dimanche 20 avril 2014

Mont-de-Marsan : quinze trafiquants de drogue de Charente et des Landes jugés pour association de malfaiteurs

Quinze trafiquants de drogue de Charente et des Landes seront jugés cette semaine pour association de malfaiteurs à Mont-de-Marsan. Cette audience prévue sur cinq jours renvoie à l'interception d'un « go fast » sur l'A63, le 28 janvier 2013. 319 kilos de cannabis avaient été saisis.
Les allers-retours entre Soyaux et Alméria, en Espagne, s'effectuaient environ tous les quinze jours, depuis deux ans. Ils rapportaient chaque fois 200.000 euros
Montant estimé des échanges, sur deux ans : plus de 3,5 millions d'euros
A enquête extraordinaire, procès extraordinaire. Quatorze mois après l'interception dans le sud des Landes ils seront quinze, trafiquants et assimilés, renvoyés devant le tribunal correctionnel. Parmi eux, Abdel Hak Daoudi, un trentenaire de Soyaux suspecté d'avoir mis en place un trafic de cannabis avec un dealer espagnol nommé, Boubker Kadouri.
Fait exceptionnel, cette enquête est partie de quelques grammes de résine échangés entre Hagetmau et Saint-Sever a permis aux gendarmes de la Brigade de recherche de Mont-de-Marsan et de la section de recherche de Pau de remonter jusqu'en Espagne. Cela a été possible grâce à un long travail de surveillance mené en France, et prolongé par la signature d'une commission rogatoire internationale.
Trente mois après la mise en place des premières écoutes téléphoniques, les magistrats montois s'apprêtent à juger treize hommes et deux femmes majoritairement issus de la région d'Angoulême (Soyaux) et dont les rôles semblent avoir été clairement mis en évidence dans l'ordonnance de renvoi signée par le juge d'instruction, David Launois.
Conformément à la personnalité des prévenus, ce procès prévu sur cinq jours à partir du mardi 22 avril sera surveillé de très près par les gendarmes. Au delà des escortes prévues pour les transferts de huit détenus issus de sept centres pénitentiaires, il faudra compter sur le renfort de nombreux CRS, dans et autour du palais de justice.
Dans ce dossier marqué essentiellement par une coopération transfrontalière exemplaire et où chaque aller-retour rapportait environ 200 000 euros, pressions et menaces de représailles se sont fait sentir durant toute l'instruction. Et il est fort probable que la loi du silence, et du plus fort, domine jusqu'aux dernières minutes du procès.

http://www.sudouest.fr/2014/04/19/mont-de-marsan-quinze-trafiquants-de-drogue-de-charente-et-des-landes-juges-pour-association-de-malfaiteurs-1530743-4697.php

Faites entrer l'accusé - Arnaud Ghys, un homme à abattre (Full HD)

samedi 19 avril 2014

Yunis Merizak, condamné à 18 ans de réclusion, met le feu à sa cellule

Yunis Merizak, condamné vendredi soir à 18 ans de réclusion criminelle pour avoir étouffé une jeune femme de 20 ans dans la boue, a mis le feu à sa cellule de la maison d'arrêt de Besançon, a-t-on appris samedi de sources judiciaires.
Le détenu a mis le feu à des papiers et divers objets inflammables devant la porte de la cellule qu'il venait de rejoindre, samedi vers 3H00 du matin, après avoir été condamné vendredi en fin de soirée à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Haute-Saône, selon ces mêmes sources.
L'homme de 35 ans, qui se trouvait seul dans sa cellule, a été légèrement intoxiqué par les fumées, mais n'a pas été brulé. Il a reçu des soins sur place, avant d'être transporté au CHU de Besançon où il a été placé en observation, a indiqué le parquet de Besançon à l'AFP.
«Après l'énoncé du verdict il était atterré, dans une incompréhension totale. Il m'a affirmé qu'il ne supporterait pas la prison et tenterait de se suicider», a indiqué pour sa part Me Randall Schwerdorffer, l'un de ses avocats qui avait plaidé l'acquittement.
«Son état d'abattement était tel que je craignais le pire et que je l'ai signalé à l'escorte pour qu'il y ait une surveillance particulière à son retour à la maison d'arrêt», a ajouté son autre avocate, Me Marjorie Weiermann.
Une vingtaine de pompiers sont intervenus pour éteindre l'incendie et porter secours au détenu.
Une enquête a été ouverte pour «dégradations volontaires par moyen incendiaire». Elle devra déterminer s'il s'agit ou non d'une tentative de suicide, a précisé le parquet.
Yunis Merizak a été reconnu coupable d'avoir étouffé Christine Mathieu, 20 ans, en lui appuyant son visage dans la boue d'une forêt de Villers-lès-Luxeuil (Haute-Saône) jusqu'à l'étouffement, le 8 février 2009.
L'accusé a toujours maintenu qu'il n'avait pas tué Christine Mathieu, avec laquelle il dit avoir eu une relation sexuelle consentie le matin de sa disparition.

http://www.20minutes.fr/ledirect/1356381/20140419-yunis-merizak-condamne-a-18-ans-reclusion-met-feu-a-cellule

Jacky Kulik : "ce qu'ont fait les juges est nul"

http://picardie.france3.fr/2014/04/19/jacky-kulik-ce-qu-fait-les-juges-est-nul-462527.html

C'est encore une mauvaise nouvelle. Depuis le début de l'enquête je n'ai jamais eu de très bonne nouvelle mais celle la c'est peut être la plus mauvaise" regrette Jacky Kulik avant de poursuivre. "J'espérais bien voir le bout avec un procès et amener Bardon au tribunal entre deux gendarmes mais il comparaîtra en semi liberté. J' ai cru jusqu'au dernier moment que les juges garderaient leur raison".

Le père d'Elodie s'inquiète désormais des intentions de Willy Bardon. "Rien ne nous dit qu'il ne pas va tenter de faire pression sur les témoins qui l'ont désigné" s'est-il interrogé avant de conclure :  "La fin du combat ce sera quand je l'aurais eu devant moi dans le boxe des accusés et qu'on aura prononcé la peine qu'il mérite" .

Sa réaction en intégralité

Vesoul : Merizak condamné à 18 ans de prison

Yunis Merizak, 35 ans, a été condamné vendredi à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Haute-Saône pour avoir étouffé en 2009 une jeune femme de 20 ans dans la boue d'une forêt de Villers-lès-Luxeuil, en Haute-Saône.

L'accusé, qui a démenti avoir tué la victime pendant cinq jours d'audience, a été reconnu coupable d'avoir tué Christine Mathieu en lui appuyant le visage dans la boue jusqu'à l'étouffement. Ses avocats ont déclaré qu'ils avaient l'intention de faire appel.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/04/18/97001-20140418FILWWW00415-vesoul-merizak-condamne-a-18-ans-de-prison.php

vendredi 18 avril 2014

La "veuve noire" condamnée à 30 ans de réclusion

Manuela Gonzalez, 53 ans, surnommée la veuve noire de l'Isère, a été condamnée ce vendredi à 30 ans de réclusion pour le meurtre de son dernier mari, Daniel Cano.

Cette condamnation est supérieur aux réquisitions: l'avocat générale n'avait
requis que 25 ans de réclusion, soulignant que malgré l'absence de "preuves évidentes", il existait "un faisceau d'éléments, un enchaînement de faits, de constatations, qui permettent de demander une décision de culpabilité".


Le corps de Daniel Cano, chaudronnier de 58 ans, avait été retrouvé le 31 octobre 2008 à l'arrière de son véhicule incendié, non loin de leur maison de Villard-Bonnot (Isère), dans la vallée du Grésivaudan. Rapidement l'enquête avait conclu à un incendie volontaire et les analyses toxicologiques avaient révélé la présence de trois somnifères différents dans le sang de la victime.

Avant lui, quatre autres compagnons de l'accusée depuis les années 1980 avaient subi des intoxications, dont deux avaient péri de mort violente. Et un mois avant le drame, Daniel Cano avait déjà failli mourir dans un incendie survenu dans la chambre conjugale, la faute à une bougie que le chien de la maison aurait fait tomber.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/04/18/97001-20140418FILWWW00362-la-veuve-noire-condamnee-a-30-ans-de-reclusion.php

Affaire Kulik : la justice accepte la remise en liberté de Willy Bardon

La cour d'appel d'Amiens a accepté vendredi la remise en liberté sous bracelet électronique de Willy Bardon, seul mis en examen pour le viol et le meurtre d’Élodie Kulik dans la Somme en 2002, a annoncé un de ses avocats.
6 mois renouvelables sous bracelet. Dans son arrêt, la chambre de l'instruction de la cour d'appel précise que Willy Bardon, 39 ans, écroué depuis janvier 2013, sera assigné à résidence sous surveillance électronique pendant six mois renouvelables, a indiqué Me Stéphane Daquo.
 
 

Procès de la veuve noire. 25 ans de prison requis

Une peine de 25 ans de réclusion criminelle a été requise ce vendredi devant les assises de l'Isère, à l'encontre de "La veuve noire".

Une peine de 25 ans de réclusion criminelle a été requise ce vendredi devant les assises de l'Isère, à l'encontre de Manuela Gonzalez, une femme de 53 ans accusée du meurtre de son mari et surnommée "la veuve noire" en raison d'un passé sentimental troublant.
Le corps de Daniel Cano, un chaudronnier de 58 ans, avait été retrouvé le 31 octobre 2008 à l'arrière de son véhicule incendié, non loin de sa maison de Villard-Bonnot (Isère) dans la vallée du Grésivaudan. L'enquête concluait vite à un incendie volontaire et les analyses toxicologiques révélaient la présence de trois somnifères différents dans le sang de la victime.
Avant lui, quatre autres compagnons de l'accusée depuis les années 1980 avaient subi des intoxications, dont deux avaient péri de mort violente.

http://www.ouest-france.fr/proces-de-la-veuve-noire-25-ans-de-prison-requis-2207862

Affaire Kulik : "Je ne veux pas le voir en liberté"

Willy Bardon, mis en examen et écroué pour le meurtre et le viol d'Elodie Kulik, va-t-il sortir de prison ? La chambre de l'instruction de la Cour d'appel d'Amiens doit étudier vendredi sa demande de remise en liberté sous bracelet électronique. Willy Bardon est en prison depuis 14 mois et pour Jacky Kulik, le père de la jeune femme tuée, libérer ce suspect serait un scandale. Et pourtant, la demande de remise en liberté du suspect a des chances d'être acceptée.
"Je ne veux pas le voir en liberté". J'espère qu'ils ne vont pas se tromper et ne pas remettre le loup dans la bergerie, ne pas le libérer. Même avec un bracelet électronique, je ne veux pas le voir en liberté. Moi je dis, que la place des criminels, c'est derrière les barreaux et nulle part ailleurs", estime le père d'Elodie Kulik. Dans l'affaire Kulik, Willy Bardon est poursuivi pour séquestration, viol et meurtre.
 

jeudi 17 avril 2014

Les «doutes» du beau-fils de la «veuve noire» de l'Isère

Nicolas Cano, 30 ans, a raconté jeudi à la cour d'assises de l'Isère comment il en était venu à penser que sa belle-mère, surnommée «la veuve noire de l'Isère», était impliquée dans la mort de son père en 2008.
Costume gris, chemise noire et cheveux ras, il est apparu très ému à la barre, retenant à plusieurs reprises ses sanglots. «Mon papa, c'était toute ma vie, c'était tout pour moi, c'était mon modèle», a-t-il dit.
Quand le corps de Daniel Cano, chaudronnier de 58 ans, est retrouvé calciné dans sa voiture incendiée, à la veille de la Toussaint, Nicolas Cano commence par se «raccrocher» à sa belle-mère, avec laquelle il vit depuis 17 ans. «Il ne me restait plus qu'elle. C'était la deuxième personne la plus importante dans ma vie», raconte-t-il. Sa mère et sa grand-mère étaient mortes quelques mois plus tôt.
Manuela Gonzalez se comporte alors comme une mère, s'occupant de son linge, faisant ses courses. «Des relations saines», décrit-il.
Ce n'est que début 2009 que les premiers «doutes» s'installent, quand Nicolas apprend auprès du juge d'instruction qu'il n'est pas partie civile dans le dossier et que sa belle-mère lui a «menti».
Des souvenirs lui reviennent alors sur un premier incendie survenu un mois avant le drame, dans lequel son père avait déjà failli mourir. Le feu était censé avoir été provoqué par une bougie allumée dans la chambre conjugale, renversée par le chien de la famille.
Mais Nicolas affirme avoir entendu son père lancer quelques jours plus tard: «Manuela, arrête de me prendre pour un con, il n'y avait pas de bougie dans ma chambre». «C'est totalement faux», rétorque l'accusée à la barre. «S'il avait eu le moindre soupçon sur moi, (Daniel) ne serait pas resté une minute de plus avec moi».
- «Il y a eu un électrochoc» -

Puis Nicolas raconte avoir entendu son père prononcer le mot «divorce» en apprenant que sa femme avait contracté à son insu un prêt hypothécaire de 165.000 euros. «Jamais de la vie!», lance l'accusée. «Jusqu'à ce que mon papa apprenne pour ce crédit, pour moi c'était un couple normal. Après il y a eu un électrochoc, des tensions», assure le beau-fils.
Depuis novembre 2009, Nicolas Cano n'a plus eu aucun contact avec Manuela Gonzalez, ni avec sa fille Virginie, qu'il considérait «comme sa soeur».
En mars 2010, Manuela Gonzalez était mise en examen et écrouée, à la suite notamment des déclarations de son beau-fils. Quelques mois plus tard, elle affirmait au juge avoir entendu des éclats de voix entre Nicolas et son père le soir du drame. Jusqu'alors, elle assurait n'avoir jamais rien entendu.
A la barre, elle a aussi évoqué une «preuve irréfutable», assez énigmatique, liée à une tronçonneuse disparue qu'elle aurait retrouvée dans la cave de son beau-fils.
«Je me suis posé des questions mais je n'ai jamais dit, attention, que mon beau-fils était coupable de quoi que ce soit», a-t-elle dit à l'avocat général. «On ne peut pas accuser quelqu'un quand on n'a pas vu la personne faire quoi que ce soit. Pour accuser, il faut avoir un minimum de preuves», a-t-elle ajouté.
Dans cette affaire, l'accusation dispose de nombreux indices troublants mais ni preuves matérielles ni témoignage déterminant à l'encontre de cette femme de 53 ans, dont le passé amoureux, déjà émaillé de morts violentes, lui vaut son surnom de «veuve noire».
Verdict vendredi.

http://www.20minutes.fr/article/1355145/20140417-doutes-beau-fils-veuve-noire-isere

Procès Pistorius : un médecin légiste de la défense ne témoignera pas

Engagé par les avocats d'Oscar Pistorius, un médecin légiste a indiqué ce jeudi qu'il ne viendrait pas témoigner au procès. Une annonce qui laisse supposer que ses conclusions auraient étayé celles de l'accusation.

Reggie Perumal, un médecin légiste qui a rejoint l'équipe de défense de l'athlète juste après
le meurtre de sa petite amie Reeva Steenkamp, en février 2013, a assisté à l'autopsie de la victime. Il aurait donc dû figurer parmi les témoins appelés par Barry Roux, le chef des avocats de Pistorius.
Des demandes de «falsification» de rapports ?
A une journaliste de l'AFP lui ayant demandé s'il devait témoigner, il a répondu:  «Non madame», avant d'ajouter : «Je crois que vous savez que je ne peux rien dire pour le moment». A la même question, Brian Webber, l'un des avocats d'Oscar Pistorius, a simplement répondu : «Je ne crois pas. Non.»

Steve Naidoo, un médecin légiste basé comme Reggie Perumal à Durban, dans l'est de l'Afrique du Sud, explique avoir entendu que c'est parce que l'homme aurait «refusé de changer sa version». «Si c'est le cas, et si le Dr Perumal ne veut pas déformer la vérité, c'est tout à son honneur», a-t-il poursuivi.

Des preuves accablantes

Le médecin légiste cité par l'accusation, Gert Saayman, avait trouvé des restes de repas dans l'estomac de la victime, concluant qu'elle avait mangé environ deux heures avant sa
. Or, la défense soutient qu'Oscar Pistorius et Reeva Steenkamp s'étaient tranquillement endormis plus de cinq heures avant le drame. «Pour l'essentiel de mes conclusions (Perumal) était d'accord», a noté Gert Saayman. «Nous devons être sur la même longueur d'onde avant de quitter la salle d'autopsie !»

A la place de Reggie Perumal, la défense a cité Jan Botha, un autre médecin légiste qui a contesté les conclusion du Dr Saayman, estimant que l'estimation du temps de digestion d'une victime avant sa mort était «une science prêtant franchement à controverse et controversée». Il avait quand même admis que toute digestion doit durer moins de six heures, alors que Pistorius affirme que Reeva n'avait rien mangé depuis huit heures quand elle est morte.

Oscar Pistorius affirme qu'il a tué Reeva Steenkamp «par erreur», la prenant pour un cambrioleur caché dans les toilettes. L'accusation pense au contraire qu'il l'a abattue de sang froid. Ajourné jeudi midi, le procès doit reprendre le 5 mai.

La “veuve noire” plaide qu’elle n’a “pas eu de chance”

Bousculée par les différentes auditions lors de son procès, Manuela Gonzalez reste impassible. Si trois de ses compagnons successifs sont morts et que deux autres ont frôlé la mort, dans des circonstances un peu similaires, c’est qu’elle n’a “pas eu de chance”.
Ses cheveux noirs jais, détachés, lui donnent l’allure sensuelle du personnage de la "veuve noire". Elle en a le charisme et la beauté. Mais cette chevelure est sagement rangée derrière ses oreilles. Manuela présente aussi bien la modestie qui sied au rôle qu’elle se donne, celui d’une femme ordinaire que la malchance poursuit.
Depuis deux jours, la salle du palais de justice de Grenoble est comble. La foule est venue observer celle qu’on surnomme la "veuve noire de l’Isère". Elle comparaît jusqu’à vendredi pour le décès de son dernier mari, dont le corps avait été retrouvé calciné dans sa voiture en 2008.
Il n’est pas le seul conjoint de Manuela à connaître une mort prématurée. Autour d’elle, les hommes ont une fâcheuse tendance à disparaître dans des circonstances tragiques. Trois sont décédés, brûlés ou asphyxiés après avoir ingéré des médicaments. Deux autres ont frôlé la mort dans des occasions étrangement similaires. "Je n’ai pas eu de chance", assure Manuela d’une voix ferme. Depuis plus de quatre ans sa ligne de défense est la même. Au fil de l’audience, son ton reste péremptoire, coupant, son attitude rogue mais polie.
Son avocat, Me Ronald Gallo, défend aussi une femme que rien n’accuse mais que les médias desservent, trop intéressés au "personnage qu'ils ont créé". Pour dépasser le séduisant personnage de fiction, les experts ont défilé à la barre pour tenter d’établir le portrait de cette femme énigmatique. Mystérieuse infortunée qui enchaîne les veuvages.

“Ce n’est pas possible”

"Ce n’est pas possible", répète Manuela. Elle aura lancé la réplique plus d’une dizaine de fois ces derniers jours. Quels que soient les faits qui lui sont reprochés – petites arnaques ou homicide –, quels que soient les éléments matériels, elle s’en tient à cette réponse. Sa ligne : la dénégation permanente.
Monitrice d'auto-école durant de nombreuses années, Manuela se voit retirer son agrément en 2005,  condamnée pour trafic de permis. Elle gagne alors sa vie comme assistante maternelle mais, en 2008, elle arrête de travailler. Une chute dans l’escalier l’aurait rendue amnésique. Au CHU de Grenoble, les médecins ne décèlent "aucune cause organique" de ses troubles de la mémoire. Après avoir tenté en vain de la soigner, l’hypothèse de la simulation apparaît "la plus probable", explique l’expert médical. Face à ces affirmations, Manuela ne cille pas. "On ne peut pas simuler durant des mois et des mois", se défend-elle. Le président lui rétorque : "C’est ce qui vient d’être dit pourtant." Elle insiste : "Ce n’est pas possible."
Manuela aurait également produit de fausses déclarations pour différentes fraudes à l’assurance. Un inspecteur d’assurance dépeint une "femme vénale". Autour de chaque incident, l’intérêt pécuniaire émerge. La veuve est "généreuse" mais accro au jeu. Ses économies passent toutes dans les machines ou sur les tapis verts. Elle aurait utilisé plus de vingt comptes bancaires à son nom ou à ceux de ses proches.
Durant son invalidité liée à l’amnésie, Manuela retourne vivre chez ses parents. Elle dit être alors restée "cloîtrée dans sa chambre". Son dossier stipule pourtant qu’elle a fréquenté le casino d’Uriage à cette période. Nouvelle contradiction. "Ce n’est pas possible", assène-t-elle de plus belle.
Même réponse quand vient la question de la procuration qu’elle aurait signée à la place de son mari pour pouvoir hypothéquer la maison sans son accord. Elle conteste l’avis de l’expert en études manuscrites. "On signe une procuration devant un agent de banque", affirme-t-elle, laissant entendre qu’elle n’a pas pu signer à la place de M. Cano. "Ce n’est pas possible."
Ses réponses sont catégoriques, son aplomb désarmant. Même acculée devant les preuves, elle parvient à se décharger. Si elle a fait des déclarations contradictoires sur son passé ou le déroulement des faits, elle évoque sa mémoire défaillante, un "état de choc" ou encore son jeune âge : "Je ne savais pas quoi dire lors des interrogatoires", fait-elle valoir sur ses premières déclarations. Jamais responsable, elle a toujours une réponse, une explication, une excuse. Face à elle, les questions ricochent. Personne ne la pousse dans ses retranchements.

Veuve crédule

Manuela reste pourtant difficilement crédible en veuve crédule. Durant les auditions, elle prend des notes puis, quand vient son tour, elle corrige les "erreurs" des experts, apporte des précisions. Le psychologue Gérard Poussin dépeint une "personnalité étrange, difficile à cerner". Bien qu’elle essaie de se présenter "sous un jour favorable", il note "une forte capacité à contrôler ses émotions". Un constat partagé par l’enquêteur de personnalité : "Ce qui frappe immédiatement, c’est son aplomb et sa capacité à livrer un discours lisse et vide d’affect."
Ses sœurs, sa fille, son amie la décrivent comme une femme banale mais sympathique, "bosseuse", "serviable" et "généreuse". Manuela défend cette normalité. "Je suis comme tout être humain qui travaille pour s'en sortir, pour payer ses dettes", revendique-t-elle, le regard droit. Un quidam en somme. Qui reconnaissait, il y a trente ans, avoir endormi son deuxième compagnon pour le voler. Une façon de gagner sa vie pas tout à fait anodine.

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/France-monde/Actualite

Carpentras : face au juge, le cri du coeur d'un père pour revoir sa fille

Huit mois et 24 jours qu'il n'a pas vu sa fille. Alors, pour Rodrig Thain, l'audience d'hier constituait une lueur d'espoir. Ce Carpentrassien a demandé aux juges de la cour d'appel de Nîmes de lui confier la garde principale de Loreley, 2 ans et demi.
Le 18 novembre dernier, c'est la mère qui l'avait obtenu par ordonnance du tribunal de grande instance de Carpentras. "Injuste" pour cet ancien champion du monde d'enduro, qui a raccroché le casque de moto pour se consacrer à son combat pour sa fille. Son cauchemar a démarré un matin de juillet 2013. Son ex-compagne s'est volatilisée avec Loreley. Plus tard, elle l'accusera, sans en apporter la preuve, de violences conjugales.
Depuis, plus rien, si ce n'est de furtifs dialogues par ordinateurs interposés. Deux fois Rodrig Thain s'est rendu en Allemagne, chez ses anciens beaux-parents, en espérant exercer le droit de visite que lui accorde l'ordonnance du tribunal de Carpentras. En vain. "Il a de nouveau tenté de contacter la mère en avril, mais elle n'a pas répondu" signale son avocat, Me Grégory Thuan, pour qui le comportement de l'ex-compagne de son client pose de "gros problèmes". "Elle a enlevé sa fille avant l'ordonnance et a fait un deuxième coup de force après, en ne respectant pas le droit de garde du père. Le juge avait donc mal apprécié l'intérêt de l'enfant en confiant la garde à la mère."
"Ma fille est née ici"
Rodrig Thain espère donc que les magistrats nîmois déjugeront les juges carpentrassiens. Mais le temps ne joue pas en sa faveur : plus Loreley passera de temps en Allemagne, plus un retour en France apparaîtra compliqué aux yeux de la Justice. "Ma fille est née et a grandi ici, en France, insiste Rodrig Thain. Je veux qu'elle revienne, et je souhaite trouver une entente pour qu'elle passe aussi du temps avec sa mère."
Par la voix de son avocat, celle-ci a sollicité hier la mise en place d'une médiation familiale internationale afin de renouer le dialogue entre les parents. "C'est du vent, interprète Me Grégory Thuan. Si c'était sincère, elle l'aurait demandé bien avant cette audience et on aurait déjà une réponse." Un effet de manche, donc, qui viserait à gagner du temps en feignant une certaine bonne volonté. La cour d'appel de Nîmes doit se prononcer le 11 juin prochain. cela fera onze mois presque jour pour jour que Rodrig Thain n'aura pas vu sa fille.


"Je plaide l'apaisement"

L'avocat de la mère de Loreley, Jacky Petitot, jure "plaider l'apaisement" dans ce dossier. D'où, dit-il, sa demande de désignation d'un médiateur européen. "Il y a un conflit conjugal qui ne doit pas rejaillir sur l'enfant, insiste-t-il. Nous sommes ici dans l'intérêt de cette petite fille. Et le mieux pour elle est qu'elle reste auprès de sa mère. Ma cliente a une cellule familiale qui fait qu'elle est mieux en Allemagne qu'ici."

Selon Me Petitot, la maman de Loreley ne respecterait pas le droit de visite du père par peur d'un "enlèvement", mais aussi parce que Rodrig Thain se rendrait en Allemagne "en estafette, accompagnée de trois personnes" (sic). Il ajoute que Loreley "parle uniquement l'Allemand et ne connaît pour ainsi dire pas son père. Il faut créer le lien affectif entre les deux". Pour ce faire, encore faudrait-il qu'ils se voient...


http://www.laprovence.com/article/actualites/2842730/carpentras-face-au-juge-le-cri-du-coeur-dun-pere-pour-revoir-sa-fille.html

Privations, humiliations, violences : 2 ans de prison pour une mère adoptive

Une mère de 36 ans a été condamnée, en correctionnelle, à 2 ans de prison avec sursis pour des violences commises sur ses deux enfants adoptifs.
«Ma mère et mes enfants sont tous contre moi et ne respectent pas mon autorité », se lamente Clarisse debout dans le box des prévenus du tribunal correctionnel. « Je suis seule à m’en occuper et c’est de mon devoir de les corriger », insiste cette femme de 36 ans, d’origine africaine, poursuivie pour des maltraitances sur ses deux enfants adoptifs.
Interrogée par la présidente du tribunal Élisabeth Schellino, Clarisse tremble, les larmes aux yeux. Pas de remords mais de colère. Elle ne regarde ni sa mère ni même ses deux enfants, assis devant elle. Et lorsque la vieille dame s’avance à la barre, Clarisse bouillonne. La grand-mère, qui recueille régulièrement les enfants chez elle à Blagnac, dresse un portrait accablant de la prévenue : violente et injuste.
« Je ne sais pas ce qui arrive à ma fille. Seul compte son troisième enfant naturel tout juste âgée de 10 mois. Elle n’aime pas ses aînés. Si je n’étais pas là, certaines nuits ils dormiraient dehors ! », explique leur grand-mère désemparée.
Comme cette nuit du 15 mars dernier où, jetés à la rue, les enfants se réfugièrent chez leur grand-mère. Mais ce soir-là, leur mère est arrivée et une dispute a éclaté.
La prévenue a asséné un coup de couteau de cuisine à sa fille. Âgée de 14 ans, choquée, l’adolescente s’en sort avec trois points de suture à l’annulaire. L’adolescente a ensuite expliqué aux policiers, intervenus à la demande du voisinage, qu’elle et son frère étaient victimes de violences régulières infligées par leur mère : gifles, arrachage des cheveux, coups de bâton, etc.

« Il est de mon devoir de le corriger »

À l’audience, le jeune garçon de 17 ans relate d’une voix chevrotante les violences psychologiques que lui et sa sœur subissent depuis leur arrivée en France, voilà trois ans. Il décrit aussi les séances d’humiliation imposées par sa mère adoptive : devoir rester sur le palier de l’appartement les vêtements lacérés, ou encore à genoux, tête baissée, pendant de longues heures sous peine de recevoir de nouveaux coups.
« Briser un manche à balai sur le dos de votre fils vous semble être une réponse adaptée à sa désobéissance ? », interroge la présidente Schellino. Privations de nourriture et humiliations quotidiennes sont imposées par sa mère. Sa sœur raconte une nuit passée dehors en plein hiver, en sous-vêtements sur le balcon. « Ma mère n’avait pas apprécié les rajouts de cheveux que je m’étaient faits sur la tête. »Dans la salle, le malaise est palpable. Seule Clarisse ne remet pas en cause ses agissements : « Il est de mon devoir de le corriger », insiste-t-elle à nouveau.
« Cette femme tient ses deux enfants comme responsables de tous ses maux et ne remet nullement en cause son comportement ! », s’insurge l’avocate des enfants martyrs, Me Delanglade. À l’encontre de Clarisse, qui n’exprime toujours aucun regret, la procureure Valérie Quéméner requiert dix-huit mois de prison, dont douze avec sursis.
Mais le casier judiciaire de la prévenue ne comporte aucune condamnation. Pour les violences physiques et psychologiques infligées à ses deux aînés, Clarisse a été condamnée à deux années de prison avec sursis.
Elle a quitté libre le tribunal. Le domicile des adolescents est désormais fixé chez leur grand-mère. Et le juge des enfants vient d’être saisi par le parquet afin de déterminer ce qu’il devait advenir du dernier enfant de Clarisse.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/04/17/1865038-privations-humiliations-violences-2-ans-prison-mere-adoptive.html