jeudi 4 décembre 2014

Un homme battu à mort sur l'A13 devant sa famille : 20 ans de prison requis

Vingt ans de prison ont été requis jeudi à l'encontre de quatre jeunes des Mureaux (Yvelines), jugés en appel pour le meurtre sur l'A13 d'un automobiliste qu'ils avaient juré de "crever", sous les yeux de sa famille.
En première instance, ils avaient été condamnés en première instance à des peines de 18 à 20 ans  de prison. L'avocat général a réclamé une peine équivalente - ou plus sévère selon les cas - pour les quatre jeunes jugés en appel. Il a justifié  la sévérité de ses réquisitions , insistant  sur "l'intention de tuer" des accusés, âgés de 27 à 29 ans.  "Ils ont proféré des menaces de mort: +Je vais vous tuer, vous enterrer  devant votre mère. Venez les terminer!. Les coups ont été portés à une région  vitale: la tête", a relevé l'avocat général devant les quatre jeunes  impassibles, recroquevillés sur leur banc.


Fustigeant devant la cour d'assises d'appel des Hauts-de-Seine "la loi de  la cité qui se nourrit uniquement de force et de violence", il a demandé aux  jurés d'être particulièrement "sévères" pour "ce meurtre sans raison".
Cette nuit du 26 juin 2010, vers une heure du matin, une Renault Clio  heurte sur une bretelle d'accès qui mène à l'autoroute A13 la voiture de la  famille Laidouni. L'un des passagers de la Clio refuse d'établir un constat et  appelle ses amis en renfort. Quelques minutes plus tard, une dizaine de  personnes de la cité voisine des Musiciens aux Mureaux arrivent sur les lieux.  Mohamed Laidouni, un imprimeur de 30 ans sans histoire, est violemment projeté  contre une glissière de sécurité et roué de coups sous les yeux de sa mère, de  ses frères et de sa femme. Il succombera à ses blessures le lendemain.
"Un émoi immense dans la société française"
Cette affaire a suscité "un émoi immense dans la société française", a  rappelé l'ancien ministre François Baroin, avocat des parties civiles. La  famille Laidouni, en demandant d'établir un constat, "voulait faire respecter  la loi de la République. On leur a opposé la loi de la cité", a ajouté le  conseil qui plaidait pour la première fois aux assises.

Son confrère, Me Francis Szpiner, a évoqué "une mise à mort", "une  expédition punitive", insistant sur la souffrance des parties civiles et "leur  sentiment de culpabilité d'avoir survécu".     Au cours des deux semaines des débats, trois des accusés ont reconnu avoir  porté des coups à la victime, le quatrième assurant avoir frappé l'un des  autres membres de la famille Laidouni. "Il était sur place, on l'a vu porter  des coups sur Mohamed, il doit être condamné de la même manière", a rétorqué  l'avocat général.
Le procès se poursuit avec les premières plaidoiries de la défense. Verdict  prévu vendredi.
 

Assises: la "réadaptation très incertaine" du meurtrier de Sabrina

Devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, un expert psychiatre a livré, ce jeudi matin, un portrait assez sombre de Teddy Dieudonné de Carfort, accusé d'avoir assassiné à Lucéram une étudiante de 17 ans, Sabrina Parisi, dont il était amoureux.
Le docteur Saget évoque une personnalité froide et détachée, avec des éléments de schizophrénie, une "dangerosité persistante" et malgré des points d'ancrage dans la réalité, "une réadaptation très incertaine".
>>RELIRE. Assises: "Bonjour, c'est pour signaler un meurtre"
"Je suis assez circonspect sur son avenir" conclut le médecin en retenant "une altération de son discernement" au moment de l'acte qui cependant ne le dispense pas de rendre des comptes à la société.
"Je ne pensais pas qu'il en arriverait au crime"
"Je ne pensais pas qu'il en arriverait au crime mais plutôt qu'il se suiciderait" soupire à la barre son père adoptif. "Teddy n'a pas posé de problème jusqu'à sa majorité et sa première rupture amoureuse (avec Sonia). Quand il s'est scarifié les bras, j'ai pris peur, je l'ai fait hospitaliser en psychiatrie".
>>RELIRE. Assises: "Je suis coupable de la mort de Sabrina"
"Quand mon fils", poursuit Philippe Dieudonné de Carfort, "donne son coeur à quelqu'un, cette personne lui appartient".
http://www.nicematin.com/luceram/assises-la-readaptation-tres-incertaine-du-meurtrier-de-sabrina.2011732.html

Le divorce tourne à la paranoïa

Stéphane, la petite trentaine, se retrouve à la barre du tribunal correctionnel pour un délit somme toute assez peu banal : atteinte au secret des correspondances émises par voie électronique. En clair, on lui reproche d'avoir installé un logiciel espion sur le téléphone de sa femme, histoire de ne rien perdre de ses moindres faits et gestes. Le couple est en plein divorce et madame dépose une première plainte à la gendarmerie : elle a la certitude d'être espionnée par son mari dont elle est séparée depuis plusieurs semaines. En effet, alors qu'elle passe au Crédit agricole, son mari est au courant avant même qu'elle ne l'informe de la transaction. Deuxième plainte un peu plus tard : un pneu de sa voiture crève alors que son mari est en vacances dans les Alpes. Une heure plus tard, il lui demande comment s'est passée la réparation alors qu'elle ne lui en a pas parlé. Les exemples se multiplient, les plaintes aussi. Pour la procureure Marion d'Olce, expertises à l'appui, la messe est dite : Stéphane a bel et bien contacté un fournisseur de logiciel espion et l'a fait placer sur le téléphone de sa femme. Pour la défense, assurée par Me Thierry Sagardoytho, ça ne tient pas la route : pour piéger le téléphone de sa femme, Stéphane aurait dû l'avoir en main. Or, ils sont séparés depuis des mois. Enfin, les informations sur le pneu crevé ont été fournies par les enfants du couple à leur père. Enfin encore, sur son ordinateur, on a retrouvé des messages concernant les logiciels espions, mais il s'agit de spams, «comme chacun d'entre nous en reçoit tous les jours et mon client n'a jamais donné suite». Et l'avocat d'évoquer le climat de suspicion qui règne lors des divorces : «Vous n'imaginez même pas le nombre de gens qui sont persuadés d'être sur écoute, comme si les services n'avaient pas mieux à faire que de s'occuper de banales histoires de divorce… Dans ces cas-là, la paranoïa a souvent le dessus».
L'avocat sera entendu et Stéphane est relaxé.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/04/2004402-le-divorce-tourne-a-la-paranoia.html

Affaire Lee Zeitouni : 5 ans ferme pour Eric Robic, le conducteur

Eric Robic, le conducteur du puissant 4X4 qui avait tué la jeune Israélienne Lee Zeitouni à Tel Aviv en 2011, a été condamné mercredi à 5 ans de prison ferme assortis d'un mandat de dépôt (incarcération) par le tribunal correctionnel de Paris. La peine est légèrement inférieure aux réquisitions du procureur qui avait demandé six ans ferme et fustigé "l'immoralité totale" d'Eric Robic. Le passager de la voiture, Claude Khayat, a lui écopé d'une peine de 15 mois ferme. Trois ans de prison, dont un ferme avait été requis à son encontre.
"Lâcheté" et "grande dissimulation". Les deux hommes avaient pris la fuite et s'étaient réfugiés en France immédiatement après l'accident. Or Paris n'extrade pas ses ressortissants, hors Union européenne, et l'émotion avait été vive en Israël. A tel point que Nicolas Sarkozy, alors président, avait évoqué l'affaire et son épouse, Carla Bruni, écrit à la famille de la jeune femme pour lui assurer que la France faisait le maximum pour que justice soit faite.
Robic, qui a reconnu avoir bu avant l'accident, conduisait beaucoup trop vite et "faisait le fou" avant l'accident, a dénoncé le procureur Henry Guyomar. Il "ne peut pas ne pas être conscient qu'il joue avec la vie des autres", dans le seul but de "se sentir affranchi de toutes les règles, flatter sa vanité, son sentiment de puissance". Il a aussi éreinté la fuite, "geste de lâcheté et d'une grande dissimulation".Claude Khayat, lui, avait "pleinement conscience du risque qu'il y avait à laisser conduire Robic" dans son état, après une nuit blanche dans les bars et boîtes de nuit. Il a en outre "immédiatement perçu la gravité de l'accident".
"La justice est passée". Les avocats de la défense ont dénoncé l'atmosphère "d'opération de communication" autour d'une affaire ultra-médiatisée et la "chronique d'une condamnation annoncée". Ils se sont toutefois félicités après la condamnation d'une "bonne justice" rendue, "sans céder aux pressions", et ont tous deux indiqué que leurs clients ne feraient pas appel.
Me Gilles-William Goldnadel, avocat de la famille Zeitouni, s'est aussi félicité. "La justice est passée. Mais ils (les proches de la victime) restent avec leur chagrin".Les parents de Lee Zeitouni, en larmes, n'ont pas fait de commentaires, mais son fiancé, Roy Peled s'est dit "satisfait", estimant que "la justice française a fait ce qu'elle devait faire".
 

mercredi 3 décembre 2014

Affaire Zeitouni : six ans ferme requis contre le conducteur, trois dont un ferme pour le passager

Six ans ferme ont été requis contre Eric Robic, le conducteur qui a causé mort de Lee Zeitouni, poursuivi pour homicide involontaire aggravé et non-assistance à personne en péril. Trois ans dont 1 an ferme ont également été réclamés contre Claude Khayat, le passager uniquement poursuivi pour le second chef d'accusation.

Le procureur a requis mercredi six ans de prison ferme assortis du mandat de dépôt à l'encontre d'Eric Robic, le conducteur jugé à Paris pour avoir tué avec son puissant 4X4 la jeune Israélienne Lee Zeitouni à Tel Aviv en 2011. Il a également réclamé trois ans de prison, dont un ferme, à l'encontre de son passager, Claude Khayat.

Eric Robic, dont le procureur a fustigé "l'immoralité totale", a reconnu avoir bu, et les deux hommes avaient pris la fuite et s'étaient réfugiés en France après l'accident. Le conducteur encourt jusqu'à dix ans de prison pour homicide involontaire et non-assistance, Claude Khayat jusqu'à cinq ans de prison pour non-assistance à personne en péril.
Robic roulait à plus de 100 km/h dans une zone limitée à 50
Lee Zeitouni, jeune prof de gym et de yoga de 25 ans, avait été tuée en traversant la rue sur un passage piéton au petit matin du 16 septembre 2011, alors qu'elle se rendait à son travail, fauchée par la BMW X6 d'Eric Robic, lancée, selon des témoins, à plus de 100 km/heure dans une zone limitée à 50.
Ce drame avait provoqué la colère en Israël et l'embarras de la France, qui n'extrade pas ses ressortissants hors Union européenne, et le procès était donc très attendu. Il s'était ouvert jeudi dernier mais avait été renvoyé après que l'avocat de Claude Khayat eut été agressé dans les toilettes du palais de justice de Paris par un inconnu qui lui a asséné un coup de poing à la mâchoire avant de s'enfuir.
 

Assises: "Je suis coupable de la mort de Sabrina"

Je suis coupable de la mort de Sabrina", souffle mercredi matin Teddy Dieudonné de Carfort, à l'ouverture des débats devant la cour d'assises des A.M.
Agé de 26 ans, ce petit gabarit aux cheveux ras et au front dégarni, n'en dit pas davantage. Il ne répète pas, comme il l'a fait à la fin de l'instruction, qu'il n'a pas prémédité à Lucéram le meurtre de l'adolescente de 17 ans dont il était amoureux et qui ne semblait pas partager ses sentiments.
>>RELIRE. Lucéram: le meurtrier de Sabrina reconnaît les faits
L'enquêteur de personnalité, Roger Nahon, décrit un accusé "complexé par sa petite taille, tourmenté, instable et peu communicatif", un jeune homme "souffrant dans les derniers temps d'hallucinations, paranoiaque au point de se sentir en permanence persécuté, de se croire victime d'un complot ourdi par son entourage".
Abandonné tout petit par son père, Teddy a été adopté par son beau-père. "Possessif maladif", il a trés mal vécu la séparation avec son première amourette, Sonia. Il s'est scarifié, se couvrant les bras de cicatrices, pour éviter explique-t-il "de faire du mal aux autres".
>>RELIRE. Bouleversantes obsèques de Sabrina à Lucéram
A la demande de son père, il a alors été hospitalisé temporairement en psychiatrie, ce qu'il a ressenti comme une trahison. "L'angoisse d'abandon lui est insupportable. Elle le conduit à se faire du mal ou à en faire aux autres", avance l'expert psychologue Danny Borgogno en évoquant "un sujet border line, avec d'importants troubles de la personnalité".
A plusieurs reprises, Teddy a vécu seul dans les bois, dormant sous la tente ou à même le sol. Pourquoi? lui demande la présidente Michèle Lis-Schaal. "La nature, c'est la liberté..."
http://www.nicematin.com/luceram/assises-je-suis-coupable-de-la-mort-de-sabrina.2010421.html

Localisation des radars sur Facebook : 15 automobilistes fixés sur leur sort

Ont-ils enfreint la loi ? Ou sont-ils victimes, comme ils le dénoncent, de l'"hypocrisie" de la loi ? 15 automobilistes qui signalaient les radars sur une page Facebook vont être fixés sur leur sort ce mercredi. Des suspensions de permis de 15 jours à 4 mois ont été requises
C'est un procès inédit dont on va enfin connaître l'épilogue. Quinze membres d'un groupe Facebook "antiradar" vont être fixés sur leur sort ce mercredi. Le tribunal correctionnel de Rodez va en effet indiquer si ces automobilistes ont droit, ou non, de signaler sur le réseau social, la localisation des radars sur les routes de l'Aveyron.
Des suspensions de permis de 15 jours à 4 mois avaient été requises à leur encontre. Le procureur s'en était notamment pris à Facebook, une "blogosphère où tout serait permis et où dénoncer les gendarmes donnerait un statut de héros". La défense des prévenus a, au contraire, dénoncé une "hypocrisie" de la justice, en faisant valoir que les systèmes d'aide à la conduite fournissaient les mêmes informations.
 
L'avocat a demandé à la relaxe
Ces dispositifs" sont les grands absents de ce procès" avait lancé dans sa plaidoirie l'
avocat Rémy Josseaume, expert en droit automobile, qui défend 11 des 15 prévenus. L'avocat a demandé "la relaxe ou une dispense de peine" pour eux après avoir ironisé en lançant peu avant l'audience : "Voilà les terroristes du Net".

Les quinze prévenus répondent de "soustraction à la constatation des infractions routières". Parmi eux, huit sont également poursuivis pour "outrages" après avoir qualifié les gendarmes sur la page Facebook de noms d'oiseaux. A l'encontre de ces derniers le procureur a requis des peines d'amende de 300 à 500 euros.
"Je ne comprendrais pas que nous on morfle et pas les autres"

Créée en 2012, la page Facebook du groupe "qui te dit où est la police en Aveyron", comme il se fait appeler, écrit notamment à l'attention des internautes: "Tu vois une camionnette bleue, un radar, des motards... viens le signaler"!

Ce type de pages réunit "entre 600.000 et 800.000 membres sur Facebook", assure Me Josseaume. L'avocat a plaidé qu'aucune loi n'était en fait violée, car selon lui le groupe sur Facebook ne peut pas être assimilé à un "détecteur de radars", dont l'utilisation est passible d'une amende de 1500 euros et d'un retrait de six points sur le permis.
"Mettre en danger la vie d'autrui"
A l'audience, un des prévenus avait souligné qu'il y avait "énormément de groupes Facebook de ce type en France. Mais on n'indique pas que des radars... On signale aussi de la neige ou des bêtes sauvages ou des bouchons", avait-il relevé. Un autre prévenu a affirmé que "des gendarmes avaient également ce genre de page Facebook" signalant les radars. "Je ne comprendrais pas que nous on morfle et pas les autres", s'est-il plaint.

Les associations pour la
sécurité routière voient, elles, un dangereux instrument dans ce groupe Facebook. "La vitesse tue et le fait qu'on essaie de déjouer les systèmes de contrôle, c'est se mettre en danger et mettre en danger la vie d'autrui", estime Bernard Stasiowski, directeur de l'Association prévention routière dans l'Aveyron.
 

Drame de la Saint-Valentin : l’accusé condamné à quinze ans

Jugé depuis lundi pour le meurtre de son épouse, Vincent Szarek, 71 ans, a été condamné en appel à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Bas-Rhin, comme en première instance.
L’avocate générale Cécile Hartmann avait requis vingt ans de réclusion à son encontre.
À la suite d’une dispute, au soir de la Saint-Valentin 2 012 dans leur maison de Wittenheim, l’homme a tiré à plusieurs reprises avec sa carabine 22 LR à travers la porte des toilettes où sa femme s’était enfermée. L’une des balles a atteint la victime de 64 ans à la tête.
Lors de son premier procès, l’accusé avait évoqué un « accident », tout en admettant les coups de feu en direction de son épouse.

http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/ville-de-strasbourg

mardi 2 décembre 2014

Feu de Carpiagne : un homme seul et une armée sourde

C'est un homme droit, l'adjudant Philippe Fontaine. Il porte haut les couleurs de la France depuis l'âge de 18 ans. Chemise blanche, cravate sombre, médaille de l'Onu en bandoulière, il a des faits d'armes qui en disent plus long que les décorations de nos notables les mieux introduits. Il a tutoyé la mort, vu "des enfants déchiquetés", comme il dit, il y a peu encore, en Centrafrique. Et il a été en vingt ans de tous les théâtres d'opérations, au Tchad, en Afghanistan, en Yougoslavie, là où il avait tout à craindre.

Et pourtant, bien qu'il s'en défende, c'est l'épreuve de la justice des hommes qu'il redoute. Qui le chahute. Car à la barre du tribunal correctionnel de Marseille, c'est un homme taiseux qui porte le poids de toute une institution. Qu'il a servi avec fidélité. Or aujourd'hui, il est seul, l'adjudant Fontaine. Son avocat, Me Dominique Mattei, est devenu son épaule, qui dans une chorégraphie toute judiciaire, lui souffle presque les réponses. Un homme seul, Fontaine, bien que soutenu par ses proches, mais l'uniforme s'est fait rare dans la salle.

Tirs à balles traçantes

Comme s'il était devenu infréquentable. C'est lui qui était directeur de tir, le 22 juillet 2009, quand l'incendie de Carpiagne a enflammé les calanques, consumé plus de 1 000 hectares et détruit 11 % du coeur terrestre du site classé du parc. "Cette affaire, je la vis très mal, glisse-t-il. Je me lève avec. Je me dis chaque fois : si je pouvais revenir en arrière..." Pourquoi avoir ordonné ce jour-là une séance de tirs à balles traçantes, alors que le vent forcissait et que le pire, même sans être agrégé climatique, était prévisible ? Au jeu des questions-réponses à vertu pédagogique, très prisé dans les audiences pénales, un peu moins dans l'armée, Fontaine n'est pas le meilleur.
On a parfois l'impression d'être propulsé dans un sketch de Fernand Raynaud , où le rictus aurait pris le pas sur le rire. Il est chahuté, Fontaine. "Parce que j'ai voulu que mes hommes soient prêts au combat en conditions réelles, répète-t-il en boucle. J'ai voulu faire vite et bien." Mais pourquoi cette hâte ? Ses hommes ne devaient pas repartir le lendemain sur le front. Et surtout, il n'ignorait pas que l'usage des balles traçantes était interdit en été. Bien sûr qu'il savait. "Vous savez, Mme la présidente, reprend-il, quand on est légionnaire et qu'on reçoit un ordre, on exécute !"

Les calanques enflammées

L'enquête va démontrer que le jour des faits, ni le commandant de la base, ni l'officier de tir n'étaient présents. C'est un caporal qui donnera les munitions à Fontaine. On se dit que l'armée, en cet été 2009, n'a pas été la grande muette, mais plutôt la grande sourde ...Lorsque ses supérieurs lui ont demandé de rédiger son rapport, ils l'ont réécrit. "J'ai dû le refaire cinq ou six fois, confiera-t-il au juge. J'en ai eu marre. Je n'ai même pas relu ce qu'ils ont écrit pour moi."

Les deux colonels correcteurs en chef n'ont pas été inquiétés. Juste entendus. Et les communes de Marseille, Cassis et Carnoux ne sont même pas parties civiles. Obsédant silence. Cinq ans après, questionné par la présidente Lucie Chapus-Bérard, l'adjudant Fontaine se dit toujours persuadé que ce n'est pas une balle traçante qui a enflammé les calanques.

Me Frédéric Sarrazin, pour 7 des victimes de l'incendie, déplore "un enchaînement d'hypocrisies", au-delà d'un homme "qui a fait une grosse bêtise". Réquisitoire et plaidoiries aujourd'hui.


 
 
Dernières infos :

- 11 heures : le tribunal correctionnel de Marseille rendra son jugement le 19 janvier

- 10 heures :
huit mois de prison avec sursis requis à l'encontre du légionnaire


http://www.laprovence.com/article/actualites/3157509/feu-de-carpiagne-un-homme-seul-et-une-armee-sourde.html

Elle frappait son compagnon et vidait ses comptes bancaires

Lisa, une jeune femme de 25 ans, s'est fait entretenir pendant trois ans par son compagnon e et le frappait. Elle a été condamnée hier à 18 mois de prison dont 12 avec sursis mise à l'épreuve
«Dès les premiers coups, elle a eu de l'emprise sur moi car je l'aimais.» Un homme fragile s'est avancé hier à la barre du tribunal correctionnel pour raconter les violences conjugales qu'il a subi pendant trois ans. «La violence n'a pas de sexe, pas de genre» a rappelé le procureur Francis Boyer. Hier, Lisa, jolie jeune femme brune de 25 ans était poursuivie. Elle a rencontré «son pigeon» comme elle le désigne lorsqu'elle était adolescente. Les jeunes gens se sont perdus de vue puis retrouvés en 2009.
À l'époque, Lisa vivait une relation tumultueuse avec un homme violent. L'homme, 26 ans à l'époque, s'est rapidement pris d'affection pour elle. «Il m'a aidé. Il m'a installé dans un appartement qu'il payait». Pendant ce temps, «l'amoureux» vivait chez ses parents. Pendant trois ans, il a tout payé. «Financièrement, je dépendais entièrement de lui», admet Lisa.
Fou amoureux, il aurait dépensé près de 60 000 € durant leur relation, contractant plusieurs crédits pour elle. «J'étais dépendant sentimentalement d'elle. Elle me demandait toujours plus d'argent».

À coup de rouleau de pâtisserie

Cette «mante religieuse» selon le procureur Boyer «l'a vampirisé au plan financier !». Mais pour le parquet et la défense, l'amoureux trouvait aussi son compte dans cette relation. «C'était une façon de nouer une relation exclusive avec elle».
Le 8 octobre 2012, la jeune femme s'est montrée plus violente que d'habitude. Ce soir-là, les parents du jeune homme, inquiets, ont appelé les gendarmes. «En voyant les gendarmes en bas de chez elle, elle a dégoupillé», tempère, pour sa défense, Me Nathalie Dupont-Ricard. La jeune femme a violemment frappé son compagnon à coups de poing et de rouleau à pâtisserie ! «Il a subi des coups d'une violence inouïe !», estime son avocate, Me De Courreges d'Agnos. «Les violences se sont intensifiées au fur et à mesure de notre relation», confie la victime.
«Je reconnais les violences mais je ne lui ai pas extorqué de l'argent. Je n'avais pas besoin de lui demander !». Lisa, qui a passé un mois et demi de détention provisoire en 2012, a été condamnée hier à 18 mois de prison dont 12 mois avec sursis et mise à l'épreuve. Elle devra se faire soigner et indemniser son ex.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/02/2003199-elle-frappait-son-compagnon-et-vidait-ses-comptes-bancaires.html

Meurtre au Bristol : "Une sorte de fureur transpirait" de la scène de crime

Accusé du meurtre de sa compagne dans leur chambre du palace parisien en mai 2009, Ian Griffin est apparu confus puis mutique, lundi, au premier jour de son procès, alors que policier et experts décrivaient un crime ultra-violent.
Il se déplace difficilement, sa haute stature soutenue par deux béquilles depuis une grave maladie neurologique aux jambes pendant sa détention provisoire. Ian Griffin, ressortissant britannique de 45 ans, a comparu lundi au premier jour de son procès pour la meurtre de sa compagne, retrouvée morte dans une chambre du Bristol en mai 2009. Il enfouit sa tête dans les mains pendant la diffusion des photos qui accompagnent la déposition du policier qui a constaté le crime. "Ça respirait la violence, il y avait du sang un peu partout. Une sorte de fureur qui transpirait de la scène, qui faisait penser à des violences extrêmes". Et de décrire meubles cassés, verres et bouteilles brisés, comme le miroir de la coiffeuse et la télévision, le plateau en marbre d'une table de chevet descellé. Jusqu'à ce lustre au-dessus du lit, tordu, et les éclats de verre et le sang dans les cheveux de la victime.

Ce sang, qui a assez coulé pour traverser les matelas de part en part. Matelas ensuite retournés dans une "tentative maladroite" de dissimuler ou atténuer la scène de crime. Comme ces serviettes de bain jetées par terre pour dissimuler les "énormes traces de sang, et aussi de vin, devant le lit". Kinga Wolf, la compagne d'origine polonaise de Griffin, a été retrouvée nue dans la baignoire. Sur la photo, la moitié droite de son visage n'est plus qu'un immense bleu. Ian Griffin garde la tête dans ses mains. Le médecin légiste va détailler le calvaire de la jeune femme, 36 ans au moment de sa mort. Plusieurs fractures, au crâne, au nez, au larynx... Une hémorragie interne massive, un demi-litre de sang dans l'abdomen. Des contusions du pancréas. Deux petites brûlures à l'avant-bras qui pourraient bien être les traces du Taser retrouvé dans la chambre.
 
Alcool et relations aux femmes compliquées  
Et puis ces ecchymoses, si nombreuses que l'experte "ne peut pas toutes les dénombrer". Mais le président de la cour d'assises de
Paris, Didier Safar, les a comptées dans le rapport d'autopsie: "le mot revient plus d'une centaine de fois". "Ça évoque des coups, de poing, de pied, et des chocs provoqués", poursuit l'experte. Des traces "souvent vues dans les violences faites aux femmes". Pour un second légiste la mort "a suivi le dernier coup de 30 minutes à une heure maximum". Le président demande à Ian Griffin s'il a une réaction. Mais l'accusé, qui a toujours affirmé ne pas se souvenir et avoir un "trou noir", demande à attendre son interrogatoire mardi pour aborder le fond. Plus tôt, il était apparu confus et imprécis. Interrogé sur son enfance, ses premiers mots furent surréalistes. "Je ne me souviens pas vraiment. J'ai nagé, principalement", pour évoquer une jeunesse rythmée par les compétitions de natation.

Issu d'une famille riche, mais dont le père battait enfant et épouse, il quitte l'école sans diplôme, mais monte grâce au soutien familial des affaires qu'il dit florissantes. Il vit un temps aux Etats-Unis, dit y avoir gagné beaucoup d'argent dans la vente de sonneries de téléphone. Il rentre en Angleterre et monte plusieurs sites internet. Mais Ian Griffin a un problème avec l'alcool. Il est aussi très accro aux antidépresseurs. Quant aux femmes, c'est souvent "compliqué".  Pour l'enquêtrice de personnalité, il a un "besoin d'être materné" et est "très infantile par rapport aux femmes". Elle décrit "une dépendance à ses parents, financière, et à ses femmes". C'est d'ailleurs Kinga qui assurait le train de vie du couple et avait payé la chambre au Bristol sur la porte de laquelle Ian Griffin a accroché le panneau "ne pas déranger" quand il a pris la fuite pour l'Angleterre au volant de la Porsche paternelle. Ian Griffin encourt 30 ans de prison. Le procès est prévu jusqu'au 5  décembre.

lundi 1 décembre 2014

Meurtre au Bristol : un accusé confus au procès

Je ne me souviens pas vraiment. J'ai nagé, principalement." Accusé du meurtre de sa compagne dans leur chambre du palace parisien Le Bristol en mai 2009, Ian Griffin est apparu confus et imprécis, aujourd'hui, au premier jour de son procès.

Le ressortissant britannique de 45 ans se déplace difficilement, sa haute stature soutenue par deux béquilles depuis qu'une grave maladie l'a atteint aux jambes pendant sa détention provisoire. Et lorsque le président de la cour d'assises de Paris, après avoir résumé l'affaire, lui demande d'évoquer son enfance, la réponse, d'une voix très lente et douce, a un aspect surréaliste, quand il enchaîne sur cette jeunesse passée à courir les entraînements et compétitions de natation. "Pendant 10 ans, ça a été la plus grande partie de ma vie".

Ses parents sont riches. Mais son père, architecte, est violent, et le frappe régulièrement, ainsi que sa mère. L'ado turbulent enchaîne les bêtises, mais grâce au soutien familial, monte des affaires qu'il dit florissantes, notamment une chaîne de centres de bronzage. Il part cinq ans en Californie, gagne beaucoup d'argent dans la vente de sonneries de téléphone, mais dit avoir été dépouillé par un associé. Il rentre en Angleterre et enchaîne les initiatives, des sites internet notamment.

Mais Ian Griffin a un - gros - problème avec l'alcool. Plusieurs condamnations pour des altercations à son casier judiciaire en témoignent. Il est aussi très accro aux antidépresseurs. "Je ne savais pas qu'il fallait en prendre plus, et plus, et plus encore." Il assure n'avoir jamais consommé de stupéfiants, même s'il a dit le contraire aux psys qui l'ont examiné. Aujourd'hui il ne prend plus que des antidouleurs pour ses jambes.

Quant aux femmes, c'est souvent "compliqué". Non c'est très simple, le reprend le président Didier Safar, qui veut juste savoir s'il poursuivait sa liaison avec une précédente compagne lorsqu'il était avec Kinga Wolf, la victime, sa nouvelle amie d'origine polonaise.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/12/01/97001-20141201FILWWW00230-meurtre-au-bristol-un-accuse-confus-au-proces.php

Juge Michel : les mystères de "Scapu la balance"

François Scapula est celui qui a "balancé" depuis la Suisse les assassins du juge Michel. Révélations sur un trafiquant qui, contrairement à une légende tenace, n’a jamais bénéficié du statut de repenti aux États-Unis.
Tout le monde le croit "planqué" outre-Atlantique, protégé par une nouvelle identité, voire un nouveau visage par la magie de la chirurgie esthétique, dans le cadre d'un programme de témoins protégés pour services rendus à la DEA, la puissante agence anti-drogue américaine. Il n'en est rien, si l'on en croit Paul Grossrieder, le policier suisse qui a géré le cas Scapula quinze ans durant : "Je sais où il est, mais je ne vous le dirai pas…"
Retour en arrière. Le 21 octobre 1981, le juge d'instruction Pierre Michel, 38 ans, est abattu à ­Marseille par deux tueurs à moto. Le "JFK" de la magistrature française va revivre le temps d'un film La French, dès mercredi sur les écrans, sous les traits de Jean Dujardin. Deux ouvrages* viennent par ailleurs de paraître. Signe que le personnage (un juge charismatique), la période (la chute du clan Zampa), et la ville de Marseille passionnent toujours autant.
Tous les acteurs de cette tragédie ont été jugés et condamnés – les deux hommes à la moto viennent tout juste de recouvrer une liberté conditionnelle après presque trois décennies de placard – à l'exception notable de deux figures du banditisme. Le premier, Homère Filippi, un des commanditaires de l'assassinat, trafiquant aussi prospère que discret, condamné "à perpète" par défaut, est toujours officiellement recherché malgré ses 83 printemps, même si beaucoup le croient mort et enterré. Le second ne figure en revanche plus sur aucun fichier de recherche. Il s'appelle François Scapula, 69 ans, alias "Francis Le Brun". Ou encore "Scapu la balance", depuis que le natif d'Endoume a choisi de collaborer d'abord avec les Américains, avant de désigner à la justice française, sans doute en minimisant son propre rôle, les auteurs et les commanditaires de l'assassinat du juge Michel, parmi lesquels son ami de toujours, François Girard, alias "Francis le Blond"…
Trois années séparent le "Brun" du "Blond". Mais le foot puis la délinquance vont bientôt les rapprocher. Cambriolages, vols de voiture, braquages… Les deux Francis vont gravir les échelons du banditisme – notamment sous l'égide de Filippi –, goûter à la prison aussi, avant de s'investir dans le business de la drogue au début des années 1970. Marseille n'est-elle pas la capitale mondiale de l'héroïne? 

"French Sicilian Connection" 

Il serait faux d'associer Scapula et Girard à la fameuse French Connection. "C'est une nouvelle génération, précise Éric Pelletier*. Il faut les voir comme des hommes d'affaires, très axés sur l'international." L'équipe se renforce. Une PME de la transformation de morphine base en héroïne est née. L'entreprise va tourner de la blanche aussi bien au profit de Cosa Nostra en Sicile – on parlera de "French Sicilian Connection", que pour des Libanais dans la plaine de la Bekaa, ou encore au service de la famille new yorkaise Benevento avec un labo monté à Phoenix (Arizona). Sans parler de projets jusqu'en Inde… Les millions s'accumulent mais l'étau policier se resserre. À Marseille, le juge Michel est aux manettes. Les labos dégringolent les uns après les autres. En 1981, Scapula passe entre les gouttes. Pas son pote Girard, qui se retrouve en juillet aux Baumettes en compagnie de son père spirituel Filippi. Pierre Michel sera tué trois mois plus tard. Marseille serait-elle devenue un faubourg de Palerme?

Un vrai-faux permis de visite 

C'est de Suisse que viendra la réponse. En 1985, une poignée de Français se fait serrer dans un chalet près de Fribourg avec 10 kg d'héroïne toute fraîche. La chance a abandonné François Scapula que les Américains viennent solliciter pour qu'il les aide à faire tomber la famille Benevento en échange de leur mansuétude. Marché conclu : Scapula ira témoigner à New York. Puis ce sont les Français qui viennent aux nouvelles. Le chimiste de la bande est le premier à livrer les noms des assassins du juge Michel mais l'histoire attribuera le rôle de "la Balance" à Scapula qui en rajoute une couche en mouillant le caïd marseillais Francis le Belge sur un deal de 20 kg d'héroïne.
En 1987, Scapula est condamné à vingt ans en Suisse. Il est l'homme à abattre pour le milieu français et un hôte encombrant pour les services pénitentiaires helvétiques. "Il avait toujours peur d'être reconnu", témoigne Joseph Jutzet, qui dirigeait à l'époque le service fribourgeois de l'exécution des peines. Le détenu Scapula devient le prisonnier Casanova et change régulièrement d'établissement. "Il m'a raconté qu'un soir, poursuit le retraité suisse, il avait obligé son codétenu à jouer aux échecs pour ne pas qu'il regarde un programme à la télé consacré à son affaire."
"Regardez bien cet homme, vous ne le reverrez plus jamais…" À en croire les souvenirs de Me Bruno Ferri, c'est ainsi que Patrick Poivre d'Arvor a présenté son client au journal de 20 heures en décembre 1991. Scapula a en effet été prêté à la France pour comparaître à Paris dans un vieux dossier de trafic de haschisch avec le Liban pour lequel il écopera d'une peine de dix-huit ans. Décidément, le Brun n'est pas un client ordinaire. "Pour le voir à la Santé, on m'avait donné un vrai-faux permis de visite puisqu'il était détenu sous un faux nom, se souvient Me Ferri. À l'époque, chacun croyait qu'il allait quitter la Suisse, qu'il était en négociation avec les Américains…" 

"Il n'est pas resté longtemps en Europe" 

En est-on si sûr? "Les USA voulaient son extradition, la Suisse était d'accord, mais la France s'est toujours montrée intransigeante, résume Joseph Jutzet. Mais plus le temps passait, plus l'intérêt des USA baissait…" Et Scapula est toujours écroué en Suisse en novembre 2000 quand, après quinze ans de détention, il s'évade. Étonnamment, son escapade n'est rendue publique qu'un an plus tard. Un parfum de mystère qui vient renforcer encore l'hypothèse d'une exfiltration téléguidée de Washington. Jutzet n'y croit pas : "Il était presque en bout de peine. Je suis pratiquement sûr qu'il s'est octroyé une libération anticipée et qu'il a monté sa cavale tout seul. À l'époque, j'ai évidemment rendu compte à mes supérieurs, qui n'ont pas jugé nécessaire de communiquer. Personnellement, je n'étais pas malheureux de ne pas avoir à m'expliquer…"
Serait-ce alors l'assassinat de son plus virulent ennemi, Francis le Belge, deux mois plus tôt à Paris qui l'aurait décidé à prendre le large? "Ça n'a rien à voir. Comme il avait été lâché par les Américains, il n'avait qu'une peur : être incarcéré en France une fois sa peine purgée chez nous!" Paul Grossrieder est peut-être l'homme qui connaît le mieux François Scapula. Patron des stups locaux, c'est lui qui l'a arrêté et accompagné – jusqu'aux prétoires new-yorkais – quinze années durant, au point de le considérer comme "un ami". "Dans une autre vie, il aurait fait un super chef d'entreprise, assure le policier en retraite, par ailleurs très critique envers ses collègues français. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'après son évasion, facile, il n'est pas resté longtemps en Europe…"
Disparu des radars, François Scapula? Pas complètement. "Son nom est apparu dans une affaire franco-suisse de trafic de cocaïne il y a environ six ans, indique une source policière française, mais le dossier n'a pas prospéré…" La saga Scapula reste à écrire…  
* Qui a tué le juge Michel?, Jean-Marie Pontaut et Éric Pelletier, Michel Lafon.
La Mort du juge Michel – Contre-Enquête sur l'assassinat d'un incorruptible, Thierry Colombié, La Martinière.
 

BTP/Sevran: un gérant "caïd" jugé aujourd'hui

Un gérant d'une société de BTP est soupçonné d'avoir exercé des pressions pour obtenir des marchés dans un quartier de la ville de Sevran (Seine-Saint-Denis). L'entrepreneur créateur en 2010 de la SARL AFI affichait un casier judiciaire vierge. Il comparait aujourd'hui pour "extorsion, blanchiment et abus de biens sociaux" précise Le Parisien.

L'homme âgé de 30 ans n'hésitait pas à menacer de mort ses concurrents pour obtenir des marchés d'entretiens, de réparations et de travaux dans le quartier populaire des Beaudottes à Sevran, selon des informations rapportées par Le Parisien.

Menaces de mort

Le bailleur du quartier touché par l'affaire porte plainte en février 2012 après avoir remarqué le "comportement douteux d'AFI ainsi que ses tarifs prohibitifs".

Après enquête, la police judiciaire découvre que plusieurs entreprises ont subi des pressions, "voire des menaces de mort si elles avaient eu le malheur de répondre à des appels d'offres" ajoute le quotidien francilien.

L'individu pouvait s'en prendre au matériel utilisé par un entreprise concurrente voire "directement contre leurs personnes". Le gérant d'AFI a même réclamé une somme de 80.000 euros à un conducteur de travaux qui avait remporté un marché. Après plusieurs épisodes jugés "dangereux", des ouvriers avaient utilisé leur droit de retrait. Des entreprises ont porteront plainte quelques semaines plus tard.

Versement de pots-de-vin

Pour conserver un monopole acquis avec des méthodes d'intimidation, le gérant n'hésitait pas à donner des enveloppes de liquide aux gardiens d'immeubles. Ce geste lui permettait de se faire "signaler tous dégâts susceptibles d'entraîner des réparations" précise Le Parisien. Une surfacturation était alors appliquée.

Le gérant sera finalement arrêté en 2013. Trois autres personnes, également soupçonnés d'avoir participé à ces méfaits, ont obtenu un non-lieu.

Par ailleurs, le gérant de la SARL est soupçonné par les enquêteurs d'avoir utilisé la carte bleue de la société pour acheter des billets afin d'assister à des matchs de football mais aussi "des produits électroménagers ou des séjours à l'étranger" affirme Le Parisien


http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/12/01/97002-20141201FILWWW00067-btp-menaces-pour-obtenir-des-marches.php

Meurtre dans un palace parisien : il avait laissé une pancarte "ne pas déranger"

Ian Griffin, un Britannique de 45 ans, comparaît à partir de lundi pour le meurtre de sa compagne devant la cour d'assises de Paris. Un meurtre qui s'est déroulé dans uene chambre luxueuse du Bristol, un palace parisien, en mai 2009.
Ce jour là, Kinga Wolf, une femme  d'affaires d'origine polonaise, était retrouvée morte dans la baignoire de la  chambre qu'elle occupait au Bristol avec son compagnon anglais, Ian Griffin. La veille, celui-ci avait quitté le palace parisien au volant de sa  Porsche, laissant sur la porte un écriteau: "Ne pas déranger".

Le couple, elle, 36 ans, à la tête d'une société d'exportation de légumes florissante, lui, homme d'affaires multi-cartes, était en route pour la Côte  d'Azur. Tout s'est arrêté dans la nuit du 24 au 25 mai dans un palace parisien, le Bristol.
A partir de ce lundi, Ian Griffin comparaît devant la cour d'assises de Paris pour le meurtre de sa compagne. Il encourt 30 ans de prison.  
Esclandres sur les Champs-Elysées puis au Bristol
Entre Ian et Kinga, les relations étaient souvent orageuses, sur fond d'alcool et d'anti-dépresseurs. Et depuis leur arrivée à Paris, ils s'étaient fait  remarquer par des esclandres, d'abord dans un restaurant chic du quartier des  Champs Elysées, puis au Bristol même, où un employé avait entendu une violente  dispute à travers la porte dans la nuit du 24 au 25 mai, avant qu'un verre ne  vole par leur fenêtre en pleine nuit. Quand on ouvre la porte de la chambre, sur insistance de la famille de  Kinga qui ne parvient plus à la joindre depuis deux jours, tout est sens dessus  dessous. Traces de sang sur les murs et le matelas, lustre et pied de chaise  brisés, câbles électriques arrachés. Deux pistolets à impulsion électrique,  dont un camouflé en tube de rouge à lèvres, sont retrouvés.

La victime, dénudée, porte de nombreuses traces de coups et l'autopsie  révélera des hémorragies à la tête, au foie ou au pancréas, et une brûlure  compatible avec une arme à impulsion électrique. Les enquêteurs lancent aussitôt un mandat d'arrêt contre Ian Griffin, qui  sera interpellé le 1er juin en Angleterre, réfugié chez un ami, affirmant venir  de tenter de mettre fin à ses jours. Extradé en mai 2011, il a été incarcéré jusqu'en mars 2013, puis remis en  liberté sous bracelet électronique, après une grave maladie.
Il assure ne pas se souvenir des faits, évoquant un "trou noir", et la  possibilité d'une overdose de médicaments de son amie. Quant aux dégâts, il a  dû la repousser alors qu'elle l'agressait. Car s'il reconnaît que sa relation  avec Kinga était émaillée de disputes, parfois violentes, il explique que c'est  elle qui le frappait. Au réveil, il dit ne pas avoir compris tout de suite  qu'elle était morte.
  
"Un acte de folie"   
"A l'évidence c'est un acte de folie", estime Francis Triboulet, son  défenseur, qui décrit un homme "aujourd'hui encore dévasté parce qu'il a causé  la mort de la femme qu'il aimait". Dans ce "couple tumultueux", l'avocat ne voit "aucune raison objective (à  ce meurtre), pas de jalousie, pas d'assurance vie". "Une situation  incompréhensible qui ne peut s'expliquer que par un acte de folie".

Mais si la défense tournera autour d'une éventuelle diminution du  "discernement", et donc de la responsabilité, les experts psy, ceux  britanniques saisis avant l'extradition comme les français qui l'ont été lors de l'instruction, le jugent atteint de troubles de la personnalité et dépendant à l'alcool et aux médicaments, mais responsable.

La famille de la victime, elle, reçoit cette attitude "comme une fuite, une  volonté d'esquiver sa responsabilité", explique leur avocat, Guillaume  Traynard. "Les seuls moments qu'il oublie, son "trou noir", sont précisément  ceux de nature à engager sa responsabilité".

Or, au contraire, "il fait tout pour organiser sa fuite, ce qui est bien le  contraire d'une abolition du discernement", relève l'avocat. Quant aux  violences, "elle a reçu trois coups mortels, lui n'a aucune trace". "C'est une  histoire tristement classique d'une relation de violences conjugales qui  conduit à la mort de la femme".

Ian Griffin encourt 30 ans de prison. Le procès est prévu jusqu'au 5  décembre.