’il a été considéré comme le meneur d’une triste bande à qui l’on doit une demi-douzaine de cambriolages et de vols de grosses berlines allemandes. Plus le saucissonnage d’un couple contraint sous la menace de donner carte bancaire et code secret.
Elle ne croit pas non plus au « je l’ai pas fait exprès » du « gamin ». « Il a délibérément foncé sur sa victime, de façon réfléchie, en toute lucidité. » Et puis Henri Soko ne présentait aucun danger. « Il était loin d’Aboubakar et ne risquait pas de le rattraper à cause d’une crise de goutte qui le faisait boitiller. »
L’accusation a argumenté trois quarts d’heure avant de requérir « une juste peine » qu’elle a fixée à douze ans de réclusion criminelle. La défense a plaidé une heure et demie avant de demander à la cour de trouver « le point d’équilibre ». La cour d’assises les a entendues toutes les deux : si elle a écarté le meurtre, la peine qu’elle a prononcée est lourde pour de « simples » coups mortels. « Une cote mal taillée », commentait Me Giraud à l’issue de l’audience. Ou bien taillée, c’est selon.

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mercredi 11 décembre 2013

Assises de la Charente : sur la piste de l'épouse disparue

Pas un petit caillou blanc semé en chemin. Compte bancaire, facture téléphonique, remboursement de Sécu : plus jamais Karima Benhellal, à l’époque domiciliée à Soyaux, n’a donné signe de vie depuis un voyage au Maroc en juillet 2005. « Elle n’a pas pu trouver refuge dans sa famille, ses frères en auraient été nécessairement avisés », observe au micro le capitaine Stéphane Chouin, du SRPJ de Limoges. Deuxième jour, mardi, du procès d’assises de Karbal Dandouni, jugé pour l’assassinat de son ex-femme, crime dont il se dit innocent.
Sobre, limpide, sans note au fil d’un exposé long d’une heure et demie, le capitaine Chouin remonte la trace de Karima Benhellal. Saisis deux ans après la disparition de l’intéressée, les enquêteurs ont une marge de manœuvre limitée : impossible de s’appuyer sur des relevés d’appels téléphoniques toujours instructifs ou encore de mettre la main sur la R21 qui a servi au voyage. Propriété de la disparue entre-temps cédée par Karbal Dandouni, elle a été réduite en pièces détachées…

  • Hôpitaux psychiatriques
Trois photos de Karima et une empreinte digitale sous le bras, le capitaine de police se rend au Maroc, épluche les registres des hôpitaux et des morgues de « la région de Casablanca ». « Notamment l’hôpital psychiatrique de Berrechid, présenté comme étant le lieu où elle était internée de force », selon les dires d’un témoin. En vain. Pas un indice glané sur place.
Restent les conditions d’un départ précipité au Maroc avec Karbal Dandouni, l’arrivée de celui-ci au domicile parental, à Casablanca, seul, « de nuit, en toute discrétion, sans appel préalable », relève le capitaine Chouin. Versés aussi au passif de l’accusé, les retraits sur le compte bancaire de la disparue, soit 875 euros, jusqu’au 4 août. Et puis plus rien, découvert oblige. « Curiosité », se permet l’enquêteur: le jour même, Karbal Dandouni retire à nouveau de l’argent sur son propre compte.
Il y a aussi, pièce maîtresse de l’accusation, la fiche de passage transfrontière établie au nom de Karima Benhellal lors du voyage retour, à Tanger, le 24 août. « A son étude, nous avons remarqué que certaines rubriques étaient curieusement remplies », relève le capitaine Chouin. « Secriteuse », peut-on notamment y lire, pour secrétaire : « un français approximatif » qui ne colle guère au profil de l’intéressée, aide-documentaliste au lycée angoumoisin Guez-de-Balzac. Le capitaine Chouin poursuit, de tête, expertises graphologiques à l’appui : « La ligne 1 à 7 est écrite par Karbal Dandouni, la ligne 8 à 14 par Rabia », notoire seconde épouse. Ainsi Karbal Dandouni aurait-il interverti ses deux femmes au retour, profitant d’un passeport falsifié ou, a minima, d’un instant d’inattention des douaniers marocains.
  • « Légèreté » des douaniers
Plusieurs proches, notamment présents dans une seconde voiture, ont reconnu en cours d’instruction que Rabia et son jeune fils à bord. Karbal Dandouni persistant à le nier avec vigueur, ses avocats Mes Zouhir Beaiz et Rachid Rahmani brocardent une entreprise aussi risquée, s’étonnant volontiers de la « légèreté » prêtée aux contrôles à la frontière. « Pensez-vous que les milliers de Marocains prendraient le risque de monter sur des bateaux de fortune ? », interroge Me Beaiz.
Interrogée dans la matinée, Rachel, 31 ans, prompt à louer un Karbal Dandouni « agréable, très gentil », avec lequel elle a entretenu une liaison pendant « onze ans », n’en lézarde pas moins l’édifice de la défense. Domicilié au rez-de-chaussée d’un immeuble du Champ-de-Manoeuvre, Karbal Dandouni était le voisin de la mère de Rachel. Celle-ci est tombée sur lui à son retour de voyage : « Dans la voiture, il y avait monsieur Dandouni, sa femme actuelle, et un enfant ». Priée de préciser les circonstances de la scène, elle assure : « Il était parti au Maroc et revenait du Maroc. »
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Procès d'Andy : les experts psychiatres partagés sur la responsabilité de l'accusé

Le procès en appel d'Andy, qui, à 16 ans, a tué toute sa famille en Corse et a été jugé irresponsable en première instance, a viré mardi à la bataille d'experts, cinq médecins psychiatres aux avis divergents se succédant à la barre.

L'état mental du jeune homme constitue la clef du futur verdict de la cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône qui le juge en appel, le déroulement des faits, que l'accusé a reconnus, ne laissant en revanche que peu de place au doute.

En première instance, la cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud l'avait jugé, en novembre 2012, "irresponsable pour un trouble mental ayant aboli
le discernement au moment des actes", malgré les 18 ans de prison requis par l'avocat général.


Débats à huis clos

Dans un remake de ce premier procès, les experts ont exposé à Aix, où les débats se tiennent de nouveau à huis clos, des conclusions pour certaines radicalement opposées quant à sa responsabilité.

"Tout le monde campe sur ses positions, rien n'a bougé par rapport au premier procès", a constaté l'une des parties civiles.

Les docteurs Jean-Claude Chanseau et Yves Tyrode, qui avaient rendu une expertise concluant à l'abolition du discernement, ont ouvert le bal des experts lundi.

Lors d'une suspension d'audience, le Dr Chanseau a de nouveau pointé les "troubles de la personnalité" d'Andy ainsi qu'une "tumeur temporale", dont les examens ont confirmé la présence, pour expliquer le comportement de l'adolescent.

"L'acte n'est pas un automatisme, mais une "parasomnie", un effet de cette tumeur au moment du sommeil paradoxal (...) Il a bien commis l'acte, mais il n'était pas le sujet", a-t-il expliqué à France 3 Corse.

Selon les avocats, la cour a pressé de questions les deux experts afin d'obtenir des explications détaillées.


Syndrôme de dépersonnalisation

Mardi matin, le Docteur Marie-Elisabeth Meyer-Buisan a pris une position différente, celle de l'altération du discernement, Andy présentant selon elle des "troubles de la personnalité", mais n'étant pas "malade mental" et étant ainsi "accessible à une sanction pénale".
Elle a également jugé que sa place n'était pas en unité pour malades difficiles (UMD), mais qu'il devrait plutôt être soigné en ambulatoire.

Le jeune homme, 20 ans aujourd'hui, est actuellement hospitalisé en UMD à l'hôpital de Montfavet à Avignon, où il poursuit des études de biologie, pratique du sport et bénéficie de permissions de sortie régulières.

Puis c'était le tour du Dr Michel Gayda qui a, pour sa part, évoqué un "syndrôme de dépersonnalisation" et considéré que Andy "était dans un état ne permettant pas d'être responsable de ce qu'on lui reproche".

Selon lui, l'accusé a "décompensé", connaissant "une phase très proche du rêve pendant environ 36 heures", une période qui recouvre les faits ainsi que "l'errance" qui a suivi.

Après avoir, dans la nuit du 11 au 12 août 2009, tué dans leurs chambres son père et sa mère, puis ses deux frères jumeaux âgés de 10 ans avec un fusil à pompe et pris quelques objets de valeur, il avait erré pendant une journée dans le maquis avant d'être retrouvé pieds nus et en short par un oncle.


Verdict attendu vendredi

Dernier psychiatre à donner son avis mardi, le Dr Christian Jullier qui, dans une expertise complémentaire demandée par le président de la cour Jacques Calmettes, avait de nouveau conclu à sa responsabilité pleine et entière.

"L'infraction qui lui est reprochée n'est ainsi pas en relation avec des anomalies mentales patentes" et de ce fait, "le sujet est accessible à une sanction pénale", écrivait-il dans ses conclusions.

Les jurés devront composer avec ces avis contradictoires, ainsi que ceux d'un neurologue et d'un psychologue, pour rendre leur verdict, attendu vendredi.


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Escroquerie des hangars. 5 ans ferme et 2,5 millions à rembourser

Un ancien gérant de société a été condamné pour escroquerie et abus de biens sociaux par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire.

L'ancien gérant des sociétés Fordev (basée à Pornic) et ACPI (Saint-Brevin) qui commercialisaient des hangars et des structures métallo-textiles dans tout le grand ouest a été lourdement condamné pour escroquerie et abus de biens sociaux par le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire.
En 2009, il avait été interpellé après plusieurs mois d'enquête, notamment pour avoir perçu d'importants acomptes (souvent plus de 100 000 €), sans jamais réaliser les extensions de bâtiments.
Sa première société liquidée, l'entrepreneur avait bénéficié, avec l'appui d'autres industriels associés dans sa nouvelle société, un prêt de 650 000 € auprès de la Société générale de Vannes. Jugé du 22 au 24 octobre, l'homme de 50 ans avait fait profil bas évoquant « une cavalerie » expliquant des signatures de contrats ou de prêts pour compenser un endettement qu'il pensait surmontable. Il avait entraîné dans ses mensonges et des abus des membres de sa famille, son ex-femme ou encore des salariés qui acceptaient de percevoir l'argent sur des comptes-taxis afin de ressortir de l'argent en liquide. Ce mardi, le tribunal a rendu sa décision: cinq ans de prison pour l'ancien gérant, condamné solidairement avec son épouse à rembourser près de 2,5 millions d'euros à différents créanciers.
Les autres prévenus écopent de peines de prison avec sursis, mais doivent également régler des sommes qui se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers d'euros. A la sortie du palais de justice, ils ont laissé éclaté leur colère à l'encontre du principal prévenu.

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