Karim Benderadji maçon de 30 ans est poursuivi pour meurtre et atteinte à l’intégrité d’un cadavre. Il encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle.
Cette sordide affaire s’était déroulée un beau dimanche de septembre 2007 en Haute Savoie, à Annemasse. Un jeune carreleur de 25 ans, Freddy Liot, originaire de la Manche et installé depuis peu en Haute Savoie, effectuait des missions d’intérim en Suisse. Son corps avait été retrouvé mort à Gaillard, en Haute Savoie, dans des circonstances tragiques. Le corps a été dépecé puis disséminé dans l’Arve, une rivière haute savoyarde. Le meurtrier présumé avait appelé la famille d’une cabine téléphonique afin de demander une rançon de 75 000 euros. La sœur de la victime confirmera aujourd’hui même ces menaces dans l’enceinte de la cour d’assises d’Annecy. « Comment je sais si mon frère est vivant ? » questionne-t-elle au ravisseur. « Tu veux que je t’envoie un doigt ou une oreille ! » lui répond il. D’emblée, il y avait un problème puisque un ravisseur ne tue jamais sa « monnaie d’échange » avant d’avoir touché le butin de la rançon.
Le mobile de cette affaire semble être l’argent. En effet, la victime, Freddy Liot, aurait volé la somme de 400 euros à Kamel Benderradji, un jeune collègue de travail de la victime, originaire de la région lyonnaise, venu s’installer dans la région afin, diront ses proches, « d’oublie son ancienne vie ». Freddy Liot n’avait aucun souci pécuniaire. Alors, pourquoi aurait-il dérobé cette modique somme d’argent ce fameux dimanche de septembre 2007 où il serait venu à l’origine chez son collègue de travail pour une coupe de cheveux. Ce différend entre les deux hommes aurait tourné au massacre. A la suite d’une bagarre dans la chambre de l’accusé qui aurait dégénéré, le maçon aurait saisi un marteau et aurait frappé le « voleur potentiel » à la tête causant selon ses dires un « énorme trou ». « Il y avait beaucoup de sang » dira le mis en cause.
Kamel Benderradji a avoué lors de son interpellation avant de se rétracter lors de la reconstitution des faits mettant en cause deux inconnus qui auraient fait irruption chez lui afin de régler des problèmes de drogue. L’enquête n’a pas permis d’établir l’identité de ces deux mystérieux hommes, tout simplement peut être car il n’existe pas. Il s’agit d’un procédé assez fréquent chez les criminels qui consiste à imputer sa responsabilité à des hommes imaginaires afin de créer le doute car tout accusé sait que le doute lui profite.(renvoi aux articles sur l’affaire Flactif).
Ce matin a eu lieu l’évocation des faits.
Le dépeceur d’être humain a consenti à expliquer aux jurés et au président, François Bessy, (il avait jugé en juin 2006 l’affaire Flactif) la manière dont il avait procédé avec son opinel pour découper le corps du jeune adulte. Il insista sur l’abondance du sang qui se dispersait dans la chambre. Il s’est beaucoup excusé auprès des familles des victimes.
Dans l’après midi, les experts sont venus à la barre apporter leur concours à la justice. Ils n’ont détecté chez la victime aucune trace de substance médicamenteuse ou stupéfiante. En revanche, ils ont relevé dans l’estomac des quantités comprises entre 0,72 g/L et 0,74 g/L d’alcool. Les médecins légistes ont préconisé de prendre ces informations avec beaucoup de prudence étant donné que le cadavre était en état de décomposition, voire de putréfaction (Le tronc humain de Freddy Liot a été découvert au bout de 10 jours d’investigation et a séjourné dans l’eau, ce qui rend les analyses plus complexes).
La question la plus sensible et qui a d’ailleurs fait énormément souffrir la partie civile lorsque Maitre Gilbert Collard, défenseur des parties civiles, l’a posé à l’expert est celle de savoir si, avant le dépeçage de la victime, cette dernière était vivante ou décédée ? L’accusé explique qu’il a posé sa main sur le cœur de Freddy Liot et que son cœur ne battait plus. Les experts n’étant pas présent le soir du meurtre, ils n’ont pu se prononcer mais il apparaît évident que le jeune carreleur était décédé.
La sœur et le frère de Kamel Benderradji sont ensuite venus expliquer à titre de simples renseignements à la cour d’assises que leur frère est un « bosseur », qui est non violent. « Ce qui s’est passé est un cauchemar, on ne comprend pas, ce n’est pas Kamel…. ».Ils ont expliqué que leurs parents ont inculqué des valeurs de respect d’autrui à la famille et que « la punition pour Kamel est psychologique car il doit vivre avec l’idée qu’il a tué et dépecé un corps » selon son frère ainé.
Dans la famille de l’accusé, c’est l’incompréhension. Selon sa sœur, lui-même ne sait pas comment il en est arrivé là. Elle parle beaucoup avec lui lors de ses visites à la maison d’arrêt et correspond beaucoup par courrier.
La famille de l’accusé minimise la responsabilité de Kamel Benderradji. Pour son frère ainé, « c’est une bagarre qui a mal tourné et le dépeçage, est une fuite en avant ». Une petite altercation avec Maitre Gilbert Collard aura lieu à ce sujet car le frère de l’accusé soutient que ce qui est arrivé à son frère peut arriver à tout le monde.
La sœur du défunt a laissé exprimer sa colère ; « je suis désolé, je suis désolé, tes excuses ! on s’en fout » lance-t-elle à Kamel Benderradji, regard baissé (il le conservera toute l’audience). Elle vantera les qualités du défunt : « il ne demandait qu’à vivre ».
Demain, le procès de ce criminel ordinaire et sans antécédent judiciaire s’achèvera avec les plaidoiries des avocats de la partie civile, dont celle attendue de Maitre Gilbert Collard, puis le réquisitoire de l’avocat général, et, enfin, les plaidoiries de la défense, notamment celles de Maitre Rimondi, avocat au barreau de Thonon les Bains (il avait défendu Stéphane Haremza lors du procès Flactif, le complice de David Hotyat dans la tuerie du Grand Bornand), et Maitre Julien (il avait défendu Isabelle Haremza lors du procès Flactif).
L’accusé aura la parole en dernier comme le veut la loi. Des excuses et des regrets de sa part sont à prévoir (il a déjà pleuré au procès et demander pardon à la famille des victimes dans des lettres) mais des réactions plutôt houleuses des parties civiles risquent de s’ensuivre.
En effet, comment une mère dont la déposition à la barre était à peine audible cet après midi tant le chagrin et le désespoir l’ont envahi (elle n’a cessé de répéter : « ma vie est un cauchemar ! ») pourra-t-elle pardonner à cet homme qui a découpé son fils comme de la viande et jeter dans une rivière ?
La cour d'assises de Haute-Savoie a condamné Karim Benderadji à la peine maximum prévue par la loi: 30 ans de réclusion. Le jury a suivi les réquisitions de l'avocat général, et a tenu compte du caractère particulièrement atroce de ce crime. Le meurtre commis dans un accès de violence sans explication convaincante, a été suivi du découpage du corps de la victime. Ensuite, tentant de justifier ses actes par une fuite en avant qu'il ne maitrisait plus, l'accusé a demandé une rançon à la famille, faisant croire à un enlèvement alors que Freddy Liot était déjà mort
Paperblog
Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
dimanche 23 mai 2010
samedi 22 mai 2010
La mort de Freddy Liot garde sa part de mystère
L'affaire a commencé dimanche 16 septembre 2007, lorsque des pêcheurs ont découvert un tronc humain échoué sur un banc de sable de l'Arve à Gaillard. La police, grâce aux résultats des prélèvements d'ADN, a rapidement fait le lien avec une disparition inquiétante sur laquelle elle enquêtait depuis une semaine. Formellement identifié, le corps mutilé était celui de Freddy Liot, un jeune homme qui travaillait en intérim sur des chantiers en Suisse, et logeait à Annemasse depuis le mois de juillet.
Jeudi 6 septembre, n'arrivant pas à joindre son fils au téléphone, sa mère a commencé à s'inquiéter. Une inquiétude qui a viré à l'angoisse le vendredi, lorsque la famille a reçu un appel terrifiant d'un individu qui menaçait de tuer Freddy si ses parents ne lui donnaient pas 75 000 €. Les parents et la soeur de Freddy Liot ont fait le voyage depuis la Manche jusqu'à Annemasse, où ils ont signalé la disparition au commissariat. La voiture de la victime a été retrouvée avec les sièges brûlés, rue des Jardins à Gaillard, non loin des berges de l'Arve.
Une enquête rapide jusqu'à
l'interpellation d'un suspect
Confiée au service régional de police judiciaire, l'enquête a mené rapidement vers Karim Benderradji, un homme de 28 ans originaire de Vénissieux (Rhône). Il travaillait dans la même agence d'intérim que Freddy, et logeait à Gaillard, à 5 minutes de la rue de Genève. Il a quitté la région rapidement après la disparition, les coups de téléphone à la famille permettent de suivre sa trace. Il sera interpellé le 25 septembre près de Saint-Etienne. Père d'un jeune enfant, cet homme n'a pas d'antécédent judiciaire sérieux.
Durant sa garde à vue, il a avoué le meurtre de Freddy Liot, et raconté ce qui a pu se passer le jeudi 6 septembre. Ces deux jeunes avaient sympathisé à l'agence d'intérim, et Freddy Liot serait venu se faire couper les cheveux par Karim Benderradji, chez lui. Une querelle au sujet de 400 € s'en serait suivie. Puis, sous le coup de la colère, Benderradji aurait frappé la victime sur la tête avec un marteau, mortellement. Il aurait ensuite découpé le corps à la scie pour le faire disparaître, et il est allé le jeter dans la rivière.
Après ses aveux, il se rétracte
le jour de la reconstitution
Après la reconstitution avortée, Benderradji a déclaré que deux individus auraient fait irruption dans l'appartement cherchant de la drogue, l'auraient tenu en joue sous la menace d'une arme, et ils auraient tué Freddy. Puis, il aurait dû se débarrasser du corps. Les enquêteurs ont tenté de vérifier cette version, les fichiers de photos d'individus liés à la drogue ont été présentés à Karim Benderradji, mais il n'a reconnu personne. Benderradji n'a pas le profil d'un trafiquant de drogue, et ses déclarations comportent des contradictions. Cette version des tueurs inconnus sera soutenue par les avocats de la défense, bien que le prévenu demeure le principal suspect dans cette affaire, et que la police considère que son travail d'enquête est terminé.
L'audition dans le cabinet du juge d'instruction aura duré 4 heures. Hier matin, l'auteur présumé du meurtre de Freddy Liot, Karim Benderradji, a fait de nouvelles révélations sur ce 6 septembre 2007. Il l'avait affirmé après la reconstitution du 25 juin dernier : «Je ferai une déposition pour rétablir la vérité.» Petit rappel : le 16 septembre 2007, un tronc humain était retrouvé dans l'Arve, à Gaillard. Trois jours plus tard, les analyses ADN permettait d'identifier ce corps découpé, celui de Freddy Liot, 25 ans, originaire de la Manche.
Lors de cette nuit fatale, Freddy Liot et Karim Benderradji n'auraient pas été seuls dans l'appartement, il y aurait eu deux autres individus. En toile de fond, un trafic de stupéfiants. Ce soir là, deux inconnus seraient venus chercher leur marchandise mais n'ayant pas trouvé ce qu'ils voulaient, le simple échange aurait tourné au drame. Karim Benderradji l'a affirmé, «J'ai été menacé avec une arme par un des 2 hommes, je n'ai rien pu faire.» Et pendant ce temps, l'autre individu aurait tué Freddy Liot avant de le découper.
Pourquoi donner une nouvelle version ? «Mon client est toujours sous le coup d'une charge émotionnelle très lourde. Il n'a rien dit lors de sa première déposition car il craignait des représailles pour lui et sa famille», précise son avocat. Ces nouveaux éléments sont donc à prendre en compte et de nouvelles analyses sont à faire pour retrouver ces deux individus. L'enquête est-elle pour autant relancée ? À la défense de prouver que cette piste n'est pas une fausse piste, encore une...
De son côté, Nadia Liot, la soeur de la victime a réaffirmé que cette nouvelle version ne tenait pas la route, «Cette déclaration est un non sens. Quand Karim Benderradji a demandé une rançon pour revoir Freddy, je n'ai pas eu affaire à un individu menacé mais à une personne sûre de lui.» Cette grande soeur, sa meilleure amie qui le connaissait bien explique que son frère était super réglo avec tout le monde, ce n'était pas un trafiquant, «Il était trop peureux pour ça.» Le 6 septembre prochain, pour marquer l'anniversaire de sa mort, une marche silencieuse sera organisée à Avranches (Manche). Tous les proches de Freddy Liot seront là car ils veulent savoir et ils n'ont pas oublié...
Le Dauphiné
Suite demain
Jeudi 6 septembre, n'arrivant pas à joindre son fils au téléphone, sa mère a commencé à s'inquiéter. Une inquiétude qui a viré à l'angoisse le vendredi, lorsque la famille a reçu un appel terrifiant d'un individu qui menaçait de tuer Freddy si ses parents ne lui donnaient pas 75 000 €. Les parents et la soeur de Freddy Liot ont fait le voyage depuis la Manche jusqu'à Annemasse, où ils ont signalé la disparition au commissariat. La voiture de la victime a été retrouvée avec les sièges brûlés, rue des Jardins à Gaillard, non loin des berges de l'Arve.
Une enquête rapide jusqu'à
l'interpellation d'un suspect
Confiée au service régional de police judiciaire, l'enquête a mené rapidement vers Karim Benderradji, un homme de 28 ans originaire de Vénissieux (Rhône). Il travaillait dans la même agence d'intérim que Freddy, et logeait à Gaillard, à 5 minutes de la rue de Genève. Il a quitté la région rapidement après la disparition, les coups de téléphone à la famille permettent de suivre sa trace. Il sera interpellé le 25 septembre près de Saint-Etienne. Père d'un jeune enfant, cet homme n'a pas d'antécédent judiciaire sérieux.
Durant sa garde à vue, il a avoué le meurtre de Freddy Liot, et raconté ce qui a pu se passer le jeudi 6 septembre. Ces deux jeunes avaient sympathisé à l'agence d'intérim, et Freddy Liot serait venu se faire couper les cheveux par Karim Benderradji, chez lui. Une querelle au sujet de 400 € s'en serait suivie. Puis, sous le coup de la colère, Benderradji aurait frappé la victime sur la tête avec un marteau, mortellement. Il aurait ensuite découpé le corps à la scie pour le faire disparaître, et il est allé le jeter dans la rivière.
Après ses aveux, il se rétracte
le jour de la reconstitution
Après la reconstitution avortée, Benderradji a déclaré que deux individus auraient fait irruption dans l'appartement cherchant de la drogue, l'auraient tenu en joue sous la menace d'une arme, et ils auraient tué Freddy. Puis, il aurait dû se débarrasser du corps. Les enquêteurs ont tenté de vérifier cette version, les fichiers de photos d'individus liés à la drogue ont été présentés à Karim Benderradji, mais il n'a reconnu personne. Benderradji n'a pas le profil d'un trafiquant de drogue, et ses déclarations comportent des contradictions. Cette version des tueurs inconnus sera soutenue par les avocats de la défense, bien que le prévenu demeure le principal suspect dans cette affaire, et que la police considère que son travail d'enquête est terminé.
L'audition dans le cabinet du juge d'instruction aura duré 4 heures. Hier matin, l'auteur présumé du meurtre de Freddy Liot, Karim Benderradji, a fait de nouvelles révélations sur ce 6 septembre 2007. Il l'avait affirmé après la reconstitution du 25 juin dernier : «Je ferai une déposition pour rétablir la vérité.» Petit rappel : le 16 septembre 2007, un tronc humain était retrouvé dans l'Arve, à Gaillard. Trois jours plus tard, les analyses ADN permettait d'identifier ce corps découpé, celui de Freddy Liot, 25 ans, originaire de la Manche.
Lors de cette nuit fatale, Freddy Liot et Karim Benderradji n'auraient pas été seuls dans l'appartement, il y aurait eu deux autres individus. En toile de fond, un trafic de stupéfiants. Ce soir là, deux inconnus seraient venus chercher leur marchandise mais n'ayant pas trouvé ce qu'ils voulaient, le simple échange aurait tourné au drame. Karim Benderradji l'a affirmé, «J'ai été menacé avec une arme par un des 2 hommes, je n'ai rien pu faire.» Et pendant ce temps, l'autre individu aurait tué Freddy Liot avant de le découper.
Pourquoi donner une nouvelle version ? «Mon client est toujours sous le coup d'une charge émotionnelle très lourde. Il n'a rien dit lors de sa première déposition car il craignait des représailles pour lui et sa famille», précise son avocat. Ces nouveaux éléments sont donc à prendre en compte et de nouvelles analyses sont à faire pour retrouver ces deux individus. L'enquête est-elle pour autant relancée ? À la défense de prouver que cette piste n'est pas une fausse piste, encore une...
De son côté, Nadia Liot, la soeur de la victime a réaffirmé que cette nouvelle version ne tenait pas la route, «Cette déclaration est un non sens. Quand Karim Benderradji a demandé une rançon pour revoir Freddy, je n'ai pas eu affaire à un individu menacé mais à une personne sûre de lui.» Cette grande soeur, sa meilleure amie qui le connaissait bien explique que son frère était super réglo avec tout le monde, ce n'était pas un trafiquant, «Il était trop peureux pour ça.» Le 6 septembre prochain, pour marquer l'anniversaire de sa mort, une marche silencieuse sera organisée à Avranches (Manche). Tous les proches de Freddy Liot seront là car ils veulent savoir et ils n'ont pas oublié...
Le Dauphiné
Suite demain
vendredi 21 mai 2010
Double acquittement dans l'affaire du berger de Castellar
Jérôme et Alain Verrando ont été innocentés de l'assassinat de Pierre Leschiera. Ce verdict constitue un revers pour l'institution judiciaire.
Comme il y a beaucoup de vent dans le dossier du «berger de Castellar», le cor de la défense fait beaucoup de bruit. Certes, jeudi soir, les avocats de Jérôme Verrando, 34 ans, Mes Ginez et Dupond-Moretti, n'ont pas eu à jouer trop fort : la partie civile a renoncé à plaider contre leur client et l'avocat général a requis l'acquittement de la manière la plus ferme .
Mais à l'encontre d'Alain Verrando, 59 ans, oncle du précédent, vingt ans de réclusion criminelle ont été demandés par le magistrat. Son instrument à lui, ce serait plutôt le basson. La partition de l'accusation est pleine de silences et il n'y a que des bémols à la clé : Roland Mahy, rouage subtil mais rouage tout de même d'un parquet général qui, après une série de déconvenues a, in extremis, obtenu la soudure expérimentale de deux dossiers distincts, n'a pas voulu, ou pas osé, requérir le double acquittement qui, judiciairement, s'imposait pourtant.
Ils sont trois pour défendre Alain Verrando : Mes Gérard Baudoux, Béatrice Dupuy et Paul Lombard. Le premier, dont la voix modulée rappelle par instants celle du Pierre Fresnay de La Règle du jeu, flétrit vigoureusement l'«ovni procédural» qui conduit ici son client, acquitté en 2002. Surtout, il rappelle qu'«une culpabilité ne s'invente pas, elle se prouve» ; que l'«intime conviction n'est pas une loterie, mais la fille de l'évidence et de la raison». Il vient à peine de solliciter l'acquittement que Me Dupuy prend le relais et, en quelques minutes, met les jurés en garde contre le «délit de sale gueule».
Il appartient à Me Lombard de conclure. Quelques secondes lui suffisent pour aller droit au but : «Vous acquitterez un homme contre lequel il n'existe aucune charge.» Jouant à merveille de son âge et des ficelles qui vont avec, il informe les jurés attentifs qu'il a «deux clients : Alain Verrando et la justice» mais, sagement, plaide davantage pour le premier, adressant quelques piques aux conseils de la partie civile et à l'avocat général : «Vous êtes allergiques à ce dossier car ce dossier est allergique à votre thèse.»
Investigations bâclées
Tour à tour Marius, Sganarelle ou Lear, il pourfend le dossier hybride, véritable «Yéti du droit pénal», transforme un client peu sympathique en simplet fort en gueule mais inoffensif et, à l'ancienne, substitue sa Légion d'honneur à la carabine d'Alain Verrando en clamant : «On me persécute !»
Pas de témoignage, pas de preuve, pas d'aveu, investigations bâclées, tout ceci est vrai, tout ceci a été archidébattu par les assises. Me Lombard trouve même un alibi à M. Verrando, quand l'accusation soutient qu'il n'en a pas : son réveil - les gendarmes l'ont vérifié le soir du crime - était réglé sur 6 h 50. L'accusé a toujours dit s'être levé à cette heure-là, le 17 août 1991 ; or, il était 6 h 05 lorsque Pierre Leschiera fut assassiné de deux coups de feu dans le dos. «Tant pis si j'y laisse mes dernières forces, termine Me Lombard dans un souffle parfaitement dosé. Je vous supplie, en l'acquittant, de préserver l'honneur d'Alain Verrando et l'avenir de la justice.»
«Je suis innocent», affirme Jérôme Verrando. «Je n'ai pas tué Pierre», renchérit son oncle. La cour se retire sur ces mots.
À 15 h 05, le verdict laisse les Leschiera figés de stupeur : la justice qui, depuis 1991, leur promet la vérité, mais pas toujours la même, a lamentablement failli. Les deux chasseurs acquittés, eux, s'étreignent en pleurant. Le jury n'a pas délibéré deux heures. Son verdict s'est imposé à la vitesse du vent.
Source Le Figaro
Comme il y a beaucoup de vent dans le dossier du «berger de Castellar», le cor de la défense fait beaucoup de bruit. Certes, jeudi soir, les avocats de Jérôme Verrando, 34 ans, Mes Ginez et Dupond-Moretti, n'ont pas eu à jouer trop fort : la partie civile a renoncé à plaider contre leur client et l'avocat général a requis l'acquittement de la manière la plus ferme .
Mais à l'encontre d'Alain Verrando, 59 ans, oncle du précédent, vingt ans de réclusion criminelle ont été demandés par le magistrat. Son instrument à lui, ce serait plutôt le basson. La partition de l'accusation est pleine de silences et il n'y a que des bémols à la clé : Roland Mahy, rouage subtil mais rouage tout de même d'un parquet général qui, après une série de déconvenues a, in extremis, obtenu la soudure expérimentale de deux dossiers distincts, n'a pas voulu, ou pas osé, requérir le double acquittement qui, judiciairement, s'imposait pourtant.
Ils sont trois pour défendre Alain Verrando : Mes Gérard Baudoux, Béatrice Dupuy et Paul Lombard. Le premier, dont la voix modulée rappelle par instants celle du Pierre Fresnay de La Règle du jeu, flétrit vigoureusement l'«ovni procédural» qui conduit ici son client, acquitté en 2002. Surtout, il rappelle qu'«une culpabilité ne s'invente pas, elle se prouve» ; que l'«intime conviction n'est pas une loterie, mais la fille de l'évidence et de la raison». Il vient à peine de solliciter l'acquittement que Me Dupuy prend le relais et, en quelques minutes, met les jurés en garde contre le «délit de sale gueule».
Il appartient à Me Lombard de conclure. Quelques secondes lui suffisent pour aller droit au but : «Vous acquitterez un homme contre lequel il n'existe aucune charge.» Jouant à merveille de son âge et des ficelles qui vont avec, il informe les jurés attentifs qu'il a «deux clients : Alain Verrando et la justice» mais, sagement, plaide davantage pour le premier, adressant quelques piques aux conseils de la partie civile et à l'avocat général : «Vous êtes allergiques à ce dossier car ce dossier est allergique à votre thèse.»
Investigations bâclées
Tour à tour Marius, Sganarelle ou Lear, il pourfend le dossier hybride, véritable «Yéti du droit pénal», transforme un client peu sympathique en simplet fort en gueule mais inoffensif et, à l'ancienne, substitue sa Légion d'honneur à la carabine d'Alain Verrando en clamant : «On me persécute !»
Pas de témoignage, pas de preuve, pas d'aveu, investigations bâclées, tout ceci est vrai, tout ceci a été archidébattu par les assises. Me Lombard trouve même un alibi à M. Verrando, quand l'accusation soutient qu'il n'en a pas : son réveil - les gendarmes l'ont vérifié le soir du crime - était réglé sur 6 h 50. L'accusé a toujours dit s'être levé à cette heure-là, le 17 août 1991 ; or, il était 6 h 05 lorsque Pierre Leschiera fut assassiné de deux coups de feu dans le dos. «Tant pis si j'y laisse mes dernières forces, termine Me Lombard dans un souffle parfaitement dosé. Je vous supplie, en l'acquittant, de préserver l'honneur d'Alain Verrando et l'avenir de la justice.»
«Je suis innocent», affirme Jérôme Verrando. «Je n'ai pas tué Pierre», renchérit son oncle. La cour se retire sur ces mots.
À 15 h 05, le verdict laisse les Leschiera figés de stupeur : la justice qui, depuis 1991, leur promet la vérité, mais pas toujours la même, a lamentablement failli. Les deux chasseurs acquittés, eux, s'étreignent en pleurant. Le jury n'a pas délibéré deux heures. Son verdict s'est imposé à la vitesse du vent.
Source Le Figaro
jeudi 20 mai 2010
Qui a voulu tuer le “roi des nuits parisiennes” ?
Tony Gomez a noué une cravate autour du col de la chemise qu’il déboutonne bas sur le torse lorsqu’il accueille ses clients VIP de la boîte branchée des Champs-Elysées qu’il dirige. Depuis mercredi matin, il est assis sur le banc des parties civiles de la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris. A ses côtés, son ancien compagnon, Grégory Colombe, du temps où, en 1998, le night-clubber avait la main haute sur le Banana Café. Un bar gay du quartier parisien des Halles où venaient se distraire Muriel Robin, Catherine Lara ou encore Pierre Palmade.
Pour contenir son exaspération, Tony Gomez jette, avec un stylo de marque, quelques mots sur une feuille. Il en souligne un : « reconstitution ». Car, depuis le 28 avril 1998, le tenancier de boîtes de nuit en est certain : c’est lui, et non son amant, qui a échappé de peu à une mort sur commande, dans leur duplex de la rue des Lombards. Un « faux suicide » à la 22 long rifle programmé par son directeur financier de l’époque, Xavier Philippe, qui aurait confié l’exécution du crime à un homme de main.
« Balance-la ! »
Alain Samycia tient la barre à deux mains et nie mollement, à moins que ce ne soit l’acoustique de la salle d’audience qui avale ses dénégations. La greffière n’a rien entendu, la présidente lui fait répéter ce qu’il a d’ailleurs déjà dit aux enquêteurs de la brigade criminelle : « J’étais sur le palier pour faire le guet. Un type a descendu l’escalier en courant, avec sa main il se tenait le coude qui saignait. Jossuah a déboulé derrière, m’a donné la carabine et m’a dit : “Balance-la !” »
Samycia, selon l’accusation, est en réalité le tireur et non un simple homme assurant les arrières dudit « Jossuah », rencontré un mois plus tôt à Paris, et jamais retrouvé par les services de police. L’homme, un ancien chauffeur routier du Loiret, âgé de 47 ans, s’engonce dans sa parka beige. Il comparaît libre mais sait bien que, dans ce dossier qui commence à dater, il est plusieurs points qui ne plaident pas en sa faveur. A commencer par le tireur présumé : était-il « créole », « café au lait », avec « le crâne rasé » ou « les cheveux en brosse », comme il l’a assuré ? Ou « de type européen », comme l’a, au contraire, affirmé un témoin – une voisine du couple Gomez-Colombe ?
En outre, connaissait-il le commanditaire supposé, Xavier Philippe ? S’il a juré – et réciproquement –, lors de l’instruction, ne jamais l’avoir croisé à Orléans, d’où Philippe et lui sont originaires, et où ils ont tous les deux travaillé comme routiers, les enquêteurs ont, eux, effectué quelques investigations.
Assurance vie
D’abord, ils se sont renseignés sur Xavier Philippe. Et découvert qu’il avait purgé une condamnation à la maison d’arrêt d’Orléans au moment où Samycia y était également incarcéré. Ensuite, ils ont établi que des coups de fil ont pu être échangés entre les deux hommes. Enfin, dans le cadre d’une autre procédure – celle de l’assassinat, en 2005, de Christophe Belle, associé de Xavier Philippe dans une pâtisserie parisienne, qui a valu à ce dernier une condamnation à trente ans de réclusion en 2008 –, ils sont tombés sur des contrats d’assurance vie dont les noms des bénéficiaires avaient été curieusement modifiés pour être établis au profit de Philippe.
Et puis cette phrase, lâchée lors d’un interrogatoire, en 2006 : « Quand je vois comment a tourné le dossier avec l’autre affaire, si c’est la même personne, ça ne pourra me rapporter que des ennuis… » Les ennuis, pour l’heure, Samycia y est plongé jusqu’au cou. Et il y a fort à parier que ce n’est pas Xavier Philippe, tranquillement assis entre deux gendarmes dans le box des prévenus, qui l’en tirera. Lui, par la voix de ses avocats, Mes Frédérique Baulieu, Philippe Sarda et Hervé Témime, réfute totalement toute complicité dans les violences volontaires commises sur Grégory Colombe. Il a jusqu’à demain pour convaincre les juges.
France Soir
Pour contenir son exaspération, Tony Gomez jette, avec un stylo de marque, quelques mots sur une feuille. Il en souligne un : « reconstitution ». Car, depuis le 28 avril 1998, le tenancier de boîtes de nuit en est certain : c’est lui, et non son amant, qui a échappé de peu à une mort sur commande, dans leur duplex de la rue des Lombards. Un « faux suicide » à la 22 long rifle programmé par son directeur financier de l’époque, Xavier Philippe, qui aurait confié l’exécution du crime à un homme de main.
« Balance-la ! »
Alain Samycia tient la barre à deux mains et nie mollement, à moins que ce ne soit l’acoustique de la salle d’audience qui avale ses dénégations. La greffière n’a rien entendu, la présidente lui fait répéter ce qu’il a d’ailleurs déjà dit aux enquêteurs de la brigade criminelle : « J’étais sur le palier pour faire le guet. Un type a descendu l’escalier en courant, avec sa main il se tenait le coude qui saignait. Jossuah a déboulé derrière, m’a donné la carabine et m’a dit : “Balance-la !” »
Samycia, selon l’accusation, est en réalité le tireur et non un simple homme assurant les arrières dudit « Jossuah », rencontré un mois plus tôt à Paris, et jamais retrouvé par les services de police. L’homme, un ancien chauffeur routier du Loiret, âgé de 47 ans, s’engonce dans sa parka beige. Il comparaît libre mais sait bien que, dans ce dossier qui commence à dater, il est plusieurs points qui ne plaident pas en sa faveur. A commencer par le tireur présumé : était-il « créole », « café au lait », avec « le crâne rasé » ou « les cheveux en brosse », comme il l’a assuré ? Ou « de type européen », comme l’a, au contraire, affirmé un témoin – une voisine du couple Gomez-Colombe ?
En outre, connaissait-il le commanditaire supposé, Xavier Philippe ? S’il a juré – et réciproquement –, lors de l’instruction, ne jamais l’avoir croisé à Orléans, d’où Philippe et lui sont originaires, et où ils ont tous les deux travaillé comme routiers, les enquêteurs ont, eux, effectué quelques investigations.
Assurance vie
D’abord, ils se sont renseignés sur Xavier Philippe. Et découvert qu’il avait purgé une condamnation à la maison d’arrêt d’Orléans au moment où Samycia y était également incarcéré. Ensuite, ils ont établi que des coups de fil ont pu être échangés entre les deux hommes. Enfin, dans le cadre d’une autre procédure – celle de l’assassinat, en 2005, de Christophe Belle, associé de Xavier Philippe dans une pâtisserie parisienne, qui a valu à ce dernier une condamnation à trente ans de réclusion en 2008 –, ils sont tombés sur des contrats d’assurance vie dont les noms des bénéficiaires avaient été curieusement modifiés pour être établis au profit de Philippe.
Et puis cette phrase, lâchée lors d’un interrogatoire, en 2006 : « Quand je vois comment a tourné le dossier avec l’autre affaire, si c’est la même personne, ça ne pourra me rapporter que des ennuis… » Les ennuis, pour l’heure, Samycia y est plongé jusqu’au cou. Et il y a fort à parier que ce n’est pas Xavier Philippe, tranquillement assis entre deux gendarmes dans le box des prévenus, qui l’en tirera. Lui, par la voix de ses avocats, Mes Frédérique Baulieu, Philippe Sarda et Hervé Témime, réfute totalement toute complicité dans les violences volontaires commises sur Grégory Colombe. Il a jusqu’à demain pour convaincre les juges.
France Soir
Argeliers. Assassinés pour leur carte bancaire
Le mobile du double assassinat des « disparus d'Argeliers »dans l'Aude serait donc crapuleux : Jean-Barthélémy Rathqueber, 32 ans, et Fouad Sellam, 30 ans, ont avoué ce week-end devant les enquêteurs être les auteurs du meurtre, le 4 avril dernier, de Jocelyne Fernandez, 59 ans, et de son conjoint Jean-Claude Saint-Aubert 63 ans. Le premier un artisan maçon qui partage sa vie entre Toulouse où il a été arrêté vendredi et l'Hérault, était venu au domicile du couple, pour effectuer des travaux dans la piscine et avait sollicité l'aide d'un proche.
C'est le vendredi 4 avril que les deux hommes seraient passés à l'acte . Ce jour là, ils menacent à l'arme à feu les deux retraités et après avoir obtenu le code de leur carte bancaire, les ligotent et les baillonnent. Pendant que l'un reste au domicile pour les surveiller, l'autre part faire des retraits en espèces et des achats avec la carte bancaire : du matériel de bricolage, un nettoyeur haute-pression, des jeux vidéo. La carte a d'ailleurs été retrouvée dans les affaires du maçon. Une fois les achats effectués, ils embarquent le soir-même le couple dans une fourgonnette et quittent Argeliers. Quelques kilomètres plus loin, ils conduisent Jean-Claude Saint-Aubert près de la fosse, l'abattent et l'ensevelissent. Puis, selon leur récit, de peur que les détonations n'aient été entendues, ils quittent les lieux, avec la femme encore vivante qu'ils abattent sur un chemin cinq ou six kilomètres plus loin, avant de jeter son corps dans un fossé.
Mardi soir, le corps de la dame, était retrouvé en état de décomposition avancée dans la garrigue, près de Cruzy (Hérault). Hier soir, les gendarmes s'apprêtaient à exhumer le deuxième corps, enseveli dans une fosse à quelques kilomètres de là avec les plus grandes précautions afin de préserver le maximum d'indices sur la scène du crime. Détail important : la fosse dans laquelle les auteurs ont avoué avoir enseveli le corps de Jean-Claude Saint-Aubert avait été creusée plusieurs jours avant le double assassinat, sur un terrain appartenant au père de Jean-Barthélémy Rathqueber.
Mis en examen pour sequestration, vol de carte bancaire et assassinat, les deux hommes ont été placés en détention préventive.
Les deux maçons avaient un casier chargé
Jean-Barthélémy Rathqueber et Fouad Sellam. qui ont avoué le double assassinat des « disparus d'Argeliers » avaient déjà un casier judiciaire chargé. Mais, selon le procureur de la République de Narbonne « rien dans ces casiers judiciaires ne permettait de supposer qu'ils passeraient à l'acte pour des faits aussi graves ». Vols, fausse monnaie pour l'un, vols aggravés pour l'autre, ils avaient déjà connu les gardes à vue, la justice et la prison. Et dans le Minervois héraultais autour du village de Cruzy et de Quarante, la famille R athqueber qui appartient à la comunauté des gens du voyage était connue des gendarmes.
L'ensemble des éléments recueillis par les enquêteurs de la gendarmerie de la section de recherches de Montpellier, et notamment les enquêtes d'environnement à Toulouse, où vivent de sproches de Rathqueber et dans l'Hérault, ont permis au fil des jours de recroiser suffisamment de faits pour acquérir la certitude que les deux personnes étaient impliquées. L'enquête des gendarmes a été rapide, car si la disparition du couple de retraités, venu de Moselle pour s'installer dans l'Aude et leur exécution remonte au 4 avril, ce n'est que le 19 avril que leur disparition était signalée par leur fils, et le 21 avril qu'une enquête était ouverte pour « disparition inquiétante ».C'est d'ailleurs grâce aux prélévements d'ADN sur le fils que le cadavre découvert mardi a pu être identifié et que , les enquêteurs ont ainsi pu formellement faire le lien entre les disparus d'Argeliers, et le premier cadavre retrouvé. Dans la maison, il semble que rien n'ait été dérobé. Les deux auteurs présumés du double assassinat auraient donc tué froidement deux personnes pour quelques milliers d'euros d'achats et d'argent liquide. Une terrible affaire d'assassinat qui rappelle celle de Monfort dans le Gers en 1999. Un ouvrier avait tué les quatre occupants néerlandais d'une maison pour leurs cartes bancaires.
LADEPECHE.FR
C'est le vendredi 4 avril que les deux hommes seraient passés à l'acte . Ce jour là, ils menacent à l'arme à feu les deux retraités et après avoir obtenu le code de leur carte bancaire, les ligotent et les baillonnent. Pendant que l'un reste au domicile pour les surveiller, l'autre part faire des retraits en espèces et des achats avec la carte bancaire : du matériel de bricolage, un nettoyeur haute-pression, des jeux vidéo. La carte a d'ailleurs été retrouvée dans les affaires du maçon. Une fois les achats effectués, ils embarquent le soir-même le couple dans une fourgonnette et quittent Argeliers. Quelques kilomètres plus loin, ils conduisent Jean-Claude Saint-Aubert près de la fosse, l'abattent et l'ensevelissent. Puis, selon leur récit, de peur que les détonations n'aient été entendues, ils quittent les lieux, avec la femme encore vivante qu'ils abattent sur un chemin cinq ou six kilomètres plus loin, avant de jeter son corps dans un fossé.
Mardi soir, le corps de la dame, était retrouvé en état de décomposition avancée dans la garrigue, près de Cruzy (Hérault). Hier soir, les gendarmes s'apprêtaient à exhumer le deuxième corps, enseveli dans une fosse à quelques kilomètres de là avec les plus grandes précautions afin de préserver le maximum d'indices sur la scène du crime. Détail important : la fosse dans laquelle les auteurs ont avoué avoir enseveli le corps de Jean-Claude Saint-Aubert avait été creusée plusieurs jours avant le double assassinat, sur un terrain appartenant au père de Jean-Barthélémy Rathqueber.
Mis en examen pour sequestration, vol de carte bancaire et assassinat, les deux hommes ont été placés en détention préventive.
Les deux maçons avaient un casier chargé
Jean-Barthélémy Rathqueber et Fouad Sellam. qui ont avoué le double assassinat des « disparus d'Argeliers » avaient déjà un casier judiciaire chargé. Mais, selon le procureur de la République de Narbonne « rien dans ces casiers judiciaires ne permettait de supposer qu'ils passeraient à l'acte pour des faits aussi graves ». Vols, fausse monnaie pour l'un, vols aggravés pour l'autre, ils avaient déjà connu les gardes à vue, la justice et la prison. Et dans le Minervois héraultais autour du village de Cruzy et de Quarante, la famille R athqueber qui appartient à la comunauté des gens du voyage était connue des gendarmes.
L'ensemble des éléments recueillis par les enquêteurs de la gendarmerie de la section de recherches de Montpellier, et notamment les enquêtes d'environnement à Toulouse, où vivent de sproches de Rathqueber et dans l'Hérault, ont permis au fil des jours de recroiser suffisamment de faits pour acquérir la certitude que les deux personnes étaient impliquées. L'enquête des gendarmes a été rapide, car si la disparition du couple de retraités, venu de Moselle pour s'installer dans l'Aude et leur exécution remonte au 4 avril, ce n'est que le 19 avril que leur disparition était signalée par leur fils, et le 21 avril qu'une enquête était ouverte pour « disparition inquiétante ».C'est d'ailleurs grâce aux prélévements d'ADN sur le fils que le cadavre découvert mardi a pu être identifié et que , les enquêteurs ont ainsi pu formellement faire le lien entre les disparus d'Argeliers, et le premier cadavre retrouvé. Dans la maison, il semble que rien n'ait été dérobé. Les deux auteurs présumés du double assassinat auraient donc tué froidement deux personnes pour quelques milliers d'euros d'achats et d'argent liquide. Une terrible affaire d'assassinat qui rappelle celle de Monfort dans le Gers en 1999. Un ouvrier avait tué les quatre occupants néerlandais d'une maison pour leurs cartes bancaires.
LADEPECHE.FR
mercredi 19 mai 2010
AFFAIRE GRÉGORY - Les pistes de la dernière chance
La vérité de l'affaire Grégory ne se cache pas derrière un timbre ou dans les micro-traces de sueur laissées sur les lettres de revendication du crime. C'est ce que confirme mercredi le procureur général de Dijon Jean-Marie Beney après avoir reçu "l'essentiel des expertises" menées depuis plusieurs mois par les experts du laboratoire lyonnais Biomnis. Ces derniers ont notamment comparé les ADN prélevés sur les courriers et cordelettes du corbeau avec ceux des 150 protagonistes de l'affaire. Sans succès. Les profils génétiques identifiés ne figurent pas non plus parmi les profils génétiques enregistrés au Fnaeg (Fichier national des empreintes génétiques). En clair, "les analyses ne permettent pas d'établir la présence du profil de Bernard Laroche ni d'aucun des proches des parents Villemin sur les traces analysées", indique le procureur général au point.fr.
De "très beaux profils masculin et féminin" avaient pourtant été mis en évidence sur la lettre du 24 juillet 1985 adressée à Albert Villemin, grand-père de Grégory, neuf mois après la découverte du corps du garçonnet. Des doutes planaient en revanche sur l'éloquence des cordelettes ayant servi à ligoter l'enfant, ces dernières "ne permettant pas de déduire de profil, mais pouvant servir, le cas échéant, à effectuer des comparaisons et des exclusions", avait souligné Jean-Marie Beney.
Sur la piste des enregistrements du corbeau
L'espoir n'est pas pour autant brisé. L'enquête scientifique devrait en effet se poursuivre sur les autres pièces à conviction et en premier lieu sur le foulage "L B" (empreinte laissée par un écrit sur une feuille placée en dessous) au bas de la lettre de revendication du crime datée du 16 octobre. "Encore faut-il que cette pièce n'ait pas été abîmée par les poudres utilisées à l'époque", prévient le procureur général.
L'analyse des voix du corbeau sur les cassettes d'enregistrement pourrait aussi se révéler décevante. "Les enregistrements de l'époque ont été faits dans des conditions aléatoires, alors que pour comparer, il faut des enregistrements longs et de bonne qualité. Les techniques actuelles fonctionnent mal sur des supports anciens", explique le magistrat. En outre, souligne l'arrêt de la chambre d'accusation innocentant Christine Villemin, "le seul appel qui est manifestement l'oeuvre de l'assassin ou d'un complice est celui qu'aurait reçu Michel Villemin le 16 octobre 1984 vers 17 h 30, mais il n'a pas été enregistré". En tout état de cause, une première étude de faisabilité sera diligentée à la demande du président de la chambre de l'instruction.
Nouveaux prélèvements d'ADN
Restera l'ultime joker, au risque de détruire les scellés : "On peut faire plus et mieux en employant des techniques plus agressives", assure l'avocat des Villemin, Me Moser. Tel est en tout cas l'avis du directeur de l'institut de police scientifique de Lausanne Pierre Margot, interrogé par l'avocat sur les travaux réalisés par le laboratoire Biomnis. "Il existe effectivement des techniques plus élaborées qui permettent de prélever l'ADN cellule par cellule sur un objet, c'est ce qu'on appelle l'abrasion laser, explique au point.fr Marie-Hélène Cherpin, directrice du laboratoire Biomnis. Cette technique permet de récupérer les cellules avec un laser qui les découpe. Elle comporte toutefois un risque : lorsque les objets ne sont pas propres, on ne sait pas ce que l'on prélève. C'est la raison pour laquelle elle est réservée à des cas particuliers où les cellules sont très protégées sur des zones bien précises d'un scellé à analyser."
Une fois l'ADN identifié, comment ensuite s'assurer que le corbeau est bien le coupable et pas un complice ? "On ne va pas refaire le film de l'affaire Grégory, sauf si l'expertise nous donne un nom, et dans ce cas, nous procéderons à des interrogatoires", nous indique Jean-Marie Beney. En attendant l'épilogue, les parents de Grégory restent "sereins et lucides, ils estiment que ce combat doit être mené", affirme leur avocat Thierry Moser.
Le Point
De "très beaux profils masculin et féminin" avaient pourtant été mis en évidence sur la lettre du 24 juillet 1985 adressée à Albert Villemin, grand-père de Grégory, neuf mois après la découverte du corps du garçonnet. Des doutes planaient en revanche sur l'éloquence des cordelettes ayant servi à ligoter l'enfant, ces dernières "ne permettant pas de déduire de profil, mais pouvant servir, le cas échéant, à effectuer des comparaisons et des exclusions", avait souligné Jean-Marie Beney.
Sur la piste des enregistrements du corbeau
L'espoir n'est pas pour autant brisé. L'enquête scientifique devrait en effet se poursuivre sur les autres pièces à conviction et en premier lieu sur le foulage "L B" (empreinte laissée par un écrit sur une feuille placée en dessous) au bas de la lettre de revendication du crime datée du 16 octobre. "Encore faut-il que cette pièce n'ait pas été abîmée par les poudres utilisées à l'époque", prévient le procureur général.
L'analyse des voix du corbeau sur les cassettes d'enregistrement pourrait aussi se révéler décevante. "Les enregistrements de l'époque ont été faits dans des conditions aléatoires, alors que pour comparer, il faut des enregistrements longs et de bonne qualité. Les techniques actuelles fonctionnent mal sur des supports anciens", explique le magistrat. En outre, souligne l'arrêt de la chambre d'accusation innocentant Christine Villemin, "le seul appel qui est manifestement l'oeuvre de l'assassin ou d'un complice est celui qu'aurait reçu Michel Villemin le 16 octobre 1984 vers 17 h 30, mais il n'a pas été enregistré". En tout état de cause, une première étude de faisabilité sera diligentée à la demande du président de la chambre de l'instruction.
Nouveaux prélèvements d'ADN
Restera l'ultime joker, au risque de détruire les scellés : "On peut faire plus et mieux en employant des techniques plus agressives", assure l'avocat des Villemin, Me Moser. Tel est en tout cas l'avis du directeur de l'institut de police scientifique de Lausanne Pierre Margot, interrogé par l'avocat sur les travaux réalisés par le laboratoire Biomnis. "Il existe effectivement des techniques plus élaborées qui permettent de prélever l'ADN cellule par cellule sur un objet, c'est ce qu'on appelle l'abrasion laser, explique au point.fr Marie-Hélène Cherpin, directrice du laboratoire Biomnis. Cette technique permet de récupérer les cellules avec un laser qui les découpe. Elle comporte toutefois un risque : lorsque les objets ne sont pas propres, on ne sait pas ce que l'on prélève. C'est la raison pour laquelle elle est réservée à des cas particuliers où les cellules sont très protégées sur des zones bien précises d'un scellé à analyser."
Une fois l'ADN identifié, comment ensuite s'assurer que le corbeau est bien le coupable et pas un complice ? "On ne va pas refaire le film de l'affaire Grégory, sauf si l'expertise nous donne un nom, et dans ce cas, nous procéderons à des interrogatoires", nous indique Jean-Marie Beney. En attendant l'épilogue, les parents de Grégory restent "sereins et lucides, ils estiment que ce combat doit être mené", affirme leur avocat Thierry Moser.
Le Point
mardi 18 mai 2010
Affaire Grégory : l'offensive de Marie-Ange Laroche
Elle voudrait se constituer partie civile dans l'enquête sur le meurtre du garçonnet.
Tous les ingrédients semblent désormais réunis pour que l'âpre bataille qui a longtemps opposé le clan Villemin à la famille Laroche reprenne de plus belle. Lundi, lors d'une conférence de presse organisée pour la sortie de son livre (*), Marie-Ange Laroche a annoncé son intention de se constituer partie civile dans l'enquête sur le meurtre du petit Grégory. Ce faisant, la veuve de Bernard Laroche affirme vouloir concourir à la manifestation de la vérité. «Je souhaite surtout qu'après toutes ces années de calvaire, son innocence soit enfin reconnue, précise-t-elle, la voix lasse mais résolue. Durant ces vingt-cinq années, il y a eu trop de mensonges et il est temps qu'on arrête d'instruire sur le dos de mon mari.»
Inattendue, cette démarche sonne comme l'amorce d'une contre-attaque alors que l'enquête, rouverte en décembre 2008, semble enfin s'appuyer sur des éléments nouveaux. Dans un rapport remis il y a une dizaine de jours au juge Pontonnier, les experts du laboratoire Biomnis estiment en effet que plusieurs mélanges d'ADN, détectés à la fois sur la cordelette qui a servi à entraver l'enfant et sur une lettre rédigée par le «corbeau» quelques mois avant le meurtre, ouvrent la voie à des investigations complémentaires.
À court terme, le magistrat pourrait notamment ordonner la comparaison de ces fragments d'empreintes génétiques avec le profil de Bernard Laroche qui, un temps inculpé du meurtre de l'enfant, fut finalement libéré avant d'être abattu par Jean-Marie Villemin le 29 mars 1985.
Sentant de nouveau poindre le soupçon qui, depuis vingt-cinq ans, n'a jamais vraiment cessé de viser son époux, Marie-Ange Laroche nourrit aujourd'hui le souhait de prendre part à la nouvelle instruction. Dans ce but, son avocat a adressé lundi aux magistrats dijonnais une demande de constitution de partie civile. Pour la justifier, Me Gérard Welzer invoque le lien de parenté indirect qui unissait jadis Laroche, cousin de Jean-Marie-Villemin, à l'enfant. Par ailleurs, il rappelle : «L'assassinat de Bernard Laroche est lié à un point tel à la mort de Grégory Villemin que les deux dossiers pénaux ont été joints par le ministère public lors du procès de Jean-Marie Villemin devant la cour d'assises de Dijon» [en 1993].
La démarche, dont l'issue procédurale paraît hautement incertaine, constitue à tout le moins une pierre jetée dans le jardin des époux Villemin qui, il y a un an et demi, ont demandé la réouverture du dossier. Dans son courrier, Me Welzer demande d'ailleurs explicitement que les bandes sonores sur lesquelles la voix du corbeau a été enregistrée fassent l'objet d'une nouvelle expertise. Or, certains de ces enregistrements ont un temps été utilisés à charge contre Christine Villemin dans la mesure où une partie des experts a cru déceler une voix de femme derrière celle du corbeau.
Murés dans le silence, les parents du petit Grégory n'ont pour l'heure pas réagi à l'initiative de Marie-Ange Laroche. Ces derniers jours, leur avocat s'est borné à dénoncer les «gesticulations» de Me Welzer, non sans rappeler que la veuve de Bernard Laroche n'a, a priori, «pas qualité pour se constituer partie civile».
(*) Les Larmes oubliées de la Vologne, éditions de l'Archipel
Le Figaro
Tous les ingrédients semblent désormais réunis pour que l'âpre bataille qui a longtemps opposé le clan Villemin à la famille Laroche reprenne de plus belle. Lundi, lors d'une conférence de presse organisée pour la sortie de son livre (*), Marie-Ange Laroche a annoncé son intention de se constituer partie civile dans l'enquête sur le meurtre du petit Grégory. Ce faisant, la veuve de Bernard Laroche affirme vouloir concourir à la manifestation de la vérité. «Je souhaite surtout qu'après toutes ces années de calvaire, son innocence soit enfin reconnue, précise-t-elle, la voix lasse mais résolue. Durant ces vingt-cinq années, il y a eu trop de mensonges et il est temps qu'on arrête d'instruire sur le dos de mon mari.»
Inattendue, cette démarche sonne comme l'amorce d'une contre-attaque alors que l'enquête, rouverte en décembre 2008, semble enfin s'appuyer sur des éléments nouveaux. Dans un rapport remis il y a une dizaine de jours au juge Pontonnier, les experts du laboratoire Biomnis estiment en effet que plusieurs mélanges d'ADN, détectés à la fois sur la cordelette qui a servi à entraver l'enfant et sur une lettre rédigée par le «corbeau» quelques mois avant le meurtre, ouvrent la voie à des investigations complémentaires.
À court terme, le magistrat pourrait notamment ordonner la comparaison de ces fragments d'empreintes génétiques avec le profil de Bernard Laroche qui, un temps inculpé du meurtre de l'enfant, fut finalement libéré avant d'être abattu par Jean-Marie Villemin le 29 mars 1985.
Sentant de nouveau poindre le soupçon qui, depuis vingt-cinq ans, n'a jamais vraiment cessé de viser son époux, Marie-Ange Laroche nourrit aujourd'hui le souhait de prendre part à la nouvelle instruction. Dans ce but, son avocat a adressé lundi aux magistrats dijonnais une demande de constitution de partie civile. Pour la justifier, Me Gérard Welzer invoque le lien de parenté indirect qui unissait jadis Laroche, cousin de Jean-Marie-Villemin, à l'enfant. Par ailleurs, il rappelle : «L'assassinat de Bernard Laroche est lié à un point tel à la mort de Grégory Villemin que les deux dossiers pénaux ont été joints par le ministère public lors du procès de Jean-Marie Villemin devant la cour d'assises de Dijon» [en 1993].
La démarche, dont l'issue procédurale paraît hautement incertaine, constitue à tout le moins une pierre jetée dans le jardin des époux Villemin qui, il y a un an et demi, ont demandé la réouverture du dossier. Dans son courrier, Me Welzer demande d'ailleurs explicitement que les bandes sonores sur lesquelles la voix du corbeau a été enregistrée fassent l'objet d'une nouvelle expertise. Or, certains de ces enregistrements ont un temps été utilisés à charge contre Christine Villemin dans la mesure où une partie des experts a cru déceler une voix de femme derrière celle du corbeau.
Murés dans le silence, les parents du petit Grégory n'ont pour l'heure pas réagi à l'initiative de Marie-Ange Laroche. Ces derniers jours, leur avocat s'est borné à dénoncer les «gesticulations» de Me Welzer, non sans rappeler que la veuve de Bernard Laroche n'a, a priori, «pas qualité pour se constituer partie civile».
(*) Les Larmes oubliées de la Vologne, éditions de l'Archipel
Le Figaro
lundi 17 mai 2010
Affaire Grégory : comment les gendarmes mènent l'enquête
Les époux Villemin espèrent encore que l'ADN va parler.
Lorsqu'ils ont appris, la semaine dernière, que la première campagne d'expertises génétiques s'était révélée vaine, les différents protagonistes de l'affaire Grégory se sont efforcés de balayer leur déception. Sans attendre, les époux Villemin ont annoncé leur intention de formuler plusieurs demandes d'actes. De leur côté, les gendarmes entendent bien mettre à profit le travail d'analyse approfondie conduit, ces derniers mois, sur les 2 500 pièces du dossier, pour poursuivre les investigations sous l'autorité du juge Pontonnier.
Initialement saisis d'une commission rogatoire dite «technique» en novembre dernier, les enquêteurs de la section de recherches de Dijon ont en fait mené un véritable travail d'archéologues dans le maquis de cette volumineuse procédure. Chargés d'identifier les «propriétaires» des traces ADN mises au jour sur une lettre, un timbre et une cordelette exhumés parmi les vieux scellés, ils se sont notamment attachés à retracer le cheminement de ces diverses pièces à conviction au cours des vingt-cinq dernières années. Certains de ces objets, notamment les cordelettes, ont en effet été «descellés» à plusieurs reprises afin d'être soumis à des analyses scientifiques. Un examen minutieux de chaque cote du dossier a permis d'identifier une soixantaine d'anciens gendarmes, policiers, greffiers, magistrats ou laborantins qui, dans le cadre de leurs fonctions, ont pu avoir à les manipuler. Parallèlement, des analystes criminels ont reconstitué les arbres généalogiques des principales familles - les Villemin, les Laroche, les Bolle, les Jacob… - qui formaient, en octobre 1984, l'entourage de l'enfant. Enfin, une trentaine de villageois qui résidaient à Lépanges-sur-Vologne et pouvaient se trouver en contact avec la famille de Grégory ont été recensés.
Au total, les gendarmes ont ainsi établi une liste de 186 personnes, qu'ils ont contactées afin de les soumettre à un prélèvement biologique. «Il nous a suffi d'expliquer clairement la procédure en cours pour que les gens acceptent de s'y plier», raconte une source proche de l'enquête. Pour établir l'empreinte génétique de Bernard Laroche, qui fut un temps inculpé avant d'être remis en liberté puis abattu par Jean-Marie Villemin, les gendarmes ont fait analyser les vêtements qu'il portait le jour de sa mort. Par ailleurs, les descendants de 35 personnes disparues après 1984 ont été priés de se soumettre à un test ADN.
Si elle n'a pour l'heure livré aucun résultat probant, cette lourde procédure pourrait ne pas avoir été totalement vaine. «En reprenant ainsi le dossier de A à Z, nous avons établi une liste de profils intéressants sur laquelle nous comptons bien nous appuyer pour mener les investigations à venir» , relate un haut magistrat.
Dès à présent, les parents de Grégory envisagent de solliciter de nouvelles recherches d'ADN sur les scellés, ainsi que sur un cheveu qui a été découvert en contact avec les vêtements de l'enfant. «L'emploi de la technique LCN (low copy number), qui est à la fois plus efficace et plus intrusive que les méthodes classiques, pourrait livrer des résultats intéressants», espère Me Thierry Moser, conseil des époux Villemin. L'analyse des traces de foulage détectées sur une lettre revendiquant le crime pourrait également être demandée, de même que l'expertise des enregistrements vocaux attribués au mystérieux corbeau. S'agissant de ces dernières investigations, toute comparaison paraît cependant hasardeuse, dans la mesure où les cassettes sur lesquelles avaient été enregistrées les voix des principaux protagonistes de l'affaire ont, depuis lors, été égarées.
Le Figaro
Lorsqu'ils ont appris, la semaine dernière, que la première campagne d'expertises génétiques s'était révélée vaine, les différents protagonistes de l'affaire Grégory se sont efforcés de balayer leur déception. Sans attendre, les époux Villemin ont annoncé leur intention de formuler plusieurs demandes d'actes. De leur côté, les gendarmes entendent bien mettre à profit le travail d'analyse approfondie conduit, ces derniers mois, sur les 2 500 pièces du dossier, pour poursuivre les investigations sous l'autorité du juge Pontonnier.
Initialement saisis d'une commission rogatoire dite «technique» en novembre dernier, les enquêteurs de la section de recherches de Dijon ont en fait mené un véritable travail d'archéologues dans le maquis de cette volumineuse procédure. Chargés d'identifier les «propriétaires» des traces ADN mises au jour sur une lettre, un timbre et une cordelette exhumés parmi les vieux scellés, ils se sont notamment attachés à retracer le cheminement de ces diverses pièces à conviction au cours des vingt-cinq dernières années. Certains de ces objets, notamment les cordelettes, ont en effet été «descellés» à plusieurs reprises afin d'être soumis à des analyses scientifiques. Un examen minutieux de chaque cote du dossier a permis d'identifier une soixantaine d'anciens gendarmes, policiers, greffiers, magistrats ou laborantins qui, dans le cadre de leurs fonctions, ont pu avoir à les manipuler. Parallèlement, des analystes criminels ont reconstitué les arbres généalogiques des principales familles - les Villemin, les Laroche, les Bolle, les Jacob… - qui formaient, en octobre 1984, l'entourage de l'enfant. Enfin, une trentaine de villageois qui résidaient à Lépanges-sur-Vologne et pouvaient se trouver en contact avec la famille de Grégory ont été recensés.
Au total, les gendarmes ont ainsi établi une liste de 186 personnes, qu'ils ont contactées afin de les soumettre à un prélèvement biologique. «Il nous a suffi d'expliquer clairement la procédure en cours pour que les gens acceptent de s'y plier», raconte une source proche de l'enquête. Pour établir l'empreinte génétique de Bernard Laroche, qui fut un temps inculpé avant d'être remis en liberté puis abattu par Jean-Marie Villemin, les gendarmes ont fait analyser les vêtements qu'il portait le jour de sa mort. Par ailleurs, les descendants de 35 personnes disparues après 1984 ont été priés de se soumettre à un test ADN.
Si elle n'a pour l'heure livré aucun résultat probant, cette lourde procédure pourrait ne pas avoir été totalement vaine. «En reprenant ainsi le dossier de A à Z, nous avons établi une liste de profils intéressants sur laquelle nous comptons bien nous appuyer pour mener les investigations à venir» , relate un haut magistrat.
Dès à présent, les parents de Grégory envisagent de solliciter de nouvelles recherches d'ADN sur les scellés, ainsi que sur un cheveu qui a été découvert en contact avec les vêtements de l'enfant. «L'emploi de la technique LCN (low copy number), qui est à la fois plus efficace et plus intrusive que les méthodes classiques, pourrait livrer des résultats intéressants», espère Me Thierry Moser, conseil des époux Villemin. L'analyse des traces de foulage détectées sur une lettre revendiquant le crime pourrait également être demandée, de même que l'expertise des enregistrements vocaux attribués au mystérieux corbeau. S'agissant de ces dernières investigations, toute comparaison paraît cependant hasardeuse, dans la mesure où les cassettes sur lesquelles avaient été enregistrées les voix des principaux protagonistes de l'affaire ont, depuis lors, été égarées.
Le Figaro
dimanche 16 mai 2010
Bruguière: "Vakili Rad avait étranglé Bakhtiar"
L’ex-juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière avait arrêté et renvoyé devant le tribunal l’assassin du Premier ministre iranien.
La justice, si elle libère Vakili Rad, condamné en 1994 à perpétuité, obéit-elle à une décision politique?
A ma connaissance, non. C’est au juge d’application des peines chargé de ce dossier de prendre la décision ou non de libération conditionnelle au terme d’un processus judiciaire normal. S’il est libéré, il sera automatiquement expulsé. Si cette libération intervient, elle sera nécessairement assortie d’une expulsion.
Quel rôle avait joué Vakili Rad?
C’est lui qui avait étranglé l’ancien premier ministre du Shah le 7 août 1991, dans le cadre d’une opération très audacieuse montée par les services secrets iraniens. Chapour Bakhtiar craignait pour sa sécurité et sa protection était assurée par les Renseignements généraux. Les services secrets iraniens, pour faire le coup, avaient retourné le propre chef de la sécurité de Bakhtiar! La surveillance extérieure était assurée par des policiers français, mais Chapour Bakhtiar leur avait demandé de rester dehors. Ce jour-là, le chef de la sécurité, accompagné de Vakili Rad et d’un autre, avait rendez-vous avec l’ancien Premier ministre, au motif de préparer un attentat en Iran! Ils venaient soi-disant chercher son approbation. A trois, ils l’ont finalement étranglé, et achevé, ainsi que son secrétaire particulier, avec des couteaux de cuisine. Les trois tueurs sont repartis tranquillement et l’alerte n’a été donnée qu’une dizaine d’heures après…
Comment avez-vous remonté la piste du commando?
Pour la première fois dans une enquête de ce genre, nous avons utilisé systématiquement les écoutes et les relevés de dizaines de cabines téléphoniques en France. Après l’assassinat, le commando s’est éparpillé et il devait gagner la Suisse. Autant le coup lui-même avait été très bien préparé, autant la phase d’exfiltration était un peu bancale. Les gars ne parlaient ni français ni anglais, simplement le farsi. Ils ont beaucoup téléphoné, et ils ont paniqué. Grâce aux cabines, on est remonté sur des numéros de téléphone suspects en Turquie et on a pu les suivre à la trace. On les a ratés de peu dans un hôtel en Suisse, puis le chef du commando nous a échappé et a été exfiltré en Iran, mais Vakili Rad était arrivé en retard au rendez-vous et a raté son équipe de secours. Il a été cueilli par la police suisse, errant au bord du lac Léman ne sachant plus trop où aller… Quand je suis allé perquisitionner l’appartement d’Istanbul, où était installé le QG de l’opération, il n’y avait plus personne… Globalement, toute l’affaire avait nécessité une dizaine d’agents, en France, en Turquie, en Grande-Bretagne, ainsi qu’en en Californie, où vivait une communauté iranienne importante.
Les Iraniens vont-ils faire de Vakili Rad un héros national à son retour?
A mon sens, non. Ils n’ont pas d’intérêt politique aujourd’hui. Et puis, à l’époque d’ailleurs, les Iraniens ne se sont jamais vraiment préoccupés de Rad. C’était un agent pris en opération, point final. Rad n’était ni un intellectuel ni un politique, c’était juste un homme de main sans grande envergure. Au début, il nous a sorti une salade selon laquelle il avait été menacé de mort par les autres… Et puis il avait tout avoué.
Jdd.fr
La justice, si elle libère Vakili Rad, condamné en 1994 à perpétuité, obéit-elle à une décision politique?
A ma connaissance, non. C’est au juge d’application des peines chargé de ce dossier de prendre la décision ou non de libération conditionnelle au terme d’un processus judiciaire normal. S’il est libéré, il sera automatiquement expulsé. Si cette libération intervient, elle sera nécessairement assortie d’une expulsion.
Quel rôle avait joué Vakili Rad?
C’est lui qui avait étranglé l’ancien premier ministre du Shah le 7 août 1991, dans le cadre d’une opération très audacieuse montée par les services secrets iraniens. Chapour Bakhtiar craignait pour sa sécurité et sa protection était assurée par les Renseignements généraux. Les services secrets iraniens, pour faire le coup, avaient retourné le propre chef de la sécurité de Bakhtiar! La surveillance extérieure était assurée par des policiers français, mais Chapour Bakhtiar leur avait demandé de rester dehors. Ce jour-là, le chef de la sécurité, accompagné de Vakili Rad et d’un autre, avait rendez-vous avec l’ancien Premier ministre, au motif de préparer un attentat en Iran! Ils venaient soi-disant chercher son approbation. A trois, ils l’ont finalement étranglé, et achevé, ainsi que son secrétaire particulier, avec des couteaux de cuisine. Les trois tueurs sont repartis tranquillement et l’alerte n’a été donnée qu’une dizaine d’heures après…
Comment avez-vous remonté la piste du commando?
Pour la première fois dans une enquête de ce genre, nous avons utilisé systématiquement les écoutes et les relevés de dizaines de cabines téléphoniques en France. Après l’assassinat, le commando s’est éparpillé et il devait gagner la Suisse. Autant le coup lui-même avait été très bien préparé, autant la phase d’exfiltration était un peu bancale. Les gars ne parlaient ni français ni anglais, simplement le farsi. Ils ont beaucoup téléphoné, et ils ont paniqué. Grâce aux cabines, on est remonté sur des numéros de téléphone suspects en Turquie et on a pu les suivre à la trace. On les a ratés de peu dans un hôtel en Suisse, puis le chef du commando nous a échappé et a été exfiltré en Iran, mais Vakili Rad était arrivé en retard au rendez-vous et a raté son équipe de secours. Il a été cueilli par la police suisse, errant au bord du lac Léman ne sachant plus trop où aller… Quand je suis allé perquisitionner l’appartement d’Istanbul, où était installé le QG de l’opération, il n’y avait plus personne… Globalement, toute l’affaire avait nécessité une dizaine d’agents, en France, en Turquie, en Grande-Bretagne, ainsi qu’en en Californie, où vivait une communauté iranienne importante.
Les Iraniens vont-ils faire de Vakili Rad un héros national à son retour?
A mon sens, non. Ils n’ont pas d’intérêt politique aujourd’hui. Et puis, à l’époque d’ailleurs, les Iraniens ne se sont jamais vraiment préoccupés de Rad. C’était un agent pris en opération, point final. Rad n’était ni un intellectuel ni un politique, c’était juste un homme de main sans grande envergure. Au début, il nous a sorti une salade selon laquelle il avait été menacé de mort par les autres… Et puis il avait tout avoué.
Jdd.fr
Francis Heaulme: Un tueur en série français surnommé le « Routard du crime ».L'affaire Aline Peres
dimanche 14 mai 1989, vers 17 heures, la gendarmerie de Rennes est alertée après la découverte du cadavre d'une femme poignardée sur une plage du Relecq-Kerhuon (Finistère). La victime s'appelle Aline Peres.
C'est une infirmière de 49 ans, mère de famille. Elle profitait seule du beau temps sur ce coin de plage plutôt isolé.
D'après des témoins, la victime était encore en vie à 17 heures puisqu'elle a discuté avec un jeune homme.

Cinq minutes plus tard son corps était retrouvé par des promeneurs.
Autant dire que le meurtrier était particulièrement déterminé à tuer. Jean-François Abgrall
le gendarme de permanence de la section de recherche de Rennes, fait les premières constatations.
Il fait inspecter les squats,/relève les numéros de voiture stationnés près de la zone du crime
alerte les hopitaux au cas ou le tueur serait blessé.
retrouve le jeune homme de la plage.
Grace a la photo d'un vacancier ,il a lieu du crime en visuel et a la place des différents témoins
ll auditionne grâce à l'appel à témoins ,"'homme au transistor"
qui se trouvait à 10 mètres de la victime
mais celui-ci n'a rien entendu à cause du son de la radio..
Compte tenue de la vie sans histoire d'Aline Perez,
les enquêteurs privilégient plutôt la thèse d'un crime de rodeur.

C'est ainsi qu'ils identifient un groupe de SDF
qui a l'habitude de ce retrouver aux abords de la plage pour boire de l'alcool.
Selon un témoin, deux hommes mal habillés observaient la victime depuis la route qui surplombe le lieu du crime.
Comme un centre Emmäus se trouve à quelques centaines de mètres de là,
le gendarme Abgrall décide de rencontrer le responsable.
La plupart des pensionnaires a quitté la ville dès l'annonce de la découverte du crime,
mais Jean-François Abgrall obtient tout même la liste des personnes présentes au foyer aux alentours du 14 mai

et la diffuse à toutes les gendarmeries de France.
Il note même celui qui etait parti du foyer un peu avant le meurtre
Six semaines se passent lorsqu'un coup de fil provenant d'une gendarmerie de la Manche annonce à l'enquêteur qu'un des SDF mentionné dans la liste a été arrêté pour avoir voyagé sans billet de train. Il s'appelle Francis Heaulme
Battu par son père alcoolique, il devient lui-même alcoolique et tente de se suicider.Parfois il rentre de l'école et personne n'est présent pour s'occuper de lui. Il fut surnommé un temps « Félix le chat » car il mangeait ce qu'il trouvait. Cependant, il a une bonne relation avec sa sœur cadette et voue une adoration sans borne à sa mère, qui meurt d'un cancer, alors qu'il a 23 ans. Sa vague de crimes commence après la mort de celle-ci.
Livré à lui-même, il a la vie d'un marginal, sillonnant la France à pied, en stop et en train, séjournant dans des refuges Emmaüs et des institutions psychiatriques de désintoxication. Il dépense son revenu minimum à boire, mélangeant parfois alcools et tranquillisants. Il trouve occasionnellement des petits boulots de ferrailleur ou de maçon.
En 1989 il devient Compagnon d'Emmaüs, successivement dans trois communautés de France (Brest, Quimperlé, puis Metz).
Abgrall se rend sur place et commence à interroger le marginal. Ce dernier semble sur ses gardes et a par moments des propos incohérents. Mais à un instant de la conversation il explique au gendarme qu'il connait un mode opératoire pour maîtriser une sentinelle qu'il a appris pendant son service militaire.
Or ce geste correspond en tous points aux constatations faites sur le corps d'Aline Perez. La coïncidence est plus que troublante mais Heaulme à un alibi. Le dimanche 14 mai il était hospitalisé à 80 kms de là après un malaise cardiaque
Evidemment Abgrall appelle l'hôpital de Quimper pour vérifier, et effectivement un relevé de température daté du 14 mai à 17 heures atteste qu'il était bien là ce dimanche. Malgré ses soupçons, le gendarme est obligé de relâcher Heaulme au terme de sa garde à vue. Le voilà à nouveau dans la nature.
Quelques jours plus tard, Jean-François Abgrall se déplace tout de même à l'hôpital de Quimper où il apprend qu'un malade peut très bien laisser son thermomètre sur la table et être absent de sa chambre au moment du relevé de température. Encore plus troublant, des femmes de ménage lui apprennent que le lendemain du meurtre elles ont trouvé du sable sous son lit.
Par chance, le 19 novembre 1989, Heaulme se présente dans une gendarmerie de Meurthe-et-Moselle pour déclarer la perte de ses papiers. Comme son signalement a été diffusé dans toute la France, les militaires font tout de suite la relation et s'empressent d'avertir la section de recherche de Rennes.
A nouveau face à son suspect, Abgrall, malgré ses certitudes, n'a pas vraiment d'éléments matériels pour confondre le meurtrier d'Aline Peres. La mort dans l'âme il est donc obligé de le laisser partir une seconde fois. Mais en quittant la gendarmerie, Heaulme lui lance cette phrase troublante: "Je sais que tu sais", comme en signe de défi.
Grace au temoignage d'un autre emmaus de la liste, Abgrall met un nom sur
le compagnon de heaulme le jour du crime, un certain "le gaulois" .l'homme à l'anorak bleu.
C'est ainsi que durant deux longues années, Jean-François Abgrall va occuper la majeure partie de son temps à rassembler des preuves contre son suspect N°1. Il sera récompensé de ses efforts le 26 décembre 1991. Ce jour-là, "le gaulois", un SDF pensionnaire du centre Emmäus de Relecq-Kerhuon au moment du meurtre, avoue qu'il a été témoin de la scène
et que c'est bien Francis Heaulme qui a tué l'infirmière sur la plage.
Il se serait tu jusque-là pour éviter les ennuis.
Le 7 janvier 1992, Heaulme est enfin arrêté en Alsace à Bischwiller et face au gendarme Abgrall il passe aux aveux. Sur un schéma, il décrit les lieux et la position des différents protagonistes et donne des détails sur la manière dont il a tué Aline, notamment sur l'arme utilisée.
Mais après plusieurs jours d'interrogatoires, les enquêteurs ont la sensation que Francis Heaulme n'est pas un tueur comme les autres et qu'il pourrait très bien être passé à l'acte avant ou après le meurtre de Relecq-Kerhuon.
Ils décident donc de retracer le parcours de celui que l'on appelera plus tard "le routard du crime" durant les années précédentes.
Pour cela ils s'aident de fichiers de personnes verbalisées par la SNCF, de registres d'hôpitaux et de centres sociaux, de rapports de police ou de gendarmerie, et découvrent que
leur suspect a visité plus de 80 départements français en quelques années. A force de travail, ils vont ainsi isoler 44 affaires de meurtres non-élucidées dans lesquelles Francis Heaulme pourraient être impliqué.
Francis Heaulme raconte avec une incroyable précision des scènes de meurtre, mais en disant se les être fait raconter, les avoir vu en songe, sans dire qu'il y a participé. Par exemple, il mime la façon de tuer une sentinelle en lui tenant fermement la tête en arrière d'une main et en lui tranchant la carotide de l'autre, ou les dessine, puis se rétracte. Selon Abgrall, « Il ne ment pas. Il n'invente jamais rien. Mais il embrouille volontairement les pistes en mélangeant les crimes, les dates et les lieux. » (1) Émission Faites entrer l'accusé, juin 2009
Heaulme fut condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour ce meurtre,
L'ADN a été utilisé en 1987 pour la première fois en GB.Elle n'a pas été utilisé
dans cette affaire en 1989.
Les condamnations
En mai 1997, pour plusieurs meurtres, la cour d’assises du Var l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec 22 ans de période de sûreté
.En 1999, la cour d’assises de la Meurthe-et-Moselle condamne Francis Heaulme à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Lyonelle Gineste, 17 ans,
en 1984. Son complice, José Molins (dénoncé par Francis Heaulme en 1996) fut condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour complicité de meurtre.
Le 16 décembre 2004, il est de plus condamné à une peine de 30 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté de 20 ans, pour trois meurtres commis dans la région de la Marne en 1988 et 1989.
Le Post
C'est une infirmière de 49 ans, mère de famille. Elle profitait seule du beau temps sur ce coin de plage plutôt isolé.
D'après des témoins, la victime était encore en vie à 17 heures puisqu'elle a discuté avec un jeune homme.
Cinq minutes plus tard son corps était retrouvé par des promeneurs.
Autant dire que le meurtrier était particulièrement déterminé à tuer. Jean-François Abgrall
le gendarme de permanence de la section de recherche de Rennes, fait les premières constatations.
Il fait inspecter les squats,/relève les numéros de voiture stationnés près de la zone du crime
alerte les hopitaux au cas ou le tueur serait blessé.
retrouve le jeune homme de la plage.
Grace a la photo d'un vacancier ,il a lieu du crime en visuel et a la place des différents témoins
ll auditionne grâce à l'appel à témoins ,"'homme au transistor"
qui se trouvait à 10 mètres de la victime
mais celui-ci n'a rien entendu à cause du son de la radio..
Compte tenue de la vie sans histoire d'Aline Perez,
les enquêteurs privilégient plutôt la thèse d'un crime de rodeur.
C'est ainsi qu'ils identifient un groupe de SDF
qui a l'habitude de ce retrouver aux abords de la plage pour boire de l'alcool.
Selon un témoin, deux hommes mal habillés observaient la victime depuis la route qui surplombe le lieu du crime.
Comme un centre Emmäus se trouve à quelques centaines de mètres de là,
le gendarme Abgrall décide de rencontrer le responsable.
La plupart des pensionnaires a quitté la ville dès l'annonce de la découverte du crime,
mais Jean-François Abgrall obtient tout même la liste des personnes présentes au foyer aux alentours du 14 mai
et la diffuse à toutes les gendarmeries de France.
Il note même celui qui etait parti du foyer un peu avant le meurtre
Six semaines se passent lorsqu'un coup de fil provenant d'une gendarmerie de la Manche annonce à l'enquêteur qu'un des SDF mentionné dans la liste a été arrêté pour avoir voyagé sans billet de train. Il s'appelle Francis Heaulme
Battu par son père alcoolique, il devient lui-même alcoolique et tente de se suicider.Parfois il rentre de l'école et personne n'est présent pour s'occuper de lui. Il fut surnommé un temps « Félix le chat » car il mangeait ce qu'il trouvait. Cependant, il a une bonne relation avec sa sœur cadette et voue une adoration sans borne à sa mère, qui meurt d'un cancer, alors qu'il a 23 ans. Sa vague de crimes commence après la mort de celle-ci.
Livré à lui-même, il a la vie d'un marginal, sillonnant la France à pied, en stop et en train, séjournant dans des refuges Emmaüs et des institutions psychiatriques de désintoxication. Il dépense son revenu minimum à boire, mélangeant parfois alcools et tranquillisants. Il trouve occasionnellement des petits boulots de ferrailleur ou de maçon.
En 1989 il devient Compagnon d'Emmaüs, successivement dans trois communautés de France (Brest, Quimperlé, puis Metz).
Abgrall se rend sur place et commence à interroger le marginal. Ce dernier semble sur ses gardes et a par moments des propos incohérents. Mais à un instant de la conversation il explique au gendarme qu'il connait un mode opératoire pour maîtriser une sentinelle qu'il a appris pendant son service militaire.
Or ce geste correspond en tous points aux constatations faites sur le corps d'Aline Perez. La coïncidence est plus que troublante mais Heaulme à un alibi. Le dimanche 14 mai il était hospitalisé à 80 kms de là après un malaise cardiaque
Evidemment Abgrall appelle l'hôpital de Quimper pour vérifier, et effectivement un relevé de température daté du 14 mai à 17 heures atteste qu'il était bien là ce dimanche. Malgré ses soupçons, le gendarme est obligé de relâcher Heaulme au terme de sa garde à vue. Le voilà à nouveau dans la nature.
Quelques jours plus tard, Jean-François Abgrall se déplace tout de même à l'hôpital de Quimper où il apprend qu'un malade peut très bien laisser son thermomètre sur la table et être absent de sa chambre au moment du relevé de température. Encore plus troublant, des femmes de ménage lui apprennent que le lendemain du meurtre elles ont trouvé du sable sous son lit.
Par chance, le 19 novembre 1989, Heaulme se présente dans une gendarmerie de Meurthe-et-Moselle pour déclarer la perte de ses papiers. Comme son signalement a été diffusé dans toute la France, les militaires font tout de suite la relation et s'empressent d'avertir la section de recherche de Rennes.
A nouveau face à son suspect, Abgrall, malgré ses certitudes, n'a pas vraiment d'éléments matériels pour confondre le meurtrier d'Aline Peres. La mort dans l'âme il est donc obligé de le laisser partir une seconde fois. Mais en quittant la gendarmerie, Heaulme lui lance cette phrase troublante: "Je sais que tu sais", comme en signe de défi.
Grace au temoignage d'un autre emmaus de la liste, Abgrall met un nom sur
le compagnon de heaulme le jour du crime, un certain "le gaulois" .l'homme à l'anorak bleu.
C'est ainsi que durant deux longues années, Jean-François Abgrall va occuper la majeure partie de son temps à rassembler des preuves contre son suspect N°1. Il sera récompensé de ses efforts le 26 décembre 1991. Ce jour-là, "le gaulois", un SDF pensionnaire du centre Emmäus de Relecq-Kerhuon au moment du meurtre, avoue qu'il a été témoin de la scène
et que c'est bien Francis Heaulme qui a tué l'infirmière sur la plage.
Il se serait tu jusque-là pour éviter les ennuis.
Le 7 janvier 1992, Heaulme est enfin arrêté en Alsace à Bischwiller et face au gendarme Abgrall il passe aux aveux. Sur un schéma, il décrit les lieux et la position des différents protagonistes et donne des détails sur la manière dont il a tué Aline, notamment sur l'arme utilisée.
Mais après plusieurs jours d'interrogatoires, les enquêteurs ont la sensation que Francis Heaulme n'est pas un tueur comme les autres et qu'il pourrait très bien être passé à l'acte avant ou après le meurtre de Relecq-Kerhuon.
Ils décident donc de retracer le parcours de celui que l'on appelera plus tard "le routard du crime" durant les années précédentes.
Pour cela ils s'aident de fichiers de personnes verbalisées par la SNCF, de registres d'hôpitaux et de centres sociaux, de rapports de police ou de gendarmerie, et découvrent que
leur suspect a visité plus de 80 départements français en quelques années. A force de travail, ils vont ainsi isoler 44 affaires de meurtres non-élucidées dans lesquelles Francis Heaulme pourraient être impliqué.
Francis Heaulme raconte avec une incroyable précision des scènes de meurtre, mais en disant se les être fait raconter, les avoir vu en songe, sans dire qu'il y a participé. Par exemple, il mime la façon de tuer une sentinelle en lui tenant fermement la tête en arrière d'une main et en lui tranchant la carotide de l'autre, ou les dessine, puis se rétracte. Selon Abgrall, « Il ne ment pas. Il n'invente jamais rien. Mais il embrouille volontairement les pistes en mélangeant les crimes, les dates et les lieux. » (1) Émission Faites entrer l'accusé, juin 2009
Heaulme fut condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour ce meurtre,
L'ADN a été utilisé en 1987 pour la première fois en GB.Elle n'a pas été utilisé
dans cette affaire en 1989.
Les condamnations
En mai 1997, pour plusieurs meurtres, la cour d’assises du Var l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec 22 ans de période de sûreté
.En 1999, la cour d’assises de la Meurthe-et-Moselle condamne Francis Heaulme à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Lyonelle Gineste, 17 ans,
en 1984. Son complice, José Molins (dénoncé par Francis Heaulme en 1996) fut condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour complicité de meurtre.
Le 16 décembre 2004, il est de plus condamné à une peine de 30 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté de 20 ans, pour trois meurtres commis dans la région de la Marne en 1988 et 1989.
Le Post
samedi 15 mai 2010
L'affaire Nelly Cremel
Le 2 juin 2005, vers 10 h 30, Nelly Cremel, une femme sportive de 39 ans, s’apprête à effectuer son footing quotidien comme elle le fait chaque matin. Le parcours qu’elle emprunte habituellement est une petite route sinueuse et peu empruntée entre son domicile de Reuil-en-Brie et le village voisin de Luzancy distant de 7 kilomètres. A 19 h 40 son époux, commandant de l'armée de terre à la DGSE, signale sa disparition. Très vite un dispositif de grande ampleur est déployé. Gardes républicains à cheval, maîtres-chiens et plongeurs, sondent sans relâche la zone où a disparu Nelly Cremel ; en tout près de 30 km2. Parallèlement, une cinquantaine d’enquêteurs interrogent les voisins et tous témoins susceptibles d’avoir croisé la route de la disparue. Un témoin déclare l’avoir vu rebrousser chemin au niveau du monument aux morts de Luzancy.
Pendant huit jours les recherches ne vont rien donner ; la jeune femme reste introuvable. Mais le 10 juin 2005, en fin d’après-midi, le pessimisme des enquêteurs va malheureusement se confirmer. Un collègue de travail de Christian Cremel qui participe officieusement aux recherches, découvre un corps dissimulé sous des branchages et des herbes dans un bois tout proche du village.
Aussitôt le périmètre est bouclé et les enquêteurs font les premières constatations. Le lendemain, une fois les résultats de l’autopsie connus, le procureur de la république de Meaux annonce à la presse les causes de la mort de la jeune femme. Elle est décédée des suites de "plusieurs coups de feu" et de "violents coups portés à la tête" et ne présente aucune trace de violence sexuelle. Son corps est extrêmement mutilé et seule son alliance permet de l’identifier formellement.
Ce même 10 juin au soir les gendarmes procèdent à l’arrestation d’une voiture. Serge Mathey est au volant en compagnie d’un couple d’amis. Le gendarme ne constate rien d’anormal et les laisse poursuivre leur route. Mais les deux passagers s’aperçoivent après coup que leur ami est livide au volant de sa voiture. D’ailleurs quelques instants plus tard il leur fait une terrible confession : « J’ai fait une connerie… ».
Dès le lendemain le couple se rend à la gendarmerie et le 12 juin les gendarmes procèdent, deux jours seulement après la découverte du corps, à l’interpellation de deux suspects dont l’un avoue être l’auteur du crime. Il s’agit de Serge Mathey, 26 ans, et jusqu'alors inconnu des services de police. Celui-ci raconte aux enquêteurs le déroulement des faits.
Le matin du drame il se trouve en compagnie de Patrick Gateau au volant de la Talbot Samba de celui-ci. Croisant la route de la joggeuse ils décident de l’agresser pour lui voler son walkman et ensuite la cambrioler. Sous la menace d’un fusil de chasse, ils la font monter de force dans la voiture et l’accompagnent jusqu’à son domicile de Reuil. Mais une fois sur place ils abandonnent leur projet en raison de la présence de voisins à proximité de la maison des Cremel. Ils se dirigent alors en direction du bois de Tartarel. C’est là que Serge Mathey explique aux gendarmes qu’il a porté les premiers coups de rondins sur Nelly Cremel afin d’éviter que Patrick Gateau ne la tue avec son fusil de chasse.
Il déclare ensuite que son complice a « terminé le boulot » en tirant deux coups de fusil et en s’acharnant sur la jeune femme à coup de rondins. Patrick Gateau, quant à lui est loin d’être un inconnu des services de police. Agé de 48 ans, cela fait trente ans qu’il cumule les condamnations pour des vols avec violence et un meurtre en 1984, celui de Jeanine Brendle, pour lequel il a été condamné à perpétuité. En décembre 2003, il est remis en liberté au terme de sa période de sûreté et vit de petits boulots en compagnie de son épouse en Seine et Marne.
Interrogé par les enquêteurs il reconnaît avoir braqué Nelly Cremel mais nie être l’auteur des coups de rondins et de fusil. Depuis leur arrestation les deux complices se rejettent la responsabilité des faits. Ce drame relance le débat sur la libération de détenus dangereux en France et Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, annonce dans ce contexte dramatique des propositions contre la multi récidive.
Scène de crime
Patrick Gateau et Serge Mathey, accusés d'avoir enlevé et assassiné sauvagement le 2 juin 2005 Nelly Crémel à Reuil-en-Brie, ont donné mardi leurs versions du crime, discordantes et lacunaires, au deuxième jour de leur procès devant la cour d'assises de Seine-et-Marne.
Conformément au dernier récit qu'il avait fait au juge d'instruction, Serge Mathey, 28 ans, a reconnu avoir tiré deux coups de fusil sur cette mère de famille de 39 ans, avant de lui asséner plusieurs coups de rondin sur la tête. Il a expliqué avoir agi dans un état d'"hypnose", "terrorisé" par Gateau qui "hurlait" et lui pointait une arme sur la tempe.
Gateau, 51 ans, a démenti avoir incité Serge Mathey à agir de la sorte: "Je n'ai jamais voulu faire de mal à Mme Crémel", a-t-il répété, sans parvenir toutefois à s'expliquer sur plusieurs points embarrassants soulevés par le président ou les avocats.
Au départ du drame, selon les deux hommes, la volonté de faire un cambriolage. Serge Mathey ajoute "ou de braquer une femme", ce que dément Gateau.
Tous deux partent ce jeudi 2 juin 2005 sur les routes du nord de la Seine-et-Marne, dans la voiture de Gateau. Dans le véhicule, un pistolet à grenailles et un fusil de chasse au canon scié, appartenant à Gateau, que ce dernier a pris soin de prendre.
Au cours de leur vagabondage, dit Mathey, Gateau lui tend deux pilules censées "lui donner la pêche", mais qui le mettent en réalité dans un état second. Gateau réfute ce détail, communiqué par Mathey après la clôture de l'instruction.
Ils rencontrent sur le trajet Nelly Crémel faisant son jogging.
Selon Mathey, Gateau aurait dit "c'est elle qu'on va enlever". L'intéressé dément, mais reconnaît avoir participé à l'enlèvement: "Je l'ai menacée avec l'arme (...) elle est montée dans la voiture".
Les deux hommes se dirigent vers la maison des Crémel pour la cambrioler, y renoncent en raison du voisinage.
"Je voulais qu'on la relâche loin pour qu'on puisse partir tranquillement", soutient Gateau. "Il m'a demandé de trouver un coin tranquille (...) il m'a dit qu'il fallait qu'on s'en débarrasse", le contredit Mathey.
Gateau donne le fusil à Mathey. "Il m'a dit c'est toi qui vas la tuer. Il m'a mis le pistolet sur la tempe (...) Là j'ai tiré sur Mme Crémel". Un premier coup de feu la touche au ventre, Gateau hurle "encore il y a deux gâchettes", raconte Mathey. Deuxième coup de feu, la victime pleure. "Patrick Gateau hurlait +fais la taire, fais la taire+, je l'ai frappée à la tête trois fois avec le canon du fusil".
Gateau reconnaît avoir donné le fusil. "Je ne sais pas pourquoi je lui ai tendu l'arme. Je pensais qu'il voulait juste lui faire peur. Je ne l'ai jamais menacé pour tirer sur Mme Crémel". Puis: "C'est l'affolement. Nous avons constaté que Nelly Crémel était morte".
Les deux hommes déplacent le corps, le couvrent de branchage, Gateau couvre le tout d'un pneu.
Le président Yves Jacob s'étonne: "Je suis surpris qu'à aucun moment vous n'ayiez passé une avoinée à Mathey pour ce qu'il avait fait".
A Gateau, Me Thierry Lévy, l'avocat de Mathey que son entourage décrit comme un être faible, influençable et non violent, demande : "Pourquoi ne l'avez-vous pas empêché ?". "Je n'arrive pas à l'expliquer depuis le départ", répond Gateau.
article AFP
Pendant huit jours les recherches ne vont rien donner ; la jeune femme reste introuvable. Mais le 10 juin 2005, en fin d’après-midi, le pessimisme des enquêteurs va malheureusement se confirmer. Un collègue de travail de Christian Cremel qui participe officieusement aux recherches, découvre un corps dissimulé sous des branchages et des herbes dans un bois tout proche du village.
Aussitôt le périmètre est bouclé et les enquêteurs font les premières constatations. Le lendemain, une fois les résultats de l’autopsie connus, le procureur de la république de Meaux annonce à la presse les causes de la mort de la jeune femme. Elle est décédée des suites de "plusieurs coups de feu" et de "violents coups portés à la tête" et ne présente aucune trace de violence sexuelle. Son corps est extrêmement mutilé et seule son alliance permet de l’identifier formellement.
Ce même 10 juin au soir les gendarmes procèdent à l’arrestation d’une voiture. Serge Mathey est au volant en compagnie d’un couple d’amis. Le gendarme ne constate rien d’anormal et les laisse poursuivre leur route. Mais les deux passagers s’aperçoivent après coup que leur ami est livide au volant de sa voiture. D’ailleurs quelques instants plus tard il leur fait une terrible confession : « J’ai fait une connerie… ».
Dès le lendemain le couple se rend à la gendarmerie et le 12 juin les gendarmes procèdent, deux jours seulement après la découverte du corps, à l’interpellation de deux suspects dont l’un avoue être l’auteur du crime. Il s’agit de Serge Mathey, 26 ans, et jusqu'alors inconnu des services de police. Celui-ci raconte aux enquêteurs le déroulement des faits.
Le matin du drame il se trouve en compagnie de Patrick Gateau au volant de la Talbot Samba de celui-ci. Croisant la route de la joggeuse ils décident de l’agresser pour lui voler son walkman et ensuite la cambrioler. Sous la menace d’un fusil de chasse, ils la font monter de force dans la voiture et l’accompagnent jusqu’à son domicile de Reuil. Mais une fois sur place ils abandonnent leur projet en raison de la présence de voisins à proximité de la maison des Cremel. Ils se dirigent alors en direction du bois de Tartarel. C’est là que Serge Mathey explique aux gendarmes qu’il a porté les premiers coups de rondins sur Nelly Cremel afin d’éviter que Patrick Gateau ne la tue avec son fusil de chasse.
Il déclare ensuite que son complice a « terminé le boulot » en tirant deux coups de fusil et en s’acharnant sur la jeune femme à coup de rondins. Patrick Gateau, quant à lui est loin d’être un inconnu des services de police. Agé de 48 ans, cela fait trente ans qu’il cumule les condamnations pour des vols avec violence et un meurtre en 1984, celui de Jeanine Brendle, pour lequel il a été condamné à perpétuité. En décembre 2003, il est remis en liberté au terme de sa période de sûreté et vit de petits boulots en compagnie de son épouse en Seine et Marne.
Interrogé par les enquêteurs il reconnaît avoir braqué Nelly Cremel mais nie être l’auteur des coups de rondins et de fusil. Depuis leur arrestation les deux complices se rejettent la responsabilité des faits. Ce drame relance le débat sur la libération de détenus dangereux en France et Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, annonce dans ce contexte dramatique des propositions contre la multi récidive.
Scène de crime
Patrick Gateau et Serge Mathey, accusés d'avoir enlevé et assassiné sauvagement le 2 juin 2005 Nelly Crémel à Reuil-en-Brie, ont donné mardi leurs versions du crime, discordantes et lacunaires, au deuxième jour de leur procès devant la cour d'assises de Seine-et-Marne.
Conformément au dernier récit qu'il avait fait au juge d'instruction, Serge Mathey, 28 ans, a reconnu avoir tiré deux coups de fusil sur cette mère de famille de 39 ans, avant de lui asséner plusieurs coups de rondin sur la tête. Il a expliqué avoir agi dans un état d'"hypnose", "terrorisé" par Gateau qui "hurlait" et lui pointait une arme sur la tempe.
Gateau, 51 ans, a démenti avoir incité Serge Mathey à agir de la sorte: "Je n'ai jamais voulu faire de mal à Mme Crémel", a-t-il répété, sans parvenir toutefois à s'expliquer sur plusieurs points embarrassants soulevés par le président ou les avocats.
Au départ du drame, selon les deux hommes, la volonté de faire un cambriolage. Serge Mathey ajoute "ou de braquer une femme", ce que dément Gateau.
Tous deux partent ce jeudi 2 juin 2005 sur les routes du nord de la Seine-et-Marne, dans la voiture de Gateau. Dans le véhicule, un pistolet à grenailles et un fusil de chasse au canon scié, appartenant à Gateau, que ce dernier a pris soin de prendre.
Au cours de leur vagabondage, dit Mathey, Gateau lui tend deux pilules censées "lui donner la pêche", mais qui le mettent en réalité dans un état second. Gateau réfute ce détail, communiqué par Mathey après la clôture de l'instruction.
Ils rencontrent sur le trajet Nelly Crémel faisant son jogging.
Selon Mathey, Gateau aurait dit "c'est elle qu'on va enlever". L'intéressé dément, mais reconnaît avoir participé à l'enlèvement: "Je l'ai menacée avec l'arme (...) elle est montée dans la voiture".
Les deux hommes se dirigent vers la maison des Crémel pour la cambrioler, y renoncent en raison du voisinage.
"Je voulais qu'on la relâche loin pour qu'on puisse partir tranquillement", soutient Gateau. "Il m'a demandé de trouver un coin tranquille (...) il m'a dit qu'il fallait qu'on s'en débarrasse", le contredit Mathey.
Gateau donne le fusil à Mathey. "Il m'a dit c'est toi qui vas la tuer. Il m'a mis le pistolet sur la tempe (...) Là j'ai tiré sur Mme Crémel". Un premier coup de feu la touche au ventre, Gateau hurle "encore il y a deux gâchettes", raconte Mathey. Deuxième coup de feu, la victime pleure. "Patrick Gateau hurlait +fais la taire, fais la taire+, je l'ai frappée à la tête trois fois avec le canon du fusil".
Gateau reconnaît avoir donné le fusil. "Je ne sais pas pourquoi je lui ai tendu l'arme. Je pensais qu'il voulait juste lui faire peur. Je ne l'ai jamais menacé pour tirer sur Mme Crémel". Puis: "C'est l'affolement. Nous avons constaté que Nelly Crémel était morte".
Les deux hommes déplacent le corps, le couvrent de branchage, Gateau couvre le tout d'un pneu.
Le président Yves Jacob s'étonne: "Je suis surpris qu'à aucun moment vous n'ayiez passé une avoinée à Mathey pour ce qu'il avait fait".
A Gateau, Me Thierry Lévy, l'avocat de Mathey que son entourage décrit comme un être faible, influençable et non violent, demande : "Pourquoi ne l'avez-vous pas empêché ?". "Je n'arrive pas à l'expliquer depuis le départ", répond Gateau.
article AFP
vendredi 14 mai 2010
Pascal Labarre Il avoue son crime, il est condamné... puis innocenté !
CONDAMNÉ en première instance par la cour d'assises de Périgueux, à vingt ans de réclusion criminelle, Pascal Labarre, 38 ans, vient d'être acquitté par la cour d'assises d'appel de Bordeaux. Samedi soir, le jury populaire l'a définitivement innocenté du meurtre de Michèle Gillet, 46 ans, retrouvée étranglée en août 1998 sur la terrasse de sa maison à Isles, en Dordogne. Joie dans le box. Intense douleur pour la partie civile, où les proches de la victime, effondrés, ne retenaient pas leurs larmes. Divorcée, haute en couleur, bien connue de ses voisins, la victime avait été frappée à la tête avec un objet contondant. Un seau rempli d'un mélange d'eau et de sang se trouvait à côté d'elle. Entendu par les policiers dans le cadre de l'enquête de voisinage, Pascal Labarre incarne rapidement le coupable idéal : décrit comme « fragile », voire « un peu simplet » par ses proches, il passe des aveux circonstanciés lors de sa garde à vue puis devant le juge d'instruction. Amant de la victime depuis plusieurs mois, il l'aurait tuée dans un « acte de folie », par désespoir amoureux, à l'aide d'un pied de parasol, explique-t-il. Incarcéré dans la foulée, il revient sur ses déclarations en prison et a toujours clamé son innocence depuis lors. La possibilité de faire appel d'une condamnation en cour d'assises a été instaurée par la loi présomption d'innocence du 15 juin 2000. Auparavant, la décision d'une cour d'assises était définitive. Le condamné pouvait seulement réclamer un pourvoi en cassation, en faisant valoir des erreurs de forme et non de fond. Il pouvait également demander une révision de son procès, à la condition de produire un élément nouveau susceptible de modifier la décision. Aucune preuve matérielle Grâce à cette nouvelle loi, la justice vient de donner raison à Pascal Labarre, cinq ans après sa condamnation . Contre le parquet général, représenté par Claude Laplaud, qui réclamait la confirmation de la condamnation infligée en première instance, la justice « populaire » l'a définitivement acquitté. Une manière, pour la cour présidée par Michel Regaldo-Saint-Blancard, de rappeler que les aveux ne sont plus la « reine des preuves ». Une façon, aussi, de sanctionner les insuffisances de l'enquête. A l'issue de l'instruction lancée en 1998, pas le moindre élément matériel. Ni arme du crime ni traces d'ADN, tout est basé sur les aveux de l'accusé. En première instance, la cour d'assises de Périgueux s'en accommode et condamne Pascal Labarre très lourdement. Sixième d'une fratrie de neuf enfants, il va bénéficier du soutien inconditionnel de sa famille, modeste mais très soudée. Grâce à une collecte de fonds, ses proches peuvent s'offrir les services de l'association Action-Justice, spécialisée dans les contre-enquêtes criminelles. Les conclusions de l'association, versées aux débats devant les assises d'appel de Bordeaux, éclairent d'un jour nouveau le dossier et le doute finit par profiter à l'accusé. La partie civile effondrée Acquitté dans la soirée de samedi, Pascal a retrouvé immédiatement la liberté. Il était dès hier au chevet de sa mère qu'il n'avait pas revue depuis trois ans et qui est hospitalisée à Périgueux dans un état très fragile. « Toute cette affaire l'a énormément affectée. C'est très important pour elle de revoir son fils libre et innocent », murmure Monique, la soeur de Pascal. Président de l'association Action-Justice, Roland Agret était cité comme témoin par la défense de l'accusé. Au troisième jour d'audience, à la barre de la cour d'assises de Bordeaux, cet infatigable sexagénaire est venu mettre en garde les jurés contre le risque d'une erreur judiciaire. En 1970, lui-même avait été condamné à quinze ans de réclusion criminelle, avant de bénéficier, sept ans plus tard, de la grâce présidentielle de Valéry Giscard d'Estaing. En 1984, après une série d'actions spectaculaires, Roland Agret finit par obtenir la révision de son procès et son acquittement définitif par la cour d'assises de Lyon. Se présentant comme « une plaie vivante inguérissable », il est devenu le symbole de l'erreur judiciaire qui, selon lui, concerne « au moins 10 % de la population carcérale ». Du côté de la partie civile, l'émotion était tout autre : « J'ai donné dix ans de ma vie pour rien », regrettait hier la belle-soeur de la victime, très affectée par l'acquittement de Pascal Labarre. « On ne peut pas faire le deuil quand on ne sait pas qui est l'assassin, poursuit-elle. Dans tous les cas, le coupable est dans la nature. »
Le Parisien
Le Parisien
jeudi 13 mai 2010
Meutre de Priscilla Delaveau
Prescillia Delaveau était une collégienne de 14 ans. Après quelques heures de vaines recherches, son corps a été retrouvé dimanche 26 octobre dans le moulin de la Tranchée à Montsoreau (Maine-et-Loire). La jeune adolescente avait disparu jeudi 24 octobre dans la soirée. Selon les premières constatations des médecins légistes, sa mort n'est pas due à une attaque au couteau ni par arme à feu. En revanche, plusieurs traces ont été remarquées au niveau des vertèbres cervicales mais Brigitte Angibaud, la procureure d'Angers est restée très prudente dans ses déclarations et attend notamment les résultats des analyses toxicologiques.
La semaine de sa disparition, Prescillia était seule à la maison avec ses frères et soeurs, ses parents s'étant absentés pour raisons professionnelles.
Elle ne se serait pas présentée au collège dans la journée de jeudi ce qui aurait incité le personnel de l'établissement à téléphoner à ses parents vendredi matin. Ce qui est certain, c'est qu'elle était encore en vie jeudi aux environs de 22 heures puisqu'elle avait passé la soirée à boire des bières avec une amie.
La jeune adolescente tenait un blog personnel dans lequel elle diffusait de nombreuses photos d'elles. Aurait-elle fait une mauvaise rencontre par ce biais ? Pour l'heure aucune piste n'est écartée et l'enquête se poursuit, notamment par des interrogatoires dans l'entourage de la collégienne.
OUEST FRANCE
Cinq jours après la découverte du corps de Prescillia Delaveau, 14 ans, dans un moulin de Montsoreau (Maine-et-Loire), un ami des frères de la victime âgé de 21 ans a avoué le viol et le meurtre de la jeune collégienne. Ces aveux ont été étayés par la découverte de l'empreinte génétique du jeune homme sur le corps de la victime. Déjà connu des services de police pour diverses affaires de vol, il était inscrit dans le FNAEG (fichier national automatisé des empreintes génétiques) et c'est ce qui a motivé son placement en garde à vue.
Selon la procureure d'Angers, le suspect a expliqué avoir eu envie de la jeune fille puis après l'avoir violée à plusieurs reprises il l'a étouffé par peur des représailles de ses grands frères. Il sera présenté à un juge d'instruction qui lui notifiera sa mise en examen pour "meurtre sur mineur de 15 ans précédé ou accompagné de viols". Il encourt la prison à perpétuité.
Dans le même temps, les obsèques de Prescillia étaient célébrées à Saumur en présence de ses nombreux amis.
Cette affaire n'est pas encore jugée
Nous suivrons le procès dès qu'il aura lieu
Sources "Scènes de crime"
http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=1&ved=0CBcQFjAA&url=http%3A%2F%2Fhommage-prescilia.skyrock.com
La semaine de sa disparition, Prescillia était seule à la maison avec ses frères et soeurs, ses parents s'étant absentés pour raisons professionnelles.
Elle ne se serait pas présentée au collège dans la journée de jeudi ce qui aurait incité le personnel de l'établissement à téléphoner à ses parents vendredi matin. Ce qui est certain, c'est qu'elle était encore en vie jeudi aux environs de 22 heures puisqu'elle avait passé la soirée à boire des bières avec une amie.
La jeune adolescente tenait un blog personnel dans lequel elle diffusait de nombreuses photos d'elles. Aurait-elle fait une mauvaise rencontre par ce biais ? Pour l'heure aucune piste n'est écartée et l'enquête se poursuit, notamment par des interrogatoires dans l'entourage de la collégienne.
OUEST FRANCE
Cinq jours après la découverte du corps de Prescillia Delaveau, 14 ans, dans un moulin de Montsoreau (Maine-et-Loire), un ami des frères de la victime âgé de 21 ans a avoué le viol et le meurtre de la jeune collégienne. Ces aveux ont été étayés par la découverte de l'empreinte génétique du jeune homme sur le corps de la victime. Déjà connu des services de police pour diverses affaires de vol, il était inscrit dans le FNAEG (fichier national automatisé des empreintes génétiques) et c'est ce qui a motivé son placement en garde à vue.
Selon la procureure d'Angers, le suspect a expliqué avoir eu envie de la jeune fille puis après l'avoir violée à plusieurs reprises il l'a étouffé par peur des représailles de ses grands frères. Il sera présenté à un juge d'instruction qui lui notifiera sa mise en examen pour "meurtre sur mineur de 15 ans précédé ou accompagné de viols". Il encourt la prison à perpétuité.
Dans le même temps, les obsèques de Prescillia étaient célébrées à Saumur en présence de ses nombreux amis.
Cette affaire n'est pas encore jugée
Nous suivrons le procès dès qu'il aura lieu
Sources "Scènes de crime"
Image tirée du blog de priscilla
http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=1&ved=0CBcQFjAA&url=http%3A%2F%2Fhommage-prescilia.skyrock.com
mercredi 12 mai 2010
Affaire Flactif: Quand la réalité rejoint la fiction
UNE soixantaine de pages pour résumer dix-neuf tomes de pièces judiciaires. Cette semaine, l’ensemble des avocats (ils sont dix-neuf….) du dossier de l’assassinat de Xavier Flactif, Graziella Ortolano et leurs trois enfants (Sarah, dix ans, Laetitia, neuf ans, et Grégory, sept ans) ont pris connaissance de l’ordonnance de mise en accusation des cinq suspects.
David Hotyat (détenu), 33 ans, est poursuivi pour le quintuple assassinat de la famille; son ex-compagne, Alexandra Lefevre (sous contrôle judiciaire), 27 ans, sera jugée pour non-dénonciation de crime, obstacle à la manifestation de la vérité, non-empêchement d’un crime et participation à une association de malfaiteurs. Michaël Hotyat (sous contrôle judiciaire), frère de David habitant Biache-Saint-Vaast (près d’Arras), est mis en examen pour obstacle à la manifestation de la vérité.
Stéphane Haremza (détenu), 30 ans, sera jugé pour obstacle à la manifestation de la vérité par modification de l’état des lieux d’un crime, complicité et participation à une association de malfaiteurs. Enfin son épouse, Isabelle Haremza (sous contrôle judiciaire), 30 ans, habitant Douai, est mise en examen pour non-dénonciation de crime, obstacle à la manifestation de la vérité et participation à une association de malfaiteurs.
Des réponses?
Depuis la mystérieuse disparition de la famille en avril2003, puis la découverte de restes humains calcinés dans un bois en septembre 2003, les proches de cette famille originaire du Pas-de-Calais assassinée au Grand-Bornand attendent la vérité de ce procès prévu pour durer deux, trois semaines. Ils espèrent des réponses sur les terribles dernières minutes de vie de leurs proches.
Principal suspect de cette tuerie: David Hotyat. Sportif, mécanicien passionné d’automobile, décrit par son entourage comme «sûr de lui, coléreux parfois, imprévisible, pouvant s’emporter très facilement» (parfois même contre les gendarmes ou contre un codétenu), il arrive en Haute-Savoie avec sa compagne Alexandra Lefevre en 2001. C’est en cherchant un logement qu’ils rencontrent Xavier Flactif. Le «promoteur immobilier» originaire lui aussi du Pas-de-Calais est installé au Grand-Bornand où il monte des opérations immobilières par le biais de SCI enregistrées au nom de sa compagne, Graziella.
Le couple a déjà tenté des opérations immobilières au milieu des années 90 qui se sont révélées infructueuses et ont laissé des clients mécontents. Le couple habitait alors Mondicourt (près de Doullens). Sa maison a été vendue au printemps dernier.
Toutefois, dans cette vallée du Grand-Bornand, Xavier Flactif, décrit comme «généreux, bavard, fêtard… parfois sans scrupules », mène ses affaires «de façon un peu brouillonne» certes, mais les chalets destinés à la location saisonnière n’ont rien à voir avec les piètres habitations du Pas-de-Calais. Pas de vice de construction mais des fournisseurs, des artisans devant parfois réclamer avec rudesse leur argent auprès de Xavier Flactif (une violente bagarre en 2002 l’avait opposé à deux peintres qui lui avaient plongé la tête dans le four de sa cuisine pour l’intimider et récupérer leur dû). Peu à peu, au fil des promesses de logement, des déménagements multiples entre décembre2001 et le courant 2002, le couple Hotyat-Lefevre développe une profonde haine envers Xavier Flactif. Un ressentiment attisé lors des soirées passées avec un couple d’amis nordistes : Isabelle et Stéphane Haremza. Janvier2003: le quatuor regarde un documentaire sur l’affaire Stranieri (un couple de restaurateurs assassinés dont le meurtrier avait pris la place….). Au fil des discussions, décision aurait été prise d’éliminer la famille Flactif. Objectif: s’approprier le Cortinaire, un superbe chalet appartenant à Xavier Flactif.
Incohérences
Dans les jours suivant le 11avril 2003, date de la disparition de toute la famille, les soupçons se portent sur David Hotyat, placé alors sur écoute téléphonique. Interpellé en septembre2003, David Hotyat livre des aveux pendant près de huitheures. Des aveux partiellement incompatibles avec les constatations et les expertises scientifiques. Après analyse des traces de sang retrouvées dans le chalet, l’expert met en évidence l’utilisation d’une arme contondante et «aucune des traces découvertes ne correspond à l’emploi d’une arme à feu». Une déclaration qui contredit les aveux d’Hotyat affirmant avoir tué toute la famille avec un revolver (ensuite expédié à son frère Michaël).
Les experts en crémation ont estimé que la thèse du bûcher improvisé pour faire disparaître les cinq corps au cours de la nuit ne «résiste pas à l’épreuve des expérimentations». Là encore, le récit de David Hotyat est incompatible avec les expertises. Le procès est prévu en juin prochain, un peu plus de trois ans après la tuerie du Grand-Bornand.
V.C.
La Voix du Nord
David Hotyat (détenu), 33 ans, est poursuivi pour le quintuple assassinat de la famille; son ex-compagne, Alexandra Lefevre (sous contrôle judiciaire), 27 ans, sera jugée pour non-dénonciation de crime, obstacle à la manifestation de la vérité, non-empêchement d’un crime et participation à une association de malfaiteurs. Michaël Hotyat (sous contrôle judiciaire), frère de David habitant Biache-Saint-Vaast (près d’Arras), est mis en examen pour obstacle à la manifestation de la vérité.
Stéphane Haremza (détenu), 30 ans, sera jugé pour obstacle à la manifestation de la vérité par modification de l’état des lieux d’un crime, complicité et participation à une association de malfaiteurs. Enfin son épouse, Isabelle Haremza (sous contrôle judiciaire), 30 ans, habitant Douai, est mise en examen pour non-dénonciation de crime, obstacle à la manifestation de la vérité et participation à une association de malfaiteurs.
Des réponses?
Depuis la mystérieuse disparition de la famille en avril2003, puis la découverte de restes humains calcinés dans un bois en septembre 2003, les proches de cette famille originaire du Pas-de-Calais assassinée au Grand-Bornand attendent la vérité de ce procès prévu pour durer deux, trois semaines. Ils espèrent des réponses sur les terribles dernières minutes de vie de leurs proches.
Principal suspect de cette tuerie: David Hotyat. Sportif, mécanicien passionné d’automobile, décrit par son entourage comme «sûr de lui, coléreux parfois, imprévisible, pouvant s’emporter très facilement» (parfois même contre les gendarmes ou contre un codétenu), il arrive en Haute-Savoie avec sa compagne Alexandra Lefevre en 2001. C’est en cherchant un logement qu’ils rencontrent Xavier Flactif. Le «promoteur immobilier» originaire lui aussi du Pas-de-Calais est installé au Grand-Bornand où il monte des opérations immobilières par le biais de SCI enregistrées au nom de sa compagne, Graziella.
Le couple a déjà tenté des opérations immobilières au milieu des années 90 qui se sont révélées infructueuses et ont laissé des clients mécontents. Le couple habitait alors Mondicourt (près de Doullens). Sa maison a été vendue au printemps dernier.
Toutefois, dans cette vallée du Grand-Bornand, Xavier Flactif, décrit comme «généreux, bavard, fêtard… parfois sans scrupules », mène ses affaires «de façon un peu brouillonne» certes, mais les chalets destinés à la location saisonnière n’ont rien à voir avec les piètres habitations du Pas-de-Calais. Pas de vice de construction mais des fournisseurs, des artisans devant parfois réclamer avec rudesse leur argent auprès de Xavier Flactif (une violente bagarre en 2002 l’avait opposé à deux peintres qui lui avaient plongé la tête dans le four de sa cuisine pour l’intimider et récupérer leur dû). Peu à peu, au fil des promesses de logement, des déménagements multiples entre décembre2001 et le courant 2002, le couple Hotyat-Lefevre développe une profonde haine envers Xavier Flactif. Un ressentiment attisé lors des soirées passées avec un couple d’amis nordistes : Isabelle et Stéphane Haremza. Janvier2003: le quatuor regarde un documentaire sur l’affaire Stranieri (un couple de restaurateurs assassinés dont le meurtrier avait pris la place….). Au fil des discussions, décision aurait été prise d’éliminer la famille Flactif. Objectif: s’approprier le Cortinaire, un superbe chalet appartenant à Xavier Flactif.
Incohérences
Dans les jours suivant le 11avril 2003, date de la disparition de toute la famille, les soupçons se portent sur David Hotyat, placé alors sur écoute téléphonique. Interpellé en septembre2003, David Hotyat livre des aveux pendant près de huitheures. Des aveux partiellement incompatibles avec les constatations et les expertises scientifiques. Après analyse des traces de sang retrouvées dans le chalet, l’expert met en évidence l’utilisation d’une arme contondante et «aucune des traces découvertes ne correspond à l’emploi d’une arme à feu». Une déclaration qui contredit les aveux d’Hotyat affirmant avoir tué toute la famille avec un revolver (ensuite expédié à son frère Michaël).
Les experts en crémation ont estimé que la thèse du bûcher improvisé pour faire disparaître les cinq corps au cours de la nuit ne «résiste pas à l’épreuve des expérimentations». Là encore, le récit de David Hotyat est incompatible avec les expertises. Le procès est prévu en juin prochain, un peu plus de trois ans après la tuerie du Grand-Bornand.
V.C.
La Voix du Nord
mardi 11 mai 2010
PROCES EMILE LOUIS les disparues de l'Yonne
Les parties civiles dans le procès d'Emile Louis devant la cour d'assises d'appel de Paris ont décliné l'offre du parquet général de retransmettre les audiences en direct par vidéo au palais de justice d'Auxerre, a-t-on appris dimanche auprès de l'association les représentant. "La retransmission vidéo ne nous intéresse pas, alors autant économiser l'argent que ça allait coûter et que l'on ait des chambres d'hôtel supplémentaires à Paris pour assister directement", a expliqué Pierre Monnoir, président de l'Association de défense des handicapés de l'Yonne, qui représente douze familles de parties civiles, à la suite d'une réunion avec celles-ci qui s'est tenue samedi. Pour le moment, huit chambres d'hôtel ont été réservées pour ces familles par le parquet général pour la durée du procès, du 6 au 30 juin, mais l'ADHY souhaite qu'une dizaine de chambres soit à disposition pendant le procès, et douze pour la dernière semaine. "Les familles ont mal pris cette proposition, car elles y voient une façon de les empêcher de venir à Paris. Elles tiennent à être présente pour voir Emile Louis et qu'il les voit, parce qu'en termes d'impact, ce n'est pas du tout la même chose", a-t-il poursuivi. Vendredi, le parquet général de Paris avait expliqué que le principe de cette retransmission, qui serait une première en France, était "acquis", et qu'il ne restait plus à régler que "quelques aspects techniques". Les parties civiles "seraient libres de suivre les audiences à Paris ou Auxerre", avait poursuivi la porte-parole du parquet général, précisant qu'"il ne s'agit aucunement de les dissuader de venir à Paris". Emile Louis a été reconnu coupable par la cour d'assises de l'Yonne des assassinats de sept jeunes femmes à la fin des années 1970 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 18 ans, la peine maximale. Il a fait appel.
Un homme, héros de la guerre d’Indochine, puis chauffeur de bus. Un père de 4 enfants. “ Emile est un homme gentil et attentionné..” , “ Il m’a sauvé la vie à plusieurs reprises.” Voilà comment sa femme, Chantal Louis, parlait de lui. Mais est aussi suspecté de 7 disparitions dans l’Yonne, puis 10, puis 11, puis…. Emile Louis est né a Pontigny , abandonné par ces parents géniteurs, il devient un enfant de la DASS. Le petit Emile est élevé par un artisan maçon et fossoyeur. Elève ni bon ni mauvais il obtient son certificat d'étude. Il s’engage aussitôt dans la légion étrangère et part à la guerre d'Indochine, durant 2 ans. Il est engagé dans la marine, il transporte les cadavres des soldats tués au front. Il termine la guerre en héros, il est plusieurs fois médaillé . Il se marie à l'âge de 20 ans . Cette union durera 24 ans, père de 4 enfants, 2 filles et 2 garçons. il travaille à la base militaire de Varennes (Auxerrois). Puis intègre une société de transport "les rapides de bourgogne" ou il rencontre les 7 disparues. Des jeunes femmes, pupilles de la DDASS, un peu déficientes mentales. -Christine Marlot (16 ans), disparue le 23 janvier 1977. -Françoise Lemoine (19 ans), disparue en été 1977 a Auxerre. -Bernadette Lemoine (21 ans), disparue en 1977 à Auxerre. -Jacqueline Weiss (18 ans), disparue le 4 avril 1977 a Auxerre. -Madeleine Dejust (22 ans), disparue en juin 1977 a Auxerre. -Chantal Gras (18 ans), disparue le 22 avril 1977 a Villefargeau. -Martine Renault (16 ans), disparue début 1979. Aucune de ses disparition n’ont inquiété les autorités compétentes. Chronologie des faits : -Décembre 1981, Emile Louis est inculpé pour le meurtre de Sylviane Lesage (23 ans) dont le corps a été retrouvé a Rouvray. Elle avait été élevée par la concubine d’Emile Louis. Il sera libéré en février 1984 en bénéficiant d’un non-lieu. -17 mars 1983, Emile Louis est condamné par le tribunal d’Auxerre pour attentat à la pudeur sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité. Il est condamné à 4 ans de prison. -1984, Le gendarme Christian Jambert , adresse au parquet d’Auxerre un rapport mettant en cause Emile Louis dans les affaires des disparues de l’Yonne. -23 novembre 1989, Emile Louis qui a quitté l’Yonne pour le sud de la France est condamné par le tribunal correctionnel de Draguignan, à 5 ans de prison dont 1 an de sursis et 3 ans de mise a l’épreuve, pour attentat à la pudeur commis avec violence. -18 avril 1992, Emile Louis est libéré. -3 juillet 1996, L’association de défense des handicapés de l’Yonne dépose une plainte au juge d’instruction, Benoît Lewandowski, pour enlèvement et séquestration. La réouverture du dossier est refusée en février 1997 par le juge d’instruction et le procureur de la république d’Auxerre, qui jugent les faits trop anciens. -3 octobre 1997, le juge Lewandowski et le procureur Jacques Cazais, procèdent à des fouilles dans un champ. Aucune découverte, sauf une chaussure. -Le 12 décembre 2000, Emile Louis est placé en garde à vue. Il avoue avoir tué plusieurs disparues et indique un lieu où il aurait enterré les corps. 2 squelettes sont découverts. L’affaire se complique encore, la menace de la prescription plane, car la prescription pour le viol et le meurtre intervient 10 après la majorité des victimes, cela fait 20 ans que les jeunes femmes sont porté disparues. Une frénésie atteint Auxerre, les notaires, le procureur, le juge, le président de l’APAJH de l’Yonne sont accusés, on découvre les affaires de viol de silence de Pierre et Nicole Charrier, directeur et employé de IME (ou était les disparues). Arrive Ségléne Royal (ministre à l’époque) qui y met son grain de sel, pour la pub, puis Maylise Lebranchu garde des sceaux. La prescription n’a pas lieu, Emile Louis reste en prison. Suit une enquête pour déterminer son parcours jonché de morts et de cadavres, le parcours d’un pervers, sadique. L’affaire ne fait que commencer, enfin… 30 ans, Emile Louis a été condamné vendredi, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, à trente ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, soit dix ans de plus que ce qui avait été requit. Emile Louis, le délinquant sexuel de 71 ans était le chauffeur de bus des "Rapides de Bourgogne" qui avait perpétré entre 1975 et 1979, le meurtre de 7 jeunes femmes de 15 à 26 ans, qui souffraient de déficiences mentales dîtes légères. L’affaire avait été été baptisée "Les disparues de l’Yonne" et avait été jugée le 26 mars 2004. Cette fois, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamnée le délinquant sexuel pour avoir torturé et violé sa deuxième femme Chantal et sa belle-fille Karine mineure au moment des faits de 1992 à 1995... "
Un homme, héros de la guerre d’Indochine, puis chauffeur de bus. Un père de 4 enfants. “ Emile est un homme gentil et attentionné..” , “ Il m’a sauvé la vie à plusieurs reprises.” Voilà comment sa femme, Chantal Louis, parlait de lui. Mais est aussi suspecté de 7 disparitions dans l’Yonne, puis 10, puis 11, puis…. Emile Louis est né a Pontigny , abandonné par ces parents géniteurs, il devient un enfant de la DASS. Le petit Emile est élevé par un artisan maçon et fossoyeur. Elève ni bon ni mauvais il obtient son certificat d'étude. Il s’engage aussitôt dans la légion étrangère et part à la guerre d'Indochine, durant 2 ans. Il est engagé dans la marine, il transporte les cadavres des soldats tués au front. Il termine la guerre en héros, il est plusieurs fois médaillé . Il se marie à l'âge de 20 ans . Cette union durera 24 ans, père de 4 enfants, 2 filles et 2 garçons. il travaille à la base militaire de Varennes (Auxerrois). Puis intègre une société de transport "les rapides de bourgogne" ou il rencontre les 7 disparues. Des jeunes femmes, pupilles de la DDASS, un peu déficientes mentales. -Christine Marlot (16 ans), disparue le 23 janvier 1977. -Françoise Lemoine (19 ans), disparue en été 1977 a Auxerre. -Bernadette Lemoine (21 ans), disparue en 1977 à Auxerre. -Jacqueline Weiss (18 ans), disparue le 4 avril 1977 a Auxerre. -Madeleine Dejust (22 ans), disparue en juin 1977 a Auxerre. -Chantal Gras (18 ans), disparue le 22 avril 1977 a Villefargeau. -Martine Renault (16 ans), disparue début 1979. Aucune de ses disparition n’ont inquiété les autorités compétentes. Chronologie des faits : -Décembre 1981, Emile Louis est inculpé pour le meurtre de Sylviane Lesage (23 ans) dont le corps a été retrouvé a Rouvray. Elle avait été élevée par la concubine d’Emile Louis. Il sera libéré en février 1984 en bénéficiant d’un non-lieu. -17 mars 1983, Emile Louis est condamné par le tribunal d’Auxerre pour attentat à la pudeur sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité. Il est condamné à 4 ans de prison. -1984, Le gendarme Christian Jambert , adresse au parquet d’Auxerre un rapport mettant en cause Emile Louis dans les affaires des disparues de l’Yonne. -23 novembre 1989, Emile Louis qui a quitté l’Yonne pour le sud de la France est condamné par le tribunal correctionnel de Draguignan, à 5 ans de prison dont 1 an de sursis et 3 ans de mise a l’épreuve, pour attentat à la pudeur commis avec violence. -18 avril 1992, Emile Louis est libéré. -3 juillet 1996, L’association de défense des handicapés de l’Yonne dépose une plainte au juge d’instruction, Benoît Lewandowski, pour enlèvement et séquestration. La réouverture du dossier est refusée en février 1997 par le juge d’instruction et le procureur de la république d’Auxerre, qui jugent les faits trop anciens. -3 octobre 1997, le juge Lewandowski et le procureur Jacques Cazais, procèdent à des fouilles dans un champ. Aucune découverte, sauf une chaussure. -Le 12 décembre 2000, Emile Louis est placé en garde à vue. Il avoue avoir tué plusieurs disparues et indique un lieu où il aurait enterré les corps. 2 squelettes sont découverts. L’affaire se complique encore, la menace de la prescription plane, car la prescription pour le viol et le meurtre intervient 10 après la majorité des victimes, cela fait 20 ans que les jeunes femmes sont porté disparues. Une frénésie atteint Auxerre, les notaires, le procureur, le juge, le président de l’APAJH de l’Yonne sont accusés, on découvre les affaires de viol de silence de Pierre et Nicole Charrier, directeur et employé de IME (ou était les disparues). Arrive Ségléne Royal (ministre à l’époque) qui y met son grain de sel, pour la pub, puis Maylise Lebranchu garde des sceaux. La prescription n’a pas lieu, Emile Louis reste en prison. Suit une enquête pour déterminer son parcours jonché de morts et de cadavres, le parcours d’un pervers, sadique. L’affaire ne fait que commencer, enfin… 30 ans, Emile Louis a été condamné vendredi, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, à trente ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, soit dix ans de plus que ce qui avait été requit. Emile Louis, le délinquant sexuel de 71 ans était le chauffeur de bus des "Rapides de Bourgogne" qui avait perpétré entre 1975 et 1979, le meurtre de 7 jeunes femmes de 15 à 26 ans, qui souffraient de déficiences mentales dîtes légères. L’affaire avait été été baptisée "Les disparues de l’Yonne" et avait été jugée le 26 mars 2004. Cette fois, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamnée le délinquant sexuel pour avoir torturé et violé sa deuxième femme Chantal et sa belle-fille Karine mineure au moment des faits de 1992 à 1995... "
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