mercredi 3 décembre 2014

Localisation des radars sur Facebook : 15 automobilistes fixés sur leur sort

Ont-ils enfreint la loi ? Ou sont-ils victimes, comme ils le dénoncent, de l'"hypocrisie" de la loi ? 15 automobilistes qui signalaient les radars sur une page Facebook vont être fixés sur leur sort ce mercredi. Des suspensions de permis de 15 jours à 4 mois ont été requises
C'est un procès inédit dont on va enfin connaître l'épilogue. Quinze membres d'un groupe Facebook "antiradar" vont être fixés sur leur sort ce mercredi. Le tribunal correctionnel de Rodez va en effet indiquer si ces automobilistes ont droit, ou non, de signaler sur le réseau social, la localisation des radars sur les routes de l'Aveyron.
Des suspensions de permis de 15 jours à 4 mois avaient été requises à leur encontre. Le procureur s'en était notamment pris à Facebook, une "blogosphère où tout serait permis et où dénoncer les gendarmes donnerait un statut de héros". La défense des prévenus a, au contraire, dénoncé une "hypocrisie" de la justice, en faisant valoir que les systèmes d'aide à la conduite fournissaient les mêmes informations.
 
L'avocat a demandé à la relaxe
Ces dispositifs" sont les grands absents de ce procès" avait lancé dans sa plaidoirie l'
avocat Rémy Josseaume, expert en droit automobile, qui défend 11 des 15 prévenus. L'avocat a demandé "la relaxe ou une dispense de peine" pour eux après avoir ironisé en lançant peu avant l'audience : "Voilà les terroristes du Net".

Les quinze prévenus répondent de "soustraction à la constatation des infractions routières". Parmi eux, huit sont également poursuivis pour "outrages" après avoir qualifié les gendarmes sur la page Facebook de noms d'oiseaux. A l'encontre de ces derniers le procureur a requis des peines d'amende de 300 à 500 euros.
"Je ne comprendrais pas que nous on morfle et pas les autres"

Créée en 2012, la page Facebook du groupe "qui te dit où est la police en Aveyron", comme il se fait appeler, écrit notamment à l'attention des internautes: "Tu vois une camionnette bleue, un radar, des motards... viens le signaler"!

Ce type de pages réunit "entre 600.000 et 800.000 membres sur Facebook", assure Me Josseaume. L'avocat a plaidé qu'aucune loi n'était en fait violée, car selon lui le groupe sur Facebook ne peut pas être assimilé à un "détecteur de radars", dont l'utilisation est passible d'une amende de 1500 euros et d'un retrait de six points sur le permis.
"Mettre en danger la vie d'autrui"
A l'audience, un des prévenus avait souligné qu'il y avait "énormément de groupes Facebook de ce type en France. Mais on n'indique pas que des radars... On signale aussi de la neige ou des bêtes sauvages ou des bouchons", avait-il relevé. Un autre prévenu a affirmé que "des gendarmes avaient également ce genre de page Facebook" signalant les radars. "Je ne comprendrais pas que nous on morfle et pas les autres", s'est-il plaint.

Les associations pour la
sécurité routière voient, elles, un dangereux instrument dans ce groupe Facebook. "La vitesse tue et le fait qu'on essaie de déjouer les systèmes de contrôle, c'est se mettre en danger et mettre en danger la vie d'autrui", estime Bernard Stasiowski, directeur de l'Association prévention routière dans l'Aveyron.
 

Drame de la Saint-Valentin : l’accusé condamné à quinze ans

Jugé depuis lundi pour le meurtre de son épouse, Vincent Szarek, 71 ans, a été condamné en appel à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Bas-Rhin, comme en première instance.
L’avocate générale Cécile Hartmann avait requis vingt ans de réclusion à son encontre.
À la suite d’une dispute, au soir de la Saint-Valentin 2 012 dans leur maison de Wittenheim, l’homme a tiré à plusieurs reprises avec sa carabine 22 LR à travers la porte des toilettes où sa femme s’était enfermée. L’une des balles a atteint la victime de 64 ans à la tête.
Lors de son premier procès, l’accusé avait évoqué un « accident », tout en admettant les coups de feu en direction de son épouse.

http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/ville-de-strasbourg

mardi 2 décembre 2014

Feu de Carpiagne : un homme seul et une armée sourde

C'est un homme droit, l'adjudant Philippe Fontaine. Il porte haut les couleurs de la France depuis l'âge de 18 ans. Chemise blanche, cravate sombre, médaille de l'Onu en bandoulière, il a des faits d'armes qui en disent plus long que les décorations de nos notables les mieux introduits. Il a tutoyé la mort, vu "des enfants déchiquetés", comme il dit, il y a peu encore, en Centrafrique. Et il a été en vingt ans de tous les théâtres d'opérations, au Tchad, en Afghanistan, en Yougoslavie, là où il avait tout à craindre.

Et pourtant, bien qu'il s'en défende, c'est l'épreuve de la justice des hommes qu'il redoute. Qui le chahute. Car à la barre du tribunal correctionnel de Marseille, c'est un homme taiseux qui porte le poids de toute une institution. Qu'il a servi avec fidélité. Or aujourd'hui, il est seul, l'adjudant Fontaine. Son avocat, Me Dominique Mattei, est devenu son épaule, qui dans une chorégraphie toute judiciaire, lui souffle presque les réponses. Un homme seul, Fontaine, bien que soutenu par ses proches, mais l'uniforme s'est fait rare dans la salle.

Tirs à balles traçantes

Comme s'il était devenu infréquentable. C'est lui qui était directeur de tir, le 22 juillet 2009, quand l'incendie de Carpiagne a enflammé les calanques, consumé plus de 1 000 hectares et détruit 11 % du coeur terrestre du site classé du parc. "Cette affaire, je la vis très mal, glisse-t-il. Je me lève avec. Je me dis chaque fois : si je pouvais revenir en arrière..." Pourquoi avoir ordonné ce jour-là une séance de tirs à balles traçantes, alors que le vent forcissait et que le pire, même sans être agrégé climatique, était prévisible ? Au jeu des questions-réponses à vertu pédagogique, très prisé dans les audiences pénales, un peu moins dans l'armée, Fontaine n'est pas le meilleur.
On a parfois l'impression d'être propulsé dans un sketch de Fernand Raynaud , où le rictus aurait pris le pas sur le rire. Il est chahuté, Fontaine. "Parce que j'ai voulu que mes hommes soient prêts au combat en conditions réelles, répète-t-il en boucle. J'ai voulu faire vite et bien." Mais pourquoi cette hâte ? Ses hommes ne devaient pas repartir le lendemain sur le front. Et surtout, il n'ignorait pas que l'usage des balles traçantes était interdit en été. Bien sûr qu'il savait. "Vous savez, Mme la présidente, reprend-il, quand on est légionnaire et qu'on reçoit un ordre, on exécute !"

Les calanques enflammées

L'enquête va démontrer que le jour des faits, ni le commandant de la base, ni l'officier de tir n'étaient présents. C'est un caporal qui donnera les munitions à Fontaine. On se dit que l'armée, en cet été 2009, n'a pas été la grande muette, mais plutôt la grande sourde ...Lorsque ses supérieurs lui ont demandé de rédiger son rapport, ils l'ont réécrit. "J'ai dû le refaire cinq ou six fois, confiera-t-il au juge. J'en ai eu marre. Je n'ai même pas relu ce qu'ils ont écrit pour moi."

Les deux colonels correcteurs en chef n'ont pas été inquiétés. Juste entendus. Et les communes de Marseille, Cassis et Carnoux ne sont même pas parties civiles. Obsédant silence. Cinq ans après, questionné par la présidente Lucie Chapus-Bérard, l'adjudant Fontaine se dit toujours persuadé que ce n'est pas une balle traçante qui a enflammé les calanques.

Me Frédéric Sarrazin, pour 7 des victimes de l'incendie, déplore "un enchaînement d'hypocrisies", au-delà d'un homme "qui a fait une grosse bêtise". Réquisitoire et plaidoiries aujourd'hui.


 
 
Dernières infos :

- 11 heures : le tribunal correctionnel de Marseille rendra son jugement le 19 janvier

- 10 heures :
huit mois de prison avec sursis requis à l'encontre du légionnaire


http://www.laprovence.com/article/actualites/3157509/feu-de-carpiagne-un-homme-seul-et-une-armee-sourde.html

Elle frappait son compagnon et vidait ses comptes bancaires

Lisa, une jeune femme de 25 ans, s'est fait entretenir pendant trois ans par son compagnon e et le frappait. Elle a été condamnée hier à 18 mois de prison dont 12 avec sursis mise à l'épreuve
«Dès les premiers coups, elle a eu de l'emprise sur moi car je l'aimais.» Un homme fragile s'est avancé hier à la barre du tribunal correctionnel pour raconter les violences conjugales qu'il a subi pendant trois ans. «La violence n'a pas de sexe, pas de genre» a rappelé le procureur Francis Boyer. Hier, Lisa, jolie jeune femme brune de 25 ans était poursuivie. Elle a rencontré «son pigeon» comme elle le désigne lorsqu'elle était adolescente. Les jeunes gens se sont perdus de vue puis retrouvés en 2009.
À l'époque, Lisa vivait une relation tumultueuse avec un homme violent. L'homme, 26 ans à l'époque, s'est rapidement pris d'affection pour elle. «Il m'a aidé. Il m'a installé dans un appartement qu'il payait». Pendant ce temps, «l'amoureux» vivait chez ses parents. Pendant trois ans, il a tout payé. «Financièrement, je dépendais entièrement de lui», admet Lisa.
Fou amoureux, il aurait dépensé près de 60 000 € durant leur relation, contractant plusieurs crédits pour elle. «J'étais dépendant sentimentalement d'elle. Elle me demandait toujours plus d'argent».

À coup de rouleau de pâtisserie

Cette «mante religieuse» selon le procureur Boyer «l'a vampirisé au plan financier !». Mais pour le parquet et la défense, l'amoureux trouvait aussi son compte dans cette relation. «C'était une façon de nouer une relation exclusive avec elle».
Le 8 octobre 2012, la jeune femme s'est montrée plus violente que d'habitude. Ce soir-là, les parents du jeune homme, inquiets, ont appelé les gendarmes. «En voyant les gendarmes en bas de chez elle, elle a dégoupillé», tempère, pour sa défense, Me Nathalie Dupont-Ricard. La jeune femme a violemment frappé son compagnon à coups de poing et de rouleau à pâtisserie ! «Il a subi des coups d'une violence inouïe !», estime son avocate, Me De Courreges d'Agnos. «Les violences se sont intensifiées au fur et à mesure de notre relation», confie la victime.
«Je reconnais les violences mais je ne lui ai pas extorqué de l'argent. Je n'avais pas besoin de lui demander !». Lisa, qui a passé un mois et demi de détention provisoire en 2012, a été condamnée hier à 18 mois de prison dont 12 mois avec sursis et mise à l'épreuve. Elle devra se faire soigner et indemniser son ex.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/02/2003199-elle-frappait-son-compagnon-et-vidait-ses-comptes-bancaires.html

Meurtre au Bristol : "Une sorte de fureur transpirait" de la scène de crime

Accusé du meurtre de sa compagne dans leur chambre du palace parisien en mai 2009, Ian Griffin est apparu confus puis mutique, lundi, au premier jour de son procès, alors que policier et experts décrivaient un crime ultra-violent.
Il se déplace difficilement, sa haute stature soutenue par deux béquilles depuis une grave maladie neurologique aux jambes pendant sa détention provisoire. Ian Griffin, ressortissant britannique de 45 ans, a comparu lundi au premier jour de son procès pour la meurtre de sa compagne, retrouvée morte dans une chambre du Bristol en mai 2009. Il enfouit sa tête dans les mains pendant la diffusion des photos qui accompagnent la déposition du policier qui a constaté le crime. "Ça respirait la violence, il y avait du sang un peu partout. Une sorte de fureur qui transpirait de la scène, qui faisait penser à des violences extrêmes". Et de décrire meubles cassés, verres et bouteilles brisés, comme le miroir de la coiffeuse et la télévision, le plateau en marbre d'une table de chevet descellé. Jusqu'à ce lustre au-dessus du lit, tordu, et les éclats de verre et le sang dans les cheveux de la victime.

Ce sang, qui a assez coulé pour traverser les matelas de part en part. Matelas ensuite retournés dans une "tentative maladroite" de dissimuler ou atténuer la scène de crime. Comme ces serviettes de bain jetées par terre pour dissimuler les "énormes traces de sang, et aussi de vin, devant le lit". Kinga Wolf, la compagne d'origine polonaise de Griffin, a été retrouvée nue dans la baignoire. Sur la photo, la moitié droite de son visage n'est plus qu'un immense bleu. Ian Griffin garde la tête dans ses mains. Le médecin légiste va détailler le calvaire de la jeune femme, 36 ans au moment de sa mort. Plusieurs fractures, au crâne, au nez, au larynx... Une hémorragie interne massive, un demi-litre de sang dans l'abdomen. Des contusions du pancréas. Deux petites brûlures à l'avant-bras qui pourraient bien être les traces du Taser retrouvé dans la chambre.
 
Alcool et relations aux femmes compliquées  
Et puis ces ecchymoses, si nombreuses que l'experte "ne peut pas toutes les dénombrer". Mais le président de la cour d'assises de
Paris, Didier Safar, les a comptées dans le rapport d'autopsie: "le mot revient plus d'une centaine de fois". "Ça évoque des coups, de poing, de pied, et des chocs provoqués", poursuit l'experte. Des traces "souvent vues dans les violences faites aux femmes". Pour un second légiste la mort "a suivi le dernier coup de 30 minutes à une heure maximum". Le président demande à Ian Griffin s'il a une réaction. Mais l'accusé, qui a toujours affirmé ne pas se souvenir et avoir un "trou noir", demande à attendre son interrogatoire mardi pour aborder le fond. Plus tôt, il était apparu confus et imprécis. Interrogé sur son enfance, ses premiers mots furent surréalistes. "Je ne me souviens pas vraiment. J'ai nagé, principalement", pour évoquer une jeunesse rythmée par les compétitions de natation.

Issu d'une famille riche, mais dont le père battait enfant et épouse, il quitte l'école sans diplôme, mais monte grâce au soutien familial des affaires qu'il dit florissantes. Il vit un temps aux Etats-Unis, dit y avoir gagné beaucoup d'argent dans la vente de sonneries de téléphone. Il rentre en Angleterre et monte plusieurs sites internet. Mais Ian Griffin a un problème avec l'alcool. Il est aussi très accro aux antidépresseurs. Quant aux femmes, c'est souvent "compliqué".  Pour l'enquêtrice de personnalité, il a un "besoin d'être materné" et est "très infantile par rapport aux femmes". Elle décrit "une dépendance à ses parents, financière, et à ses femmes". C'est d'ailleurs Kinga qui assurait le train de vie du couple et avait payé la chambre au Bristol sur la porte de laquelle Ian Griffin a accroché le panneau "ne pas déranger" quand il a pris la fuite pour l'Angleterre au volant de la Porsche paternelle. Ian Griffin encourt 30 ans de prison. Le procès est prévu jusqu'au 5  décembre.

lundi 1 décembre 2014

Meurtre au Bristol : un accusé confus au procès

Je ne me souviens pas vraiment. J'ai nagé, principalement." Accusé du meurtre de sa compagne dans leur chambre du palace parisien Le Bristol en mai 2009, Ian Griffin est apparu confus et imprécis, aujourd'hui, au premier jour de son procès.

Le ressortissant britannique de 45 ans se déplace difficilement, sa haute stature soutenue par deux béquilles depuis qu'une grave maladie l'a atteint aux jambes pendant sa détention provisoire. Et lorsque le président de la cour d'assises de Paris, après avoir résumé l'affaire, lui demande d'évoquer son enfance, la réponse, d'une voix très lente et douce, a un aspect surréaliste, quand il enchaîne sur cette jeunesse passée à courir les entraînements et compétitions de natation. "Pendant 10 ans, ça a été la plus grande partie de ma vie".

Ses parents sont riches. Mais son père, architecte, est violent, et le frappe régulièrement, ainsi que sa mère. L'ado turbulent enchaîne les bêtises, mais grâce au soutien familial, monte des affaires qu'il dit florissantes, notamment une chaîne de centres de bronzage. Il part cinq ans en Californie, gagne beaucoup d'argent dans la vente de sonneries de téléphone, mais dit avoir été dépouillé par un associé. Il rentre en Angleterre et enchaîne les initiatives, des sites internet notamment.

Mais Ian Griffin a un - gros - problème avec l'alcool. Plusieurs condamnations pour des altercations à son casier judiciaire en témoignent. Il est aussi très accro aux antidépresseurs. "Je ne savais pas qu'il fallait en prendre plus, et plus, et plus encore." Il assure n'avoir jamais consommé de stupéfiants, même s'il a dit le contraire aux psys qui l'ont examiné. Aujourd'hui il ne prend plus que des antidouleurs pour ses jambes.

Quant aux femmes, c'est souvent "compliqué". Non c'est très simple, le reprend le président Didier Safar, qui veut juste savoir s'il poursuivait sa liaison avec une précédente compagne lorsqu'il était avec Kinga Wolf, la victime, sa nouvelle amie d'origine polonaise.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/12/01/97001-20141201FILWWW00230-meurtre-au-bristol-un-accuse-confus-au-proces.php

Juge Michel : les mystères de "Scapu la balance"

François Scapula est celui qui a "balancé" depuis la Suisse les assassins du juge Michel. Révélations sur un trafiquant qui, contrairement à une légende tenace, n’a jamais bénéficié du statut de repenti aux États-Unis.
Tout le monde le croit "planqué" outre-Atlantique, protégé par une nouvelle identité, voire un nouveau visage par la magie de la chirurgie esthétique, dans le cadre d'un programme de témoins protégés pour services rendus à la DEA, la puissante agence anti-drogue américaine. Il n'en est rien, si l'on en croit Paul Grossrieder, le policier suisse qui a géré le cas Scapula quinze ans durant : "Je sais où il est, mais je ne vous le dirai pas…"
Retour en arrière. Le 21 octobre 1981, le juge d'instruction Pierre Michel, 38 ans, est abattu à ­Marseille par deux tueurs à moto. Le "JFK" de la magistrature française va revivre le temps d'un film La French, dès mercredi sur les écrans, sous les traits de Jean Dujardin. Deux ouvrages* viennent par ailleurs de paraître. Signe que le personnage (un juge charismatique), la période (la chute du clan Zampa), et la ville de Marseille passionnent toujours autant.
Tous les acteurs de cette tragédie ont été jugés et condamnés – les deux hommes à la moto viennent tout juste de recouvrer une liberté conditionnelle après presque trois décennies de placard – à l'exception notable de deux figures du banditisme. Le premier, Homère Filippi, un des commanditaires de l'assassinat, trafiquant aussi prospère que discret, condamné "à perpète" par défaut, est toujours officiellement recherché malgré ses 83 printemps, même si beaucoup le croient mort et enterré. Le second ne figure en revanche plus sur aucun fichier de recherche. Il s'appelle François Scapula, 69 ans, alias "Francis Le Brun". Ou encore "Scapu la balance", depuis que le natif d'Endoume a choisi de collaborer d'abord avec les Américains, avant de désigner à la justice française, sans doute en minimisant son propre rôle, les auteurs et les commanditaires de l'assassinat du juge Michel, parmi lesquels son ami de toujours, François Girard, alias "Francis le Blond"…
Trois années séparent le "Brun" du "Blond". Mais le foot puis la délinquance vont bientôt les rapprocher. Cambriolages, vols de voiture, braquages… Les deux Francis vont gravir les échelons du banditisme – notamment sous l'égide de Filippi –, goûter à la prison aussi, avant de s'investir dans le business de la drogue au début des années 1970. Marseille n'est-elle pas la capitale mondiale de l'héroïne? 

"French Sicilian Connection" 

Il serait faux d'associer Scapula et Girard à la fameuse French Connection. "C'est une nouvelle génération, précise Éric Pelletier*. Il faut les voir comme des hommes d'affaires, très axés sur l'international." L'équipe se renforce. Une PME de la transformation de morphine base en héroïne est née. L'entreprise va tourner de la blanche aussi bien au profit de Cosa Nostra en Sicile – on parlera de "French Sicilian Connection", que pour des Libanais dans la plaine de la Bekaa, ou encore au service de la famille new yorkaise Benevento avec un labo monté à Phoenix (Arizona). Sans parler de projets jusqu'en Inde… Les millions s'accumulent mais l'étau policier se resserre. À Marseille, le juge Michel est aux manettes. Les labos dégringolent les uns après les autres. En 1981, Scapula passe entre les gouttes. Pas son pote Girard, qui se retrouve en juillet aux Baumettes en compagnie de son père spirituel Filippi. Pierre Michel sera tué trois mois plus tard. Marseille serait-elle devenue un faubourg de Palerme?

Un vrai-faux permis de visite 

C'est de Suisse que viendra la réponse. En 1985, une poignée de Français se fait serrer dans un chalet près de Fribourg avec 10 kg d'héroïne toute fraîche. La chance a abandonné François Scapula que les Américains viennent solliciter pour qu'il les aide à faire tomber la famille Benevento en échange de leur mansuétude. Marché conclu : Scapula ira témoigner à New York. Puis ce sont les Français qui viennent aux nouvelles. Le chimiste de la bande est le premier à livrer les noms des assassins du juge Michel mais l'histoire attribuera le rôle de "la Balance" à Scapula qui en rajoute une couche en mouillant le caïd marseillais Francis le Belge sur un deal de 20 kg d'héroïne.
En 1987, Scapula est condamné à vingt ans en Suisse. Il est l'homme à abattre pour le milieu français et un hôte encombrant pour les services pénitentiaires helvétiques. "Il avait toujours peur d'être reconnu", témoigne Joseph Jutzet, qui dirigeait à l'époque le service fribourgeois de l'exécution des peines. Le détenu Scapula devient le prisonnier Casanova et change régulièrement d'établissement. "Il m'a raconté qu'un soir, poursuit le retraité suisse, il avait obligé son codétenu à jouer aux échecs pour ne pas qu'il regarde un programme à la télé consacré à son affaire."
"Regardez bien cet homme, vous ne le reverrez plus jamais…" À en croire les souvenirs de Me Bruno Ferri, c'est ainsi que Patrick Poivre d'Arvor a présenté son client au journal de 20 heures en décembre 1991. Scapula a en effet été prêté à la France pour comparaître à Paris dans un vieux dossier de trafic de haschisch avec le Liban pour lequel il écopera d'une peine de dix-huit ans. Décidément, le Brun n'est pas un client ordinaire. "Pour le voir à la Santé, on m'avait donné un vrai-faux permis de visite puisqu'il était détenu sous un faux nom, se souvient Me Ferri. À l'époque, chacun croyait qu'il allait quitter la Suisse, qu'il était en négociation avec les Américains…" 

"Il n'est pas resté longtemps en Europe" 

En est-on si sûr? "Les USA voulaient son extradition, la Suisse était d'accord, mais la France s'est toujours montrée intransigeante, résume Joseph Jutzet. Mais plus le temps passait, plus l'intérêt des USA baissait…" Et Scapula est toujours écroué en Suisse en novembre 2000 quand, après quinze ans de détention, il s'évade. Étonnamment, son escapade n'est rendue publique qu'un an plus tard. Un parfum de mystère qui vient renforcer encore l'hypothèse d'une exfiltration téléguidée de Washington. Jutzet n'y croit pas : "Il était presque en bout de peine. Je suis pratiquement sûr qu'il s'est octroyé une libération anticipée et qu'il a monté sa cavale tout seul. À l'époque, j'ai évidemment rendu compte à mes supérieurs, qui n'ont pas jugé nécessaire de communiquer. Personnellement, je n'étais pas malheureux de ne pas avoir à m'expliquer…"
Serait-ce alors l'assassinat de son plus virulent ennemi, Francis le Belge, deux mois plus tôt à Paris qui l'aurait décidé à prendre le large? "Ça n'a rien à voir. Comme il avait été lâché par les Américains, il n'avait qu'une peur : être incarcéré en France une fois sa peine purgée chez nous!" Paul Grossrieder est peut-être l'homme qui connaît le mieux François Scapula. Patron des stups locaux, c'est lui qui l'a arrêté et accompagné – jusqu'aux prétoires new-yorkais – quinze années durant, au point de le considérer comme "un ami". "Dans une autre vie, il aurait fait un super chef d'entreprise, assure le policier en retraite, par ailleurs très critique envers ses collègues français. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'après son évasion, facile, il n'est pas resté longtemps en Europe…"
Disparu des radars, François Scapula? Pas complètement. "Son nom est apparu dans une affaire franco-suisse de trafic de cocaïne il y a environ six ans, indique une source policière française, mais le dossier n'a pas prospéré…" La saga Scapula reste à écrire…  
* Qui a tué le juge Michel?, Jean-Marie Pontaut et Éric Pelletier, Michel Lafon.
La Mort du juge Michel – Contre-Enquête sur l'assassinat d'un incorruptible, Thierry Colombié, La Martinière.
 

BTP/Sevran: un gérant "caïd" jugé aujourd'hui

Un gérant d'une société de BTP est soupçonné d'avoir exercé des pressions pour obtenir des marchés dans un quartier de la ville de Sevran (Seine-Saint-Denis). L'entrepreneur créateur en 2010 de la SARL AFI affichait un casier judiciaire vierge. Il comparait aujourd'hui pour "extorsion, blanchiment et abus de biens sociaux" précise Le Parisien.

L'homme âgé de 30 ans n'hésitait pas à menacer de mort ses concurrents pour obtenir des marchés d'entretiens, de réparations et de travaux dans le quartier populaire des Beaudottes à Sevran, selon des informations rapportées par Le Parisien.

Menaces de mort

Le bailleur du quartier touché par l'affaire porte plainte en février 2012 après avoir remarqué le "comportement douteux d'AFI ainsi que ses tarifs prohibitifs".

Après enquête, la police judiciaire découvre que plusieurs entreprises ont subi des pressions, "voire des menaces de mort si elles avaient eu le malheur de répondre à des appels d'offres" ajoute le quotidien francilien.

L'individu pouvait s'en prendre au matériel utilisé par un entreprise concurrente voire "directement contre leurs personnes". Le gérant d'AFI a même réclamé une somme de 80.000 euros à un conducteur de travaux qui avait remporté un marché. Après plusieurs épisodes jugés "dangereux", des ouvriers avaient utilisé leur droit de retrait. Des entreprises ont porteront plainte quelques semaines plus tard.

Versement de pots-de-vin

Pour conserver un monopole acquis avec des méthodes d'intimidation, le gérant n'hésitait pas à donner des enveloppes de liquide aux gardiens d'immeubles. Ce geste lui permettait de se faire "signaler tous dégâts susceptibles d'entraîner des réparations" précise Le Parisien. Une surfacturation était alors appliquée.

Le gérant sera finalement arrêté en 2013. Trois autres personnes, également soupçonnés d'avoir participé à ces méfaits, ont obtenu un non-lieu.

Par ailleurs, le gérant de la SARL est soupçonné par les enquêteurs d'avoir utilisé la carte bleue de la société pour acheter des billets afin d'assister à des matchs de football mais aussi "des produits électroménagers ou des séjours à l'étranger" affirme Le Parisien


http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/12/01/97002-20141201FILWWW00067-btp-menaces-pour-obtenir-des-marches.php

Meurtre dans un palace parisien : il avait laissé une pancarte "ne pas déranger"

Ian Griffin, un Britannique de 45 ans, comparaît à partir de lundi pour le meurtre de sa compagne devant la cour d'assises de Paris. Un meurtre qui s'est déroulé dans uene chambre luxueuse du Bristol, un palace parisien, en mai 2009.
Ce jour là, Kinga Wolf, une femme  d'affaires d'origine polonaise, était retrouvée morte dans la baignoire de la  chambre qu'elle occupait au Bristol avec son compagnon anglais, Ian Griffin. La veille, celui-ci avait quitté le palace parisien au volant de sa  Porsche, laissant sur la porte un écriteau: "Ne pas déranger".

Le couple, elle, 36 ans, à la tête d'une société d'exportation de légumes florissante, lui, homme d'affaires multi-cartes, était en route pour la Côte  d'Azur. Tout s'est arrêté dans la nuit du 24 au 25 mai dans un palace parisien, le Bristol.
A partir de ce lundi, Ian Griffin comparaît devant la cour d'assises de Paris pour le meurtre de sa compagne. Il encourt 30 ans de prison.  
Esclandres sur les Champs-Elysées puis au Bristol
Entre Ian et Kinga, les relations étaient souvent orageuses, sur fond d'alcool et d'anti-dépresseurs. Et depuis leur arrivée à Paris, ils s'étaient fait  remarquer par des esclandres, d'abord dans un restaurant chic du quartier des  Champs Elysées, puis au Bristol même, où un employé avait entendu une violente  dispute à travers la porte dans la nuit du 24 au 25 mai, avant qu'un verre ne  vole par leur fenêtre en pleine nuit. Quand on ouvre la porte de la chambre, sur insistance de la famille de  Kinga qui ne parvient plus à la joindre depuis deux jours, tout est sens dessus  dessous. Traces de sang sur les murs et le matelas, lustre et pied de chaise  brisés, câbles électriques arrachés. Deux pistolets à impulsion électrique,  dont un camouflé en tube de rouge à lèvres, sont retrouvés.

La victime, dénudée, porte de nombreuses traces de coups et l'autopsie  révélera des hémorragies à la tête, au foie ou au pancréas, et une brûlure  compatible avec une arme à impulsion électrique. Les enquêteurs lancent aussitôt un mandat d'arrêt contre Ian Griffin, qui  sera interpellé le 1er juin en Angleterre, réfugié chez un ami, affirmant venir  de tenter de mettre fin à ses jours. Extradé en mai 2011, il a été incarcéré jusqu'en mars 2013, puis remis en  liberté sous bracelet électronique, après une grave maladie.
Il assure ne pas se souvenir des faits, évoquant un "trou noir", et la  possibilité d'une overdose de médicaments de son amie. Quant aux dégâts, il a  dû la repousser alors qu'elle l'agressait. Car s'il reconnaît que sa relation  avec Kinga était émaillée de disputes, parfois violentes, il explique que c'est  elle qui le frappait. Au réveil, il dit ne pas avoir compris tout de suite  qu'elle était morte.
  
"Un acte de folie"   
"A l'évidence c'est un acte de folie", estime Francis Triboulet, son  défenseur, qui décrit un homme "aujourd'hui encore dévasté parce qu'il a causé  la mort de la femme qu'il aimait". Dans ce "couple tumultueux", l'avocat ne voit "aucune raison objective (à  ce meurtre), pas de jalousie, pas d'assurance vie". "Une situation  incompréhensible qui ne peut s'expliquer que par un acte de folie".

Mais si la défense tournera autour d'une éventuelle diminution du  "discernement", et donc de la responsabilité, les experts psy, ceux  britanniques saisis avant l'extradition comme les français qui l'ont été lors de l'instruction, le jugent atteint de troubles de la personnalité et dépendant à l'alcool et aux médicaments, mais responsable.

La famille de la victime, elle, reçoit cette attitude "comme une fuite, une  volonté d'esquiver sa responsabilité", explique leur avocat, Guillaume  Traynard. "Les seuls moments qu'il oublie, son "trou noir", sont précisément  ceux de nature à engager sa responsabilité".

Or, au contraire, "il fait tout pour organiser sa fuite, ce qui est bien le  contraire d'une abolition du discernement", relève l'avocat. Quant aux  violences, "elle a reçu trois coups mortels, lui n'a aucune trace". "C'est une  histoire tristement classique d'une relation de violences conjugales qui  conduit à la mort de la femme".

Ian Griffin encourt 30 ans de prison. Le procès est prévu jusqu'au 5  décembre.
 

dimanche 30 novembre 2014

Clients et rois de l'embrouille

«Il ne nous a pas rendu notre monnaie directement dans la main». Le motif de l'agression dont a été victime un caissier d'Intermarché boulevard de Strasbourg mercredi est totalement futile. Jean-Christophe, 25 ans, et Tony, 34 ans sont bien connus du personnel du magasin. Les deux hommes fréquentent régulièrement les lieux depuis leur sortie de prison, il y a 15 jours. «Ils viennent provoquer et insulter le personnel ! Ils m'ont insulté et menacé à plusieurs reprises !», a expliqué le caissier victime de leurs agissements, devant le tribunal correctionnel de Toulouse vendredi. Vigiles, caissiers, clients, tout le monde y passe ! Mercredi, les deux hommes se rendent au magasin, comme à leur habitude, pour acheter de l'alcool et passent en caisse. «Le caissier nous a insultés et n'a pas voulu nous rendre la monnaie directement dans la main», a affirmé Jean-Christophe. Les deux hommes sont revenus à la fermeture du magasin à 22 heures pour en découdre avec le caissier avec deux couteaux de cuisine. «C'était plus pour lui faire peur que pour s'en servir», s'excuse Tony. Jean-Christophe a jeté sa bouteille de rhum sur le caissier, le blessant légèrement. Heureusement les policiers sont rapidement intervenus. Le duo a été arrêté et placé en cellule de dégrisement. «On avait bu beaucoup de rhum», ont-ils admis. Les deux comparses ont été condamnés lors de l'audience des comparutions immédiates du tribunal correctionnel, à 12 mois de prison et incarcérés. Ils devront aussi indemniser le caissier.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/30/2001699-clients-et-rois-de-l-embrouille.html

samedi 29 novembre 2014

Noisiel : 5 à 14 ans de prison pour les agresseurs d'un CRS

Le verdict est tombé ce vendredi soir à 22 heures. La cour d’assises de Seine-et-Marne, à Melun, a condamné Mohamed Diakité à 14 ans de réclusion criminelle, Thomy N’Gangu à 7 ans d’emprisonnement et Younès Belhacen à 5 ans. Ces deux derniers, qui comparaissaient libres, ont été incarcérés à l’issue de l’audience.

Depuis mardi, la cour jugeait ces trois jeunes âgés de 23 à 25 ans, montés sur le toit-terrasse d’un immeuble de six étages, pour caillasser des CRS, le soir du 2 mars 2011, devant la gare RER de Noisiel. Un pavé de 2,3 kg avait fracturé le crâne du fonctionnaire Romain Lacour, infirme aujourd’hui.

L’avocat général Karim Badène avait requis 18 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Mohamed Diakité, qui a jeté le pavé, et 10 ans à l’encontre des deux autres : «C’était une action concertée et réfléchie. C’était un guet-apens aussi. Ils se sont cachés sur le toit et ont attendu».

Le 2 mars 2011, depuis le toit-terrasse d'un immeuble, les trois jeunes avaient jeté des pavés et une bouteille de rhum sur la Compagnie républicaine de sécurité 39 de Jarville (Meurthe-et-Moselle), qui assurait une «mission de sécurisation» aux abords de la gare RER de Noisiel, un jour de
. L'un des projectiles, lancé par Mohamed Diakité, avait atteint en pleine Romain Lacour.

«J'avais les mains dans le sang chaud de mon collègue»

Les collègues du jeune CRS ont raconté jeudi ces minutes terribles où ils l'ont vu, le «crâne ouvert en deux». «Je le vois qui titube, s'écroule, cherche à se relever, comme une bête blessée», a témoigné Laurent Bonocini au troisième jour du procès. Jérôme Petitdemange, qui a prodigué les premiers secours, a raconté cette vision qui le hante : «J'ai vu son cuir chevelu se déchirer, laissant apparaître son crâne d'un blanc couleur ivoire... Romain qui vacille, et le sang qui commence à se répandre.» Il tente de stopper l'hémorragie avec son calot de police. «J'avais les mains dans le sang chaud de mon collègue, ce sang que nous n'arrivions pas à arrêter», a-t-il raconté d'une voix hachée par l'émotion.

Romain Lacour, héliporté à l'hôpital, a été maintenu pendant deux semaines dans un coma artificiel. Aujourd'hui, cet ancien sportif de haut niveau garde une infirmité permanente : il est sourd d'une oreille et ne peut plus se servir de son bras gauche.

L'
général a rappelé au cours de l'audience les écoutes «éloquentes» réalisées à l'insu des trois hommes pendant leur garde à vue, où ils se vantaient de leur acte. Des propos qui ont permis selon lui de «voir l'envers du décor, leur réel état d'esprit» et jeté un sérieux doute sur «la sincérité des excuses» proférées par les deux principaux accusés.

A ces derniers, Romain Lacour avait dit lui aussi, jeudi, qu'il doutait de leur sincérité. Les policiers sont «là aussi pour aider les gens», avait-il déclaré aux jurés, «parce qu'ils ont le droit de vivre tranquillement, sans se faire pourrir la vie par des voyous».

http://www.leparisien.fr/une/noisiel-5-a-14-ans-de-prison-pour-les-agresseurs-d-un-crs-28-11-2014-4330701.php
                                                 

Tuerie de Millau : acquittements et jusqu'à 15 ans de prison prononcés

Le verdict de la cour d'assises de l'Aveyron s'est fait attendre jusque tard dans la soirée vendredi, dans le procès des accusés de la tuerie de Millau. Des acquittements et des peines de 1 an avec sursis à 15 ans ont été prononcées. Les détails dans le direct.
Initialement annoncé à 14 h, le verdict de la cour d'assises de l'Aveyron a été prononcé vers 21 h 15 à l'encontre des 18 accusés de la tuerie de Millau. Visiblement, les débats au sein du jury ont pris plus de temps que prévu. Ce sont finalement les frères Taoufik et Morad Laanizi qui ont pris le plus lourd avec 15 ans de réclusion criminelle (17 et 20 ans avaient été requis).

Il a fallu répondre à 300 questions

Les trois magistrats professionnels et les six jurés aveyronnais avaient à répondre à près de 300 questions relatives aux faits de "violences aggravées, assassinat et tentative d'assassinat". La justice a ainsi caractérisé les événements du 10 mai 2010 à Millau, où un homme, Jean-Ronald d'Haïti a été tué, et un autre a frôlé la mort lors d'une expédition punitive armée. Mais la question d'une modification de ces qualifications a également été étudiée lors du délibéré.
L'avocat général Jérôme Laurent avait requis, mardi 25 novembre, l'acquittement pour huit accusés et des peines allant de trois ans avec sursis à 20 ans de réclusion criminelle pour les dix accusés dont il estimait la culpabilité avérée.
http://www.midilibre.fr//2014/11/28/tuerie-de-millau-verdict-repousse-a-17-h,1089252.php

vendredi 28 novembre 2014

Mort d'un technicien électrocuté à Lescar (64) : jugement le 15 janvier

Un technicien de 37 ans travaillant pour la société 3L Foudre avait été tué par un arc électrique en 2013. Le tribunal de Pau devra dire s'il y a eu des manquements en matière de sécurité
"Il y a eu un nombre incroyable d'infractions sur les mesures de prévention de la part de la société 3L Foudre et d'Euralis". Pour l'avocat de la famille de la victime, les deux sociétés n'ont pas respecté les protocoles de sécurité et sont donc responsables du décès du technicien de Lespinasse en avril 2013.
 
Maître Cabron enchaîne : "Il n'y a pas eu de déclaration de travaux de la part d'Euralis et de déclaration d'intention de commencement de travaux de 3L Foudre". Des documents qui auraient notamment permis de prévenir Réseau de transport d'électricité de la dangerosité de la manœuvre.
Ce 18 avril 2013, le technicien se trouve sur le site d'Euralis à Lescar. Il est niché sur une nacelle en acier à une dizaine de mètres du sol. Il doit poser un paratonnerre sur un des hangars de la structure. La ligne à haute tension de 63 000 volts est à une cinquantaine de mètres. Elle traverse les entrepôts de la coopérative.

Rapport négatif de l'inspection du travail

Vers 16h30, la nacelle est frappée par un arc électrique. Son occupant ne survit pas au choc. Son jeune collègue, très choqué par la scène, sera hospitalisé. Il s'est d'ailleurs porté partie civile dans cette affaire. Son avocate, Maître Chipi avance : "Il est très choqué, c'était sa première expérience professionnelle". Les conseils des victimes demandent réparation du préjudice moral.
Pour l'avocat de 3L Foudre, Maître Le Bonjour, "le minimum obligatoire (en matière de sécurité) a été fait". Il conteste le rapport de l'inspection du travail qui met en avant l'absence de réunion préalable aux travaux. "Nous sommes poursuivis pour homicide involontaire, nous attendons de savoir de quoi on parle". 
Le tribunal de Pau a mis son jugement en délibéré au 15 janvier prochain.

http://www.sudouest.fr/2014/11/28/mort-d-un-technicien-electrocute-a-lescar-64-jugement-le-15-janvier-1751446-4344.php

Elle avait abusé d'un homme vulnérable

C'est un procès à la Feydeau qui s'est tenu hier devant le tribunal correctionnel à Cahors. Il était reproché à Michèle K., 43 ans, d'avoir abusé de l'état de faiblesse d'un homme âgé au moment des faits de 87 ans, fou amoureux d'elle.
De janvier 2006 à janvier 2009, à Saint-Céré, Michèle K. empoche 60 000 € de sa victime, un homme âgé. Après avoir perdu son épouse, en plein désir affectif, il tombe amoureux de Michèle K. Une relation amicale et plus se noue entre eux.
Michèle K. se confie. Elle élève seule ses quatre enfants, dont l'un est handicapé. Elle ne travaille pas. Le vieil homme s'apitoie et lui vient en aide financièrement. Son compagnon d'alors, dont elle est enceinte, lui met la pression. Elle le fait passer pour son frère.
Cependant, le vieil homme portera plainte après l'achat d'une voiture de 35 000 €. Face à la barre, elle regrette avoir agi de la sorte et confirme avoir eu besoin d'argent à plusieurs reprises. Le vieil homme insistait pour qu'elle le prenne. «Elle se pose en victime. C'est la seule défense qu'elle a. Personne n'est dupe, pendant trois ans elle a plumé sa victime. Jouer avec les sentiments d'un homme qui a 50 ans de plus, c'est sordide» indique Me Henry Touboul, avocat de la partie civile, la victime et ses cinq enfants.
«Être amoureux, c'est le seul état de démence qui est accepté dans notre société dit un acteur dans un film de Truffaut. Je regrette que l'on n'ait pas une expertise sur son dernier compagnon qui a eu maille à partir avec la justice. Dans ce genre de milieu, il y a des pressions sur les femmes. Sur la culpabilité, vous devez la retenir de manière amoindrie. Sur la peine, il faudrait que cette femme puisse travailler pour rembourser la victime» remarque Me Laurent Belou, avocat de la prévenue.
«La vulnérabilité de la victime était apparente. Cette infraction est parfaitement reconnue. Elle s'est fait remettre des fonds régulièrement. Elle encourt 3 ans d'emprisonnement. Je propose 6 mois de prison avec sursis, l'obligation d'indemniser la victime» déclare le ministère public. Le tribunal a suivi ses réquisitions.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/28/2000408-elle-avait-abuse-d-un-homme-vulnerable.html

Procès Zeitouni : "J'avais bu quatre vodkas et deux whiskys, mais je n'étais pas soûl"

Le procès des deux franco-israéliens ayant renversé Lee Zeitouni à Tel Aviv s'est ouvert à Paris. Le conducteur de la voiture a été le premier à s'expliquer devant le tribunal. Il affirme que même s'il avait bu, il n'était pas ivre.
Le procès attendu des deux Franco-Israéliens qui avaient renversé Lee Zeitouni, dans une rue de Tel Aviv en 2011, s'est ouvert ce jeudi à Paris. L'avocate d'Eric Robic, le conducteur de la voiture qui a renversé la jeune fille et principal prévenu, s'est dite, à l'attention des journalistes, "étonnée de votre présence en aussi grand nombre pour une affaire malheureusement courante d'accident de la circulation".
Eric Robic a été le premier à s'expliquer cet après-midi. "Depuis trois ans, moi aussi j'ai besoin de faire mon deuil", a-t-il affirmé. Il est jugé pour homicide involontaire aggravé pour avoir conduit en état d'ébriété mais refuse  une partie des charges retenues contre lui. Notamment le fait d'être ivre : "J'avais bu quatre vodkas et deux whiskys, mais je n'étais pas soûl", a lancé le prévenu. Il nie aussi avoir grillé un feu rouge. Eric Robic revient sur l'accident : "J'ai vu le corps voler, j'étais pétrifié, j'aurais dû m'arrêter mais je ne sais pas pourquoi je suis rentré chez moi", détaille-t-il, affirmant avoir eu peur de la justice israélienne.
En Israël le prévenu risque 20 ans de prison, en France il pourrait en purger 10. Son passager risque quant à lui 5 ans d'emprisonnement. Les deux hommes ont déjà un casier judiciaire, pour recel, vol et port d'arme. Pour Gilles-William Goldnadel, avocat de la famille, Eric Robic est un "criminel de la route".
INFO :
Le procès sur la mort de Lee Zeitouni renvoyé après l'agression d'un avocat