vendredi 24 juin 2016

Fillette noyée à Berck-sur-Mer: la mère condamnée à 20 ans de prison ferme

Fabienne Kabou, la mère jugée aux assises de Saint-Omer pour avoir assassiné son bébé en l'abandonnant sur une plage de Berck-sur-Mer à marée montante, a été condamnée à 20 ans de de réclusion criminelle par les assises du Pas-de-Calais aujourd'hui.
"L'accusée est condamnée à 20 ans de prison pour assassinat", a déclaré la présidente du tribunal, Claire Le Bonnois, affirmant que la cour avait retenu l'altération du discernement. Dix-huit ans de prison ferme avait été requis à son l'encontre. Elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité. La Cour d'assises a également ordonné "un suivi psycho-judiciaire avec injonction de soins" de Fabienne Kabou, a ajouté sa présidente Claire Le Bonnois.
Selon ses aveux, Fabienne Kabou s'était rendue le 19 novembre 2013 de son domicile à Saint-Mandé, en région parisienne, à Berck dans le but de noyer Adélaïde, qui, durant sa courte vie, n'aura pas eu d'existence légale, faute d'avoir été inscrite à l'état civil.  Le corps de la fillette avait été retrouvé le lendemain au petit matin par des pêcheurs.
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Adélaïde, morte noyée à Berck : 18 ans de prison requis contre Fabienne Kabou

Je requiers contre Fabienne Kabou la peine de 18 années de réclusions criminelle, un suivi socio-judiciaire, avec injonction de soin." Luc Frémiot, avocat général, a annoncé ce vendredi matin ses réquisitions au 5ème du procès de Fabienne Kabou à la Cour d'Assises du Pas-de-Calais.

S'adressant aux jurés, il a dit : "Le petit fantôme va nous accompagner un moment, il faudra que vous viviez avec. Cet été, vous allez partir en vacances, vous irez peut-être à la plage. Dans des criques de Bretagne ou de Méditerranée. Je veux que vous écriviez sur la plage le nom d’Ada, avant qu’il ne s’efface."  

Selon ses aveux, Fabienne Kabou s'était rendue le 19 novembre 2013 de la région parisienne à Berck dans le but de noyer Adélaïde, qui, durant
sa courte vie, n'aura pas eu d'existence légale, faute d'avoir été inscrite à l'état civil. Le corps de la fillette avait été retrouvé au petit matin, le lendemain, par des pêcheurs de crevettes.

"Les histoires tragiques se ressemblent, on nous a dit que c'était un cas historique, mais c'est faux", a affirmé Luc Frémiot, estimant que Fabienne Kabou était un cas "psychanalytique" et non pas "psychiatrique". Trois psychiatres ont conclu que Fabienne Kabou présentait une "pathologie psychiatrique
de type paranoïa délirante", mais d'autres ont contesté cette thèse, parlant simplement d'"un trouble psychique".

M. Frémiot a estimé qu'il fallait arrêter avec "ce tout psychiatrique". "La vie ce n'est pas ça, on est dans l'humain, dans les sentiments", a-t-il dit. "Le sujet, c'est cette petite dont on a si peu parlé, parce que Madame Kabou a pris toute la place en raison de sa personnalité... vous donnez l'impression d'une reine offensée", a-t-il dit en s'adressant à l'accusée. Mais "ce n'est pas parce que vous êtes belle et que vous avez un QI de 135, qu'on ne peut pas vous poser des questions qui font mal", a-t-il ajouté. "La sorcellerie ? Les voix ? Les murs qui tremblent ? Mais ce catalogue-là Madame, vous pianotez sur internet, c’est le catalogue qu’on retrouve en premier sur les phénomènes paranormaux. (…)  Ça nous rassure, on en a besoin parce qu’on se dit « c’est pas possible qu’une mère tue son enfant » ! (…) Ces voix que vous entendez, c’est la conscience du crime qui vous ronge ! (…)" S'adressant aux jurés : "Je me moque des psychiatres, je me moque s’il y a altération ou pas. Je vais faire appel à votre intelligence, à votre logique, à votre conscience ! "

"Vous aviez le masque de l'indifférence et de l'ironie et je ne peux pas le supporter", a-t-il poursuivi, en regardant l'accusée, impassible dans son box, tête haute et bras croisés. "J'étais pressée par quelque chose, j'étais poussée, j'étais incitée... Je n'avais pas le choix, je n'avais le choix de rien, la date était fixée, c'était ce jour-là et pas un autre", avait affirmé au début du procès Fabienne Kabou à la présidente, Claire Le Bonnois, qui lui demandait pourquoi, ce 19 novembre 2013, elle avait pris le train pour Berck.

"Chez vous tout est lisse, tout est planifié"

L'avocat général s'est également adressé à Fabienne Kabou elle-même : "Il faut que vous bougiez dans votre cœur et dans votre âme. La rédemption si elle existe, elle est au prix de la lucidité sur soi-même. Vous avez décidé de l’emmener. J’ai dit au cours de l’audience que c’était plus de la préméditation, c’est de la planification.(…) La planification c’est quand on a de la haine. Chez vous tout est lisse, tout est planifié. Quand je vais demander une peine contre vous, je veux que vous la compreniez, que vous l’acceptiez, qu’elle vibre en vous."

Fabienne Kabou, 39 ans, comparaît depuis lundi pour homicide volontaire avec préméditation. Elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité. Vers 11h, son avocate, Me Fabienne Roy-Nansion, avocate de Fabienne Kabou, s'apprêtait à plaider. Le verdict est attendu dans la journée. 


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Affaire Christelle Maillery : la schizophrénie de Jean-Pierre Mura en questions

Jean-Pierre Mura a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. Mais parfois maladroitement, sans développer, sans crier à l'injustice comme on peut se l'imaginer, dans pareil cas. Mais ce jeudi 23 juin 2016, à Dijon, il a changé d'attitude. Pour la première fois depuis le début de son procès en première instance il y a un an à Chalon-sur-Saône, l'accusé du meurtre de Christelle Maillery au Creusot en 1986, a véritablement clamé son innocence depuis son box.

D'abord, en répondant à Marie Pichon. La maman de la victime était la première à prendre la parole, pour décrire sa fille disparue, rendre hommage à son "courage". Et, malgré l'émotion, Mme Pichon a tenu à s'adresser à Jean-Pierre Mura directement, comme lors du premier procès. "Que penserait votre mère de vous voir là ? C'est le moment de dire la vérité" lui a-t-elle lancé, calmement. "Ma mère, elle serait dégoutée de savoir que je suis ici, elle serait très malheureuse ! Je peux vous dire quelque chose madame, c'est que je n'ai pas tué votre fille. Si je l'avais tuée, je vous l'aurais dit, je suis une personne honnête. J'ai fait des conneries, mais je n'ai pas tué votre fille" a répondu l'accusé. Et Jean-Pierre Mura a de nouveau nié fermement, en répondant la la présidente : "on me fait porter le chapeau pour faire avancer l'affaire. On m'accuse du meurtre de Christelle Maillery, et moi je n'ai pas tué cette jeune fille. Et si vous avez des preuves contre moi, "dites-moi le" ! Je ne veux pas de suppositions", a déclaré l'accusé.
 

Quand s'est déclarée la schizophrénie de Jean-Pierre Mura ?


Jean-Pierre Mura est schizophrène, une schizophrénie de type paranoïde. Le déclenchement de cette maladie est établi à l'année 1989, avec des premières crises hallucinatoires, qui conduiront à son internement en psychiatrie en 1990. Il se voit "mi-homme, mi-serpent", il entend des voix qui l'insultent, des situations qui peuvent le rendre agressif. Il fera plusieurs autres passages à l'hôpital pour des crises similaires, jusqu'en 2010. Parfois, lors de ces bouffées délirantes, Jean-Pierre Mura évoque le meurtre de Christelle.
Le docteur Gérald Alloy explique à la cour : "quand il y a des passages à l'acte d'un schizophrène, on retrouve une violence extrême, sans mobile. C'est dans un processus où le sujet se sent en danger. Souvent le schizophrène ne va pas avoir tendance à modifier la scène de crime. Ce n'est pas un crime, c'est une décharge d'agressivité. Sur le moment, il a une cohérence interne, mais une fois à distance du passage à l'acte, il peut être dans un processus de déni de ce qui s'est passé. Ce n'est pas un problème de mémoire, mais pour se protéger".

Mais pour la défense, en 1986, au moment du meurtre de Christelle Maillery, la schizophrénie de l'accusé n'est pas encore déclarée. Elle ne le sera que 4 ans plus tard, ce qui rend moins plausible un passage à l'acte violent de Jean-Pierre Mura, à une époque où ses proches le décrivent tous comme ayant un comportement normal.

Un autre expert psychiatre, le docteur Zagury, précise malgré tout que, si Jean-Pierre Mura est bien l'auteur des faits, son discernement devra être considéré comme altéré en 1986, notamment en raison du recul par rapport à l'évolution de sa maladie, pendant près de 30 ans. 
Vendredi 24 juin, après les plaidoiries et les réquisitions, la cour devra donc répondre à deux questions. Jean-Pierre Mura a-t-il volontairement donné la mort à Christelle Maillery en 1986 au Creusot ? Si oui, son discernement était-il altéré au moment des faits ? Le verdict est attendu en fin d'après-midi. http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/

Coups de feu à Montferrand-le-Château : les deux accusés condamnés à neuf et sept ans de prison

Au second jour de ce procès devant la cour d’assises du Doubs, il s’agit de savoir qui de Houari Chaoui ou Lucas Nasri a tiré dans la baie vitrée de cette famille de Montferrand-le-Château (Doubs), le 30 septembre 2013, à 22 h 40.
Lucas Nasri n’est pas venu à l’audience. Houari Chaoui est donc seul pour donner des explications. Il livre une nouvelle version des faits. « Je devais de l’argent à quelqu’un pour un problème de stupéfiants. Il m’a indiqué l’adresse de cet homme parce qu’il avait gagné au poker. » Il ne donne pas le nom de ce mystérieux commanditaire. « Ma famille pourrait être en danger. » Il poursuit et accuse l’absent : « Nasri avait l’arme chargée, j’avais l’arme factice, c’est le hasard ». Les armes retrouvées par un passant au lieu-dit La belle Étoile, à quelques kilomètres du lieu de l’agression, portent l’ADN de l’un et de l’autre. Avec elles, un legging, des gants, des menottes…
Sans le vouloir, Houari Chaoui se donne ainsi le rôle principal : il avait besoin d’argent pour rembourser sa dette. Lui le répète : il n’a pas tiré. Et répond même d’un ton péremptoire à l’avocat général Vladimir Vukadinovic qui veut comprendre : « Quelle dette ? Combien d’argent ? ». « Ce n’est pas le propos de ce procès », rétorque le prévenu. Vingt condamnations donnent une certaine assurance face à l’institution judiciaire. Et montrent en creux des non-réponses, l’autorité d’un chef de bande. Lui a beaucoup menacé dans ce dossier, de l’intérieur même de la maison d’arrêt. Contre la jeune fille qui, ce soir-là, a servi d’appât.

12 et 6 ans requis

Sous prétexte d’avoir heurté la voiture en stationnement, elle avait sonné au portail des futures victimes pour entrer et rédiger un soi-disant constat d’accident. Elle n’est pas venue témoigner, a appelé le commissariat pour avouer qu’elle avait peur des frères Chaoui, elle est restée terrée malgré le mandat d’amener. Elle comparaîtra ultérieurement devant le tribunal pour enfants. En 2013, elle avait à peine 15 ans. Elle a pourtant enfoncé Lucas Nasri par tous les moyens. Haouri Chaoui est le père de la fillette de sa sœur, ça crée une proximité de subordination ou de cœur ? Pour l’avocat général, il ne fait aucun doute : « Tous les deux étaient présents pour la tentative de vol à main armée. Un seul tenait l’arme, Houari Chaoui. Tenir une arme et viser une cible vivante, c’est avoir l’intention de tuer, sinon quelle autre finalité aurait ce geste ? ». Il requiert 12 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Houari Chaoui, et 6 ans de prison contre Lucas Nasri, qui, selon son analyse, n’est pas coupable de la tentative de meurtre.

Seul face à tous

Pour Me Schwerdorffer, avocat de la défense, Lucas Nasri n’est, certes, pas coupable de tentative de meurtre, il n’était même pas présent sur les lieux. « L’ADN retrouvé sur les armes ne prouve pas qu’il les a utilisées à ce moment précis. Ni qu’il était sur les lieux. D’ailleurs, son téléphone portable n’indique sa présence qu’à Besançon. Jamais près du lieu de l’agression. Lui n’avait pas besoin d’argent, il venait d’hériter de son père, alors quel mobile ? Il faut se méfier des apparences de culpabilité ». L’avocat distille le doute, méthodiquement.
Me Pillot-Quenot s’interroge, elle, sur le mobile qui aurait poussé Houari Chaoui à vouloir tuer. « Pourquoi prendre des menottes, alors ? Seul le système de vidéo surveillance était visé. Il y a trop de doutes pour retenir la tentative de meurtre, ils ont voulu détrousser cette famille, pas tuer. » Elle s’interroge : « Houari Chaoui est seul à reconnaître, seul à l’audience, seul à répondre aux questions. Il est surtout seul à prendre la responsabilité de ses actes, mais pas toute la responsabilité de cette équipée. Il n’a pas tiré Lucas Nasri par la manche pour l’entraîner ».
Les jurés ont fait leur part des choses. Les deux accusés sont acquittés pour la tentative de meurtre, ils sont, en revanche, tous les deux jugés responsables de la tentative de vol avec arme : Houari Chaoui est condamné à neuf ans de prison et Lucas Nasri à sept ans.

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2016/06/24/coups-de-feu-a-montferrand-le-chateau-les-deux-accuses-condamnes-a-neuf-et-sept-ans-de-prison

jeudi 23 juin 2016

Adélaïde noyée à Berck : Fabienne Kabou est un cas "historique"

Déjà, "ma première impression face à Fabienne Kabou était singulière : elle a un langage de grande précision, son récit est dominé par l'intellectualisation et elle présente les faits comme une énigme", a affirmé le Dr Zagury devant la cour. La "particularité du cas Kabou" ne tient pas "à ses délires eux-mêmes", mais à "sa manière de se positionner face à ses délires, avec une tendance à l'intellectualisation", a-t-il expliqué, affirmant "qu'elle était dans un mélange constant de cohérence et d'irrationalité".

Au moment de l'acte, elle lui a affirmé avoir été "poussée par une force extérieure". "Je suis en conflit, je lutte contre quelque chose qui veut prendre l'ascendance sur moi", lui aurait-elle dit. Fabienne Kabou, "dans son délire", a tué sa fillette car elle se sentait "menacée par un danger pire que la mort", par des "forces extérieures". Son geste a "une dimension altruiste", a-t-il dit.

Selon lui, Kabou ne reconnaît pas qu'elle est malade, alors "elle adhère par défaut à la sorcellerie parce qu'elle n'a pas d'autres explications, c'est la version soft de son délire". Fabienne Kabou simule-t-elle la folie pour se dédouaner de son crime ? "C'est exclu, non seulement elle minimise les phénomènes" irrationnels, "mais elle les soumet au doute critique", affirme-t-il. "Le cas Kabou est un cas singulier qui a intrigué la France entière, c'est un cas historique, ce n'est pas une petite menteuse, c'est une grande délirante", a-t-il encore déclaré.

"Pas de pathologie mentale"

Il conclut a un "discernement altéré" dans une très large mesure au moment des faits. Selon lui, Fabienne Kabou présente une "pathologie psychiatrique de type paranoïa délirante". Il ne retient pas l'abolition du discernement, car "chez cette femme à l'intelligence supérieure, il y a une forme de résistance" à l'irrationalité.

Toutefois, une autre expertise, menée par le psychiatre Louis Roure et le psychologue Alain Penin, affirme que Fabienne Kabou ne présente "pas de pathologie mentale". "Ok, j'ai compris. Je suis malade", aurait dit dans la matinée Fabienne Kabou à son conseil Me Fabienne Roy-Nansion, a rapporté cette dernière à la cour.

"Nous sommes à un moment crucial du procès, la question de la responsabilité de l'accusée est primordiale", avait résumé mercredi Me Christian Saint-Palais, avocat de Michel Lafon, le père de la fillette.


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Coups de feu dans la baie vitrée à Monferrand-le-Château : «Je n’ai voulu tuer personne

Chemise noire, pantalon clair, le chef d’entreprise qui témoigne à la barre a l’air calme. Pourtant, il l’affirme : « Je revois les faits comme si c’était ce matin ».
Ce 30 septembre 2013, à 22 h 40, on sonne au portail. Lui rentre à peine du travail. « J’ai ouvert la baie vitrée et demandé qui était là. Une jeune fille m’a dit qu’elle venait d’emboutir ma voiture devant la maison, elle voulait entrer pour faire un constat. J’ai actionné la commande électrique d’ouverture du portail et j’allais à sa rencontre quand j’ai vu une ombre noire derrière elle, elle a déclenché les lumières du jardin. Un homme en noir, cagoulé, s’est précipité sur moi et m’a mis en joue. Je me suis enfui au salon, et j’ai voulu refermer la baie vitrée. Une balle a fait un trou dans la vitre, à 5 ou 6 cm de moi. Quelques secondes plus tard, il y a eu un deuxième tir, plus bas dans la vitre ». Lui descend les escaliers du sous-sol. Sa compagne courre se cacher, elle déclenche l’alarme. Son fils est dans la cuisine, il se protège derrière une porte de placard.

Beaucoup d’ADN

« J’ai vu un homme en noir, cagoulé, 1,80 m environ, mince ». Sa compagne donne la même description, l’adolescent, lui, l’a vu un peu plus grand, plus carré, avec un peu de ventre. La gendarmerie arrive immédiatement. L’agresseur et la jeune femme ont disparu. L’homme tente de comprendre. Il passe en revue les difficultés du moment : un divorce, un associé qui vient de lui céder ses parts… et le cercle des joueurs de poker. Lui a gagné 7 000 € la semaine précédente. Et 35 000 € quelques semaines avant. Est-ce que cela se sait ? Est-ce un mobile ? Tout n’a duré que trois minutes. Sur les bandes des caméras de surveillance apparaissent deux individus cagoulés et la jeune fille qui a sonné à la porte. Le lendemain, un automobiliste retrouve au lieu-dit La Belle Étoile, des gants, des menottes, un legging noir et deux armes, l’une neutralisée, sur le revolver deux munitions sont percutées.
L’ADN met à jour le profil génétique de Lucas Nasri et Houari Chaoui. Ils sont interpellés le 14 octobre. Leurs portables mettent les enquêteurs sur la trace d’une jeune fille mineure. Ses empreintes génétiques sont présentes sur l’interphone. Âgée de 15 ans au moment des faits, elle comparaîtra devant la cour d’assise des mineurs. Entendue, la jeune fille soutient que Lucas Nasri tenait l’arme. Subit-elle des pressions de la part d’Houari Chaoui, l’ami de sa sœur ? Les enquêteurs le pressentent, ils ne peuvent pas déterminer avec certitude qui tenait l’arme, l’ADN des deux compères étant présente sur les armes.
Dans le box des accusés, Houari Chaoui, aujourd’hui 27 ans, est seul. Lui fut placé en détention provisoire, Lucas Nasri, qui était sous surveillance électronique puis sous contrôle judiciaire, n’est pas venu à l’audience. C’est ensemble pourtant qu’ils devaient répondre de tentative de vol avec arme et tentative de meurtre précédé d’un autre crime.

L’intention de tuer ?

Depuis le début, Lucas Nasri nie avoir même été sur les lieux, il a « touché les armes dans une cave à Montrapon ». Houari Chaoui, aussi, aurait touché ces armes, à l’occasion. Lui reconnaît la tentative de vol et jure « qu’il n’a voulu tuer personne ». Pour la défense, Mes Pillot-Quenot et Schwerdorffer, tenteront de faire tomber l’inculpation de tentative de meurtre, considérant que les coups de feu visaient le système de vidéosurveillance, pas le propriétaire de la maison.
Reste que l’avocat général Vukadinovic note avec justesse l’inquiétante personnalité du prévenu. « Il présente une dichotomie radicale. C’est à la fois un personnage dont la vie est consacrée à la délinquance, et un personnage profondément blessé, fragile, qui se scarifie, fait des crises d’angoisse, pleure ». Effectivement, Houari Chaoui cumule 20 condamnations. Beaucoup de vols, de recels, d’extorsion. Mais son ex-petite amie et la mère de celle-ci racontent à la barre, avec tendresse et spontanéité, combien il est aussi doux, généreux, timide et réservé. Le jeune homme oscille entre ces deux réalités. De Lucas Nasri, 21 ans aujourd’hui, la cour apprend par l’enquêteur de personnalité que l’enfance choyée a sombré au départ de la mère, en 2008. Femme battue, elle quitte alors enfants et mari. Lui se suicide en 2010. Depuis, Lucas Nasri a multiplié les bêtises. Hier, son frère a expliqué : il a disparu parce qu’il était menacé. Il a en prime tenté de lui fournir, bien tardivement, un alibi. Personne n’est dupe.
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Assises de Nancy : cinq ans dont trois ferme pour « tentative de meurtre » sur sa compagne

Reconnu coupable de « tentative de meurtre » sur sa concubine, Arnaud Carenzini, 27 ans, a été condamné mercredi par la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle à 5 ans de prison dont 2 avec sursis et mise à l’épreuve pendant 3 ans, période durant laquelle il fera l’objet d’une obligation de soins, de travailler et d’indemniser la victime. Le jeune homme, qui comparaissait libre et n’avait fait que 4 mois et 8 jours de détention provisoire dans le cadre de ce dossier, a été immédiatement incarcéré au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville.
Le 25 juin 2001, vers deux heures du matin et alors qu’il était ivre, Arnaud Carenzini avait porté huit coups de couteau à Aline, étudiante comme lui en ergothérapie à Nancy et avec laquelle il entretenait une relation amoureuse depuis 18 mois. Lui a toujours assuré n’avoir pas voulu tuer. Ce mercredi, au terme de ses réquisitions, Marie-Claude Weiss avait réclamé une peine de huit ans ferme, assortie d’un suivi socio-judiciaire d’une durée de 5 ans, avec une injonction de soins.
Lors de sa plaidoirie, Me Michèle Schaefer, avocate de la victime, a souligné que ces « faits gravissimes » avaient bouleversé la vie de sa cliente, alors âgée de 21 ans. « La jeunesse est un élixir qui ne se boit qu’une seule fois », a lancé l’avocate. « Ce soir-là, elle a perdu sa jeunesse, son insouciance ».
Pour le conseil d’Aline, Carenzini était bien animé de la volonté de donner la mort. « Il porte huit coups de couteau, c’est un véritable acharnement, et ce, vers des parties vitales, comme la carotide, l’aorte ou encore l’artère fémorale. Il a ensuite tenté de l’étrangler en lui répétant deux fois ‘’ je n’ai pas le choix, il faut que je te tue ‘’. Ma cliente s’est vue mourir. Elle a longtemps attendu des regrets, des excuses, des explications. Elle a au contraire eu droit à des menaces de mort indirectes ». Six mois après les faits, lors d’une nouvelle soirée alcoolisée, Arnaud Carenzini aurait en effet glissé à l’un de ses copains de beuverie cette terrible phrase : « Si je prends cher au procès, je la bute… ».

« S’il avait voulu la tuer… »

L’avocate générale a fustigé, elle, « la tolérance, relevée récemment par la Cour des comptes, de notre société vis-à-vis des boissons alcoolisées. On jette toujours un voile pudique sur l’alcoolisation massive des étudiants ». La magistrate revient est aussi revenue sur l’histoire de ce « joli petit couple », sur les promesses que Carenzini avait faites à sa compagne. La parquetière réfute également une requalification en délit de « violences volontaires aggravées ». « Ce n’est pas parce qu’on n’a pas touché d’organe vital qu’on ne voulait pas tuer. Le premier coup dans le flanc, alors que la victime ne s’y attend pas, est le plus profond. Ensuite, la jeune fille se débat, n’est pas immobile. Par ailleurs, l’accusé était très fortement alcoolisé ». Marie-Claude Weiss qualifie Carenzini de « fou sanguinaire », qui n’a pas tenu compte « des avertissements » que la justice ou plus simplement son comportement avec Aline ou ses copains lui ont délivré.
« Ce n’est pas parce qu’Aline a cru qu’elle allait mourir qu’il faut en déduire que mon client était animé d’une volonté homicide », souligne Me Isabelle Baumann. « Il a voulu la punir, lui faire mal. Il prend un couteau de cuisine avec un bout arrondi, alors qu’il y en a d’autres plus tranchants dans la cuisine, il frappe mais stoppe ses coups. Et il la poursuit sans ce couteau. S’il avait vraiment voulu la tuer… Ensuite, quand il lui serre le cou, il voit la peur dans ses yeux, il comprend qu’il est allé trop loin et la relâche. Il avait le choix de la tuer et ne l’a pas fait… ».
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mercredi 22 juin 2016

Infanticide à Berck: La personnalité de Fabienne Kabou passée au crible

Pourquoi Fabienne Kabou a-t-elle tué sa fille ? La question n’a pas trouvé de réponse définitive au terme du troisième jour d’audience où le profil psychologique de cette mère accusée d’infanticide a été passé au crible. Dans la matinée, un expert en informatique avait fait parler la mémoire des ordinateurs de famille. L’après-midi, c’était au tour du juge d’instruction, puis d’un expert psychologue d’évoquer la personnalité de ce « personnage inhabituel » Intelligence supérieure à la moyenne « Si elle n’avait pas donné son nom à l’hôtelier, on aurait sans doute eu beaucoup de mal à sortir ce dossier », souligne, à la barre, Hervé Vlamynck, le juge qui instruit l’affaire. Pourquoi Fabienne Kabou n’a-t-elle donc pas caché son identité ? Comment fonctionne cette femme ? L’expert psychologue se lance. « Elle est d’une intelligence supérieure à la moyenne, mais possède des éléments de nature obsessionnelle », note-t-il. Selon lui, elle a aussi un rapport difficile avec son père à qui elle reproche d’avoir quitté sa mère pour une femme qu’elle traite de « dragon ». La grossesse ? Elle n’était pas souhaitée. « Mais elle a fait l’autruche car elle ne voulait pas avorter à nouveau, explique le psy. Sa maternité s’est inscrite dans sa difficulté familiale. » L’adhésion à des croyances culturelles ? Son passage à l’acte ? « On aurait dit que j’avais le vent dans le dos », a raconté Fabienne Kabou lors de l’instruction. « Elle souffre d’un trouble de la personnalité et se dit victime d’un contexte magico-religieux qui l’aurait poussé à agir », confirme le psy. L’adhésion à des croyances culturelles du Sénégal dont elle est originaire ? Le juge d’instruction n’y croit pas. « Elle ment beaucoup », glisse-t-il. « L’enfermement dans le mensonge peut conduire au meurtre, on l’a vu avec l’affaire Romand », avance l’expert psychologue. Une analyse hasardeuse Le matin même, un enquêteur s’était laissé aller à une analyse hasardeuse : « Adélaïde était un cadeau reçu avec plaisir, mais dont Fabienne Kabou s’est débarrassée quand elle s’en est lassée ». Colère de l’avocate de la défense, Fabienne Roy Nansion. Cette dernière avance une autre hypothèse : «L’extraction des données informatiques nous apprend qu’elle consultait des sites pour apprendre comment être enceinte, comment s’occuper d’un bébé…. Elle a appris à être une mère sur internet car il n’y a aucune femme autour d’elle. C’est une femme complètement seule

http://www.20minutes.fr/dossier/cour_d_assises

Le père d'Adélaïde se dit mystifié par les "mensonges" de Fabienne Kabou

"J'ai tout gobé aux mensonges de Fabienne", a déclaré mardi devant le jury son compagnon, père du bébé de 15 mois. Il pensait Fabienne doctorante en philosophie, elle n'a qu'un DEUG. Il croyait qu'elle avait accouché à l'hôpital des Bluets (Paris) et qu'elle avait déclaré Adélaïde, la fillette est née à domicile et n'a jamais eu d'existence légale.

Mais surtout : il était persuadé que Fabienne Kabou, comme elle le lui avait dit, avait confié Adélaïde à sa mère le 19 novembre 2013, pour qu'elle la prenne en charge pendant une année au Sénégal. Mais elle l'a noyée, sur une plage de Berck en l'abandonnant à marée montante. "Quand elle est revenue de Berck, Fabienne était incroyablement calme. Elle m'a dit que le vol d'Ada pour le Sénégal s'était bien passé", se rappelle M. Lafon, qui s'est constitué partie civile.

Quand la police appelle Michel L., dix jours après le drame, il "réalise que quelque chose est arrivé à Ada", il "s'attend au pire", mais "pas à ça". "Elle savait que j'adorai Ada, comment peut-on prendre le chemin qu'elle a pris ? C'est pour moi inconcevable", dit-il. "Ce n'est pas simplement un mensonge, c'est une trahison".

"Ma responsabilité est totale"

Dans ce crime, "ma responsabilité est totale, j'ai protégé Fabienne, mais je n'ai pas pu protéger Ada, je me reproche tout", a affirmé Michel Lafon, homme coquet de soixante-dix ans.

Fabienne, 39 ans, d'origine sénégalaise, a rencontré Michel Lafon, ancien trader devenu sculpteur, lors de l'un de ses vernissages en 2001. Une dizaine d'années plus tard, elle accouche, seule, d'Adélaïde. L'instruction soulevait le peu d'implication du père dans l'éducation de l'enfant: il n'a pas cherché à la reconnaître, ni même à préparer son arrivée en aménageant son atelier. Lui, affirme s'en être occupé "bien plus que beaucoup de pères, parce que je n'avais rien d'autre à faire".

"Fabienne s'est magnifiquement occupée d'Ada, ça n'a jamais été une enfant maltraitée. C'est tellement stupide de dire ça, maintenant", dit-il aussi, affirmant que "leur vie à trois était une vie presque idéale".

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Affaire Christelle Maillery : les familles témoignent au 4e jour du procès en appel de Jean-Pierre Mura

Ce mardi 21 juin 2016, la soeur de la victime et le frère de l'accusé se sont succédé à la barre. La première a partagé son émotion et sa colère, interpellant Jean-Pierre Mura. Le second, hésitant, a été longuement interrogé par la présidente, sans pour autant se montrer très bavard. Compte-rendu
Elle est arrivée à la barre avec quelques notes, et des sanglots bien difficiles à contenir. Delphine Pichon, la petite soeur de Christelle Maillery (tuée de 32 coups de couteau dans une cave du Creusot le 18 décembre 1986), ne s'attendait pas forcément à témoigner ce mardi 21 juin, mais elle a été appelée en fin de matinée par Madame le président de la cour. Comme lors du premier procès à Chalon-sur-Saône il y a un an, elle a raconté son histoire. Celle d'une petite fille de 9 ans à qui l'on enlève sa grande soeur, "qui croquait la vie à pleines dents, qui me protégeait" dit-elle. L'histoire ensuite, d'une famille qui implose, où chacun s'isole pour surmonter sa peine et son incompréhension. 
A la barre, elle rend hommage à sa soeur disparue, et trouve la force, malgré l'émotion, de s'adresser directement à l'accusé : "Monsieur Mura, comment pouvez vous sourire quand vous regardez les images de la reconstitution de votre visite dans la cave ? C'est inacceptable d'entendre toutes vos contradictions, et ça me fait froid dans le dos quand je vous entends dire que vous étiez au courant qu'une famille avec des jeunes filles s'était installée à la Charmille..." "J'ai rien à dire", répond d'un air détaché, debout dans son box, un impassible Jean-Pierre Mura, le regard dans le vague. Ce dernier ne change pas de version, ni d'attitude. Aussi improbable que cela puisse paraître, au fil des témoignages, il continue à soutenir n'avoir jamais connu Christelle Maillery, pas même de vue, lui qui fréquentait pourtant le quartier de la Charmille très régulièrement.
Le grand frère de Jean-Pierre Mura a la mémoire qui flanche
Dans l'après-midi, c'est cette fois le grand frère de l'accusé, Joseph Mura, qui se présente devant la cour. De 5 ans l'aîné de Jean-Pierre, c'est lui qui a eu la responsabilité de la famille après le décès de leur mère. En protecteur taiseux, à sa manière, il ménage donc son cadet, consciemment ou pas. Aux nombreuses relances de la cour, il ne répond que par bribes, ne se souvient plus, garde le silence. Il faut lui rappeler ses déclarations passées pour faire (enfin) resurgir les doutes qu'il a confiés aux enquêteurs sur la culpabilité de son frère dans cette affaire. Mais aussi pour le faire parler des carnets que tenait Jean-Pierre Mura, dans lesquels il notait "ses délires personnels", et "toute information utile sur le meurtre de Christelle"... Des carnets détruits plus tard par Joseph, le grand frère protecteur, décidément pas très causant cet après-midi. 

Au terme d'une quatrième journée d'audience longue et chargée en émotions, chaque famille est repartie de son côté. Avec ses attentes, et ses doutes légitimes. Mercredi 22 juin, les témoignages d'experts et des anciennes compagnes des frères Mura, permettront de se pencher sur leurs lourds problèmes psychologiques. Et, bien sûr, sur la schizophrénie de l'accusé, qui s'est révélée en 1990. Quelques années après le meurtre sauvage de la petite Christelle, au Creusot.http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/

Procès Kabou : "Quand va-t-on comprendre que cette femme délire ?"

Montpellier : ivre, le maçon frappe un adolescent sans raison

D éjà condamné pour des violences, le quadragénaire avait plus de deux grammes d'alcool par litre de sang.
"C'est un mensonge ! J'ai simplement demandé aux garçons de partir parce qu'ils faisaient du bruit", soutient mordicus, depuis le box de la correctionnelle, le quadra. Dont la version de ces violences, perpétrées devant une boulangerie du chemin des Barques, dans le quartier des Rives-du-Lez, mardi 14 juin en fin d'après-midi, se heurte à celle de la victime. Mais aussi de ses copains.
Et selon laquelle il aurait porté un puissant coup au gamin au niveau du dos, tout en lui lançant : "Ça fait mal, hein ?" Sachant que, ce jour-là, l'intéressé avait enchaîné les whiskies soda et bières. Déambulait avec 2,14 g d'alcool par litre de sang. Et que son passif judiciaire fait état de sept condamnations antérieures, quasiment toutes en relations avec des violences.
"C'est la police qui dit un peu n'importe quoi ! J'étais juste un peu alcoolisé", se défend gauchement le prévenu. "Là, ce n'est pas la police, j'ai lu votre casier judiciaire !", le tacle le président Fabre. Imparable. "L'on n'imagine pas ce jeune homme inventer ces faits-là. Car tout de suite après, il s'est précipité chez ses parents. Et ce coup de poing était parfaitement gratuit", affirme le représentant du parquet.
Relevant, à l'adresse du tribunal, cette autre condamnation prononcée en janvier dernier. Et dont a écopé cet ancien employé de la Ville, là encore pour des violences, mais pas encore inscrite à son casier. De quoi justifier ces huit mois ferme et ce maintien en détention requis sur l'audience.
"Médicalement, rien n'a été constaté"
"Certes, il ne reconnaît pas, son état y était pour beaucoup", estime Me Gély en défense. Mais l'avocate de rappeler ce point : "Médicalement, rien n'a été constaté (sur l'adolescent, NDLR), même si je ne remets pas en cause les propos de la victime." Le médecin l'ayant examinée notant une seule contusion. Reliquat d'un match de rugby disputé par l'ado le précédent dimanche. Et l'auxiliaire d'estimer "excessifs" ces huit mois demandés.
Reste qu'un délibéré plus tard, son client a été condamné à douze mois d'embastillement, dont huit ferme, mandat de dépôt à la clé. Les quatre mois restants étant soumis à un sursis et une mise à l'épreuve pendant deux ans
http://www.midilibre.fr/2016/06/21/ivre-le-macon-frappe-un-adolescent-sans-raison,1352589.php
 

mardi 21 juin 2016

Bébés congelés: "Elle ouvrait le congélateur tous les jours"

Au deuxième jour du procès en appel d'Audrey Chabot, la cour d'assises du Rhône a entendu le témoignage du gendarme qui est intervenu chez elle, à Ambérieu-en-Bugey (Ain), le soir du 24 mars 2013. "J’ai recommencé, j’ai tué mes bébés" avait-elle alors avoué...


«J’ai besoin de me faire soigner, d’être internée», a expliqué Audrey Chabot, accusée d’avoir noyé deux bébés découverts dans le congélateur de son domicile, au premier gendarme qui est intervenu chez elle, le soir du 24 mars 2013, selon nos confrères du Progrès

"J'ai recommencé, j'ai tué mes bébés"

Au deuxième jour du procès en appel de la jeune femme devant la cour d'assises du Rhône, le militaire est revenu dans le détail sur cette soirée : "A plusieurs reprises, elle s’est effondré en larmes, criant J’ai recommencé, j’ai tué mes bébés. J’ai déjà fait de la prison".

"Une heure plus tard, elle partait travailler"

En garde à vue, l’accusée a livré le récit terrible des deux infanticides, a témoigné un autre gendarme. "Elle a accouché du premier bébé en octobre 2011, seule sur ses toilettes, à quatre heures du matin. Une heure plus tard, elle partait travailler".

"Elle immerge le bébé dans le bac à douche"

Quelques jours plus tard, "elle a décidé de le tuer en l’immergeant dans le bac à douche. Elle a monté le son de la télé et elle est partie de l’appartement". Le deuxième a été noyé juste après sa naissance en novembre 2012.

Elle s'interdisait d'être mère

"Elle a dit avoir été heureuse d’être enceinte mais qu’elle s’interdisait d’être mère. Le seul moyen selon elle de les garder c’était le congélateur qu’elle ouvrait tous les jours, pour les toucher et leur parler".

Verdict attendu vendredi

Audrey Chabot avait déjà effectué un séjour en prison pour un infanticide en 2002, commis par sa mère mais avec sa complicité.
La journée s'est poursuivie avec l'audition des médecins légistes. Le verdict est attendu vendredi. 
http://www.ledauphine.com/france-monde/2016/06/21/bebes-congeles-elle-ouvrait-le-congelateur-tous-les-jours
 

Affaire Maillery : les aveux de Jean-Pierre Mura au cœur des débats du 3e jour

Au troisième jour de son procès en appel devant les assises de Dijon, Jean-Pierre Mura a du s'expliquer sur des aveux, confirmés par plusieurs témoins, lors d'une soirée à Chenôve en 1991. Si l'accusé nie toujours, sa version est apparue peu crédible face aux nombreux témoignages concordants.
C'est un élément central dans le procès de Jean-Pierre Mura. Un soir de 1991, il s'est rendu au domicile de Michel Bartolo, l'ex-petit ami de Christelle, et se serait livré à des aveux du meurtre de Christelle Maillery, proposant même de l'argent à Michel Bartolo. Ce soir-là, Jean-Pierre Mura était en larmes, et aurait fait cette confession dans un état anormal (probablement sous l'effet de l'alcool). Ces aveux sont apparus dans le dossier en 2003, quand le détective privé Eric Bellahouel, à la demande de l'association Christelle, a repris l'enquête. Rapidement, Michel Bartolo lui a parlé de ce moment.

"J'ai vu que Michel Bartolo avait été le petit ami de la victime, je l'ai donc rencontré" explique l'enquêteur, devenu hypnothérapeute. "Je lui demande s'il se souvient de telle ou telle chose qui pourrait aider à relancer le dossier. Il me dit d'emblée qu'il a quelque chose sur le cœur, mais qu'il ne sait pas si c'est vrai. Il me parle de Jean-Pierre Mura, qu'un jour à Chenôve, Jean-Pierre Mura lui a dit au qu'il avait tué Christelle Maillery" poursuit Eric Bellahouel. Michel Bartolo n'avait pas pris au sérieux ces aveux à l'époque, étant donné que Jean-Pierre Mura était considéré comme dépressif. En 2003, contacté par l'enquêteur privé, Bartolo s'était décidé à témoigner, mais il est décédé avant de pouvoir le faire, en 2004.

De vieux aveux, contestés par Mura


Ce lundi 20 juin 2016, devant la cour d'assises de Dijon, deux témoins ont confirmé ces aveux à la barre. Eric Benzoni, qui a accompagné Jean-Pierre Mura ce soir-là, et Corinne Joly, la compagne de Michel Bartolo. Même si certains détails varient avec le temps et les mémoires qui flanchent, tous les deux ont gardé en mémoire le fond de ses aveux, et les larmes de Mura. Le contexte de la soirée est plus flou. Mura a-t-il avoué dès son arrivée, sur le pallier ? Ou plus tard, dans le salon ? Mystère.
Ce qui est sûr, c'est que Jean-Pierre Mura lui, nie les faits : "je ne sais pas ce qu'il a compris, Michel... Il a cru que je m'accusais, il m'a forcé à m'accuser du meurtre. Moi j'ai eu peur qu'il me tue, et je suis parti en pleurant dans l'ascenseur !" Me Bittard, l'avocate de Jean-Pierre Mura, soutient que ces aveux ne peuvent être prouvés avec certitude. Sur ce point crucial, c'est donc paroles contre paroles, sur une soirée arrosée vieille de 25 ans.

Les experts ont rappelé leurs constats 



Dans la matinée, plusieurs experts sont revenus sur leurs différents rapports, sur les traces ADN relevés sur les bijoux de Christelle, sur les couteaux saisis chez Jean-Pierre Mura et leur comparaison avec celui retrouvé dans un buisson proche des lieux du crime en février 1987. Demain, le procès se poursuivra par les auditions de nombreux témoins : des experts médicaux, des amis et le frère de Jean-Pierre Mura. Leurs témoignages permettront sans doute à la cour d'en apprendre davantage sur la psychologie et les troubles de l'accusé.http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/

Procès Alexandre : le principal condamné ne fait pas appel

Selon son avocate, Michaël Baehrel ne souhaite pas faire appel, après avoir été condamné à la perpétuité la semaine dernière
Le principal condamné dans le procès Alexandre Junca a décidé de ne pas faire appel. C'est ce que vient de confier son avocate Me Karine Magne cet après-midi après avoir rencontré son client à la maison d'arrêt.
"Nous ne souhaitons pas faire appel par respect pour les parents", ajoute celle qui défend Mickaël Baehrel condamné jeudi dernier par la cour d'assises.
On s' achemine cependant vers un nouveau procès en appel dans cette affaire puisque les avocats de deux autres condamnés, Claude Ducos et Fatima Ennajah ont déjà dit leur intention de faire appel, même si pour cette dernière, condamnée à 3 ans de prison pour non dénonciation de crime, la démarche nécessaire n'a pas encore été effectuée
Reste le cas de Christophe Camy, condamné à 15 ans, dont l'avocate Me Legrand-Bogdan, doit se prononcer cette semaine, après avoir consulté son client.
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