mardi 9 décembre 2014

Besançon : vies gâchées sur un parking de boîte

C’est une de ces stupides histoires, comme il en arrive sur les parkings de discothèques. L’alcool ingurgité, des mots jetés, des regards s’affrontant, des injures crachées, des violences qui enflent. Les choses qui s’exacerbent et parfois, comme c’est le cas dans l’affaire examinée depuis hier par la cour d’assises du Doubs, des vies gâchées. « Ma vie a basculé, je vis dans une situation catastrophique depuis deux ans et demi. J’étais chauffeur-routier, c’est fini, je suis au chômage, j’ai le quart de mon salaire d’avant, je suis en surendettement, je vis dans un mobil-home, dans un camping, je suis reconnu adulte handicapé. » Ainsi, Gilles Chevallier, 52 ans, décrit-il les jours de sa vie qui a « basculé » après une nuit vouée initialement à rester festive et au bout de laquelle il a dû être opéré d’urgence au CHRU.
Aujourd’hui, il a perdu définitivement l’usage de son œil droit et n’entend plus très bien de l’oreille droite. Les faits remontent au 15 mai 2012. Ce soir-là, Gilles Chevallier et cinq amis vont fêter à “La Mez”, une boîte de Besançon, la naissance de son petit-fils. Rires, ambiance, musique, on boit, on parle, on est bien. La nuit s’étire, déjà 5 h. Les deux couples du groupe décident de rentrer.
Parking de la boîte, les deux filles marchent devant leurs copains. L’une, Nadège Hoel, 30 ans, se fait traiter de « sale pute » par trois jeunes sortis d’une voiture. Une réplique verbale de sa part lui vaut une série de coups qui la font tomber. Son copain part chercher leurs deux potes restés à l’intérieur. Les voilà qui rappliquent, Gilles, le chauffeur routier va subir nombre de coups de poing et de pied, y compris à terre, et recevoir une bouteille lancée avec force qui, éclatant sur sa tête, sera à l’origine de sa grave blessure à l’œil.
Il faudra presque un an aux policiers pour retrouver et interpeller les agresseurs au nombre de trois. Un seul, Sofiane Loersch, 23 ans, poursuivi pour violence en réunion avec arme ayant entraîné une infirmité permanente, est dans le box des accusés. Les deux autres, âgés de 15 ans et 14 ans, ont été jugés pour les mêmes faits, par le tribunal des enfants et condamnés chacun à 3 ans dont 2 ans avec sursis et mise à l’épreuve durant 3 ans, peines confirmées en appel.
S’il reconnaît avoir frappé Gilles Chevallier, Sofiane Loersch, défendu par Me Jérôme Pichoff et Me Maud Pedroletti, nie avoir porté le moindre coup à Nadège Hoel.

Deux victimes formelles

Calme, la voix monocorde, le ton lisse, il se coule dans la peau de celui qui, ce soir-là, a tout fait pour éviter le pire et séparer les protagonistes : « J’ai voulu intervenir, je trouvais choquant qu’une femme se fasse frapper, je l’ai relevée en la prenant dans mes bras pour la porter et lui éviter d‘autres coups. Quand M. Chevallier est sorti de la boite, je lui ai dit qu’on n’était pas là pour se battre, on s’est mis d’accord. Puis, je lui ai tourné le dos, je l’ai vu ensuite à terre, il s’est relevé, il avait une bouteille à la main, je me suis senti agressé, je lui ai donné deux coups de poing, au ventre et à l’épaule et un coup de pied, mais je ne l’ai pas frappé à terre ». L’accusé réadapte parfois ses déclarations en fonction des éléments surgis des débats conduits avec une clarté sereine par la présidente Schlumberger.
En tout cas, Gilles Chevallier est formel, il n’a eu « aucune discussion » avec Loersch et ajoute : « Je me souviens de lui, il était le plus en avant. Mais je ne voyais plus entre les trois qui me frappaient et mes amis, j’étais à terre, le visage en feu, j’ai pris pour me protéger quelque chose qui traînait, une bouteille ou autre, je l’ai brandie pour les éloigner ».
De l’enquête, il ressort que c’est l’un des deux mineurs jugés qui a jeté la bouteille provoquant la grave blessure oculaire. De son côté, Nadège Hoel est très précise : « J’ai reçu un coup d’un mineur, je suis tombée, je me suis relevée, je l’ai repoussé, j’ai reçu alors des coups de trois personnes, Loersch ne m’a pas du tout aidé à me protéger ». La jeune femme a eu aussi sa vie bouleversée : deux fractures au visage ont nécessité une opération de la mâchoire et la pose d’une plaque sous l’œil. Elle ajoute : « Je ne suis pas parano, ce serait trop fort, mais désormais, j’ai du mal à être seule en ville ou sur un parking, je suis mal à l’aise ». Plaidoiries et verdict ce soir.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/12/09/vies-gachees-sur-un-parking-de-boite

Un an et demi après sa chute au travail, l'ex-charpentier attend justice

Paraplégique à la suite d'un accident de travail survenu il y a un an et demi sur un chantier de rénovation à Castelsarrasin, Hafid Benmalou, 28 ans, attend beaucoup de l'audience du tribunal correctionnel de Montauban qui se tiendra cet après-midi. «C'est la première fois depuis près d'un an que je vais revoir mon patron» témoigne l'ex charpentier qui a passé après sa chute quinze jours en réanimation et neurochirurgie et quatre mois en rééducation à la clinique de Verdaich (31). Une chute lourde de conséquence pour le jeune homme, père de deux enfants de 2 et 4 ans, qui a vu sa vie basculer le 17 juin 2013. «J'étais en train de découvrir une toiture sur une bâtisse située à Gandalou lorsque je suis venu donner un coup de main à mon collègue» se remémore non sans émotion Hafid. Évoluant à plus de 5 mètres de haut, le salarié qui travaille depuis plus de trois ans pour cet artisan charpentier-couvreur de Saint-Aignan, ne porte ni harnais de protection, et ne dispose d'aucune sécurité en cas de chute ; le chantier étant commencé sans la mise en place d'un échafaudage, de garde-corps ou encore de filet comme le prévoit le Code du travail. «Un chevron pourri a cédé, j'ai chuté de près de 6 mètres et ma moelle épinière a été sectionnée» lâche sobrement l'ex couvreur qui, sans vouloir accabler son ex-patron, contre lequel il n'avait pas porté plainte jusqu'ici, confirme «il aurait fallu au moins un échafaudage… On travaillait sans, la plupart du temps, alors que celui-ci était dans le devis des clients.» Et d'insister sur sa difficulté de faire valoir les risques encourus : «Plusieurs fois, j'avais signalé ces problèmes de sécurité notamment lorsque l'on devait enlever sur le toit des nids de guêpes, mais bon je n'avais pas le choix, il fallait que je bosse.»
Fataliste sur son accident, Hafid n'a pour autant pas encaissé l'attitude de son ex-patron. «Il est venu me voir deux fois à l'hôpital et une fois à la maison le jour où la CPAM lui a écrit, depuis un an pas un appel, ni un texto… Pourtant, j'ai tout appris de lui, il disait que j'étais comme son fils. Après ma chute, il a d'abord pensé à lui. Le jour même de l'accident, il n'a même pas arrêté le chantier, il a repris le travail comme de si rien n'était.» Entre-temps, l'épouse d'Hafid a dû se démener seule pour trouver un logement adapté au handicap de son mari. «Un an et demi après les faits, nous allons pouvoir peut-être enfin avoir une condamnation morale» espère-t-elle, le parquet ayant décidé de poursuivre l'artisan, les infractions sur l'absence de sécurité du chantier étant consécutives d'un délit

Devant le tribunal correctionnel… Et demain devant le TASS et les Prud'hommes

L'artisan qui encourt cet après-midi au moins une lourde amende, n'en verra pas pour autant les poursuites s'arrêter là. «D'ici quelques semaines, nous le retrouverons devant le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) afin de chiffrer l'indemnisation auquel a droit mon client et par la suite aux prud'hommes si jamais mon client était licencié (ce dernier étant en arrêt longue maladie)», certifie l'avocate Me Imane Krimi-Chabab du cabinet montalbanais Rey-Rossi qui défendra, dès cet après-midi, l'ancien couvreur.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/09/2007734-an-demi-apres-chute-ex-charpentier-attend-justice.html

lundi 8 décembre 2014

Un retraité de 74 ans apprenti serial killer jugé à Nice

Qui est réellement Robert Dolby, Britannique de 74 ans - 75 ans en janvier prochain - installé depuis plusieurs années sur la Côte d'Azur, à Roquebrune-Cap-Martin puis à Beausoleil ? S'agit-il d'un paisible retraité dont le seul tort serait de trop aimer les femmes, ou d'un apprenti serial killer ?
À partir de ce lundi matin et jusqu'à vendredi, la cour d'assises des Alpes-Maritimes juge ce senior accusé d'avoir tué une dame de 60 ans, et d'avoir tenté de violer, puis de tuer une seconde victime, souffrant d'importants troubles visuels.
Incarcéré depuis bientôt trois ans à la maison d'arrêt de Nice, cet ancien cuisinier, qui a travaillé dans le monde entier, clame son innocence.
Arrêté et écroué en février 2012, ce veuf se voit reprocher d'avoir agressé sexuellement et tenté d'étrangler, à son domicile de Beausoleil, Cindy, 29 ans, sa colocataire depuis un mois.
Un voisin confirme le récit de la jeune femme, qui est jugée crédible par les experts.
Robert Dolby, cependant, évoque des relations consenties et se présente en victime. À l'en croire, Cindy a eu une crise de folie et d'hystérie. Elle l'a frappé avec un pot de fleurs.
Deux ans après, un corps exhumé
En cours d'instruction, le juge se penche alors sur le décès d'une sexagénaire intervenu deux ans plus tôt, en mars 2010, dans l'appartement de l'accusé.
Si, à l'époque, le légiste a conclu à une mort naturelle par arrêt cardiaque, le médecin du Samu a émis des réserves. Il s'est ainsi étonné du calme de Robert Dolby, de l'absence de pathologie justifiant un arrêt cardiaque chez la défunte, des étranges traces rougeâtres retrouvées sur des oreillers.
Après exhumation du corps, l'autopsie décèle, dans le sang et l'estomac de la défunte, d'importantes traces d'un hypnotique, le Zolpidem. Ce médicament provoque un endormissement rapide. Et il pourrait faciliter un décès par étouffement par simple obstruction des voies respiratoires, à l'aide de la main ou d'un coussin et sans laisser de marques. Malgré ses dénégations, le retraité se voit imputer ce second crime.
Déjà condamné en Angleterre
L'enquête montre également qu'il a été condamné vingt ans plus tôt, en Angleterre, à quatre ans de prison pour agression sexuelle. Lors du procès, il avait plaidé non coupable, évoquant des jeux consentis. Sa victime avait été secourue dans la rue, nue et en état de choc.
Devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, Robert Dolby s'expliquera par l'intermédiaire d'un interprète. Convaincra-t-il les jurés qu'il n'a rien fait de répréhensible dans l'une et l'autre des affaires azuréennes ?
« C'est vrai, les femmes et le sexe sont les éléments dominants de sa vie », sourit son défenseur, Me Jacques Peyrat. « Mais, si l'Hôtel de Parisà Monaco constituait son terrain de chasse, il n'a pas le profil d'un meurtrier. » L'avocat pénaliste plaidera-t-il ainsi l'acquittement ? « Je pense tenir compte des dénégations de mon client. »
De leur côté, les parties civiles se disent persuadées de la culpabilité de Robert Dolby. « Nous espérons qu'il va prendre enfin conscience de la gravité de ses actes et qu'il les assumera… », résume Me Alexandra Albon.

http://www.nicematin.com/menton/un-retraite-de-74-ans-apprenti-serial-killer-juge-a-nice.2016633.html

Perpignan : un homme de 89 ans jugé pour avoir abattu son gendre

Le 20 juillet 2010, à Rivesaltes, Jean Bastouill a tué son gendre, le docteur Messmer, à coups de fusil. Il le soupçonne d'avoir empoisonné sa fille en 2008. L'accusé, âgé de 89 ans, comparaît à partir d'aujourdui. Verdict attendu vendredi soir.
C'est bien Jean Bastouill, 89 ans, qui a assassiné le docteur Jean Charles Messmer, 63 ans, à coups de fusil le 20 juillet 2010, à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales. Cela ne fait pas l'ombre d'un doute puisque l'auteur présumé a lui-même reconnu les faits. Il les a même revendiqués car, il lui fallait a-t-il dit «flinguer celui qui avait tué ma fille». La fille en question, c'est l'épouse de Jean Charles Messmer, décédée brutalement le 15 août 2008 en la seule présence de son époux qui lui aurait administré une piqûre parce qu'elle était fatiguée. Le veuf avait ensuite précipité les obsèques, l'incinération. Plongés dans le deuil, à l'époque, les proches et notamment les parents d'Anne Marie avaient trouvé l'attitude du docteur Messmer bizarre, tellement pressé et pointilleux pour organiser les journées qui avaient suivi la disparition brutale sans signes avant-coureurs.

Réquisitoire contre la victime

«Aujourd'hui, les Bastouill sont persuadés que le docteur Messmer a empoisonné leur fille qui souhaitait divorcer rapidement. Aujourd'hui nous le savons qu'elle voulait se séparer de lui» a expliqué fin novembre Me Etienne Nicolau l'avocat du meurtrier qui entend transformer ce procès d'une semaine en réquisitoire contre la victime, «le docteur Messmer qui cherchait un puissant poison à la pharmacie de l'hôpital où il est chef de service. Officiellement pour euthanasier son chien. Or, le docteur n'a pas de chien» a poursuivi Me Nicolau qui a mis en relief l'étonnant face à face pendant plus de deux ans entre Jean Charles Messmer et les époux Bastouill.
Car le médecin anesthésiste s'est maintenu dans le mas de Saint Jean, la confortable maison qui appartenait à Anne Marie, après une donation de ses parents les Bastouill. Un an après sa mort brutale, le médecin y avait même installé sa compagne Karine Romano, par ailleurs présentée comme sa maîtresse au moment de la disparition de l'épouse. Pendant tout ce temps, les époux Bastouill avaient assisté à cette nouvelle vie puisque leur maison donne sur le Mas Saint Jean.
En 2013, le parquet de Perpignan, qui avait ouvert une enquête pour déterminer les causes de la mort d'Anne Marie avait conclu à un non-lieu. Mais la procédure a été jointe à celle de l'assassinat. Le dossier sera donc évoqué, et même de façon centrale, pendant cette semaine de procès au palais de justice de Perpignan.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/08/2006916-box-accuses-homme-89-ans-abattu-gendre.html

Une affaire de famille

Nancy. La cour d’assises de Meurthe-et-Moselle devait examiner une tentative d’assassinat, les 10, 11 et 12 décembre prochains. Un préavis de grève déposé par les avocats, mercredi avec une journée « Justice morte » nationale, le procès débutera jeudi quitte à se poursuivre samedi. A moins que le mouvement des robes noires se durcisse, indiquait aux jurés le président Jean-François Redonnet en début de session. Auquel cas, le dossier serait renvoyé sine die.
Un contretemps pour les parties en cause, vraisemblablement pressées de tourner la page mais pas vraiment un casse-tête juridique : après 10 mois de détention provisoire, Frédéric Kinsinger, l’accusé a été libéré, placé sous contrôle judiciaire.
Ce quadragénaire domicilié dans le Toulois a tiré sur son beau-père le 6 août 2009. Les faits se sont déroulés en début d’après-midi à Limey-Remenauville, petit village non loin de Pont-à-Mousson. Frédéric Kinsinger a fait usage de son arme automatique, un pistolet 9 mm, à 11 reprises, en direction du concubin de sa belle-mère. Six projectiles ont atteint la victime sans qu’aucun d’eux ne touche un organe vital.
Frédéric Kinsinger a toujours nié avoir l’intention de tuer. Dans le cas contraire, il n’aurait pas loupé sa cible a-t-il répété au cours de l’instruction : il était inscrit dans un club de tir sportif.

Sa belle-mère le charge

Pourquoi cet homme décrit unanimement par son entourage comme calme, posé, voire effacé, est-il passé à l’acte ?
La victime aurait fait montre de violence à l’égard de ses enfants, il aurait notamment serré avec force le cou de son fils de 9 ans, la veille des faits a justifié Frédéric Kinsinger. De quoi lui faire voir rouge. Petit, lui-même aurait souffert du comportement déviant du compagnon de sa grand-mère. Venu au domicile de ses beaux-parents pour obtenir des explications, il aurait sorti son arme pour intimider son interlocuteur menaçant. Un scénario confirmé, dans un premier temps par sa belle-mère. Avant qu’elle ne se ravise. Son gendre avait prémédité son geste, il envisageait même de faire disparaître le corps a-t-elle avancé par la suite aux gendarmes en charge de l’enquête.
Sans tenir compte de ces déclarations, le juge d’instruction a estimé qu’il existait des charges suffisantes pour retenir l’intention d’homicide et la préméditation. Les tirs, à moins de trois mètres, ont visé le haut du corps, et Frédéric Kinsinger a pris le soin d’emporter une arme et des munitions pour rendre visite à sa victime. Il sera défendu par Me Frédéric Berna.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/12/08/une-affaire-de-famille

dimanche 7 décembre 2014

David Leroy condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Xavier Delille

La cour d’assises du Pas-de-Calais a délibéré pendant près de six heures. Pour répondre à une seule question – « M. David Leroy est-il coupable d’avoir volontairement donné la mort, le 9 juin 2007 à Hénin-Beaumont, à Xavier Delille ? » – c’est totalement inhabituel. Preuve que les trois juges professionnels et les six jurés ont plongé dans les doutes et les vides de ce dossier.
« Mes confrères de la partie civile vous ont expliqué pourquoi on a envie de condamner mon client. M. L’avocat général nous a dit pourquoi il ne faut pas le condamner. » Bruno Dubout, avocat de David Leroy, a plaidé en fin de matinée l’acquittement d’un homme toujours apathique, son lourd menton posé sur ses bras croisés, relevant parfois un œil noir dont il est difficile de deviner ce qu’il exprime.
« C’est vrai qu’il n’est pas sympathique », dit Me Dubout. Et il parle de ce monde des SDF qu’il connaît, par d’autres engagements, qu’il scrute et qu’il comprend. Mais il comprend aussi le regard que porte sur eux notre société : « Il n’est pas des nôtres. »

Des parents admirables

Il est de ce monde dans lequel avait fini par plonger Xavier Delille. Ce gosse brillant, mordant dans la vie qui lui a fait un ou deux croche-pieds au mauvais moment et qui est revenu s’installer, à trente ans, à Hénin-Beaumont, à côté de son père. C’est là qu’il a ouvert sa porte aux égarés de la vie. C’est là qu’il a sombré dans l’alcool et les stupéfiants. « On faisait ce qu’on pouvait pour lui, mais on sentait bien qu’on le perdait… » Ses parents, admirables de courage, participent forcément à l’œuvre de leurs avocats : c’est vrai qu’il est tentant d’en vouloir à ce David Leroy muet comme un mufle, qui s’endort parfois dans son box.
Car il a passé des aveux. C’est là-dessus que s’est appuyé l’avocat général : « Tout colle », dit-il. Ce que raconte Leroy après quatre ou cinq heures de garde à vue, après avoir nié. Et avant de revenir sur cette version et de nier à nouveau.
« Tout colle ? Comme vous y allez, M. l’avocat général ! » Bruno Dubout n’est pas d’accord. D’abord, il manque un mobile. Dans ses aveux, Leroy, à qui on pose évidemment cette question, répond que la victime avait insulté sa mère. Et l’expert-psychiatre, vendredi, était venu dire que « c’est sans doute la seule chose qui peut le faire sortir hors de lui… » Mais Xavier Delille pouvait-il proférer ces insultes ? « Dans l’état d’alcoolisation dans lequel il était ? C’est impossible ! ». Me Dubout s’appuie pour cette affirmation sur le témoignage d’un médecin légiste qui assure que Xavier Delille devait être inconscient, au moment du crime, au regard du taux d’alcoolémie relevé sur son corps.

Le doute de l’arme

Et puis, il faut une arme. Il y a bien cette fourche dont l’accusé a parlé spontanément, sans que personne ne l’ait remarquée avant. Cette fourche avec laquelle il assure avoir donné les coups qui peuvent correspondre avec les constatations du légiste. « Il ne peut pas l’inventer, ça, tout de même ! » Certes. « Mais dites-moi, cette fourche, on la retrouve à l’autre bout de la pièce. Bien à sa place. » Et le voilà qui mime l’homme qui aurait frappé avec cette arme lourde, repartant la poser à sa place. Il montre son client avachi dans le box : « C’est vrai qu’il est si ordonné. Si soucieux du rangement… » Des jurés se regardent…
Mais il y a l’histoire du loquet de la porte. Si ce loquet est tiré, personne ne peut entrer de l’extérieur, et alors, Leroy est le seul coupable possible, puisqu’il était à l’intérieur de la maison. « Il le tirait toujours », dit la mère de Xavier. Son père confirme. D’autres témoins, aussi. « Mais si ce jour-là, il était trop alcoolisé ? »

Un dossier plein de trous

Bruno Dubout ira aussi loin qu’il le peut. Ce dossier est plein de trous. Pleins d’absents, aussi, comme ceux qui ont disparu tout de suite après le crime, des gens de la rue ou de la galère, qui avaient, eux, des raisons objectives d’en vouloir à Xavier Delille. Parce qu’il les avait recueillis un moment, puis leur avait demandé de vider les lieux. Il se sentait d’ailleurs menacé. La veille du crime, il avait dit à sa mère au téléphone : « Ils vont me tuer à coups de battes. » David Leroy était avec lui, il avait même confirmé à la maman que son fils avait peur. Il était encore là le lendemain, un peu avant 8h30, quand Xavier Delille, trente-cinq ans, a été retrouvé mort, baignant dans son sang, la tête et le torse fracassés.
La cour d’assises n’a pas suivi l’avocat béthunois. Elle a jugé que David Leroy avait bien frappé Xavier Delille à mort – et volontairement. Il est condamné à quinze ans de réclusion criminelle. Me Dubout a annoncé immédiatement son intention de faire appel.
http://www.lavoixdunord.fr/region/david-leroy-condamne-a-quinze-ans-de-reclusion-ia34b0n2534029

samedi 6 décembre 2014

Trente ans pour le meurtre et le vol de La Roue

La cour d'assises d'appel du Lot-et-Garonne a condamné Mekki Boughouas-Campagne à trente ans de prison, hier. Il a été reconnu coupable du meurtre et du vol avec de Julien Fernandez, directeur artistique de la discothèque La Roue, en 2008.
Ils pleurent. Puis quittent le banc des parties civiles, et le tribunal. Après cinq jours d'audience, la présidente de la cour d'assises d'appel du Lot-et-Garonne, Annie Cautres, vient de laisser tomber le verdict : Mekki Boughouas-Campagne a été condamné à trente ans de réclusion criminelle, hier à Agen. Il a été reconnu coupable du meurtre et du vol avec arme de Julien Fernandez, le directeur artistique de la discothèque La Roue, en 2008 à Pamiers. L'ancien portier de la discothèque avait été condamné à la même peine en première instance puis en appel. Lors de cette dernière audience, il avait été condamné pour violences ayant entraîné la mort et plus pour meurtre. La décision avait été cassée par la Cour de cassation pour «insuffisance de motivation». C'était son troisième procès, la troisième fois qu'on lui reprochait ces faits, et donc une nouvelle fois la même peine. Et ce n'est peut-être pas fini : selon ses conseils, Mekki Boughouas-Campagne doit à nouveau se pourvoir en cassation.

«C'est lui qui a commis le meurtre»

Trente ans de réclusion, c'est ce qu'a requis l'avocat général Antoine Leroy, plus tôt dans la journée. Le représentant du ministère public déplie sa grande silhouette face aux jurés, puis revient sur la version de l'accusé, écarte chacune des objections soulevées par Mekki Boughouas-Campagne. Notamment en exonérant Othman El Houari, celui que l'accusé désigne comme le tueur de Julien Fernandez. «Je suis convaincu qu'il était seul. C'est lui qui a commis le meurtre, c'est sûr». Et dans son réquisitoire, il y a aussi beaucoup d'humanité. L'avocat général évoque «les circonstances atténuantes». Il parle de son enfance, quand la famille a dû quitter Paris pour l'Ariège dans le but de fuir un père violent.

«Je ne suis pas l'auteur de ces coups de couteau»

En défense, Me Apollinaire Legros-Gimbert évoque longuement Othman El Houari. Celui qui, selon Mekki Boughouas-Campagne, a donné les quarante-deux coups de couteau à Julien Fernandez «sait trop de choses pour ne pas avoir été sur les lieux». Sans prononcer le mot, il plaide l'acquittement de son client.
De son côté, l'autre conseil de Mekki Boughouas-Campagne donne plutôt dans la défense de rupture. Me Édouard Martial attaque la présidente Annie Cautres, qui «est allée fumer une cigarette» avec la partie civile. Avec sa voix éraillée et ses gestes secs du bras, il évoque les «doutes» qui, selon lui, ressortent du dossier. Il demande de juger «comme vous voudriez être jugés, comme vous voudriez que le juge se laisse gagner par le doute».
Et puis Mekki Boughouas-Campagne se lève. «Cela fait sept ans que je suis en prison. J'ai beaucoup réfléchi à ce comportement, ce n'est pas un comportement respectable. Je le regrette vraiment, vraiment». Il le dit à nouveau : «je ne suis pas l'auteur de ces coups de couteau».

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/06/2005967-trente-ans-meurtre-vol-roue.html

Procès pour abus de faiblesse : «Mon client était leur poule aux œufs d'or»

Il s'avance à la barre, timidement, en principale victime d'une pénible affaire d'abus de faiblesse subie notamment à Cahors, entre septembre 2009 et décembre 2010.
«C'est un homme d'une grande vulnérabilité. Il a 36 ans et doit faire face à un endettement de 150 000 €. Son horizon est bouché, car une telle somme correspond à huit ans de salaire pour lui. C'était la poule aux œufs d'or de ses collègues.»
C'est ainsi que François Faugère, avocat de ce Cadurcien placé sous curatelle, a plaidé jeudi au tribunal correctionnel de Cahors, pour défendre les intérêts de son client. Un jeune homme encore très marqué par l'abus frauduleux dont il a souffert et par la confiance aveugle accordée à deux anciens amis. Ceux-ci travaillaient pour le compte de la société américaine ACN (All communication network) spécialisée dans le marketing de réseaux.
«Cette société a mis en œuvre un système pyramidal où ses collaborateurs doivent parrainer des filleuls qui doivent, à leur tour, développer leur propre réseau. Chacun recevant ensuite sa commission, a retracé Jérôme Duphil, qui défendait l'un des deux ‘'abuseurs''. Mon client a également fait preuve de naïveté au sein de cette société ; il a été séduit par son discours. Le trio (la victime, le client de l'avocat et la tête pensante du groupe) fonctionnait bien. Chacun semblait trouver son compte.»
«Ils ont reconnu leur culpabilité. On doit évidemment leur reprocher d'avoir abusé de leur collègue en le persuadant de souscrire des emprunts et de financer leur train de vie, l'achat de voitures et des voyages aux USA, en Corée, en Espagne. Ils ont même absorbé toutes ses économies, jusqu'aux 18 000 € de son Plan épargne logement», a détaillé le ministère public.
La substitut du procureur a estimé, en s'appuyant sur l'expertise psychologique de la victime, que «l'état de vulnérabilité était visible par ceux qui l'ont exploitée avec frénésie.»Le tribunal a suivi le réquisitoire du ministère public et condamné le prévenu et son compère, absent, à une peine de six mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve pendant 3 ans.
Ils devront également indemniser la partie civile.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/06/2006124-mon-client-etait-leur-poule-aux-oeufs-d-or.html

Rixe mortelle sur l'A13 : les 4 accusés condamnés à des peines de 14 à 15 ans de prison

Les quatre jeunes des Mureaux ont été condamnés à des peines de prison allant de 14 à 15 ans dans le procès en appel sur la rixe mortelle sur l'A13. Ils avaient battu à mort Mohamed Laidouni, sous les yeux de sa famille.

Quatre jeunes des Mureaux, dans les Yvelines, ont été condamnés vendredi en appel à des peines de 14 à 15 ans de prison pour le meurtre de Mohamed Laidouni, un automobiliste qu'ils avaient juré de "crever" sous les yeux de sa famille.
Contrairement au procès en première instance, la cour d'assises des Hauts-de-Seine n'a pas retenu le qualificatif de "meurtre", requalifiant les faits en "coups mortels en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner". L'avocat général avait requis une peine de 20 ans de prison à l'encontre des accusés.
"Un passage à tabac" pour la cour
Fustigeant "la loi de la cité qui se nourrit uniquement de force et de violence", l'avocat général avait requis une peine de 20 ans de prison à l'encontre des accusés originaires de la cité, réputée difficile, des Mureaux (Yvelines) et âgés de 23 et 24 ans au moment des faits. Pour la cour, qui a délibéré pendant plus de huit heures, il ne s'agissait pas d'"une bagarre qui a mal tourné" mais "bien d'un passage à tabac" de Mohamed Laidouni, 30 ans, battu à mort sur l'autoroute A13 en 2010. Toutefois, "l'intention d'homicide ne peut être caractérisée", a-t-elle estimé."Les jurés ont retenu la culpabilité de tous les accusés. C'est une bonne chose même si je reste convaincu qu'il s'agissait bien d'un lynchage", a réagi Maître Francis Szpiner, avocat des parties civiles. Le verdict a été prononcé dans une ambiance tendue. Plusieurs dizaines de policiers avaient été déployés autour du tribunal correctionnel de Nanterre pour prévenir d'éventuels débordements.

vendredi 5 décembre 2014

Meurtre de Sabrina à Lucéram: 20 ans de prison pour l'auteur des faits

L'accusé, qui semble souffrir d'importants problèmes psychiatriques, reconnaissait le crime mais niait toute préméditation. Il ne devrait pas interjeter appel.

L'avocate générale Corinne Savonne avait requis à son encontre 30 ans de réclusion en dénonçant une "exécution barbare, méthodique et minutée". "Il faut le garder longtemps en prison afin de le soigner et de le prendre en charge", avait souhaité la magistrate selon
le journal Nice-Matin "A sa sortie, il ne doit pas y avoir une nouvelle Sabrina, éventrée avec un couteau puis égorgée."

Retour sur l'affaire 

Sabrina, une étudiante de 17 ans, avait retrouvée morte au domicile familial sur la route de l'Escarène à un kilomètre de Lucéram dans l’arrière pays niçois. Elle avait été tuée à l'aide d'un couteau par un homme de 24 ans.
L'auteur de faits, avait été appréhendé après avoir lui même téléphoné aux gendarmes.

L'homme avait été interpellé sur la terrasse de la maison de la jeune fille avec un couteau de plongée. Des tests ont montré qu'il n'était ni sous l'emprise de l'alcool ni sous celle d'autres substances.

Considéré comme un marginal, qui errait dans la région où sa mère résidait, il avait alors été placé en garde à vue. Durant son audition devant les gendarmes, il avait une nouvelle fois reconnu les faits, tout en demeurant extrêmement flou sur le mobile de son acte et sur une éventuelle préméditation.


http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/justice

Meurtre au Bristol: 20 ans de réclusion

La cour d'assises de Paris a condamné aujourd'hui à 20 ans de réclusion criminelle le Britannique Ian Griffin pour le meurtre de sa compagne Kinga Wolf en 2009 dans leur chambre du palace Le Bristol.

Le jury l'a reconnu responsable de ses actes malgré une altération de son discernement. La défense avait, elle, plaidé l'abolition du discernement, dont l'irresponsabilité pénale, arguant que Ian Griffin disait ne se souvenir d'aucun des faits entourant la mort de sa compagne d'origine polonaise de 36 ans.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/12/05/97001-20141205FILWWW00498-meurtre-au-bristol-20-ans-de-reclusion.php

Assises: trente ans de réclusion requis à Nice contre le meurtrier de Sabrina

Devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, trente ans de réclusion, assortis d'une période de sûreté des deux tiers, sont requis vendredi matin contre Teddy Dieudonné de Carfort, l'assassin présumé de Sabrina Parisi à Lucéram.
Validant les conclusions des experts psychiatres, l'avocate générale Corinne Savonne retient l'altération du discernement du jeune technicien de surface lors de son acte criminel.
Cette altération constitue une circonstance atténuante qui abaisse d'un cran la peine maximale encourue et ne permet donc pas, en principe, de prononcer la réclusion à perpétuité. "Il l'aurait méritée" soupire l'avocate générale en décrivant une "exécution minutieusement préparée, barbare, méthodique et minutée".
A la sortie de prison de l'accusé, elle réclame un suivi socio-judiciaire d'une durée de dix ans. "Il doit retrouver la liberté guéri. Je ne veux pas que dans une vingtaine d'années une nouvelle Sabrina soit éventrée et égorgée".
La défense, qui soutient l'absence de préméditation, plaide à partir de midi trente. Le verdict des jurés est attendu en soirée.
http://www.nicematin.com/luceram/assises-trente-ans-de-reclusion-requis-a-nice-contre-le-meurtrier-de-sabrina.2013155.html

Meurtre de La Roue : "Je ne savais pas de quoi il était capable"

Suite des dépositions, hier lors du procès de Mekki Boughouas-Campagne. Il est accusé du meurtre et du vol avec arme de Julien Fernandez, directeur artistique de la discothèque La Roue, en 2008 à Pamiers. Il a été question des gestes de l'accusé après les faits.
Les deux pieds et la tablette en bois sombre trônent au milieu de la salle d'audience, face au bureau de la présidente Annie Cautres et des assesseurs. Hier matin, la barre de la cour d'assises d'appel du Lot-et-Garonne, à Agen, a été beaucoup sollicitée. Les témoins s'y sont succédé, en ce quatrième jour du troisième procès de Mekki Boughouas-Campagne(1). Il est accusé du meurtre et du vol avec arme de Julien Fernandez, le directeur artistique de la discothèque La Roue, en 2008 à Pamiers. Ces faits, l'accusé les reconnaît en partie : il nie avoir porté les quarante-deux coups de couteau au jeune homme. Et comme tous les jours du procès, les débats ont mis en lumière le déroulement de ces faits. Jusqu'aux gestes de l'accusé après le dimanche du meurtre.
La barre est au centre de l'attention. Quand la personne qui hébergeait Boughouas-Campagne dépose, par exemple. L'homme raconte que ce dimanche 13 janvier, il le voit faire sécher du linge — l'accusé dit qu'il ne l'a pas lavé ce jour-là. Dans la maison, l'ancien portier de la discothèque a laissé un fusil et une serviette tachés du sang de la victime.
Ce jeudi matin, il est surtout question d'une jeune femme. La petite amie de l'accusé, en 2008. Comme souvent à l'époque, il se rend à Rivesaltes après les faits. Son amie habite là, dans les Pyrénées-Orientales.
Celui qui avait rarement du liquide en poche porte alors «une liasse de billets», et dit à sa compagne qu'il a de l'argent, «maintenant». Il lui parle d'ailleurs du vol, dit qu'il s'est «bien» déroulé, mais pas le 13 janvier.
«Je ne savais pas de quoi il était capable», souffle celle qui était lycéenne à l'époque.
L'intermède à Rivesaltes ne dure pas : Boughouas-Campagne doit rentrer en Ariège. «Il m'a juste dit qu'il devait aller à Pamiers parce qu'on l'accusait de quelque chose qu'il n'avait pas commis», retrace la jeune femme en visioconférence.

«Un couteau qui se referme»

L'ancienne amie dépose pendant plus d'une heure. Au moment des faits, elle est «la personne la plus proche» de l'accusé. Du coup, les avocats l'interrogent longuement. «Avez-vous déjà vu M. Boughouas en possession d'une arme blanche ?», laisse tomber Me Emmanuel Tricoire, l'un des conseils des parties civiles. «Il me semble qu'il avait un couteau, dit la jeune femme. Je ne sais pas comme ça s'appelle, c'était un couteau qui se referme». Plus tard, Annie Cautres rebondit. Mekki Boughouas-Campagne nie : «Je n'avais jamais de couteau sur moi». Sauf «un couteau suisse, dont je me servais pour manger». «Quand vous montez sur le vol, vous avez un couteau ?», relance Annie Cautres. «Non, Madame la présidente». Le verdict est attendu aujourd'hui.
1) La décision d'appel qui le condamne à trente ans de réclusion a été cassée par la Cour de cassation pour «insuffisance de motivation».
http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/05/2005463-meurtre-roue-savais-quoi-etait-capable.html

Le voleur avait tranché son bracelet électronique

C'est après avoir brandi un couteau en plein Cahors, volé de l'orge et du gasoil, puis brisé son bracelet électronique qu'un homme s'est retrouvé à la barre du tribunal puis derrière les barreaux.
Trois affaires : vol, détention d'une arme blanche et destruction de bracelet électronique. C'est beaucoup pour un seul homme. Celui-ci, âgé de 29 ans, originaire de Gourdon, puis domicilié successivement à Cahors et Souillac, comparaissait hier à la barre du tribunal correctionnel de Cahors pour ces faits qui lui ont valu une incarcération à la maison d'arrêt de Rodez.
Il y a été reconduit à l'issue de l'audience après avoir écopé d'une peine de 4 mois de prison ferme. La première affaire prend sa source à Cahors. Place Chapou, le 27 août dernier, cet individu alcoolisé était en possession d'un grand couteau de cuisine. Des passants ont aussitôt alerté le commissariat. «À l'arrivée des policiers, vous avez tenté de prendre la fuite», lance Ingrid Guillard, présidente du tribunal, au prévenu qui n'a pas souhaité être assisté d'un avocat. «J'avais ce couteau car on m'avait agressé pour me voler mon téléphone», précise-t-il.

«Évadé pendant 3 jours»

Un mois plus tard, à Loupiac, ce même jeune homme est pris la main dans le sac… d'orge. «Vous avez volé 140 kg d'orge et du gasoil dans la ferme du compagnon de votre mère», lui rappelle la présidente.
Lors des auditions, le voleur présumé s'était justifié : «L'orge, c'était pour mon cheval et le gasoil pour alimenter le groupe électrogène de la barrière du champ qui protège l'animal. Il était entendu avec ma mère que je pouvais me servir.»
Cette accumulation de faits a entraîné son placement sous surveillance électronique.
Il est d'abord hébergé par sa petite amie, à Cahors. Mais le couple bat de l'aile. Le jeune homme s'en va alors à Souillac en prenant soin, au préalable, de sectionner son bracelet électronique. Nous sommes le 14 octobre 2014. «En brisant ce bracelet, vous êtes devenu un évadé pendant 3 jours», lance la présidente. «Oui, mais pendant mon évasion j'ai trouvé un appartement à Souillac», rétorque le prévenu soucieux de démontrer sa volonté d'insertion sociale et d'abandon de l'alcool.
Le tribunal n'y a pas cru.
L'appartement loué à Souillac se situe juste au-dessus d'un bar.

Une vie chaotique du bar à la barre

Hier à l'audience du tribunal, l'homme interpellé le 17 octobre dernier a reconnu une certaine dépendance à l'alcool : «Je suis sous traitement en prison». Place Chapou, à Cahors, lorsqu'il brandissait un couteau de cuisine, il venait de consommer plusieurs bières. «Votre casier comporte cinq mentions pour conduite en état alcoolique. Croyez-vous, monsieur, que prendre un logement à Souillac au-dessus d'un bar soit une bonne idée ?» lui demande la représentante du ministère public. «Vous êtes à un tournant important de votre vie. Il faut plutôt vous éloigner de vos mauvaises fréquentations», lui a aussi conseillé la présidente.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/05/2005408-le-voleur-avait-tranche-son-bracelet-electronique.html

Le joueur de rugby, éméché, plaque un jogger et le tabasse

Audience correctionnelle bien chargée en dossiers d'alcoolémie, hier après-midi. Au volant mais aussi dans la rue avec des coups en prime. Comme dans cette affaire de violences gratuites à Gaillac.
Ils ont fait la fête et bu un bon coup lorsqu'ils sont tombés sur un paisible jogger à Gaillac. C'était le 14 juin vers 6 heures du matin. Difficile de dire ce qui a déclenché les foudres des quatre occupants qui ont croisé son chemin et effectué un demi-tour pour le rattraper. Vincent, victime est catégorique : trois individus sont descendus et l'ont passé à tabac. Sébastien, jeune rugbyman de 21 ans, endosse la responsabilité des faits et assure qu'il était seul. Poursuivi pour des violences suivies d'une incapacité de travail de 21 jours, il a été condamné hier à 210 heures de travail d'intérêt général (Tig). Il devra, également, débourser 2 000 € de dommages et intérêts pour le préjudice corporel et moral.
Sans trop manifester de remords, il explique qu'il était passager. «Pour rigoler, on l'a chambré, il n'a pas apprécié, je me suis énervé, je suis sorti et je l'ai plaqué. J'étais seul à le frapper. Des coups de poing». La victime précise avoir reçu une trentaine de coups de pied.
«Si ce n'est pas une agression gratuite ? lance la présidente, Françoise Alien. Il a eu 21 jours d'ITT, ce n'est pas rien !» Me Solène Mérieux, l'avocate de la partie civile, parle de traumatisme physique (une luxation d'épaule, une mâchoire en vrac, des contusions multiples) mais aussi de traumatisme psychologique. Elle demande pas moins de 7 000 € pour les préjudices subis. Claude Dérens, le procureur, relève l'absence d'excuses du prévenu. «Je suis inquiet pour son projet professionnel au service de la sécurité, il commence bien mal. Il faut qu'il fasse ses preuves», lance-t-il en requérant 240 heures de Tig.
Me Emmanuelle Pamponneau, qui assure la défense du jeune rugbyman, s'étonne. «S'il a reçu autant de coups qu'il veut bien le dire, de la part de trois personnes, le certificat médical n'en porte pas trace. Peu ou pas de contusions. On est loin du déchaînement de violence décrit par la victime. Il a commis un acte qu'il n'aurait pas dû commettre, c'est évident», conclut-elle en demandant la non-inscription des faits au bulletin numéro 2 du casier judiciaire. Juste pour ne pas entraver son avenir dans le monde de la sécurité. Réussira-t-il à tempérer ses ardeurs ?

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/05/2005153-joueur-rugby-emeche-plaque-jogger-tabasse.html